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Nouvelles des Missions et Etablissements d'Europe

Nouvelles Générales de nos Missions et Etablissements d'Europe Depuis deux ou trois mois, rien ne nous est arrivé des Missions du Japon, Corée, Mandchourie, ni de celles des colonies anglaises.
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    Nouvelles Générales de nos Missions et Etablissements d'Europe



    Depuis deux ou trois mois, rien ne nous est arrivé des Missions du Japon, Corée, Mandchourie, ni de celles des colonies anglaises.

    De la province du Sikang, qui comprend les deux Missions de Tatsienlu et Ningyuanfu, nous sont parvenues des lettres très rassurantes pour les parents et amis de nos confrères. Loin du théâtre des opérations militaires et, pour cette raison, peu exposés aux raids aériens, ces pays reculés voient la prédication apostolique se continuer presque normalement ; si ce n'était le coût de la vie accru dans des proportions démesurées, les missionnaires n'auraient qu'à bénir la Providence de pouvoir ainsi continuer à « missionner » en attendant le moment de moissonner dans des jours plus cléments.

    Un télégramme récent nous a appris que Mgr Giraudeau, doyen d'âge et de mission de notre Société, ancien évêque du Thibet, vient de mourir à Tatsienlu âgé de près de 92 ans, après 65 années de sacerdoce, 63 de présence en mission et 44 d'épiscopat. Depuis 1878, époque où il partit de France pour sa mission, il n'avait jamais quitté son champ d'apostolat, si ce n'est lors de sa consécration épiscopale à Suifu (Setchoan) en 1897.

    A Ningyuanfu, Mgr Baudry a désigné le P. Le Bouetté pour succéder en qualité de provicaire au P. Le Mercier, décédé récemment.

    Nos missions du Setchoan sont toujours très éprouvées par la guerre sino-japonaise. Dans la ville de Chungking, littéralement pilonnée par les bombes en juin dernier, il ne resterait plus rien d'oeuvres et résidences très prospère avant le « conflit » : tout sera à recommencer, Mgr Jantzen et nos confrères n'ont cependant pas quitté leurs postes, ils y demeurent pour encourager les survivants.

    Le Vicariat apostolique de Kweiyang, depuis que la santé de Mgr Seguin décline, est dirigé par son coadjuteur Mgr Larrart. Ces derniers mois n'ont pas été marqués par les incursions meurtrières des avions de guerre, aussi le travail des missionnaires n'est pas arrêté. Seule la question pécuniaire est inquiétante, mais cette « impécuniosité » est commune aujourd'hui à toutes les missions.

    A Lanlong, malgré sa situation très éloignée des champs de bataille, la pauvreté des indigènes qui l'habitent et l'absence d'objectifs de guerre, nos confrères ont fait connaissance des ravages que peut occasionner la guerre moderne. Les villes de Lanlong, Tsan-y et Yleang, le village chrétien de Tchemiao, au Kouytcheou, n'ont pas été épargnés, de même la ville de Silin au Kouangsi. Les bombes ont fait de nombreuses victimes et beaucoup de dégâts, ce qui a été pour les missionnaires une occasion nouvelle de montrer aux païens la charité catholique en action ; à Silin, les toits de la mission furent percés par les projectiles, et les vitres de l'église élevée à la mémoire du Bx Chapdelaine réduites en miettes.

    Dans la Mission voisine (Vicariat apostolique de Nanning), Longtcheou a été de nouveau bombardé en février, une bombe est tombée sur la résidence du P. Caysac sans cependant la démolir complètement, et depuis lors il est souvent en état d'alerte. L'église de Taiping est à peu près démolie, mais les villages chrétiens de Namong et Palem sont devenus des lieux de refuge pour la population environnante ; la léproserie a été pillée à plusieurs reprises, les lépreux y sont cependant restés et ont repris leur travail, encouragés par le fondateur, le P. Maillot, toujours plein de cran ainsi que son confrère le P. Billaud ; ces deux jeunes missionnaires font même des projets pour réaliser dès que possible la fondation d'un nouveau poste à Tingleung.

    Une lettre, la première depuis dix-huit mois, est venue nous rassurer sur la situation de Canton. C'est toujours la guerre et ses conséquences, mais nos confrères continuent leur travail apostolique malgré les désagréments qui peuvent en résulter.

    Dans la région de Swatow, le blocus se resserre encore davantage ; par suite de la hausse excessive des matières de première nécessité, la propagande communiste, à peu près disparue avant le « conflit », a repris de plus belle.



    ***



    Rien de bien spécial à signaler au sujet de nos missions du Tonkin, d'Annam et de Cochinchine. Mais dans la partie siamoise du Laos, le mouvement s'est précisé ces derniers mois comme nettement anticatholique.

    Sur l'ordre du gouvernement de Nakhon, la démolition de la cathédrale de Nong-seng s'effectuait en juin, les autels avaient été enlevés et les prisonniers étaient occupés à transporter les carreaux du parquet. Dans les écoles, tous les moyens, sans en excepter les coups, étaient employés pour contraindre les enfants à réciter les prières bouddhiques et à s'incliner devant la statue de Bouddha. A Tharé, les chrétiens étaient condamnés à payer des amendes sous de futiles prétextes. Partout, sauf à Oubone et Nong-tham, églises et chapelles restaient fermées, et les fonctionnaires annonçaient qu'elles le resteraient, du fait que le catholicisme ne serait plus toléré dans les provinces de Sakon et Nakhon.

    Nos prêtres laotiens continuent à souffrir pour la foi. Le P. Theng finissait en juin sa peine de six mois de prison ; le P. Edouard, conduit d'abord à Bangkok, puis renvoyé à Nakhon, allait être jugé ; quant au P. Sinuen, vicaire délégué, on venait de le faire descendre encore une fois à Bangkok.

    Nous espérons que la détente dans les relations diplomatiques et la suppression officielle des restrictions relatives à la liberté religieuse, en août, ont amélioré la situation et entravé la persécution qui pèse depuis plus d'une année sur le Thaïland.

    Revenons maintenant en France pour y voir ce que deviennent nos établissements et ce que font nos confrères.

    Le 19 octobre, dimanche missionnaire, le poste Radio Paris a diffusé la messe, chantée par nos aspirants, ainsi que l'allocution prononcée par leur Supérieur, le P. Destombes. Les auditeurs ont pu entendre l'orateur soulignant, en termes choisis, que l'aide aux païens n'est pas uniquement l'affaire des missionnaires, mais celle de tous les catholiques.

    En l'absence de plusieurs confrères, retournés en Indochine au début de la guerre comme soldats coloniaux, ou mobilisés en France et actuellement prisonniers en Allemagne, l'organisation de l'administration de la Société et du séminaire des Missions Etrangères s'est effectuée en tenant compte des circonstances, et actuellement tout fonctionne à peu près normalement :

    Le P. Sy, premier assistant du R. P. Supérieur Général, à côté de sa charge de bibliothécaire et archiviste, fait le cours d'histoire ecclésiastique à la communauté des aspirants ; on sait qu'il est de plus représentant des Etablissements communs de notre Société.

    Le P. Parmentier, second assistant, est redevenu, malgré son âge, 78 ans, représentant des Missions de Chine occidentale ; il est également chargé des Frères coadjuteurs et des religieuses qui se dévouent au service du séminaire.

    Le P. Gérard, représentant des Missions de Corée et Mandchourie, a la direction de la procure (comptabilité générale) où il est aidé par le P. Beigbéder.

    Le P. Gros, représentant des Missions du Tonkin, compose chaque année le compte-rendu des travaux de nos missions.

    Le P. Bibollet, depuis que les PP. Thibaud et Bonis ont obtenu l'autorisation de repartir en mission, est chargé de représenter les Missions de l'Indochine occidentale et de l'Inde ; il travaille de plus dans les bureaux de l'OEuvre de Saint Pierre Apôtre dont il est délégué.

    Le P. Chabagno, représentant des Missions du Japon, remplit les fonctions de secrétaire du Conseil Central et du R. P. Supérieur Général.

    Le P. Ferrières, représentant des Missions de Cochinchine et du Cambodge, est en même temps procureur des commissions.

    Le P. Cuenot, représentant des Missions de Chine méridionale, a la charge de l'économat et la direction de notre petite revue missionnaire.

    Les anciens directeurs ne sont pas non plus inactifs : Le P. Schmitt remplit le rôle de confesseur pour les nombreux fidèles qui s'approchent des sacrements dans notre chapelle. Les PP. Lefèvre et Cesselin travaillent aux archives sous la direction du P. Sy. Le P. Fougue fait des cours individuels de théologie aux aspirants que soit l'armée, soit un séjour prolongé dans un séminaire diocésain ont gêné pour les études telles qu'elles sont organisées dans notre séminaire.

    Malheureusement il n'a pas encore été possible de reprendre notre propagande d'avant-guerre, aucun confrère ne pouvant pour le moment en assumer la direction normale, comme l'avaient fait avec tant de dévouement les PP. Thibaud et Bonis.

    Quant aux supérieur et directeurs du séminaire, ils sont eux aussi surchargés de travail ; ils le sont peut-être même davantage, car à leurs cours ils ont à ajouter la direction spirituelle des aspirants.

    Le P. Destombes, supérieur, fait les classes d'Ecriture sainte (Nouveau Testament), d'ascétique et de liturgie.

    Le P. Tessier est chargé d'enseigner l'Ancien Testament et les sciences (physique, chimie et sciences naturelles).

    Le P. Hamon enseigne la morale spéciale.

    Le P. Fuma enseigne la morale fondamentale et le droit canonique ; il a de plus la charge des postulants isolés dans les diocèses.

    Le P. Dedeban fait la classe de dogme et garde le contact avec tous les prisonniers.

    Le P. Belleville enseigne l'apologétique et a la charge de l'économat des aspirants.

    Le P. Perrin enfin est spécialisé pour l'enseignement de la philosophie.

    Avant de clore cette sèche nomenclature, nous n'aurions garde d'oublier nos dévoués collaborateurs, les Frères coadjuteurs. Le Fr. Boittiaux, que les comptes des commissions absordent moins depuis deux ans, se rend utile en employant son temps libre à la conciergerie du séminaire ; le Fr. Caharel, qui n'a plus guère à courir dans les librairies pour ravitailler nos missionnaires en livres divers, e été préposé à un ravitaillement d'un autre genre que la communauté apprécie au plus haut point ; le Fr. Michelet est occupé au secrétariat ; le Fr. Pierre Bertin, grand boute-en-train du personnel domestique, trouve son délassement à découper et à coller des tickets d'alimentation ; le Fr. Paul Petitdemange, qui a fait produire à notre jardin le maximum de légumes, travaille actuellement à la toilette des arbres qui l'encadrent. Et c'est avec le plus grand plaisir que nous aurions vu le Fr. Pierre Déglise revenir de captivité, si nous n'avions appris en même temps qu'il devait se rendre sans tarder dans un sanatorium militaire pour enrayer le mal qu'il a contracté en Allemagne. Quant au Fr. Georges Billard qui, lui aussi, vient d'être renvoyé en France, parce que fils aîné d'une nombreuse famille, il nous reviendra à Paris après avoir passé un mois chez ses parents.



    ***



    A Rome, depuis la grave maladie du P. Garnier, procureur général, c'est le P. Raymond Michotte qui remplit les fonctions attachées à ce titre. Quant au P. Garnier, il s'est retiré au sanatorium de Montbeton, ainsi que le P. Boulanger, ancien assistant du Supérieur Général.

    Le procure de Marseille vient de changer de titulaire : les infirmités ayant contraint le P. Masseron à démissionner, il a été remplacé par le P. Samson, précédemment sous procureur à Hongkong ; le P. Bonhomme lui prête son aide comme à son prédécesseur. Un autre confrère bien connu de tous nos lecteurs, le P. Papinot, est aussi à Marseille, où il continue de travailler autant que le lui permet son grand âge, 81 ans ; il aurait cependant bien droit au repos complet, après sa longue vie si active, dont les dernières années ont été consacrées à classer nos archives de Paris et à rédiger nos « Annales des Missions Etrangères et de l'OEuvre des Partants ».

    Le sanatorium de Montbeton (T.-et-G.) est occupé au grand complet. Sous la paternelle direction du P. Lacroix, nos invalides se préparent au « grand voyage » en souffrant et priant pour les missions au service desquelles ils se sont usés prématurément.

    L'ancien noviciat des Frères coadjuteurs, le château de Dormans, reste à la disposition de l'armée d'occupation. Cependant une chambre a pu être laissée comme logement à notre confrère, le P. Renou, missionnaire de Suifu, qui remplit provisoirement la charge de chapelain de la Chapelle de la Reconnaissance.

    Rien à dire au sujet de Bel Air, notre séminaire de philosophie ; chacun sait qu'il est entièrement aux mains de l'armée d'occupation. Le P. Montagu, supérieur, attend au presbytère de Bièvres le moment où il pourra en reprendre possession.

    Quant à notre résidence de Lille, c'est le P. Benoît, de la Mission de Fukuoka, qui l'habite depuis le départ du P. Michotte pour Rome. Par des prédications et des retraites qu'il donne de divers côtés, il fait connaître et aimer notre Société et nos missions.

    Nos lecteurs sont déjà renseignés sur l'activité des petits séminaires de Beaupréau et de Ménil-Flin. Le nombre des postulants de ces deux établissements ne correspond malheureusement pas au zèle de nos confrères : quarante élèves à Beaupréau et trente-trois à Ménil-Flin. Les circonstances actuelles les ont dépeuplés, mais nous avons tout lieu d'espérer que les services rendus en Maine-et-Loire et en Meurthe-et-Moselle par les professeurs attireront, dans un avenir prochain, des vocations qui aideront à leur repeuplement.



    J. C.


    1941/22-27b
    22-27b
    France
    1941
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