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Nouvelles des missions

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    Nouvelles des missions

    Tonkin Occidental. La nouvelle paroisse de Go-coi. A coups de chapeau sur le nez d'un tigre. Jubilé. - Je viens de m'installer à Go-coi, au milieu des nouveaux chrétiens que j'y avais attirés ; il y a déjà environ 80 familles, et peu à peu j'espère qu'il en viendra d'autres. Je n'accepte que les païens, afin d'augmenter le nombre des chrétiens. J'ai fait une maison couverte en tuiles, j'ai commencé l'église, mais elle est encore ouverte à tous les vents. Le paysage est très joli. A côté de moi, j'ai de grandes montagnes de marbre derrière lesquelles se trouve la chaîne qui passe par Ke-so. Ma maison est sur une colline élevée, d'où j'aperçois les maisons des nouveaux chrétiens. Le tigre rôde très souvent par ici, mais il se contente de prendre des buffles, des vaches, des porcs ou des chiens, et il s'enfuit quand on le poursuit. J'ai partagé son repas deux l'ois en deux mois. Un jour, après avoir pris une vache, il fut poursuivi et s'enfuit laissant sa proie dont j'ai eu ma part.

    Une autre fois, une bonne vieille chrétienne d'ici ramenait sa vache qu'elle tirait par la corde, quand un tigre arrive par derrière et mord cette vache à la cuisse.

    La bonne femme prit son grand chapeau de feuilles et ne cessa de frapper l'animal sur le nez, jusqu'à ce qu'il eût lâché sa proie ; il essaya bien d'y revenir une secondé fois, mais des gens, qui travaillaient à côté, lui lancèrent des mottes de terre et il s'en alla. J'eus encore une part de celte vache, car comme elle boitait trop après ce coup de dent du tigre, on la tua.

    L'an dernier, mes chrétiens prirent trois petits tigres vivants qui accompagnaient leur mère, et les livrèrent à la résidence qui leur a accordé une prime de 70 piastres. A part cela, c'est un plaisir d'être à Go-coi, surtout quand on peut faire du bien. Nous sommes maintenant en plein Jubilé, et nous avons beaucoup de travail. Monseigneur fait l'administration et n'a pas pris un seul jour de repos depuis le 8 septembre. (Lettre de M. Le page, Go-coi, 18 octobre 1904).

    Extension de la paroisse de Go-coi. Fêle de l'Immaculée Conception. Je travaille toujours où la construction de mon église à Go-coi, mais peu à peu, à mesure que j ai quelque argent. Les conversions continuent par familles, qui viennent demander à s'installer ici. Je viens de faire l'acquisition pour 20 piastres, d'un terrain qui suffira pour nourrir une dizaine de familles.

    La fête de l'Immaculée Conception a été bien célébrée. J'avais acheté une centaine de lanternes vénitiennes et les chrétiens s'en étaient procurés aussi. La nuit, on aurait dit que toutes les étoiles étaient descendues sur Go-coi, et le jour, on voyait une forêt de chapeaux de toutes les couleurs etc. Ayant fait tout ce que nous avons pu pour honorer notre bonne Mère, j'espère qu'Elle nous protégera et fera augmenter le nombre des conversions. (Lettre de M. Le page, 29 décembre 1904).

    Tonkin méridional. Bénédiction d'une statue du Sacré Coeur à T'rung-hou. Jubilé. L'an passé (1903) un chrétien de Trung-Hoa, ancien catéchiste, me dit : « Père, voici peut-être la paroisse la moins fervente du Vicariat ». Après expérience, je crois bien qu'il avait raison. Aux grands maux, les grands remèdes ; le Sacré-cur en fut choisi pour patron. Il y a quelques mois, je recevais pour l'église de cette paroisse une magnifique statue du Sacré-Coeur. Je résolus d'en faire coïncider l'inauguration et la bénédiction avec l'ouverture du jubilé, pour le succès duquel je n'étais pas sans inquiétude. « Père, me dit un des chefs de la paroisse, si le jubilé réussit ici, ce sera un vrai miracle ». Le miracle a-t-il été fait? Il me semble du moins que le succès a dépassé notre attente.

    Le premier jour du jubilé, bénédiction solennelle de la statue, discours sur le Sacré-Cur et messe avec diacre et sous-diacre, pour le donateur de la statue, et la réussite du jubilé. Le deuxième jour, fête de nos BB. Martyrs ; je sais que nos chrétiens ont été émus au récit de leurs souffrances et de leur héroïsme: seconde messe avec diacre et sous-diacre.

    Le troisième et le quatrième jour, assistance de plus en plus nombreuse et ainsi de suite jusqu'au dernier. Pourtant on avait faim, l'inondation du 13 septembre ayant tout emporté, même les maisons : 25 sur 32.

    Tous les habitants ou à peu près voulurent gagner le jubilé ; ils firent avec ferveur les oeuvres prescrites. De plus, trois pauvres chrétiennes mariées de force à des païens, lors de la grande dispersion des chrétiens (1860) et dont les maris étaient morts récemment, demandèrent à se convertir. L'une se souvenait qu'il y a trois personnes en Dieu. Une autre ne se rappelait que l'Ave Maria. Malade depuis deux ans, elle laissa mourir avant elle son mari païen, qui était bien portant et qui s'opposait à sa conversion ; puis elle se convertit, reçut les sacrements et rendit à son tour son âme à son créateur et Sauveur.

    Elle avait communié une fois dans sa jeunesse ; elle renouvela sa première communion plus de quarante ans après, à son lit de mort. Honneur et gloire au Sacré Cur, à sa Mère Immaculée et à ses saints !

    (Lettre de M. Belleville, Bot-da, 21 décembre 1904).

    Tonkin Maritime. Le premier collège de la partie laotienne de la mission. Le collège de Ban-nghiu est en train de se former. J'ai six élèves auxquels je fais chaque jour la classe, sauf le jeudi et le dimanche. Parmi les six, il y en a un qui est le fils du chef de canton de Muong-sôi. L'autre jour, j'en ai même refusé un septième, faute de ressources et de local pour le placer. (Lettre de M. Bourlet, Ban-nghiu, 7 décembre 1904).

    Laos. Nouveaux districts à Khorat et dans la région de Bassac. M. Exoffon Anthelme vient d'être choisi par Mgr Cuaz pour aller implanter notre sainte religion à Khorat. M. Prodhomme, notre provicaire, qui, en 1875-76, a fait ses premières années dans les environs de Khorat et connaît par conséquent cette région, est chargé d'aller installer mon frère ; dès qu'un pied à terre aura pu y être construit, M. Prodhomme reviendra à l'évêché de Nong-Seng, et l'un des nouveaux missionnaires le remplacera à Khorat, pour tenir compagnie à mon frère et lui venir en aide.

    C'est donc une nouvelle mission qui commence. Puisse le bon Dieu la bénir et la faire prospérer. Mon frère regrette bien un peu son poste de Sieng-Jun ; il avait bâti là église et presbytère ; la chrétienté marchait aussi bien qu'on pouvait le désirer, et le voilà obligé de tout quitter, pour recommencer le même travail dans une région, qui se trouve éloignée de 20 à 22 jours du poste central de la mission. M. Prodhomme et mon frère quitteront Nong-Seng à la fin de janvier prochain, et seront à Khorat dans les premiers jours de mars ; l'on espère que M. Prodhomme sera de retour à Nong-Seng vers la fin du mois prochain.

    Un autre district vient d'être fondé aussi dans la région de Bassac, où se trouve déjà M. Couasnon ; M. Rouyer en a été chargé. Le chef-lieu de ce nouveau district se trouve sur le Me-khong ; à 30 ou 40 kilomètres à l'intérieur des terres, se trouvent quatre à cinq villages de tribus sauvages qui demandent instamment à se faire instruire ; M. Rouyer, aidé d'un prêtre indigène, est chargé de leur porter la Bonne Nouvelle. (Lettre de M. Pierre Excoffon, Don don, 30 décembre 1904.).

    Corée. Associations et Corporations. Depuis quelque temps, on parle fort en Corée d'associations et de corporations diverses voici à ce sujet quelques données transmises par le Vicaire apostolique, Mgr Mutel :

    Aux progressistes du Il-tjin-hoi se rattachent tous les Tjin-po-hoi de province, lesquels depuis quelque temps ont pris le mène nom Tolk-nip-hoi que ceux de Seoul. Une autre société s'est constituée à Seoul depuis trois mois : Kong-tjin-hoi ; son programme est le même, seulement les adeptes ne se coupent pas les cheveux. On a cru un moment que le Kong-tjin-hoi était organisé en sous main par le gouvernement pour l'opposer au Il-tjin-hoi ; il n'en est rien ; il y a entente parfaite entre les cieux sociétés ; il est probable que, se rappelant la déconfiture du Tok-nip-hoi par les Pousang en 1898, les Il-tjin-hoi ont voulu empêcher ces derniers de se retourner contre eux, en les enrôlant dans la société similaire du Kong-tjin-hoi. Tous sont appuyés par les Japonais et probablement dirigés par eux. Le programme de ces progressistes est excellent, les moyens seuls sont révolutionnaires. Le bien qui peut sortir de là, c'est que la vieille administration est fortement secouée ; le mal est dans la révolution qui peut s'en suivre. Ces progressistes se sont donné la mission de tout censurer, de tout réformer. Ils parlent haut au Président du Conseil, aux ministres, télégraphient aux préfets qui se croient tenus de répondre etc. En province on leur oppose, ici les soldats, là les anciens Cui-pyeng. Les sociétaires malmenés se sont plaints au Il-tjin-hoi de Seoul ; celui-ci leur avait conseillé de patienter tout en tenant ferme, mais, si la situation s'aggravait, de venir en masse à Seoul. Aujourd'hui, cet ordre a été rapporté, défense est faite de venir à Seoul, avant l'enterrement de la princesse impériale.

    Le 25 décembre 1904, le Kong-tjin-hoi faisait comparaître à sa barre deux dignitaires assez peu recommandables et, après les avoir abreuvés d'avanies, les livrait au tribunal. Celui-ci les accepta et fit arrêter aussi les accusateurs, quatre chefs de la société. Sur l'ordre de l'Empereur, les deux accusés ont été renvoyés, les accusateurs sont retenus en prison. Le 26 décembre, meeting de protestation devant le tribunal et la police. Celle-ci bouscula quelques meneurs, mais ses agents furent arrêtés par la police japonaise. En même temps, le chef de la police du Palais faisait une descente au siège du Tok-nip-hoi, en chassait les sociétaires et en fermait les portes. On dit qu'ils vont s'établir dans une maison européenne à deux étages devant le palais.... C'est le Tok-nip-hoi qui s'est attaqué au ministre de la guerre, coupable d'avoir fait bousculer leurs frères de province. Depuis deux jours, tous les ministres et les hauts fonctionnaires sont, par ordre impérial, gardés par une escorte de 16 soldats ou gendarmes.

    Transfert du corps des chrétiens. Le transfert de 85 chrétiens massacrés à Quelpaërt a été fait en grande solennité dans le cimetière concédé pour cet usage ; toutes les autorités locales avaient offert les présents... Les soldats sont rappelés, mais cette mesure ne cause pas d'inquiétudes, car la population est actuellement très bien disposée.



    Coïmbatour. Nécessité d'une église à Valypalayam. Depuis 8 ans, je suis en charge du district de Valypalayam, situé à 15 lieues au nord-est de la ville de Coïmbatour. Dans mon district, il y a plus de 1.000 chrétiens, dont 700 se trouvent au village de Valypalayam même ou dans les environs. Mes autres chrétiens sont dispersés dans des villages, situés à 4, 5, 6 lieues du centre du district.

    Le village de Valypalayam, qui est le centre du district, et qui est complètement chrétien, est encore sans église. La petite chapelle, actuellement décorée du nom d'église, et dédiée à saint Paul, fut construite il y a environ 30 ans. Elle suffisait à cette époque ; car le village de Valypalayam, de fondation assez récente, ne comptait alors guère plus de 200 chrétiens. Mais depuis un certain nombre d'années, la population a augmenté d'une façon considérable. J'ai bon espoir qu'avant peu, il y aura plus de 1.000 chrétiens à Valypalayam. Pour tout ce monde j'ai une petite chapelle, pouvant contenir à peine 200 personnes. C'est bien triste de voir, le dimanche, tant de chrétiens obligés pendant la messe de rester dehors, exposés au soleil ou à la pluie. Le côté spirituel souffre également de cet état de choses ; car seuls, les chrétiens, qui trouvent place dans la chapelle, peuvent s'associer convenablement aux cérémonies du culte, entendre les prières qui sont récitées par le catéchiste et suivre les instructions qui sont faites par le prêtre. Depuis longtemps, je déplore un pareil état de choses. Quel moyen employer pour y remédier.....? (Lettre de M. Le Bonzec).




    1905/183-186
    183-186
    France et Asie
    1905
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