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Nouvelles des missions

Nouvelles des missions Tonkin.
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    Nouvelles des missions

    Tonkin.

    Nos lecteurs connaissent déjà par la lecture des journaux les détails des récents événements d'Indochine : un coup de surprise à Yenbay, un coup de main à Hunghoa, des jets de bombes à Hanoi, le tout avorté, heureusement. Seule, la surprise de Yenbay a occasionné des pertes douloureuses : un capitaine, un lieutenant et trois sous-officiers tués ; un capitaine, un lieutenant et trois sous-officiers blessés ; cinq tirailleurs tués et six blessés. En résumé, dit le Temps, l'affaire de Yenbay, sur laquelle on n'eut, tout d'abord, que des renseignements insuffisants qui firent croire à une mutinerie de deux compagnies composant la garnison de ce chef-lieu, fut en réalité une tentative d'assassinat multiple et préméditée, tentative qui n'eut qu'un demi-succès, mais amena la mort ou les blessures graves d'une grande partie des cadres européens et fut perpétrée par une cellule communiste du bataillon de tirailleurs.
    C'est vers une heure du matin, dans la nuit du 9 au 10 février, que les officiers et sous-officiers furent assaillis dans leurs logements, à coups de bombes, de revolvers et de coupe-coupe ; tandis que les survivants se rassemblaient et mettaient une compagnie en état de défense, les trois autres compagnies, surprises et non armées, au surplus privées de leurs chefs, étaient contraintes de rester neutres, à l'exception d'une cinquantaine de tirailleurs et gradés indigènes qui, promoteurs du mouvement, prirent les armes contre nous. Les magasins d'armes ayant été pillés, les insurgés assaillirent les bâtiments où s'étaient abrités les officiers et sous-officiers, la compagnie qu'ils avaient pu rassembler, les blessés, les femmes et les enfants ; malgré les bombes, les rafales de mitrailleuses et de fusils-mitrailleurs, ils furent repoussés à plusieurs reprises. Au jour, le commandant ayant reconstitué une compagnie au complet et une autre presque entière, les lança sous les ordres d'un capitaine, d'un sous-lieutenant et d'un sergent encore valides, à l'assaut des bâtiments occupés par les révolutionnaires. Les tirailleurs marchèrent au feu comme à la parade, en dépit du petit nombre de gradés français, et les révoltés durent s'enfuir, la plus grande partie des deux compagnies qu'ils avaient subjuguées reprenant immédiatement rang sous les ordres de nos officiers et sous-officiers.
    La poursuite de la bande en dispersion amena de nombreuses arrestations, et la destruction des fauteurs de troubles fut presque complète. Il ne manquait que trois tirailleurs. Une vingtaine de tirailleurs révoltés ont été tués ; vingt-cinq ont été arrêtés, ainsi que de nombreux civils. La justice suit son cours.
    On ne se trouve pas en face d'un mouvement de révolte populaire intéressant soit l'armée indigène soit la population civile, soit les deux. Il s'agit de manifestations révolutionnaires décidées et exécutées par le parti nationaliste communiste qui compte des partisans dans l'armée. Le parti nationaliste se réclame du communisme et reçoit une aide active des organisations communistes étrangères.

    1930/137
    137
    Vietnam
    1930
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