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Nouvelles des missions

Nouvelles des missions Japon.
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    Nouvelles des missions

    Japon.

    TÔKYÔ. L'inauguration de l'année scolaire, qui, au Japon, se fait en avril, a été marquée pour le séminaire de Tôkyô par une bonne rentrée. On y compte actuellement 28 grands séminaristes et 32 petits séminaristes. De plus, 5 élèves de la Mission de Sapporo, dont 3 théologiens, viennent d'y faire leur demande d'admission. D'ailleurs, parmi les élèves du séminaire de Tôkyô, plusieurs y ont été envoyés par les RR. PP. Jésuites, Dominicains, Franciscains, et du Verbe Divin. Ce fait dénote la bonne entente et l'esprit de collaboration qui existent entre les diverses congrégations de missionnaires qui travaillent au Japon et la Société des Missions Etrangères. Le séminaire de Tôkyô compte de plus 5 Séminaristes, qui continuent leurs études en Europe, 3 à Rome et 2 en France.
    Les nouveaux bâtiments du grand séminaire, qui sont édifiés dans la banlieue de Tôkyô, au village de Shakujii, doivent être terminés dans le courant de ce mois; les cours réguliers y seront inaugurés en septembre. Le gouvernement japonais a approuvé le nouvel établissement, sous le titre de Séminaire catholique.
    Le 25 mai, sont arrivées à Tôkyô, pour fonder le nouvel hôpital catholique sur le terrain acheté dans la banlieue, à Shimo-Ochiai, la R. M. Provinciale de Chine des Franciscaines Missionnaires de Marie, ainsi que quatre Soeurs destinées à la nouvelle fondation. Le 27 mai, Mgr l'Archevêque de Tôkyô a inauguré la chapelle provisoire des Soeurs en y disant la messe.

    FUKUOKA. Le 20 mai, Monseigneur Thiry partait pour visiter le second groupe d'îles de son diocèse : le groupe de Madara qui compte près de 1.200 catholiques, dispersés en 3 centres principaux : Yobuko, Madara, Matsushima.
    3 centres, en 3 îles, en 3 jours, c'est presque un record, dans ce détroit où le temps varie si subitement.
    Madara avait une vieille église,... elle la cède à Yobuko qui lui redonne une allure de jeunesse... Elle achète elle-même une vieille église du groupe de Hirado, l'agrandit, l'orne d'une tour avec une cloche, et lui donne des airs de cathédrale...
    Matsushima, île des pins, est une île catholique, la seule peut-être du Japon. Il y a 80 ans un jeune catholique d'une île voisine y est adopté par une famille païenne. Il convertit sa femme et ses parents d'adoption. Ils sont alors les seuls habitants de 1'ile. A sa mort il laisse 10 familles chrétiennes. Plus tard 6 autres viennent porter à 16 le nombre des familles de l'île et à 96 le nombre de ses habitants.
    A 8 milles du continent, l'île a une lieue de tour et n'est abordable que d'un côté. On n'y voit aucune rizière, mais uniquement de nombreux champs de blé, pommes de terre... Son sommet est couronné de magnifiques pins.

    TAIKOU (Corée). Un beau mouvement de conversions s'opère en ce moment à Oakoan, à environ 25 kilomètres de Taïkou. Trente-trois baptêmes, dont 20 d'adultes, ont été administrés le même jour. Pourtant, dans cette ville il n'y a pas de missionnaire, mais seulement un catéchiste. Ce mouvement de conversions est d'autant plus intéressant qu'il se dessine dans un centre où les protestants sont nombreux et où ils étaient jusqu'alors influents.
    Favorisée par le beau temps, la fête de Pâques a été très bien célébrée. La seule ville de Taïkou, dans ses trois églises et chapelles publiques, a enregistré plus de deux mille cent communions le jour même de Pâques.

    Chine.

    KIRIN. Le 28 avril, dans la cathédrale de Kirin, Mgr Gaspais a fait une ordination de cinq prêtres. Le nombre des prêtres indigènes se trouve ainsi porté à 25 dans notre Mission.

    CHENGTU. La retraite des prêtres indigènes a eu lieu du 14 au 21 avril. Près de la moitié d'entre eux manquaient, n'ayant pu se mettre en route, à cause de la guerre civile qui désole de nouveau une partie de la province. Plusieurs résidences ont été occupées par les soldats. Ici même, près de Chengtu, ou tout est en paix, les greniers de la procure de Pi-Hien ont été pillés sur un ordre... du Sous Préfet et du Commandant de la place.
    Le 21 mars, en la fête de leur vénérer Père saint Benoit, Dom Joliet et deux Pères nouvellement arrivés ont quitté la résidence de Chouen-Kin et ont pris possession du nouveau monastère. Ce monastère se trouve à 10 « lis », de la ville. Dom Joliet en a été nommé Supérieur.
    On nous écrit de Sept fons (Août 1929) que le Monastère de« Notre Dame de Liesse » de Chouen-King compte à l'heure actuelle 7 prêtres européens, 10 prêtres chinois et 10 convers indigènes.

    CHUNGKING. Tien-tche vient de passer quelques jours sur le « qui-vive ». Une bande de quelques centaines de brigands se livrait dans les environs à des razzias quasi quotidiennes et allait jusqu'à menacer de venir attaquer le Petit Séminaire pour s'y installer. Afin de parer à toute éventualité et de prévenir des malheurs toujours possibles en pareil cas, la communauté fut évacuée en la ville de Tchong-tcheou, pendant que quelques hommes dévoués restaient avec le P. Supérieur pour assurer ta garde des établissements. Enfin aujourd'hui nous avons le plaisir d'annoncer que les brigands ont porté ailleurs le théâtre de leurs méfaits ; les élèves sont revenus au bercail et la vie normale a repris. L'alerte fut sérieuse ; mais, encore une fois, la « Petite Thérèse » a sauvé ses missionnaires.

    YUNNAN. La catastrophe de Yunnanfou a été plus désastreuse encore que ne le laissaient supposer les dépêches officielles. En voici un récit plus complet, qui ne passe aucune misère sous silence et ne laisse aucun dévouement dans l'ombre.
    Donc le général Long-Uîn, Président du Directoire du Yunnan, venait de triompher des généraux du Kouytchéou ligués contre lui.
    On vieil ennemi yunnanais le général Fou-jo-Iu, voulut profiter de l'occasion pour mettre la main sur la capitale provinciale. Avec 6.000 hommes de troupes il dévalait donc en direction de Yunnanfou. Pour parer au danger, Long-Uin donna l'ordre de mettre la ville en état de défense, et son état-major commença par faire rentrer toutes les munitions disséminées dans les camps extérieurs. C'est durant cette opération que, le 10 juillet à 2 h. 1/2 du soir, la poudrière située entre la porte du Nord et la pagode des Rochers (dans le voisinage du tombeau du maréchal Tang-ki-lao, fit explosion. Un cinquième de la capitale est donné comme détruit et, à l'heure actuelle, on a retiré plus d'un millier de cadavres ensevelis dans les décombres. Pas de pertes humaines du côté des Européens ou des Annamites ; cependant le Consulat français a été très éprouvé et les Missions, tant catholiques que protestantes, ont subi des dégâts fort sérieux.
    Toujours est-il que l'hôpital français a recueilli 800 blessés. De leur côté, nos bonnes Soeurs de Saint-Paul se sont surpassées dans leur dévouement coutumier au chevet de toutes les misères humaines. Elles avaient personnellement couru les plus grands dangers. Leur établissement a reçu en pleine toute la vague dévastatrice. Et pourtant pas d'accident de personnes, ce que ces saintes Filles prennent pour un vrai miracle, dont elles remercient la bonne Providence, alors qu'autour d'elles les victimes se comptent par centaines. Mais la maison. Toutes les toitures sont à refaire, plus de portes, plus de fenêtres, tout a volé en éclats; certains murs lézardés menacent ruine. Sans doute, pour elles, réparer leurs pertes sera un énorme problème, puisque, sans ressources, elles ne vivent que d'aumônes, elles et leurs oeuvres. Pour le moment, elles n'ont même pas le temps d'y songer. Laissant à la Providence le soin d'y pourvoir, elles se sont partagées les pagodes où le Comité de famine a recueilli des milliers de blessés, et y passent jours et nuits au soin des malheureuses victimes.

    CANTON. La jeune catholique Cécile Chan a été reçue avec mention « bien » au doctorat ès lettres la remise du bonnet de docteur s'est faite solennellement à l'Université; Mgr et quelques Pères y ont assisté.
    Le P. Jarreau fera un voyage en Malaisie après le 15 août. Il y a très peu de districts dans notre Vicariat qui ne comptent des chrétiens émigrés dans cette région. Ceux-ci auraient tout à gagner en recevant la visite d'un missionnaire de leur petite patrie d'origine. Mgr invite donc les prêtres du Vicariat qui tiennent à faire apporter du réconfort et des encouragements à leurs anciennes ouailles, de faire connaître au P. Jarreau l'endroit de leur résidence actuelle.

    KOUIYANG (15 mai). __ La nouvelle Mission de l'est du Kouitchéou, cédée aux PP. Allemands, continue de passer par de bien dures épreuves, ce qui est un signe qu'elle sera bénie de Dieu. Après la mort tragique du P. Winkelman, tué par les brigands dans les environs de Tongjen, les PP. Mauermann et Minselmann, arrivés depuis peu et qui étudiaient la langue à Chetsien, ont failli, en mars dernier, subir le sort de leur confrère. La ville dans laquelle ils se trouvaient fut envahie soudainement par des brigands au nombre d'un millier. Ces bandits se portent aussitôt sur la Mission catholique, pillent tout, saccagent tout, s'emparent des deux missionnaires, les menacent à chaque instant de les fusiller et finissent par les emmener comme otages. Des soldats réguliers furent aussitôt envoyés à la poursuite des brigands; deux jours plus tard, au cours d'un combat qui se livra entre les uns et les autres, les deux prisonniers réussirent à s'évader et regagnèrent leur résidence.
    A Teekiang, le P. Baumeister a dû fuir devant l'arrivée des brigands. Il est allé se réfugier chez des chrétiens, dans une station de la montagne.
    Enfin, depuis assez longtemps déjà, nous sommes sans nouvelles de trois missionnaires du S.-C. DIssoudun, trois nouveaux Pères qui devaient nous arriver de Hankow par la route de Chungking.
    Notre Gouverneur, M. Tcheou-Si-Tchen, après s'être opposé victorieusement à l'invasion de sa province par les troupes de son compétiteur, le général Ly-Siao-Uen, a fini par succomber sous les attaques de son ennemi. A la nouvelle, plus ou moins confirmée, de sa mort ce fut la panique dans la capitale. Exode général de tous les hauts fonctionnaires, accompagnés par la garnison. Tout ce monde fuit dans la direction de Tseny et de Tongtse. La ville reste sans défenseurs. Tous les services publics sont abandonnés. Les écoles sont fermées et les élèves rentrent dans leurs familles. En ville, il ne reste plus que la population civile, pas un soldat, pas un policier. La populace commence alors le pillage de quelques prétoires vides et de quelques maisons de fonctionnaires. Toutefois un ancien chef militaire réussit à ramasser quelques soldats revenant du front et avec leur aide, assure autant qu'il peut la police. Dans la nuit du samedi à dimanche, les avant gardes des vainqueurs arrivent enfin aux portes de Kweiyang, et bientôt la ville est occupée par les soldats du général Tchou. Ly-siao-Uen suit par derrière, il n'entre en ville que le mardi 28 mai.
    Il paraît certain que les armées de Tchéou ont subi une complète défaite. Les batailles qui se sont livrées dans les environs de Kouan et de Palin-kiao furent très meurtrières. Les pertes furent surtout du côté de Tchéou. Ce dernier tomba, non loin de Houang Kochou, en pleine bataille. Fut-il tué ou simplement blessé? On ne sait trop. Une version dit que, grièvement blessé, il a pu s'échapper et qu'il serait parti pour une destination encore inconnue. Le fait est qu'on n'a pu découvrir son corps.
    Les troupes vaincues, plus ou moins démoralisées, ont fui dans toutes les directions. Que deviendront ces fuyards encore bien armés? Pendant ce temps, les brigands de tout calibre surgissent de tous les côtés. Le nouveau gouvernement, non encore installé, aura du mal pour rétablir l'ordre.
    La Mission catholique, qui s'est tenue toujours en dehors des partis politiques, n'a cessé d'avoir de bonnes relations avec tous les gouvernements qui se sont succédé dans la province depuis la Révolution, et Dieu sait s'il y en a eu ! Nous avons confiance qu'il en sera de même avec le futur gouvernement.
    L'avenir toutefois est inquiétant. Toutes ces guerres civiles, accompagnées de brigandages, épuisent une province et le pauvre peuple aura sans doute encore à souffrir.
    Effectivement, si se confirme une récente dépêche de Yunnanfou, 28 août, annonçant qu'à la suite de combats entre les chefs militaires locaux, la ville de Koui-Yang, capitale de la province de Koui-Tchéou, a été incendiée en partie.
    Et dans ces conditions, que seraient devenus, sinon nos missionnaires, du moins les établissements de la mission ?

    Indochine.

    Un Séminaire sulpicien en Indochine. La Compagnie de Saint-Sulpice n'en est pas à ses débuts d'apostolat missionnaire. Déjà M. Olier avait envoyé plusieurs de ses confrères en Amérique du Nord pour la formation du clergé des Etats-Unis et du Canada. On trouve ainsi les Messieurs de Saint-Sulpice à l'origine de Montréal et de Baltimore. Aujourd'hui, entrant elle-même dans le grand mouvement missionnaire, dont Pie XI est l'intrépide initiateur, et répondant aux désirs de Mgr de Guébriant et delà S. Cong de la Propagande, la vénérable Compagnie envoie de nouveaux pionniers sulpiciens jeter les bases d'un séminaire régional indigène en Indochine.
    Le Séminaire servira à quatre vicariats apostoliques, confiés aux Missions Etrangères, avec lesquelles Saint-Sulpice a toujours entretenu les plus cordiales et étroites relations. Les premiers Sulpiciens désignés sont M. Paliard, directeur au Séminaire de Francheville et M. Uzureau, directeur au Séminaire de Limoges. Ils partiront pour Hanoi le 4 octobre prochain.
    VINH La nouvelle de l'établissement d'une maison de Franciscains dans notre Vicariat vient de nous être confirmée par une lettre du R. P. Bertin, ancien officier de marine, qui est chargé de faire cette fondation et qui s'annonce comme devant nous arriver en novembre prochain.
    La veille de la Sainte Trinité Mgr Eloy a ordonné un prêtre et un diacre.

    1929/217-222
    217-222
    France et Asie
    1929
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