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Nouvelles des missions

Nouvelles des missions Les Missions Étrangères de Paris en 1928.
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    Nouvelles des missions

    Les Missions Étrangères de Paris en 1928.

    Le Compte Rendu des travaux, en 1928, des missionnaires de la Société des Missions Étrangères vient de paraître. On y constate que dans les 37 vicariats apostoliques confiés à leurs soins, au Japon, en Chine, en Indochine et aux Indes, les 47 évêques et 1.070 missionnaires de cette Société ont à s'occuper d'une population globale de 244.773.811 âmes, dont 1.781.258 catholiques. Ces vicariats comptent, en outre, 1.411 prêtres indigènes, 2.968 catéchistes, 57 séminaires et 3.126 séminaristes, 39 communautés d'hommes avec 527 religieux, 245 communautés de femmes avec 6.044 religieuses.
    Leurs écoles sont au nombre de 3.697 avec 154.556 élèves ; leurs crèches et orphelinats 545 avec 18.232 enfants; ouvroirs et ateliers 84 avec 3.539 apprentis; pharmacies et dispensaires 302; hospices, hôpitaux, léproseries 156 établissements.
    Enfin, pendant l'année 1928, ils ont enregistré 433 conversions d'hérétiques, 30.109 baptêmes d'adultes, 103.275 baptêmes d'enfants de païens in articulo mortis et 69.604 d'enfants de chrétiens.

    Japon.

    TOKYO. Le 3 avril, en présence de nombreux invités, notamment de l'ambassadeur et du consul de France, du directeur de la maison franco-japonaise de Tôkyô, de l'amiral Suzuki, ancien médecin-major de la marine, de l'amiral Yamamoto, de plusieurs missionnaires, religieuses de St Maur, Mgr l'Archevêque a inauguré le Sanatorium qui vient d'être achevé par les soins du Père Breton, à Shichirigahama, entre Kamakura et l'île d'Enoshim, et qui porte le nom de Ste Thérèse de l'Enfant Jésus. Pour le moment, il peut hospitaliser une trentaine de malades, confiés au dévouement des soeurs japonaises de la Visitation, et constitue une heureuse extension des oeuvres du Père Breton et de la Société qu'il a fondée. II est situé au bord de la mer au milieu d'un paysage ravissant, et dans des conditions climatériques excellentes. Après la bénédiction de la chapelle et des bâtiments, l'assistance, à laquelle Mgr Chambon avait adressé quelques mots de remercîment, a pris part à des agapes fraternelles, après quoi, le P. Breton a porté un toast aux bienfaiteurs actuels et futurs de l'établissement. Les groupes de visiteurs, se répandant ensuite sur les collines attenantes à la propriété, ont pu jouir des charmes du paysage, dans l'atmosphère d'une journée radieuse de printemps.

    Corée.

    SÉOUL. La Mission ne se mêle guère, ici, à la vie sociale, cependant, on n'a pas cru devoir se tenir à l'écart d'une association nouvelle qui s'est fondée à Séoul, l'an dernier, sous le nom de: « Association des Amis de la France ». Elle a pour but de grouper tous ceux qui s'intéressent à la langue et culture françaises, sans distinction de nationalités ; elle compte actuellement environ 70 membres, Japonais en grande majorité, quatre Coréens et dix Français. S. G. Mgr Mutuel en a été nommé Vice Président d'honneur, la Présidence étant réservée à Son Exc. M. S. Ikégami, Vice Gouverneur Général de Chosen, qui vient justement de mourir. Il y a une réunion mensuelle, où l'on a l'avantage de rencontrer bien des personnes dont on n'aurait peut-être jamais eu l'occasion de faire la connaissance.

    Chine.

    Malgré les obstacles qui s'opposent à l'apostolat, les travaux des missionnaires donnent en Chine de féconds résultats.
    Cent prêtres chinois ont été ordonnés en 1928, et on compte en ce moment environ 700 séminaristes au Grand Séminaire.
    La guerre civile qui ne cesse de ravager la Chine, a réduit le nombre des enfants fréquentant les écoles, de 343.671 en 1925 à 267.768 eu 1928 ; le nombre des baptêmes d'adultes de 64.856 à 43.490. L'accroissement du nombre des chrétiens qui était de 75.000 environ en 1922-1923, n'a été en 1928 que d'à peine 25.000, ce qui porte le chiffre total des catholiques à 2.463.750.
    Il y avait en outre, en 1928, en Chine : 1.345 prêtres chinois, 600 religieux chinois, 2.527 religieuses chinoises et 2.323 petits séminaristes.

    SWATOW. Les bruits de guerre dans la région du Yang-tse ont réveillé les instincts pillards des bandes communistes, lesquelles, depuis leur défaite de l'an passé vivaient retirées dans les montagnes. Comptant sur le départ des troupes qui maintiennent un peu d'ordre à la campagne, et sur l'arrivée prochaine de l'armée bolchevique qui ravage actuellement le Kiangsi, les Rouges se sont réunis en grandes bandes et annoncent déjà le rétablissement du régime communiste pour une date peu éloignée. La défaite subie par cette armée du Kiangsi, dans le Foukien, a retardé jusqu'ici la réalisation de leurs espoirs. En attendant, ils dévastent la région qu'ils tiennent sous leur coupe. C'est surtout le Foungchoun qui, pour le moment, souffre de leurs déprédations; plusieurs marchés ont été pillés, des villages incendiés, un oratoire situé dans la montagne a été brûlé, des chrétiens ont été emmenés prisonniers. La population de Tonghang, principal marché de la sous-préfecture, est affolée; le P. Constancis qui y a sa résidence centrale, ne peut quitter sa maison sous peine de la voir traitée en « bien abandonné » c'est-à-dire mise à la disposition du premier occupant: brigand rouge ou soldat blanc; sa présence soutient du reste le courage de la population prête à s'enfuir à la première alerte.
    Le P. Becmeur, de retour à Pehné depuis Noël, est occupé à relever les ruines dans son district; il craint de voir tout anéanti de nouveau, si l'on vient à retirer, pour les envoyer ailleurs, les quelques soldats qui, renforcés par les milices locales, gardent la région.
    Que Dieu nous préserve des horreurs de l'an passé !

    Kouangsi.

    On nous écrit à la date du 21 février : « La sécheresse de cette année, dans la moitié du Kouangsi, n'est comparable qu'à celle de 1902. On raconte qu'un certain nombre de personnes sont déjà mortes de faim. Et il faut attendre pour cueillir les premières courges au mois de mai. Cette nourriture n'est guère faite pour donner des forces, mais elle sera très précieuse cette année pour pouvoir tromper les estomacs vides et attendre en juin la récolte de maïs. Si ce printemps, la pluie se décide enfin à tomber, dans trois mois et demis les mauvais jours seront passés. Mais durant cent jours encore d'une telle famine, combien de pauvres gens ont le temps de mourir!
    Avec quelques aumônes reçues, je puis, en réduisant au plus strict minimum toutes les dépenses de mon maigre budget, espérer, sans en être bien sûr, sauver la vie de mes 400 baptisés et de mes 200 catéchumènes. Tous ne sont pas dans la dernière misère et, les uns dans les autres, ne nécessiteront guère plus d'un mois et demi le concours de leur vieux missionnaire ».

    HAINAN. M. Gaston Wong Keung, ancien élève du Collège du Sacré Coeur à Canton, et resté, bien que toujours païen, dans les meilleurs termes avec les missionnaires, est chargé depuis un an environ de pacifier la grande île d'Hainan. Il a fort à faire pour détruire jusqu'aux racines les restes de l'antique barbarie. Voici un fait tout récent qui a été publié le 27 mars dernier par un journal de Hoihow :
    A la ville de Quatchek, la seconde de l'île en importance, les autorités locales, ayant reconnu dans le pays l'existence de dix-huit lépreux, ont tenu conseil pour savoir ce qu'il convenait d'en faire. A l'unanimité on décréta de les fusiller... Treize furent pris et exécutés séance tenante. Cinq purent s'enfuir. C'était le 26 mars.
    M. Wong Keung a été indigné et furieux en apprenant cette nouvelle. Il y a de quoi, certes, mais le journal de Hoihow a bien fait de la publier. Ce n'est pas en tenant secret des faits de cet ordre beaucoup trop fréquents encore, qu'on fera sentir à la nation chinoise à quelle distance de la vraie civilisation elle se trouve encore tant que de pareilles monstruosités se passent dans son sein.


    Indochine.

    SAIGON. Emouvante cérémonie que celle qui se déroula le 23 mars en l'église cathédrale de Saigon, et à laquelle l'Amicale des Anciens Combattants avait convié toute la population saïgonnaise. Celle-ci a largement répondu à son appel, et la vaste nef était, lorsque commença la messe, pleine d'une foule empressée à honorer la mémoire du maréchal Foch.

    La messe fut célébrée par le P. Soullard, en présence de Mgr Dumortier, au trône. En face de Monseigneur, revêtus de leurs ornements abbatiaux, avaient pris place Dom Bernard Delauze, abbé de la Trappe d'Aiguebelle, et Dom J. B. Chautard, abbé de la Trappe de Sept Fonds, de passage à Saigon.
    A l'élévation, les clairons sonnèrent aux champs.
    Après la messe, le P. Thommeret monta en chaire et, dans une allocution saisissante et brève, exalta les vertus chrétiennes et militaires du maréchal Foch, du chef qui voulut, de toute sa foi, la victoire, mais ne versa pas une goutte de sang inutile pour atteindre son but libérateur.
    Mgr Dumortier donna l'absoute ; puis la foule émue se retira lentement, cependant que résonnaient les accords de la marche funèbre jouée par la musique du 11e Colonial.
    Le Gouverneur Général et le Gouverneur de Cochinchine ainsi que tous les hauts fonctionnaires assistaient à cette cérémonie.
    1929/174-178
    174-178
    France et Asie
    1929
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