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Nouvelles des missions

Nouvelles des missions La question scolaire en Chine Les dénominations protestantes de la Chine, l'Y. M. C. A. en tête, s'élèvent non sans raison contre les règlements draconiens publiés par le ministère de l'Education de Nankin contre les écoles privées. Ils ont adressé une requête au ministre de l'Instruction publique, lequel dans sa réponse n'a fait qu'aggraver les réglementations déjà promulguées.
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    Nouvelles des missions
    La question scolaire en Chine
    Les dénominations protestantes de la Chine, l'Y. M. C. A. en tête, s'élèvent non sans raison contre les règlements draconiens publiés par le ministère de l'Education de Nankin contre les écoles privées. Ils ont adressé une requête au ministre de l'Instruction publique, lequel dans sa réponse n'a fait qu'aggraver les réglementations déjà promulguées.
    De son côté, l'association catholique de la Jeunesse chinoise, avec son quartier généra là Pékin, publie une protestation imprimée contre les nouveaux règlements scolaires qui défendent l'enseignement de la religion et les exercices religieux dans les écoles des Missions. Ce document, simple, mais clair, marque une étape dans la vie de l'Eglise catholique en Chine, puisqu'il est un des premiers gestes des étudiants catholiques groupés en associations. L'événement à quelque importance dans un pays où pendant le dernier quart de siècle, la classe étudiante et les jeunes gens sortis de ses rangs ont exercé une influence prédominante.
    Voici la protestation :

    Les jeunes gens et les jeunes filles catholiques, les 284.793 étudiants catholiques de Chine, tous ceux qui étudient à l'étranger protestent contre l'intolérance du gouvernement national en matière d'éducation.
    Les décrets qui interdisent 1 étude de la religion et les cérémonies religieuses dans nos écoles de Chine vont directement contre le droit naturel, la Constitution chinoise, les principes du Dr Suen Wen, la liberté des citoyens de la République chinoise.
    Nous voulons que soit enseignée librement la religion dans toutes nos écoles ; nous voulons dans nos écoles honorer librement par des cérémonies le Dieu que nous aimons, le Dieu qui a créé le ciel et la terre.
    Aucun pouvoir humain n'a le droit de nous empêcher de suivre notre conscience. Nous revendiquerons nos droits de citoyens chinois, jusqu'au bout.

    La Jeunesse catholique chinoise.

    La menace contre la justice et la liberté suspendue sur toutes les écoles confessionnelles peut, évidemment, aller un jour ou l'autre jusqu'à la confiscation. Mais, dans cette chinoiserie où l'on put voir, dernièrement, Tchang-Kai-Shek, le Président de ce même Gouvernement de Nankin, recevoir le baptême des mains d'un ministre méthodiste à Shanghai, faut-il prendre au tragique cette menace de persécution religieuse ? Spectator, correspondant de la Croix ne le pense pas, du moins pour le moment présent. Voici ce qu'il écrit :
    Il y a toutes sortes de raisons de penser que Nankin ne reviendra pas sur les décisions publiées ; mais il faut constater que les décisions de Nankin en cette matière sont inopérantes pour un grand nombre de provinces, et en particulier dans la vaste région qui fut durant plusieurs mots contrôlée par les alliés et l'est actuellement par Tchang-Sué-Liang.
    D'autre part, nous sommes en Chine, où les lois ni les règlements officiels n'ont pas le plus souvent la fixité rigoureuse des pays d'Occident. Une fois qu'une école est établie, une fois surtout qu'elle a pu obtenir l'approbation officielle en fait, malgré tous les règlements qui pourront survenir, il reste ordinairement possible de continuer à vivre et à se développer librement, sans prendre trop au tragique les prohibitions éventuelles, à la condition de s'entendre à l'amiable avec les fonctionnaires locaux chargés pratiquement du contrôle de l'école, à la condition de les bien recevoir et de les bien traiter.
    Nous connaissons le cas d'une maison religieuse vivant dans la même enceinte qu'une école, avec laquelle, d'après les règlements existants, elle ne devrait pas avoir de relations, et dont elle devrait être séparée. Deux poteaux plantés à un endroit convenu et surmontés d'une planche portant le nom de l'école ont tranché la question et suffi à appliquer le terrible règlement, en disant à tous : Ici finit la maison religieuse, ici commence l'école ; l'inscription en fait foi. La mentalité occidentale ne soupçonne pas la possibilité de ces sortes de combinaisons ; mais en Chine, elles sont d'application courante. Nous souhaitons que les protestations publiques produisent leur effet ; mais en attendant mieux, peut être sera-t-il bon de se rappeler et d'employer ces tractations locales qui restent souvent possibles, malgré les règlements généraux et dont l'on n'admet d'ordinaire l'efficacité qu'après un certain nombre d'années de séjour en Chine... Si elles sont moins faciles peut-être dans le sud de la Chine, on nous concédera au moins qu'en fait elles restent encore souvent possibles au nord du Fleuve Jaune.

    ***

    Comment juger la Chine?

    Depuis huit mois, une vingtaine au moins de missionnaires ont été capturés par les brigands communistes, depuis huit ans une vingtaine et plus de missionnaires ont été massacrés par les communistes brigands. Voilà le fait brutal.
    Malgré tout, faut-il désespérer de l'oeuvre d'apostolat en Chine? Le mal y est-il en profondeur ? Le virus a-t-il envahi tout l'organisme? L'a-t-il contaminé jusqu'aux moelles?
    Toujours est-il que nos missionnaires ne sont pas découragés pour autant, et que, le cas échéant, ils font comme l'Histoire qui est un perpétuel recommencement.
    Mais pour rassurer ici leurs familles, citons encore cette mise au point de Spectator :
    Nous comprenons sans peine qu'avec la guerre civile qui a sévi sur la Chine depuis près de six mois et avec les troubles communistes qui ont désolé en même temps plusieurs provinces du Sud, les étrangers soient quelque peu déroutés et ne sachent que penser de cet immense et, malgré tout, si intéressant pays.
    La Chine est trop grande, la situation y est trop complexe, pour que les impressions et affirmations générales n'y comportent pas toujours quelques exceptions. Dans un pays qui a une population et une superficie sensiblement égales à la population et à la superficie de toute l'Europe, on conçoit que, malgré la guerre civile et les exploits communistes, il reste encore en Chine des pays où il fait bon vivre et où l'on peut envisager l'avenir sans tant de pessimisme. Et, malgré tout, nous pensons, comme le disait, le 20 juin dernier, le président de la Chambre de Commerce française de Chine, que la Chine est un grand, paisible et laborieux pays, qui « ne demande qu'à travailler et à se développer, ayant d'énormes réserves de vitalité et d'énergie ». Un pays si riche, si fertile en possibilités de toutes sortes, où il se fait en réalité tant de travail et de commerce, est un pays qu'il ne faut pas juger seulement d'après le fléau de la guerre civile, du communisme et du brigandage, qui sévit sur plusieurs points de son immense territoire, et dont le bruit empêche de considérer l'activité laborieuse et pacifique de la plupart des habitants.

    1931/31-35
    31-35
    France et Asie
    1931
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