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Nouvelles des missions

Nouvelles des missions Chine. Une Chinoise assistante générale d'un Institut canadien. La, première Assistante générale des Soeurs de Notre Dame des Anges est la Soeur Marie Gabrielle, jeune dame appartenant à une famille chinoise distinguée. La Soeur Gabrielle fut une des premières volontaires à se joindre à la Mère Marie du Sacré Coeur quand, en 1915, elle fonda cette communauté missionnaire.
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    Nouvelles des missions

    Chine.

    Une Chinoise assistante générale d'un Institut canadien. La, première Assistante générale des Soeurs de Notre Dame des Anges est la Soeur Marie Gabrielle, jeune dame appartenant à une famille chinoise distinguée. La Soeur Gabrielle fut une des premières volontaires à se joindre à la Mère Marie du Sacré Coeur quand, en 1915, elle fonda cette communauté missionnaire.
    Les Soeurs de Notre Dame des Anges, dont la maison mère se trouve à Lennoxville, à Québec, sont surtout Canadiennes, mais leurs constitutions ordonnent que les membres de l'Institut « deviennent pareilles aux Chinoises afin de gagner les. Chinois pour le Christ ». La communauté organisa son premier départ en 1922 ; elle possède à présent 22 Soeurs en Chine. Il y en a 9 au Vicariat de Kweiyang, dans la province de Kweichow, 9 à Hongkong et 4 à Nanning, clans la province de Kwangsi. Malgré les tribulations de la guerre, leur oeuvre prospère.

    Un missionnaire chrétien chinois. A Shanghai, un pieux chrétien, M. Loh-Pahong, que l'on a surnommé le saint Vincent de Paul de la Chine, a fondé une association de laïcs dise I'« Action catholique », dont les membres ont converti 13.000 païens, du 1er juillet 1927 au 1er juillet 1928. A lui seul, cet homme de Dieu en a amené plus d'un millier à la vraie foi.
    Chaque dimanche, après avoir assisté à la sainte messe, les membres de l'Action catholique s'en vont clans les villages environnants pour encourager les néophytes et pour exhorter les infidèles à se faire chrétiens. En outre, grâce à une autorisation spéciale, ils visitent régulièrement les dix hôpitaux, les quatre prisons et les trois asiles de Shanghai et des villes voisines. Dès qu'un malade ou un prisonnier est en danger de mort, M. Loh est aussitôt mandé par téléphone et il s'empresse d'accourir en automobile au chevet du moribond pour le préparer à recevoir les derniers sacrements et à paraître devant Dieu. Il a fondé lui même de ses propres ressources deux hospices où sont recueillis plus de 1.500 pauvres.
    Le 25 septembre dernier, M. Loh a baptisé 16 brigands, parmi lesquels se trouvait une femme, et le surlendemain, 27 septembre, il en baptisa encore 11. Tous ces brigands, condamnés à mort, furent exécutés le jour même de leur baptême.
    Il est très rare que les exhortations si paternelles et si surnaturelles de M. Loh soient repoussées par les malheureux criminels. Quant aux directeurs païens d'hôpitaux et de prisons, ils ont en grande estime cet apôtre du Christ et ils l'accueillent toujours avec bienveillance.
    (Agence Fides.)

    Indochine.

    HANAI. A propos de l'article 71, on a lu plus haut la déclaration de M. Alexandre Varenne, ancien Gouverneur général de l'Indochine, s'honorant d'avoir remis la rosette de la Légion d'honneur à la bonne Soeur Antoine. Nous trouvons dans la Semaine Religieuse de Bayeux le récit de cette cérémonie :
    « Au Tonkin, à l'asile de Thaï-Ha, quelque part dans la brousse et les mares, dans un asile de lépreux, d'éclopés, d'enfants et de vieillards abandonnés, une religieuse se meurt. C'est la Soeur Antoine, de la Congrégation de Saint-Paul de Chartres.
    Il y a 38 ans qu'elle a été chassée, pour cause de laïcisation de l'hôpital que la Mission avait construit pour la population annamite, 38 ans qu'elle s'est enfoncée où elle a pu, sans autres ressources que son immense dévouement et sa confiance dans la Providence, 38 ans qu'elle s'est arrêtée dans le village de Thaï-Ha, séjour de la peste, de la fièvre et de l'horreur. Et aujourd'hui 600 malheureux n'ont pas d'autre mère qu'elle.
    La porte de l'humble cellule s'ouvre. Le Gouverneur général entre. II dit tout ému : « Ma soeur, ce n'est point une formule sacerdotale que je viens prononcer; cela me siérait mal. Mais en posant cette croix sur votre poitrine, je vous redis un merci sincère au nom de la nation française et indigène. Il est rare de voir donner la rosette d'officier aux dames. Cependant où cette rosette peut-elle être mieux placée ? Et qui l'a mieux méritée? Je suis heureux de vous donner moi-même cette marque de reconnaissance. Si seulement cela pouvait vous remettre debout au milieu de vos pauvres si affligés ! »
    La soeur sourit, ferme les yeux. Le Christ dont elle avait reproduit ici-bas la vie de souffrance et d'amour, l'a appelée à la suprême Légion d'Honneur du Ciel... »

    Hué. De l'instruction publique au Carmel. Le 16 juin a eu lieu, au Carmel de Hué, la cérémonie de vêture de Mlle Pache, qui fut professeur au collège des filles de Dong-Khanh et qui a abandonné l'enseignement public pour le Carmel le 16 juillet 1927. Le personnel de l'enseignement en Indochine étant plutôt irréligieux nous espérons que la nouvelle novice saura par ses prières amener la conversion de ses anciens et anciennes collègues, dont plusieurs au reste assistèrent à la cérémonie.
    SAIGON. Un pasteur protestant fait en ce moment des conférences en Cochinchine. Pour intéresser les habitants de Saigon aux personnages de la Bible, il trace ce qu'il appelle des « portraits bibliques ». Sa première conférence fut sur Abraham. Quelqu'un lui demanda s'il espérait attirer beaucoup d'auditeurs à ces instructions là.
    Je me demande, monsieur le pasteur, si l'histoire d'Abraham est de nature à empoigner beaucoup les coloniaux ou les indigènes.
    L'excellent pasteur s'indigna :
    Eh bien, ce serait un peu fort, par exemple, que l'histoire d'Abraham les laissât froids ! D'abord, elle est aussi captivante que toutes vos biographies romancées, vous savez. Et puis, ils seraient joliment ingrats.
    Ingrats ?
    Mais oui. Vous ne vous rendez donc pas compte que, s'il y avait une dulie dans notre religion, Abraham serait considéré comme le patron des coloniaux ? Combien y a-t-il de milliers d'années qu'appelé par la divinité, il abandonna les siens pour aller planter sa tente au bout du monde ! Il avait du même coup inventé la colonisation.
    Les cordonniers fêtent la Saint Crépin, les artilleurs, la Sainte Barbe, etc. Il faudrait établir une Saint Abraham.
    BANGKOK. La lutte entre l'auto taxi et le rickshaw est engagée en Extrême-Orient. A Bangkok, elle est particulièrement âpre. Il parait que cette Venise asiatique, où les trois quarts de la population habitait des chalands et des bateaux, sur les innombrables canaux est devenue un véritable autodrome.
    C'est par milliers que des Siamois et des Chinois ont employé leurs petits capitaux à l'achat d'autos à bas prix; qu'ils acquièrent à tempérament et avec lesquelles ils parcourent les rues à toute vitesse en cherchant quelque client à transporter. Ces chauffeurs nouvellement convertis paraissent extrêmement fiers de leur nouveau métier et ne sont guère exigeants sur le gain d'une journée.
    Pourvu qu'ils fassent un peu plus que leurs frais, ils sont contents d'avoir terrorisé les piétons avec leurs cornes, leurs klaxons et leurs trajectoires de bolides. Quand ils sont fatigués, ils s'arrêtent le long d'un trottoir et dorment sur leurs sièges. Mais ceux qui ne paraissent, pas enchantés, ce sont les tireurs de pousse-pousse, dont la profession se trouve subitement ruinée. Les pauvres gars font des têtes lamentables.

    LAOS. Admirable exemple de persévérance donné par les catéchumènes. Thabom, village situé sur le territoire de Siam, à 30 kilomètres au sud du fleuve Mékong, fut évangélisé, il y a une trentaine d'années, par un chrétien venu d'Oubone. Celui-ci, après un séjour de deux ou trois ans, se choisit un successeur, lequel, à son tour et jusqu'à sa mort, maintint au village la pratique extérieure de la religion, en particulier l'abstinence du vendredi et le repos dominical. Un sous préfet chrétien et un ex-séminariste exhortaient de temps en temps les catéchumènes à persévérer jusqu'à l'arrivée du missionnaire. Celui-ci, à cette époque, ne pouvait venir de la mission la moins éloignée qu'à de rares occasions.
    Le chef des catéchumènes mourut ; ce qui nécessita une nouvelle visite du Père. L'accueil qu'il reçut fut des plus sympathiques ; tous demandaient avec instance un catéchiste, l'érection d'une petite chapelle et la visite au moins annuelle du prêtre. Jusqu'alors, ils s'étaient fidèlement réunis, le dimanche, pour prier, dans une case où ils avaient érigé un petit autel.
    L'ouverture d'une nouvelle route dans cette région du Laos pourra faciliter le voyage du missionnaire qui, même durant la bonne saison, devra employer plus de 4 jours pour aller de VienTiane à Thabom. Ainsi il sera possible de satisfaire ces braves gens et d'exercer le saint ministère dans cette contrée non encore évangélisée et facile à conquérir au christianisme, comme le prouve l'admirable persévérance de plus de 30 années des catéchumènes de Thabom.

    BIRMANIE. On écrit de Bassein : En janvier dernier, un petit Japonais, Sato, âgé de 7 ans, faisait son entrée dans notre école anglaise (Soeurs de S.-Joseph de l'Apparition).
    Quelques semaines après, tandis que sa maîtresse disposait quelques fleurs sur l'autel de la salle de classe, Sato s'approche et dit : « Ma Soeur, je connais Jésus Christus. Oui, Sato, où l'as-tu connu ? Au Japon, les méchants l'ont tué. Qui te l'a dit ? C'est ma mère. Elle est donc catholique Non, mais elle a entendu dire cela ». Puis, il ajoute : « Tous les jours, je récite l'Ave Maria et la prière : « Coeur Sacré de Jésus, j'ai confiance en vous ». Qui t'a appris ces choses? Ici en classe ». Les enfants catholiques récitent matin et soir leurs prières auxquelles assistent les petits païens, ces derniers finissent par les apprendre.
    « Ma Soeur, continue Sato, j'aimerais bien venir à l'église le dimanche. Bien, dis-le à ton papa ». Le lendemain, l'enfant au comble de la joie, annonce à sa maîtresse que son père lui permet d'assister à la messe le dimanche. Depuis ce jour, il ne l'a jamais manquée, il ne manque pas non plus de donner son offrande à la quête qui se fait à l'église, et assiste à toutes les leçons de catéchisme au couvent.
    Il y a environ un mois, le frère de Sato, âgé de 5 ans, fut, lui aussi, admis à l'école. L'heure du catéchisme arrivée, la Sur demande à l'enfant si son frère doit y assister. « Non, répond-il, laissez-le, il n'est pas catholique ». Sato se croit catholique, bien qu'il ne soit baptisé. Cependant, trois jours plus tard, il amène son frère au catéchisme, déclarant qu'il était à présent catholique. Pour lui, être catholique signifiait: apprendre les prières et le catéchisme.
    Un de ses voisins nous a rapporté que Sato avait demandé à son père d'embrasser la Religion chrétienne. Ce dernier aurait répondu : « Bien, mon enfant, apprends d'abord toi-même cette Religion, tu me l'enseigneras ensuite ».
    Que deviendra cette famille ? ... C'est le secret de Dieu. Mais nous avons de sérieux motifs d'espérer la voir sortir des ténèbres du paganisme pour rentrer dans la pleine lumière de la Vérité.

    Une soeur Franciscaine Missionnaire de Marie écrit de Bhamo :

    Jamais encore Bhamo n'avait eu sa procession du Très Saint-Sacrement. Cette année, le Père Curé voulut répandre sur la petite ville païenne les bienfaits de la bénédiction eucharistique. Le reposoir avait été préparé au couvent de l'« Ave Maria ». Les cinq Franciscaines Missionnaires de Marie n'avaient, pour le faire très beau, que les richesses de la pauvreté aidées des ressources toujours ingénieuses de leur zèle. Quelques briques prises sur le chantier des constructions formèrent l'autel; une nappe blanche le couvrit, puis des rampes de lianes, des fleurs et des lumières montèrent très haut, jusqu'aux pieds de la jolie Vierge qui semblait vouloir présenter elle-même son divin Fils à cette nation païenne.
    A 6 heures, le son joyeux des cloches annonce la sortie de la procession. Mais à Bhamo, qui se préoccupe du passage du Maître divin ?... Aux portes des maisonnettes, païens et bouddhistes regardent de l'air le plus indifférent; au milieu de la rue, des enfants jouent et... se disputent. Les appeler, les grouper autour du reposoir, quelle tentation pour la missionnaire !... La prudence, hélas ! Ne le permet pas... Cependant quelques-uns entraînent les autres, et tout un groupe de petits curieux vient regarder la belle Vierge et la religieuse qui allume les bougies. Ils ont les mains pleines de fritures et de sucreries birmanes ; mais sur un signe de la Soeur, docilement, ils vont les poser dans un coin.
    « Vous les reprendrez dans quelques instants. Maintenant, puisque vous êtes ici, mettez les mains ainsi... le grand Peïa arrive.
    Oh ! Le grand Peïa... j'en ai peur, murmure une petite venant se serrer sous le voile de la Soeur.
    Il ne faut pas avoir peur... Il est bon! Il aime tant les petits enfants, Il les appelle près de Lui pour les caresser, leur faire du bien.
    C'est vrai ?... alors je peux rester là ?... »
    De faibles chants se font entendre. A l'extrémité de la rue, un groupe apparaît et lentement se dirige vers le couvent. Quelle scène d'Évangile ! Pas même un dais ! Le Père Curé, ayant à ses côtés deux prêtres birmans, porte l'Ostensoir un peu élevé ; trois religieuses, les enfants de l'école et ceux-ci en grande partie païens, cinq ou six vieux chrétiens, voilà tout le cortège. Sur le parcours, Indiens, Birmans et Shans jettent à peine au passage un regard distrait, et aussitôt reprennent leurs occupations.
    A l' « Ave Maria », du moins, Notre Seigneur trouve des âmes qui l'attendent pour l'adorer. Il bénit, se repose comme jadis à Béthanie, puis la procession reprend sa marche, se fond bientôt avec les passants, disparaît au tournant de la rue, derrière un rideau de grands arbres.
    Quoi de plus simple et de plus émouvant que cette première procession de Fête Dieu à Bharno !... L'Hostie sainte a passé, ignorée de tous... mais la bénédiction divine est tombée sur la ville païenne ; elle fécondera le sillon que le missionnaire creuse à force de sacrifice et de patience.

    1929/37-43
    37-43
    France et Asie
    1929
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