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Nouvelles des missions

Nouvelles des missions TOKYO Le P. Totsuka Le 3 mars, le Kagosh'ma-Maru ramenait au Japon le P. Totsuka, destiné à la Mission de Tokyo. Le P. Totsuka avait été envoyé, il y a quelques années, par l'Université de Tokyo pour parfaire ses études de médecine en France; il y a trouvé la vocation sacerdotale.
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    Nouvelles des missions

    TOKYO
    Le P. Totsuka
    Le 3 mars, le Kagosh'ma-Maru ramenait au Japon le P. Totsuka, destiné à la Mission de Tokyo.
    Le P. Totsuka avait été envoyé, il y a quelques années, par l'Université de Tokyo pour parfaire ses études de médecine en France; il y a trouvé la vocation sacerdotale.
    Après avoir fait ses études théologiques à Paris et à Londres, il a été ordonné prêtre le 28 juin 1924 au séminaire Saint-Sulpice. Invité à faire partie de la commission médicale préparatoire à l'Exposition des Missions, il avait été retenu quelques mois à Rome.

    KIRIN

    Séminaire. Ordination

    La rentrée des séminaires a eu lieu le 1er mars. Le petit séminaire a inscrit 10 nouveaux élèves. A l'issue de la retraite, prêchée par le P. Revaud, 9 grands séminaristes ont reçu la tonsure et 4 les ordres mineurs.

    TCHONGKIN

    Bénédiction d'une église

    Le 2 février, le P. Claval, supérieur de la mission, a béni solennellement la nouvelle église construite à Tongkouang par le P. Mommaton, et dédiée à la Très Sainte Vierge. La cérémonie s'accomplit dans l'ordre le plus parfait, au milieu d'une assistance nombreuse et recueillie. Le sermon, tout de doctrine, du P. Tournier, fut écouté avec la grande attention qu'il méritait ; les chants furent exécutés à la perfection; bombardes et pétards, obligatoires à toute fête en Chine, firent retentir les échos de la localité.

    THIBET

    Lettre du P. Valentin
    Provicaire apostolique

    Les écoles de doctrine ont autant et plus que jamais d'élèves. La plupart sont des enfants de chrétiens, les autres des catéchumènes dont un certain nombre pourront être baptisés aux environs de Pâques.
    Mes fonctions consistent à enseigner tout le cours des études, depuis les débutants jusqu'à la théologie morale et les rubriques de la messe inclusivement. Pour les débutants, je me fais aider, quand la chose est possible, par un élève plus avancé ou par un ancien déjà sorti; mais, outre qu'il est difficile de trouver des gens aptes et dévoués en même temps, il arrive qu'ils sont incapables, et alors je n'ai qu'à endosser un cours de plus. Actuellement, il y a 15 élèves, répartis entre cinq classes; j'en fais deux. Le P. Valour enseigne la morale à un théologien, et un ancien théologien fait les deux classes inférieures composées de deux élèves chacune. Tous les cours de sciences et géographie, sans parler de la tenue de la communauté, sont ma partie, à laquelle je dois ajouter une petite méditation orale le matin et une demi-heure d'instruction doctrinale le soir.
    Ces derniers temps, nous jouissons de la bienveillance des autorités, qui nous témoignent un peu de reconnaissance des services rendus à leurs personnes et familles durant l'occupation de Ta-tsien-lou par leurs adversaires.
    Du côté du Thibet indépendant, le chef de Lhassa sent des désirs d'agrandir ses domaines; il essaie de reprendre les anciens territoires thibétains soumis à la Chine depuis environ 200 ans. Et le moment est vraiment bien choisi. Il dispose de meilleurs tireurs que la Chine et n'a pas à craindre de grosses armées, lesquelles sont occupées à s'entr'égorger et à pressurer le peuple des villes comme des campagnes. Nous restons neutres dans ces conflits, tout en y étant plus au moins mêlés par la force des choses, ce qui augmente le prestige de la mission catholique, et nous fournit l'occasion de donner des notions de notre sainte religion à ces gens qui souvent n'en connaissent que le nom. Certains officiers supérieurs, dont un général de brigade, ont manifesté ouvertement le désir de dire adieu à Confucius pour adorer le vrai Dieu.

    HUÉ

    La famine

    La misère ne fait qu'augmenter dans notre Mission ; les mendiants affluent. Et comme la faim est presque toujours mauvaise conseillère, elle pousse bien des malheureux à se livrer au vol, au pillage des maisons tant soit peu à l'aise. Dans la province du Quangtri, plusieurs personnes sont mortes de faim, et il est bien à craindre que, dans les mois qui vont suivre, il y en ait encore beaucoup d'autres, non seulement à Quangtri, mais aussi dans les autres districts. Cette grande misère pousse de nombreux païens à se débarrasser de leurs enfants en bas âge et à les apporter dans les divers établissements de la Sainte Enfance, où, cette année, il y aura sûrement une belle moisson de petits anges pour le ciel.

    BANGKOK

    Ecoles

    Les Soeurs de Saint-Paul de Chartres se sont chargées de fonder une nouvelle maison d'instruction, l'école Saint François-Xavier, à Samsen, dans le quartier nord de Bangkok. Elles ont quitté l'école du Rosaire où les Ursulines lés ont remplacées, et la maison de Bangxang.

    LAOS

    Le gouverneur général à Thakhek. — Mgr Gouin bénit l'église de Chanphen

    Au mois de janvier, le Laos a reçu la visite de M. Merlin, gouverneur général de l'Indochine française. Parti de Hanoi dans la matinée du 4, il arrivait le soir même à Thakhek, sur le Mekong, d'où le vapeur Galliéni le transportait à Vienchan, capitale du Laos, puis, quelques jours plus tard, le ramenait à Thakhek. C'est là que, à un banquet officiel auquel il avait été convié, Mgr Gouin put offrir au représentant de la France ses hommages et ceux de ses missionnaires.
    Thakhek doit être le terminus du chemin de fer qui reliera le Laos à l'Annam. La Mission n'y avait jusqu'ici pas même un pied à terre. Grâce au commissaire de la province, elle y possède maintenant un terrain de 5 à 6 hectares, que le P. Chabanel fait défricher et sur lequel il construit une solide maison, qui provisoirement servira d'église.
    Mgr Gouin a béni à Chanphen la belle église que le P. Lacombe vient d'y construire. La cérémonie eut lieu le 7 février, et tous les confrères de la région se firent un devoir d'y assister et d'apporter à l'heureux curé du lieu leurs sincères félicitations.

    COLLÈGE GÉNÉRAL DE PINANG

    Etat du collège

    Les réparations et améliorations faites récemment au collège nous ont permis d'atteindre le chiffre de 125 élèves. L'an dernier ils étaient 116 ; sur ce nombre, 14 nous ont quittés, leurs études finies ; 23 nouveaux ont comblé les vides.
    5 d'entre eux sont des clercs de Birmanie, qui, après deux années de probation dans leur pays, viennent se préparer aux saints Ordres en revoyant les traités de théologie les plus importants. Les autres viennent de diverses Missions : 6 de Canton, 5 de Swatow, 4 de Siam, 2 de Kumbakonam, 1 de Birmanie septentrionale.

    DE L'INFLUENCE DU DÉMON EN CHINE

    On ne saurait se figurer la tyrannie qu'exerce le démon sur le peuple chinois. Les sorciers et les sorcières pullulent dans les villes et dans les campagnes. J'ai interrogé plusieurs de mes chrétiens qui avant leur conversion faisaient le métier de sorcier.
    L'un d'eux m'a raconté ceci :
    « Un jour, je me trouvais à Vongmantsay, éloigné du temple des ancêtres de près de 7 lis (3 kilomètres). J'étais à cultiver des patates, lorsque je sentis quelque chose qui me pénétrait, mais je ne voyais rien ; je ne pouvais nie rendre compte si je marchais, ou si j'étais immobile. Je n'eus connaissance de mon état que lorsque mes sens se réveillèrent, et je me trouvais alors au temple où résident des sorciers, et ainsi je devins sorcier. Le diable me voulait pour disciple, je lui ai obéi : avant cette époque j'étais robuste, maintenant la force que j'avais autrefois m'a abandonné, et le Père peut constater lui-même combien je suis maigre, sec. Depuis que le diable m'a possédé, mon corps n'a fait que s'affaiblir, même depuis ma conversion.
    « Quelques-uns disent que les sorciers affirment faussement qu'ils ont des relations avec le diable, je ne sais ce qu'il en est de beaucoup; pour moi, je puis affirmer que j'étais réellement possédé ; je sentais, après les évocations au démon, que véritablement il était en moi, que je parlais mais que c'était lui qui me faisait mouvoir la langue : sa présence en moi m'était un tourment ; cet état de possession est pénible, douloureux ».
    Que font donc ces sorciers ? Ils s'assoient sur une chaise hérissée de couteaux tranchants, ou se couchent sur une planche garnie de longues pointes très effilées (j'ai vu quelques-uns de ces lits qui représentent toutes les formes du corps, ce qui ne permet pas de s'appuyer ailleurs que sur ces longues pointes d'environ 8 à 9 centimètres) ; ils se frappent jusqu'au sang avec un martinet terminé par une boule de bois plus grosse que le poing et hérissée de pointes; ils se percent les joues avec des broches de fer, se fendent la langue et crachent le sang qui en découle sur des papiers qu'ils vendent comme talismans ; ils se font soulever et pendre par des crochets qui leur pénètrent les chairs sous les aisselles ; ils broient avec les dents des vases de porcelaine et en avalent les fragments ; ils font toutes ces opérations afin de prouver leur puissance, et sans éprouver la moindre douleur, affirment-ils. Ce sont des faits que m'assurent des chrétiens qui en ont été maintes fois témoins.
    Peu de temps après l'établissement de la religion, au village de Fouteou, sous préfecture de Lioukfong, se passèrent les faits suivants :
    Un nommé Pang était chrétien et avait un domestique chrétien nommé Yap, qui avait la bouche de travers. Celui-ci, en allant au travail, passait fréquemment devant une idole à laquelle il lançait des malédictions : nul ne pouvait le voir, ni l'entendre. Un jour, le sorcier porté dans sa chaise à couteaux et suivi de son idole arrive devant la maison du chrétien et lui crie : « Pang, je viens lutter avec toi, car ton domestique m'a maudit; il me disait en se moquant de moi que j'étais sans puissance, que je n'étais qu'un démon ».
    Pang prenait son repos, il ne parut nullement s'occuper des menaces du serviteur du démon : cette indifférence ne faisait qu'exaspérer le sorcier, et la populace qui assistait à ce spectacle devenait menaçante.
    Le chrétien sort alors de sa maison un bâton à la main, il s'approche du sorcier qui crie de nouveau :
    « Ton domestique m'a maudit, m'a appelé démon, a nié nia puis sance ; vous autres adorateurs du Maître du Ciel, quelle est donc votre magie ? Luttez avec moi, quel est celui d'entre vous qui peut s'asseoir comme moi sur cette chaise à couteaux ? »
    Le chrétien lui répond :
    « Ma magie consiste à observer les dix commandements de Dieu : pour ce qui est de la magie, j'y croirai, si ton idole peut, sans être renversée, recevoir le coup de bâton que je vais lui décharger ».
    Il n'en fallut pas davantage pour faire taire le sorcier, qui n'osa répliquer et partit aussitôt.
    L'année suivante l'idole fut encore apportée avec les mêmes cérémonies. Lorsqu'elle arriva en face de la maison du chrétien elle fut renversée à terre. J'ignore si cette chute fut due à un accident ou à une autre cause, mais les païens furent effrayés et depuis ce jour jamais leur procession n'a osé passer devant la maison chrétienne.
    Le même Pang avait détruit un pagodin. Assez peu éloigné de sa demeure, vivait un païen zélé, Achoui. Le démon s'en prit à ce païen de l'offense qui lui avait été faite. Frappé dans sa personne et dans ses biens, le païen effrayé alla consulter un sorcier. Celui-ci répondit
    « Mon fils, mon disciple, le pagodin de tel endroit a perdu son repos, il a été renversé».
    Le païen, de retour chez lui, donne des ordres et fait reconstruire le pagodin, mais les persécutions diaboliques n'en continuent pas moins : un de ses porcs qui dormait au soleil tombe, on ne sait comment, et se tue; un de ses neveux tombe devant un autre pagodin, et se blesse dangereusement, etc.
    Le païen a de nouveau recours au démon qui lui dit :
    « Tu m'as construit un pagodin; c'est bien, mais il faut que tu reconstruises aussi celui devant lequel est tombé ton neveu ». Le païen alors de s'écrier:
    « Je cesse de croire à toi si tu ne me dis pas pour quel motif tu t'en prends à moi lorsque c'est un chrétien qui a renversé tes pagodes ».
    Le sorcier possédé reste sans réponse.
    Le païen lui dit alors :
    « Maintenant, je vois clairement que tu n'es qu'un démon ». Et il se rend immédiatement chez le chrétien Pang qui faisait alors avec sa famille la prière du soir. Achoui s'assied sans mot dire et écoute. Son habit est alors violemment tiré : il se retourne et n'aperçoit rien ;... il continue à écouter la prière des chrétiens, son habit est encore une fois tiré ; il se retourne de nouveau et n'aperçoit rien. Il change de place, une troisième fois son habit est encore tiré et plus violemment que précédemment, Achoui s'écrie alors :
    « Laisse-moi, je ne crois pas en toi, tu n'es qu'un démon ». Le diable le laissa et ce païen devint fervent chrétien.
    Les païens disent que les exemples du démon attentant à la vie des hommes sont sans nombre. Par exemple, on trouvera étendue, morte sur son lit, une personne étranglée par un simple fil attaché aux colonnes du lit, le fil sera passé sous le menton sans entourer le cou, la personne sera couchée sur le ventre.
    Des jeunes enfants, des jeunes filles, des femmes sont enlevées et placées sur la route; elles voient passer ceux qui sont à leur recherche et entendent leurs voix, mais ne peuvent ni se faire entendre, ni être vues d'eux ; ce n'est qu'au bout de 3 ou 4 jours qu'on les trouve comme privées de sentiment, dans ce même endroit où peut-être on avait passé et repassé une vingtaine de fois. Revenues à elles-mêmes, ces malheureuses racontent que pendant tout ce temps-là le démon les avait contraintes d'avaler des grenouilles vivantes et de la terre jaune en boulette. La femme d'un de mes chrétiens fut ainsi enlevée et cachée pendant plusieurs jours sur la montagne : c'est à la suite de cette persécution diabolique que ce païen s'est converti à la religion.
    La soeur d'un chrétien de Chongsa était fortement éprouvée ; plusieurs de ses enfants mouraient ou tombaient malades. Elle va consulter le sorcier qui lui dit :
    « Ta maison est mal construite, il faut la renverser et la reconstruire d'une autre manière; la porte principale qui actuellement est ouverte au nord devra être ouverte au sud, etc. Cette femme, peu après, se rend chez son frère et lui raconte le fait : « Vous autres, lui répond-il, vous adorez le diable, aussi il vous persécute. Nous autres adorateurs du Maître du Ciel, que nous bâtissions au nord ou au sud, que nous commencions tel jour plutôt que tel autre, peu importe, nous n'avons à craindre aucun danger.
    Après plusieurs entretiens de ce genre avec son frère, cette femme se convertit, et sa maison ne fut plus éprouvée par aucun accident.

    1925/189-197
    189-197
    France et Asie
    1925
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