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Nouvelles des Missions

Nos Missions à vol d'oiseau Les premiers mois de 1940 ont vu de nouveau certaines catégories de missionnaires mobilisables rejoindre leurs corps respectifs en colonie française et ailleurs ; les jeunes de 30 ans et au-dessous, de même ceux qui avaient un grade d'officier, ont été rappelés dans les régiments d'Indochine ou des concessions françaises de Changhai et de Tientsin. Il semble cependant que les mesures aient été différemment interprétées, selon les régions, par les représentants de la France à l'étranger.
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    Nos Missions à vol d'oiseau

    Les premiers mois de 1940 ont vu de nouveau certaines catégories de missionnaires mobilisables rejoindre leurs corps respectifs en colonie française et ailleurs ; les jeunes de 30 ans et au-dessous, de même ceux qui avaient un grade d'officier, ont été rappelés dans les régiments d'Indochine ou des concessions françaises de Changhai et de Tientsin. Il semble cependant que les mesures aient été différemment interprétées, selon les régions, par les représentants de la France à l'étranger.
    La lenteur des communications ne nous permet pas encore d'apprécier jusqu'à quel point cette nouvelle mobilisation de quelques-uns de nos confrères aura troublé l'organisation des missions. Nous souhaitons que le développement du christianisme n'en souffre pas trop dans celles dont notre chère Société est chargée en Extrême-Orient.

    INDES ET BIRMANIE.
    Nos Missions de l'Inde viennent de faire un nouveau pas en avant : - les deux diocèses de Mysore et de Coimbatore en formeront trois à l'avenir, deux restant à la charge de la Société des Missions Etrangères, et le troisième devant être confié au clergé indien avec Mgr Bernadotte comme premier évêque indigène de Coimbatore. De ce fait, S. E. Mgr Despatures devient évêque de Bangalore, et Rome nommera sous peu le nouvel évêque de Mysore.
    Le diocèse voisin de Salem, créé en 1930 et qui n'avait pas encore de prêtre indigène à cette époque, en aura 18 à la fin de 1940. Malheureusement le manque de ressources a eu comme conséquence un petit ralentissement dans les conversions de païens de cette Mission. Par ailleurs l'école secondaire de garçons, dirigée par les Frères de St Gabriel, renferme une élite de jeunes Indiens groupés en patrouilles scoutes, qui permettent aux professeurs de former avec plus de profit le caractère de leurs élèves et de les amener à une vertu plus solide.
    En Birmanie, la partie septentrionale de la Mission de Mandalay ayant été cédée aux Missionnaires Irlandais de Saint Colomban, nos confrères qui travaillaient dans la région de Bhamo sont descendus dans celle de Mogok, à 2 jours d'auto de Mandalay, pour organiser des postes nouveaux parmi les tribus Shans : ce sont les PP. Roche à Mogok, François Collard à Katha, Merceur à Kiapyin, Pâquet à Badaung et Cassan à Pampau. Honneur à ces pionniers ! Ils n'ont peut-être que des abris de fortune comme habitations, mais à l'exemple de nos anciens, ils savent qu'ils plantent l'Eglise où elle n'était pas encore, et ils ne se préoccupent pas de savoir quels seront plus tard les moissonneurs.

    MALAISIE ET SIAM.

    A Singapore, l'école catholique chinoise fondée en 1937 par le P. Bêcheras a maintenant 450 élèves et 17 maîtres. C'est la communauté chinoise de l'endroit qui a financé cette belle oeuvre ; les progrès sont si sensibles que, s'ils continuent, il faudra bientôt songer à ajouter une nouvelle annexe. Les confrères qui travaillent tant en ville qu'à la campagne dans la presqu'île de Malacca n'ont guère le temps de chômer, et ceux d'entre eux, tels les PP. Souhait et Baloche, qui ont dû avoir recours aux soins d'un médecin anglais dont les méthodes curatives sont nouvelles, n'ont pas eu à se plaindre puisqu'ils ont été guéris en un tour de main de leurs rhumatismes et ont pu reprendre bien vite leur travail.
    En Thailande (le royaume de Siam, pour les non-initiés), le P. Chorin vient de publier des pages très substantielles sur l'histoire et l'ethnographie de ce pays ; il termine son étude par un aperçu sur ses possibilités religieuses : « Il est certain, écrit-il, que le Haut Siam subit une résurrection ; il est non moins certain que cette résurrection ne sera durable et totale que transfigurée par l'Evangile intégral de Jésus-Christ... Chimère profonde, s'écrieront les esprits bouddhistes et athées ; réalité mystique, affirmeront les vrais catholiques et les plus sûrs amis du Siam... Aux mystiques anarchistes, sociales et révolutionnaires, aux mystiques du nébuleux bouddhisme et du froid protestantisme, opposons énergiquement la Mystique divine de Jésus Crucifié... Les missionnaires catholiques ont une oeuvre grandiose non pas à entreprendre, mais à poursuivre, dans le Nord siamois ».

    INDOCHINE FRANÇAISE.

    Après Mgr Marcou, mort le 7 décembre dernier à Thanh-hoa à l'âge de 82 ans, un évêque du Sud, Mgr Dumortier, Vicaire apostolique de Saigon, s'est éteint le 16 février à 71 ans. Les échos qui nous sont parvenus de Cochinchine nous ont dit les belles funérailles faites à ce dernier avec la participation des autorités civiles de la colonie. Sa tombe était à peine fermée qu'une autre s'ouvrait pour le P. De Coopman, procureur de cette Mission de Saigon, décédé 4 jours plus tard.
    Nos anciens missionnaires disparaissent ainsi sans attendre la relève, et ceux qui restent sont parfois obligés de s'arrêter avant la fin : c'est ce qui vient d'arriver au P. Chouf fot, supérieur du petit séminaire de Culaogiên pour le Cambodge ; sa grande fatigue, à laquelle s'ajoutent 71 années d'âge dont 48 d'apostolat, l'a contraint à résigner ses fonctions. Son sacrifice et ses prières vaudront à quelques jeunes la grâce de la vocation missionnaire.

    CHINE.

    Personne ne sait exactement ce qui se passe dans les pays du sud-ouest de la Chine où se poursuit l'« incident » sino-japonais ; mais ce que nous savons bien, c'est qu'il est toujours impossible de communiquer avec nos confrères de l'île de Wai-chow (golfe du Tonkin), où vivent, depuis environ 18 mois, les PP. Sonnefraud et Castiau complètement séparés du reste du monde, comme aussi avec Mgr Albouy et les PP. Costenoble et Dalle, qui se trouvent dans les mêmes conditions à Nanning depuis le 20 novembre dernier. Nous n'avons à leur sujet que les télégrammes officiels envoyés par les agences japonaises et qui annoncent qu'ils sont tous en excellente santé ; quant aux plis qui leur ont été adressés, ils sont revenus avec la mention « Retour à l'envoyeur, toutes communications étant impossibles avec Nanning ». Nous avons le ferme espoir que leurs souffrances physiques et morales seront une source de bénédictions pour les travaux futurs des missionnaires dans ces régions.
    Car, malgré la guerre, l'Eglise continue sa marche en avant.
    Dans cette même zone de Chine méridionale, Mgr Pénicaud, dont la santé était depuis longtemps chancelante, a cru devoir donner sa démission de Vicaire apostolique de Pakhoi ; de suite il a été remplacé par Mgr Deswazière, déjà nommé en 1928, et dont l'activité depuis lors, tant à Hongkong comme Supérieur de la Maison de retraites de Nazareth, que dans nos Missions de Chine comme Visiteur canonique des confrères de la Société des Missions Etrangères, est une preuve qu'il est bien rétabli et de ce fait capable de remplir les obligations de la charge de Vicaire apostolique. A tous deux vont nos voeux et nos prières.
    Au Yunnan, Mgr Larregain s'est mis au travail dès son arrivée de France à la mi-janvier. De retour en Chine après 11 années d'interruption, sa facilité d'adaptation aux circonstances lui permet de prendre d'une main ferme le gouvernail d'une mission que les difficultés présentes rendent plus difficile à manier.
    Dans la province voisine du Kweichow, nos confrères continuent de travailler avec ardeur : au sud, les PP. Nénot et Pélardy, du Vicariat de Lanlong, se font particulièrement connaître et aimer en soignant de nombreux ouvriers atteints de la malaria ; il leur est arrivé parfois de distribuer plusieurs centaines de doses de quinine par jour à ces pauvres gens venus souvent de loin pour travailler à la construction d'une nouvelle route automobile.
    Ailleurs, au Setchoan comme au Kouangtong, la guerre a moins éprouvé nos confrères que précédemment, mais que de misères à soutenir ! A Chungking, cette ville martyre du centre de la Chine qui continue d'abriter le gouvernement chinois d'avant le « conflit », le coût de la vie a augmenté dans la proportion de 1 à 10, et cependant la densité de la population s'accroît toujours de plus en plus ; dans les locaux de l'évêché, c'est « une file ininterrompue passant devant l'écran de nos ruines, camouflées par les nécessités de l'hospitalité ».
    Même note pour ce qui concerne Swatow et les environs. A Chaochow, la misère est plus grande que partout ailleurs, aussi les difficultés ne manquent pas au P. Favre, mais il n'est pas homme à se laisser dominer par elles... N'ayant plus d'école, les Ursulines ont monté un ouvroir qui ne compte plus de 700 ouvrières et qui en compterait bien davantage si les locaux ne faisaient pas défaut. A Tenghai, le P. Rondeau essaye d'en faire autant, mais n'ayant pas de Soeurs pour lui prêter assistance, sa tâche est plus ingrate.

    MANDCHOURIE ET COREE.

    Nos confrères de Mandchourie n'ont pas non plus toutes les facilités qu'ils désireraient pour remplir leur ministère apostolique, ils s'estiment cependant heureux de pouvoir faire du bien autour d'eux et de préparer ainsi les moissons futures. Mgr Lemaire se dépense sans compter : après avoir fait sa première ordination en conférant le sacerdoce à 3 jeunes prêtres le 21 février, il prêchait quelques jours plus tard la retraite de rentrée au séminaire, cela sans préjudice pour le travail qui lui incombe depuis qu'il est devenu évêque coadjuteur. Son remplaçant comme supérieur du petit séminaire est le P. Bernardot, qui a tout pour réussir dans de telles fonctions malgré sa jeunesse, maladie dont il guérira peu à peu.
    En Corée, NN. SS. Larribeau et Mousset, à Séoul et à Taikou, préparent également les apôtres indigènes de demain : 2 diacres et 11 minorés ont été ordonnés par Mgr Larribeau à Ryong-san, 2 minorés et 6 tonsurés par Mgr Mousset à Taikou. Par ailleurs, l'Ecole Commerciale de Séoul vient de distribuer 72 diplômes de fin d'études à ses élèves et, parmi ceux-ci, on comptait 23 petits séminaristes.

    JAPON.

    Le 4 février dernier, Mgr Castanier, évêque d'Osaka, a béni la nouvelle église et les oeuvres missionnaires de Toyonaka. L'église, les meubles, le chemin de la croix et le tableau qui se trouve au-dessus du maître-autel, sont en style japonais ; le tableau, fait par un artiste du pays, représente la Sainte Vierge, Ste Catherine d'Alexandrie et Ste Thérèse de l'Enfant Jésus, dans un paysage local avec le Mont Fuji.
    Parmi les dons offerts par les chrétiens de Toyonaka à leur église, celui de M. Toyodo mérite une mention spéciale. Encore catéchumène en 1873 lors de la grande persécution, ayant appris par la rumeur publique qu'elle allait prendre fin, il avait arraché l'édit qui interdisait aux habitants de se convertir et, depuis cette époque, il gardait précieusement la petite planchette. C'est cet ancien édit qu'il a donné à sa paroisse le jour de l'inauguration de l'église.

    1940/90-94
    90-94
    France
    1940
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