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Nouvelles des missions

Nouvelles des missions SETCHOAN ORIENTAL. Notre vénéré Pasteur Mgr Chouvellon, dont la maladie s'était aggravée au point de nous donner les plus vives inquiétudes, a voulu recevoir les derniers sacrements dans la matinée du 29 avril.
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    Nouvelles des missions

    SETCHOAN ORIENTAL.

    Notre vénéré Pasteur Mgr Chouvellon, dont la maladie s'était aggravée au point de nous donner les plus vives inquiétudes, a voulu recevoir les derniers sacrements dans la matinée du 29 avril.
    A l'issue de la cérémonie, à laquelle assistaient de nombreux confrères et une trentaine de prêtres indigènes arrivés pour la retraite, Monseigneur, après nous avoir adressé quelques paroles d'adieu très touchantes et exhortés à continuer à. travailler de tout notre coeur, a donné sa bénédiction à tous, présents et absents, à toute la Mission, à toutes les oeuvres, particulièrement les séminaires et les oeuvres scolaires. Moment très impressionnant, qui n'a pas été sans nous faire verser des larmes.
    Le lendemain M. Robbe, capitaine de frégate, inspecteur du Haut Yang-tse, délégué du Chancelier de l'Ordre de la Légion d'Honneur, est venu à l'évêché remettre la croix à notre évêque.
    Vu l'état du cher malade, nous avons vivement regretté de ne pouvoir, comme nous l'aurions fait en des circonstances moins douloureuses, donner tout l'éclat désiré à cette cérémonie et y inviter la colonie française de Chungking. Tout s'est passé dans la plus stricte intimité. Etaient présents les confrères de la ville et les prêtres indigènes.
    Avant d'attacher la croix sur la poitrine du vénéré vieillard, M. Robbe, avec une émotion difficilement contenue, a prononcé ces très sympathiques paroles, qui sont allées au coeur de tous les assistants.

    « Monseigneur,
    « C'est sans doute par une inspiration de cette modestie qui est un des beaux traits de votre caractère, que vous n'avez pas désiré recevoir de mains plus dignes que les miennes la distinction que le Gouvernement de la République vous confère aujourd'hui. En sauvegardant ainsi votre modestie, vous avez mis la mienne, Monseigneur, à une rude épreuve, car, au grand honneur que vous m'avez fait — le plus grand que j'aie reçu de ma carrière, — je ne me reconnais d'autre titre que celui-ci, qui m'est Dieu merci, commun avec tous ceux qui connaissent la Mission de Tchong-king : une profonde et respectueuse sympathie depuis longtemps ressentie pour votre personne et pour la Mission que vous dirigez.
    « En disant « depuis longtemps » je ferai sans doute sourire les missionnaires qui nous entourent, dont les états de service, si on les additionnait, se compteraient par siècles, et vous-même, Monseigneur, puisque c'est plus de cinquante années d'apostolat en Chine que le Gouvernement de la République a voulu en votre personne honorer d'une de ses plus hautes distinctions.
    « Laissez-moi former un voeu pour ce pays auquel s'est dévouée toute votre existence, et sur les destinées duquel, au soir de votre carrière, votre sollicitude s'interroge sans doute : qu'à l'heure où tant de Chinois se tournent vers l'étranger pour lui demander des directives morales ou matérielles, quelques-uns portent leurs regards plus près d'eux, tout près d'eux vers des existences comme la vôtre, tout entières consacrées à la foi et au bien, vers cette Mission que vous avez faite si florissante, et qu'ils reconnaissent que les forces matérielles et intellectuelles ne sont rien, si elles ne sont mises au service d'un idéal élevé et désintéressé.
    « Laissez-moi aussi rappeler, que, sur le décret qui vous confère la croix de la Légion d'Honneur, le grand Français qui dirige actuellement le gouvernement de notre pays, M. Poincaré, a tenu à écrire, de sa propre main, qu'il était heureux de vous faire connaître la décision prise par le Président de la République. J'imagine qu'écartant pour une minute sa pensée des responsabilités écrasantes de sa charge, M. Poincaré l'a reportée avec confiance et gratitude vers ces Français d'au delà des mers, qui sont allés porter au loin le meilleur de la France, et qu'il a voulu signifier, par un acte public, à ceux qui seraient tentés d'en douter : ceux-là qui manifestent là-bas les meilleures vertus françaises, le dévouement, le désintéressement, la persévérance, la simplicité, ceux-là sont bien des nôtres : nous les honorons, nous les aimons, et, s'il le faut, nous les défendrons. Ils sont bien des nôtres, et ils ont droit au respect et à la reconnaissance de tous les Français ».
    Le P. Claval, provicaire, se fit alors l'interprète de tous et remercia M. Robbe de ses sympathiques paroles et de la bienveillance qu'il a toujours témoignée à la Mission.
    Monseigneur eut encore la consolation de voir une dernière fois ses prêtres indigènes, réunis du 4 au 10 mai, au nombre de 45, pour leur retraite annuelle. Mais les forces allaient déclinant de jour en jour; tous les efforts tentés pour enrayer le mal furent inutiles : l'organisme était usé et notre vénéré Père s'éteignit doucement le 11 mai. Il était dans sa 75e année et comptait 50 ans de mission, dont 33 d'épiscopat.

    KIENTCHANG.

    Il y a quelque temps se présentait à la mission de Ningyuan un grand jeune homme, tête ébouriffée, pieds nus, couvert de haillons.
    « Père, dit-il, je m'appelle Fong Loutse ; enlevé par les Lolos à Yang-tsao-pa je ne sais depuis combien d'années, l'avant-dernière nuit, pendant que tout le monde dormait, je me suis sauvé, marchant la nuit, me cachant le jour : ce matin, à l'aurore, je suis arrivé à une dizaine de lis de la ville; craignant les Lolos des environs, j'ai attendu jusqu'à maintenant pour venir ici ».
    Et chacune de ses phrases était entrecoupée par les mots :
    « La Sainte Vierge m'a sauvé ».
    Renseignements pris, il s'agissait bien, en effet, du fils de Fong Uingan, catéchiste de Yang-tsao-pa, capturé en 1917 avec son père et une fille de la Sainte Enfance qui venait d'être mariée dans la famille Yuen. Le catéchiste, trop âgé pour rendre service comme esclave, avait été roué de coups puis renvoyé chez lui. En se séparant de son fils, alors âgé de 14 ans, il lui avait fait promettre de ne pas oublier ses prières et de penser souvent à la Sainte Vierge. L'enfant s'en souvint, et la bonne Mère vient de prouver qu'elle sait protéger ceux qui ont confiance en elle.

    KOUYTCHEOU.

    La ville et la résidence de Chetsien ainsi que l'annexe de Louikiaten, ont été mises à sac, le 23 mars dernier, par la même bande de pirates qui, le 26 février précédent, avait mis à mal la ville et l'église de Meytan où réside le P. Bacqué. C'est lamentable : les murs et les toits seuls sont demeurés intacts. Les pauvres chrétiens sont dans la misère noire. Un petit secours a été envoyé aux sinistrés. Quelques chrétiens, dont le pharmacien de la Sainte Enfance de Chetsien, ont été emmenés comme otages.

    CANTON.

    Le dimanche 11 mai, belle et touchante cérémonie religion patriotique à la cathédrale; c'était la fête de sainte Jeanne d'Arc. Dans un cortège composé des enfants des écoles paroissiales, tilles et garçons, la statue de la sainte héroïne fut triomphalement portée à l'église. Le corps consulaire, spécialement invité par M. Goubault consul de France, les résidents français et autres nationaux suivaient l'officiant.
    La fanfare du collège ne put prêter son concours, à cause de la grève des étudiants, qui, deux jours auparavant, venait de mettre le collège en désordre.
    Les élèves de l'école du Saint Esprit s'ingénièrent pour combler ce vide : une centaine de ces jeunes filles, habillées en costume de circonstance, entouraient la statue de la Pucelle.
    Au perron de la cathédrale eut lieu la remise de l'étendard, avec des chants appropriés; quand l'officiant fut arrivé au porche de l'église, M. le consul de France prit en main l'étendard de la. Pucelle et le présenta au prêtre.
    A ce moment, les cloches sonnent, le chant à l'Etendard est enlevé par près de cent voix.
    Pendant la messe, furent chantés quelques morceaux de musique vraiment goûtés des assistants. A l'Evangile, sermon de circonstance.
    Après la messe, les jeunes filles, groupées auprès de la statue de la Sainte, chantèrent un magnifique morceau : « Les Voix de Jeanne ».
    Nos catholiques chinois ont été impressionnés par cette cérémonie, témoignage de l'amour de la France pour celle dont la mission fut de la sauver.

    MAISSOUR.

    Notre collège Saint-Joseph de Bangalore soutient sa réputation en continuant la série de ses succès : cette année, sur 15 élèves présentés au Senior de Cambridge, 15 ont été reçus; dont 5 avec mention; au Junior, 10 sur 14, dont 4 avec mention; au Preliminary, 15 sur 21.

    1924/192-194
    192-194
    France et Asie
    1924
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