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Nouvelles des missions

Nouvelles des missions NAGASAKI Dans son numéro de mars, sous le titre : « Nous doutons de la liberté de conscience la revue catholique, Koe (la Voix), a cité ce fait : Deux élèves catholiques ont été exclus du lycée d'Oshima Naze pour avoir refusé d'adorer le mi-koshi (sorte de tabernacle) du Kami (dieu) local. Voici les détails de l'affaire qui s'est passée dans le département de Kagoshima et que maint journal a publiée, mais en général sans mauvais commentaires.
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    Nouvelles des missions

    NAGASAKI

    Dans son numéro de mars, sous le titre : « Nous doutons de la liberté de conscience la revue catholique, Koe (la Voix), a cité ce fait : Deux élèves catholiques ont été exclus du lycée d'Oshima Naze pour avoir refusé d'adorer le mi-koshi (sorte de tabernacle) du Kami (dieu) local. Voici les détails de l'affaire qui s'est passée dans le département de Kagoshima et que maint journal a publiée, mais en général sans mauvais commentaires.

    Le 17 octobre 1923, c'était à Oshima-Naze la fête du dieu de l'endroit. Le tabernacle, où son âme est censée résider, fut porté au rivage pour y recevoir les adorations de la foule, à laquelle dut se joindre, pour la première fois, le lycée en corps, conduit par ses professeurs. Deux élèves catholiques obtinrent de leurs professeurs particuliers, hommes à esprit libéral, la permission de s'absenter de la procession : mais dès que cette permission fut connue du directeur et surtout du sous-directeur, un fervent shintoïste sans .doute, elle fit retirée, et les deux jeunes gens, ainsi que leurs parents, furent moralement contraints de consentir à l'acte de la procession.
    Devant l'idole, au moment précis du commandement : adorez ! Tout le monde adora, sauf nos deux jeunes gens, qui tinrent leur tête droite, comme jadis Daniel dans un cas pareil, et adorant intérieurement le même Dieu que lui. Comme bien on pense, la chose fut fort remarquée. Les langues allèrent leur train; mais, en général, nos deux courageux jeunes gens eurent de nombreuses approbations parmi leurs camarades, dans la population de l'île et surtout dans les journaux de la localité, ce qui est à l'honneur du peuple japonais.
    L'affaire dormit trois mois. On la croyait finie, comme un petit volcan éteint, quand subitement, sous le nouveau ministère, le 21 janvier 1924, les deux jeunes gens furent sommés de s'expliquer en public sur ces deux questions posées au tableau noir :
    1° Êtes-vous disposés à obéir aux règlements de l'école ?
    Oui, aux règlements justes.
    2° Qui jugera si un règlement est juste ou non ?
    Nous-mêmes pour les petites choses ; pour les grandes choses (sous-entendu pour la question religieuse), nous en référerons à nos familles.
    Réponse habile et bien japonaise, puisqu'un Japonais n'agit ordinairement et même n'existe pour ainsi dire qu'en fonction de sa famille. Après cette réponse, ils furent définitivement exclus de l'école officielle.
    Un nouveau fait, contraire à la liberté religieuse, s'est produit en mars dernier dans ce même lycée d'Oshima-Naze.
    Aux examens d'entrée, un certain nombre d'écoliers catholiques s'étant présentés, plusieurs ont été déclarés admissibles ; mais, avant de les admettre définitivement, les autorités scolaires leur ont posé la question : « Participerez-vous aux Miya-sampai ? Cest-à-dire : Irez-vous avec vos camarades, en corps, à certains jours de fête, dorer nos dieux dans leurs temples ? »
    Ils ont répondu « non » catégoriquement.
    Sur cette réponse, tous lés catholiques ont été refusés, même ceux dont les notes étaient bonnes.
    Nous aimons à croire que le Japon ne voudra pas effacer de sa Constitution l'article 28, qui lui a valu jusqu'ici honneur et profit, article garantissant à tous les Japonais la liberté de conscience et octroyé par l'Empereur Meiji Tennô, dont il est un des meilleurs titres de gloire.

    SETCHOAN ORIENTAL

    Les histoires de brigands continuent de remplir les colonnes de journaux locaux.
    Tout dernièrement la ville de Yuntchoan a été deux fois pillée et saccagée, par la troupe d'abord, puis par les brigands. Sous les yeux du missionnaire, l'oratoire a été pillé, des chrétiens ont été ligotés et emmenés. Deux prêtres chinois ont perdu dans la bagarre tout leur maigre avoir.
    Sur le Petit Fleuve, quatre religieuses indigènes se rendant à Kuhien et à Sutin ont été dévalisées et obligées de regagner leur point de départ.
    Sur le Grand Fleuve, une embarcation emportant les effets d'un prêtre chinois a été aussi pillée en amont de Fucheou.
    Partout le peuple ne cesse d'être molesté. On mobilise de force les portefaix, et les récalcitrants sont mis à la chaîne.

    KIENTCHANG.

    Dans la province les brigands abondent toujours. Les braves soldats envoyés contre eux arrivent toujours trop tard, c'est-à-dire quand les pillards sont déjà loin. Et le peuple, qui doit payer les réguliers et se voir piller par les irréguliers, n'a guère que le choix de la sauce à laquelle il doit être mangé.

    KOUANGTONG OCCIDENTAL.

    Dans la presqu'île de Louitcheou les troubles, du fait des pirates ou des soldats (on ne distingue pas trop et pour cause !), continuent de même façon, sinon de plus belle, à la suite d'arrestations et d'exécutions sommaires. Depuis un certain temps le chef militaire Wong Tsaihai, que d'autres qualifient tout bonnement de chef pirate (ses troupes se recrutaient uniquement dans ce milieu), s'était rapproché de la ville même de Louitcheou. Il assurait remplir une mission, celle de débarrasser la contrée des pirates, en les enrôlant pour le compte d'un des partis en présence. Quelque peu défiants, les défenseurs de la ville l'avaient autorisé à y pénétrer, mais avec une faible escorte seulement. Pendant quelque temps on lui fournit même des subsides pour son entretien et celui de ses troupes. La situation se prolongeait cependant d'une façon anormale, aussi, un beau jour, notre homme, qu'escortaient son fils, son neveu, un de ses officiers (?) et quelques partisans, fut subitement assailli en pleine ville. Les agresseurs perdirent bien 3 ou 4 des leurs, mais les indésirables furent supprimés sans pitié, tandis que des milices communales se jetaient sur le gros des troupes, campées à une lieue et demie de là, et leur faisaient perdre quelques dizaines d'hommes. Le reste, malheureusement, put s'enfuir et depuis terrorise toute la contrée, massacrant sans pitié tout ce qui lui tombe sous la maire, afin de tirer vengeance du guet-apens.
    A Onpou, territoire de Shekshing, un autre ex-chef pirate et une cinquantaine de ses hommes, qui avaient trop peu désappris leur ancien métier, ont subi un sort à peu près semblable. Dans le reste du pays, si on ne signale pas de troubles, on sent peser l'insécurité et la défiance.

    COCHINCHINE SEPTENTRIONALE

    Après les massacres de 1883 et 1885 dont 9 prêtres annamites furent les victimes, la Mission ne comptait plus que 26 prêtres: aujourd'hui, malgré les vides causés par l'âge et la maladie, elle en possède 82 dont le plus âgé a quatre-vingt-huit ans et le plus jeune vingt-sept.
    Bien que ce nombre paraisse relativement élevé, il est cependant loin d'être proportionné à la besogne qu'il y a à faire. Car, toujours pour la même raison, c'est-à-dire à cause de sa pauvreté, la Mission n'ayant pas pu jusqu'à ce jour former des catéchistes, la plus grande partie du ministère paroissial incombe aux prêtres indigènes, et, vu le nombre par trop restreint des missionnaires européens, c'est encore sur eux que retombent presque entièrement l'instruction des catéchumènes et la formation chrétienne des néophytes.
    Pendant l'exercice 1922-1923, le nombre des catéchumènes baptisés s'est élevé à 1.264; le chiffre des confessions annuelles a été de 40.124, celui des confessions répétées 250.683; celui des communions pascales a été de 39.843 et celui des communions de dévotion de 515.539. La population catholique s'élève à 67.850. En 1886, après les massacres auxquels j'ai fait allusion, elle n'était que de 18.645.

    CAMBODGE

    Le 2 décembre, le P. Herrgott, provicaire, a béni la nouvelle église de Rach-gia et donné la confirmation à 92 personnes. Les jours précédents, une retraite avait été prêchée non seulement aux confirmant et aux catéchumènes à baptiser, mais aussi aux fidèles du district. La cérémonie fut fort belle : quatorze prêtres français et deux annamites, grande affluence non seulement d'indigènes, mais aussi d'Européens ; c'est d'ailleurs avec les fonds recueillis en bonne partie chez les colons et fonctionnaires français que le P. Dalle a pu élever cette coûteuse construction. L'édifice mesure 22 mètres de long sur 12 de large, la tour a 17 mètres de haut ; il est solidement et correctement construit en style gothique. Cette église compte non parmi les plus grandes, mais parmi les plus belles de la Mission. Le P. Dalle n'a pas ménagé ses peines, ne lui ménageons pas nos félicitations.

    SÉOUL (CORÉE)

    C'est dimanche seulement, fête de la Pentecôte, que l'inauguration officielle de nos cloches aura lieu. Mais dès aujourd'hui, je puis mourir ; je les ai entendues, ces chères cloches, Vous ne vous faites pas idée de l'effet superbe produit par leur sonnerie : c'est plein, sonore, harmonieux. Je peux mourir, merci.
    Le P. Lamasse, de la Mandchourie méridionale, a bien voulu venir à notre aide dès le 20 mai, et c'est sous sa direction que tout a été monté et accordé. Lui-même trouve l'instrument parfait. (Lettre de Mgr Mutil, 5 juin 1924.)

    La semaine dernière nous avons eu à Séoul la visite de M. Merlin, gouverneur général de l'Indo Chine, amené de Tokyo par M. Claudel, notre ambassadeur au Japon. Dès le jour même, après leur visite au baron Saito le gouverneur général de la Corée, les deux Excellences sont venus à la mission, ont visité la cathédrale où l'on était en train de monter l'orgue, la crypte, le caveau des Martyrs, le couvent des religieuses de Saint-Paul de Chartres, et l'orphelinat. Avec eux étaient Madame Merlin et son jeune fils, MM. Jeanbreau, Chatel et le capitaine Bernarol. De là ils ont été voir l'école commerciale du P. Krempff.
    Le soir dîner de gala au palais du gouverneur général ; Mgr Mutel, notre Vicaire apostolique et Mgr Desred, son coadjuteur y ont été invités. Et l'on a eu l'amabilité de dérouler devant les hôtes le cinéma pris le matin à la visite de la mission.
    Le lendemain, déjeuner donné par le consul de France. A la fin de son toast, M. Merlin annonce qu'il est heureux, avant de nous quitter, de décerner deux décorations à ses compatriotes ; l'une à Mgr Mutel, nommé grand officier de l'ordre du Dragon d'Annam ; l'autre à M. Gallois, consul de France en Corée, nommé commandeur de l'ordre du Cambodge.
    Et au salon, après le dîner, le gouverneur général épingle la croix et la plaque sur la poitrine de Mgr Mutel et lui donne l'accolade, en présence de tous les invités, du baron et de la baronne Saito qui félicitèrent très aimablement l'évêque. (Correspondance de Séoul.)

    SÉMINAIRE DES MISSIONS ÉTRANGÈRES

    Un de nos dévoués auxiliaires, le F. Pierre Plassoux, a célébré le 11 juin dernier dans le noviciat des Frères des Missions Étrangères, à Dormans, le cinquantième anniversaire de son entrée dans notre Société. Cette fête, tout intime, gracieusement organisée par le P. Roulland, supérieur de notre maison de Dormans, était présidée par Mgr le Supérieur de notre Société, qui a exprimé à notre cher Frère, avec un tact exquis, la reconnaissance que lui doit notre communauté. C'est le premier de nos Frères qui célèbre son jubilé ; plaise à Dieu d'inspirer à de nombreux jeunes gens des sentiments analogues de dévouement et de persévérance dans leur sainte vocation.
    1924/151-155
    151-155
    France et Asie
    1924
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