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Nouvelles des missions

Nouvelles des missions Chine. Ecoles. — Du Dr Wei, du Comité central de l'Education de Nankin (parti Sudiste) : « Nous devons faire de grands efforts pour regagner le contrôle de l'éducation..................................................................................................................................... « L'éducation doit être séparée de la religion. Les entraves mises à l'éducation par la religion sont un funeste héritage du moyen âge (chinois ?).
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    Nouvelles des missions

    Chine.

    Ecoles. — Du Dr Wei, du Comité central de l'Education de Nankin (parti Sudiste) :

    « Nous devons faire de grands efforts pour regagner le contrôle de l'éducation.....................................................................................................................................

    « L'éducation doit être séparée de la religion. Les entraves mises à l'éducation par la religion sont un funeste héritage du moyen âge (chinois ?).
    « Anciennement, notre éducation était également restreinte par les idées traditionnelles du Confucianisme : sans pouvoir encore s'en dégager complètement, ou peut, peu à peu, l'en émanciper. C'est pitié de voir une classe de missionnaires et de chrétiens demander ce qu'on appelle une éducation chrétienne : ils font ainsi de l'éducation l'auxiliaire de la religion et rejettent la dignité de l'éducation. A l'origine l'éducation et la religion étaient deux choses distinctes : elles ne doivent pas être mélangées. Si l'éducation est gênée par la religion, elle perd son caractère indépendant. Si la religion et l'éducation sont mélangées, il en résulte bien des maux contre lesquels nous devons nous mettre en garde.
    « J'ai déjà dit que l'éducation doit prendre comme base les sciences naturelles et sociales, et la politique de notre parti doit être la politique fondamentale de l'éducation. L'éducation ne peut se baser sur la religion pour exister. Nous devons donc réfréner toutes les écoles de missions et ne permettre dans nos écoles ni propagande religieuse, ni culte, ni instruction religieuse. Mais si l'élude de la religion se présente comme une investigation alors il n'y a pas besoin de la prohiber ».

    CANTON. — L'application de ces principes a fait fermer, nous l'avons déjà vu, le florissant. Collège du Sacré Coeur, tenu par les Frères Maristes : c'est la très grande majorité païenne de leurs élèves qui en pâtira le plus. — et leurs familles et la société. Mais périsse la moralité publique plutôt qu'un principe, d'importation moscoutaire ! Parmi la minorité d'élèves catholiques, un groupe de 9 élèves est parti pour l'Université Aurore de Shanghai et un groupe de 5 pour l'Université catholique de Pékin.
    Y aurait-il un commencement de redressement à Canton ? Toujours est-il que les mêmes moyens de propagande par l'image, employés l'an dernier par les bolchevistes sino-russes contre l'Impérialisme et le Capitalisme, servent aujourd'hui à combattre le Communisme. On s'arrête volontiers, dans les rues de Canton, devant d'immenses affiches, de tons criards, sur lesquelles on voit, par exemple, un ogre s'apprêtant à dévorer deux ouvriers, ou bien encore un géant, représentant le gouvernement nationaliste, qui écrase sous sa botte le bolchevisme.

    YUNNAN. — Le général Hou-jo-iu n'a pu jouir longtemps du pouvoir qu'il s'était octroyé par son coup d'Etat du 14 juin ; les anciennes troupes de Longin, secondées par plusieurs unités régulières et même par des pirates, ont forcé l'usurpateur à s'enfuir. Le général Long-uin qu'il retenait prisonnier, a été relâché. Le 3 août, les autorités et le peuple allèrent à sa rencontre et le ramenèrent en triomphe dans la ville pavoisée. Nous avons peut-être encore d'autres remous politiques en perspective : il serait donc prématuré d'annoncer à bref délai une ère de paix stabilisée.

    NINGYUENFOU. — Le « Kientchang », petite feuille lithographiée de la Mission, nous apporte une touchante relation de la mort du regretté P. Sirgue (1872-1927). En voici un extrait : « Dans la soirée du 1er août, le cher Père, que les dévouées Franciscaines Missionnaires de Marie soignaient à leur hôpital, se plaignait de douleurs très violentes dans la région du foie et, symptôme alarmant, la fièvre montait aux environs de 40 degrés pour n'en plus descendre. Il s'agissait d'un abcès au foie, qui creva dans la nuit. Après avoir renouvelé sans réserve et dans des sentiments admirables le sacrifice de sa vie, en implorant la miséricorde de Dieu, le cher Père reçut des mains de son évêque le Saint Viatique et l'Indulgence de la bonne morte. A partir de ce moment jusqu'à son dernier soupir, il fut dans un calme parfait et dans le plus grand recueillement. Aux questions qui lui étaient posées, il ne répondit plus que par « oui » ou « non ».
    Vers 3 heures de l'après-midi, le 3 août, son âme, sans secousse, imperceptiblement, quitta cette pauvre terre... Il nous a quittés pour un monde meilleur, mais de là-haut il intercédera pour nous. « Courage, du ciel je ne vous oublierai pas » fut une de ses dernières paroles à Monseigneur. Nous avons un protecteur de plus auprès de Dieu ; il a été et restera pour nous le modèle du bon, zélé et saint missionnaire.

    NANNING. — Le doyen de la Mission, le vénéré P. Poulat (1850) a rendu son âme à Dieu le vendredi 5 août, assisté du P. Séosse et du P. Vong. Les PP. Héraud, Albouy et Su, ainsi que nombreux chrétiens vinrent le lendemain et le surlendemain prier près sa chapelle ardente. L'enterrement qui eut lieu le 8 fut l'occasion de très visibles marques de sympathie de la part de la population païenne de Kweihsien. Malgré la pluie persistante, le sous-préfet local, cieux anciens mandarins et de nombreux païens vinrent à la messe où ils se tinrent très respectueusement, écoutèrent avec recueillement le panégyrique du défunt et suivirent le convoi au cimetière de la mission. Ce fut d'un exemple très réconfortant au milieu de toutes les tristesses actuelles.

    Indochine.

    QUINHON. — Le 17 août a ramené le vingt-cinquième anniversaire de la consécration épiscopale de S. G. Mgr Grangeon. Ad multos annos !
    La même date apportait, si j'ose dire, les noces d'argent pro vicariales du cher P. Gagnaire. Mais loin de renouveler le bail, le vénéré Provicaire a prié Mgr de vouloir bien le relever de ses fonctions. Faisant droit à cette demande motivée par le mauvais état d'une santé très chère à toute la Mission, Mgr a accepté cette démission et a désigné le P. Labiausse pour succéder au P. Gagnaire, qui a été nommé provicaire honoraire.

    BANGKOK. — Un nuage à l'horizon. Envahi par les Chinois sur terre, et, sur eau, par la jacinthe, « Java weed », le Siam est et sera, par les airs — dit-on — pris d'assaut par une nuée de pasteurs protestants qui désertent la Chine. Une dizaine ont déjà traversé la frontière nord du Siam, et une cinquantaine d'autres sont attendus. Si c'est là un renfort inespéré pour les pasteurs et colporteurs américains siamois, c'est un effort nouveau à donner par les missionnaires et prêtres catholiques et un barrage à dresser. En temps normal, la Chine et les pays adjacents comptent environ 8.000 pasteurs protestants. Près de 7.500 les ont quittés « en congé spécial et illimité » ; il en reste encore trop pour le calme pays de l'Eléphant blanc, supposé qu'ils s'y donnent tous rendez-vous. Pour contrebalancer leur influence, nous espérons que les missionnaires catholiques de Chine débarrassés voudront bien au moins se souvenir dans leurs prières de ceux qui luttent au Siam pour Dieu et les âmes.
    Quelques « Echos » de la rue du Bac.
    S. G. Mgr Thiry ayant fait savoir qu'il lui était impossible de se rendre à Rome le 30 octobre prochain pour le sacre de S. G. Mgr Hayasaka, le Saint Père a daigné inviter S. G. Mgr de Guébriant à vouloir bien être à cette cérémonie évêque assistant à la place de S. G. Mgr Thiry. Par ailleurs Mgr Hayasaka a télégraphié à S. G. Mgr Chambon pour le prier de vouloir bien assister à la cérémonie de son sacre. Mgr l'Archevêque de Tokyo, déférant à ce désir, a dû retarder son départ pour le Japon.
    Du 31 juillet au 28 août, la ville de La Rochelle a donné une importante « Exposition Coloniale ». Notre Société y ayant été invitée, nous avons cru devoir y prendre part. On nous y avait réservé un vaste stand au milieu de la salle, face à la porte d'entrée. Avec son zèle accoutumé, M. Depierre a organisé ce stand qui a fait sensation dans cette exposition comme en témoigne le compte rendu que le Comité de l'Exposition a fait paraître. Il est élogieux pour nous.
    Cinq de nos aspirants ont subi à Rome avec succès les examens de fin d'année. Deux d'entre eux sont licenciés en théologie, et trois autres bacheliers en théologie.
    Le 16 septembre nous avons eu la joie de voir arriver M. Montagu, venu pour occuper la place laissée libre au Conseil Central par S. G. Mgr Chambon. M. Montagu a passé via Siberia. Il est très content de son voyage. Messieurs les Soviets ont été partout très aimables.
    Le 21 septembre un groupe de légionnaires américains se sont rendus à la Chapelle de la Reconnaissance à Dormans. Afin de leur y faire bon accueil, M. Robert et M. Jambeau étaient allés dès la veille se joindre à M. Roulland, chapelain. Mgr Tissier y a souhaité la bienvenue à nos visiteurs. Après lui, M. Jambeau leur a adressé en anglais quelques mots aimables, puis le Général Féraud, traduit en anglais par M. Robert, leur a fait l'historique de la seconde attaque de la Marne, dans laquelle brillèrent les troupes américaines.
    Le dimanche 25 septembre, la Communauté des Soeurs de Saint-Paul de Chartres célébrait le deuxième centenaire du premier départ de leurs soeurs pour les missions lointaines. S. G. Mgr de Guébriant s'était rendu avec son premier assistant, M. Robert, à Chartres pour prendre part à cette fête de famille. Le soir du même jour, Mgr le Supérieur prêchait à Saint Agnan, paroisse de Chartres, en faveur de l'OEuvre de Saint Pierre Apôtre.
    (Nous permettons d'intercaler ici quelques lignes — cri du coeur qui se souvient — empruntées à « La voix de Notre Dame de Chartres » :
    « A 2 h. 1/2, pendant que Nos Seigneurs les Evêques et leur suite allaient dans les trois églises de la Ville assister aux cérémonies de l'après-midi de la journée missionnaire, le R. P. Robert présidait les Vêpres et le Salut à la Communauté. Le P. Robert ! Peut-on, à Saint-Paul de Chartres, prononcer son nom — comme celui de Mgr de Guébriant, son Supérieur, — sans que les coeurs s'émeuvent de reconnaissance ? Si la France savait ce qu'elle doit à de tels hommes ! Tant de bruit autour de pâles politiques ; si peu autour des meilleurs serviteurs ».)
    La fête de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, célébrée ici pour la première fois, a fourni à nos aspirants l'occasion de placer les débuts de l'année scolaire sous les auspices de la petite soeur des missionnaires.
    Au 15 octobre nous comptons 167 aspirants, dont 26 au service de l'Armée, 64 à Bièvres et 77 à Paris. La communauté de Paris en a envoyé sept à Rome pour leur faire suivre les cours de l'Université Grégorienne. Nos 167 aspirants nous viennent de 54 diocèses. Besançon vient en tête avec 18 aspirants ; Bayonne et Strasbourg en comptent chacun 9 ; Le Puy, Lille, Lyon et Paris 7; Quimper et Vannes 6 ; Arras, Bayeux et Saint-Dié 8.
    Monseigneur le Supérieur est rentré de Pologne le 8 octobre de grand matin. Il s'était séparé le 2 octobre de Mgr Baudrillart qui avait pris, avec Mgr Boucher, la direction de Cracovie. Lui-même, accompagné d'un jeune séminariste, qu'il avait jadis confirmé à Kharbine, s'est rendu au touchant pèlerinage national polonais de Czestochowa. Le jour suivant il était à Lublin où il était invité avec instance, tant pour une conférence à l'Université Catholique, que pour une visite au petit : « Institut des Missions », sorte de continuation du séminaire ouvert à Vladivostok par Mgr de Guébriant en 1921 et fermé 18 mois après par les Bolcheviks. Dans cet « Institut » achèvent leurs études trois élèves que notre Vénéré Supérieur alors Visiteur Apostolique, avait fait venir de Sibérie. De là, Monseigneur est allé à Varsovie, saluer le Cardinal Kakowski qui l'a retenu à dîner. Après ces journées si chargées, Monseigneur le Supérieur s'est hâté de prendre un train direct pour Paris.
    Sa Grandeur nous a appris que le Congrès missionnaire de Poznan a été un beau succès. On en attend un grand bien, notamment au point de vue du recrutement missionnaire d'hommes et de femmes. L'Eminent Cardinal Primat Hlond et tous les évêques de Pologne se sont montrés pour leurs hôtes très bons, très généreux. Il règne là-bas une sympathie intense pour la France.
    M. Urbain Ferrières, de la Mission de Saigon, élu comme membre du Conseil Central en remplacement de M. Léculier, décédé le 4 novembre 1925, nous annonce son arrivée pour les premiers jours de l'année prochaine.

    1927/480-486
    480-486
    France et Asie
    1927
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