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Nouvelles des missions

Nouvelles des missions Japon.
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    Nouvelles des missions

    Japon.

    TOKIO. Un problème posé par la vieille mentalité païenne au Japon et que l'active propagande des idées avancées n'a pas encore résolu, c'est celui du mariage des filles qui sont nées l'année 43e du cycle sexagésimal, l'année du Cheval, frère aîné du Feu (hi no e Uma). Une superstition remontant à de vieilles légendes, veut que les filles nées dans ces années-là, ne puissent se marier sans attirer des malheurs sur leur nouvelle famille. On aurait, d'après les journaux, compté 43.000 tentatives de suicide l'an dernier parmi les jeunes filles nées l'année du Cheval 1906, et qui désespéraient de trouver un mari.

    NAGASAKI. Kagoshima, séparé du diocèse de Nagasaki, est érigé en Préfecture Apostolique et confié définitivement aux Franciscains Canadiens. Leur Supérieur était le R.P. Maurice Bertin, ancien lieutenant de vaisseau de la marine française. Le centre de la mission est à Naze qui, au dernier exercice, comptait 1.158 catholiques sur les 3.404 de la nouvelle Préfecture Apostolique.

    OSAKA. Le 28 mars dernier, S. E. Mgr Giardini, délégué apostolique au Japon, a remis au cher P. Villion la Croix « pro Ecclesia et Pontifice ». Cette distinction, accordée par Notre Saint Père Pie XI, porte sur son diplôme la date du 14 décembre 1926. Elle était accompagnée d'une belle photographie de S. S., signée de sa main, avec une bénédiction spéciale.
    L'histoire de cette Croix « pro Ecclesia et Pontifice » vaut la peine d'être notée.
    L'initiative en revient tout entière à S. E. M. Omori, gouverneur de la Préfecture civile de Yamaguchi, et Président du comité d'érection du monument de Saint François-Xavier. Le Gouverneur n'est pas chrétien, mais il avait été témoin de tout le travail du P. Vilfion pour mener à bien cette oeuvre en l'honneur du Saint qui a rendu le nom de Yamaguchi célèbre dans les annales de l'apostolat catholique. Il avait admiré le zèle du missionnaire, zèle que n'avait rebuté aucun déboire. Aussi tenait-il à lui en dire un merci public. Quand, le 16 octobre 1926, les fêtes de l'inauguration furent terminées, le gouverneur alla solliciter lui-même auprès de S. E. le Délégué Apostolique une décoration pontificale pour le P. Villion. Mgr d'Osaka pressenti donna son approbation, et S. E. Mgr. Giardini fit les démarches nécessaires en Cour de Rome.

    HAKODATE. La mission de Hakodate vient d'éprouver une perte douloureuse dans la personne de M. Claude Marie Jacquet que Dieu a rappelé à lui dans la 71e année de son âge, après 56 ans de sacerdoce. Il était au Japon depuis 1881, et était Vicaire Général de Hakodate depuis 1898.
    Le cher Père est mort dans sa paroisse de Sendai qu'il desservait depuis de longues années. La messe de ses funérailles a été chantée par son intime ami Mgr Rey, ancien archevêque de Tokyo. Outre son évêque Mgr Berlioz, ont pris part à la cérémonie 12 confrères de la mission de Hakodate. Le corps de M. Jacquet repose aujourd'hui dans la proche banlieue de Sendai, à Kitayama, au milieu de ses Japonais qu'il a tant aimés durant toute sa vie. Requiescat in Pace.

    Corée.

    TAIKOU. Sur 14 élèves de l'école des filles présentées à l'examen d'entrée à l'école supérieure, 10 ont été reçues. Avec celles présentées par la Soeur Supérieure, c'est un total de 12 chrétiennes qui entreront à cette école cette année. A l'école des garçons, 5 élèves ont été également reçus aux écoles supérieures.
    Fait assez remarquable : un inspecteur des écoles et un secrétaire de l'enseignement, tous deux païens, ont demandé chacun une messe pour le repos de l'âme de Soeur Agnès qui vient de mourir. Ce geste, qui les honore, montre surtout en quelle estime ils tiennent l'école des filles et les professeurs. C'est cette école, disent ces Messieurs, qui fournit les meilleurs élèves de leur école supérieure.

    Chine.

    Les nationalistes (ou, plus, exactement, les sudistes) qui, pour le moment, semblent avoir le dessus, voudront-ils ou réussiront-ils à se débarrasser de l'élément communiste, autrement dit bolchevik ? De cette évolution dans la révolution dépend, après Dieu, le sort de nos missions en Chine. En attendant la décision, lés extrémistes s'agitent, bien que le mouvement ne soit pas encore généralisé.

    Arguments bolcheviques. La propagande rouge s'attaque directement à la religion chrétienne : d'après une information venue du Hounan, les Cantonais y auraient commencé une violente campagne contre « l'idolâtrie chrétienne » et auraient violé des églises, brisé des statues, des crucifix, etc...

    Des pamphlets que l'on a distribués à profusion dans le Tchekiang portaient entre autres : « Jésus-Christ était un sujet anglais. Il naquit à Jérusalem qui se trouve dans un pays sous le protectorat anglais. Jésus-Christ, ajoute un autre, est mort il y a 2.000 ans : le communisme au contraire est toujours vivant. Pourquoi honorer ce qui est mort ? »
    Combien d'inepties de ce genre sont débitées tous les jours par de jeunes blancs-becs imbus de littérature moscoutaire ?
    Malgré ces menaces qui, hélas ! Ne sont pas inopérantes, ainsi qu'on le verra plus loin, il semble bien que la position de nos missionnaires qui n'ont pas quitté leurs postes ni lâché leurs catholiques soit plus forte que celle des prédicants de toute dénomination. En voici un exemple assez caractéristique :
    A Miênt-chou dans le Tchouan-si, après le départ du ministre protestant anglais, les étudiants ont envahi le temple et en ont chassé le ministre indigène. Ensuite ils sont passés chez tous les adeptes de la secte et leur ont intimé l'ordre de quitter le « yang kiao » et de revenir au culte des ancêtres. Tout ont accepté et il n'y a pas eu une seule protestation.

    TCHENGTOU. Le 7 mars, l'oratoire et la procure de Masangpa ont été pillés. Le procureur de M. Gan a été tué par les bandits, qui ont fait main basse sur l'argent et sur tout ce qui appartient à la mission et au curé. Prévenues, les autorités ont fait de belles promesses, qui auront sans doute le sort de celles qui suivirent, l'année dernière, le pillage de l'oratoire de Gantepou.
    A Sintsin, le 16 mars, des étudiants, venus de Tchengtou, s'installent devant l'église pour prêcher le bolchevisme et annoncer que les temples protestants aussi bien que les églises catholiques vont devenir la propriété du peuple.
    A Inkiapa, le curé, M. Song, est sommé d'acheter quatre fusils pour la garde nationale du quartier.

    SUIFU. Comme incidents ayant marqué, dans la province, les fêtes en l'honneur du Père de la République, on signale que le 12 mars à Fou-chouen, après palabres dans les rues, les têtes des étudiants se montèrent à tel point que l'oratoire de la mission et celui des protestants eurent à subir des dégâts. Le pasteur protestant, un Chinois, avait demandé protection d'abord aux autorités civiles, puis aux autorités militaires; peine perdue : de part et d'autre inertie complète, l'autorité abdiquait aux mains des écoliers. Ceux-ci enhardis, se rendaient le lendemain à l'oratoire de Che-houi-K'i, suivis d'une populace eu quête d'une bonne aubaine. Le curé le P. M. Ouang, qui s'attendait à leur visite, avait licencié ses écoles, déménagé chez des païens ce qu'il avait de meilleur dans son mobilier et s'était retiré à 10 lis, attendant les événements. Les fenêtres et quelques objets de peu de valeur furent brisés. Des ordres ont été donnés pour que nos iconoclastes ne recommencent pas leurs exploits faciles, mais seront-ils obéis ?

    KIENTCHANG. Le P. Grosjean, vient d'avoir affaire aux brigands. Voici ce qu'il écrit : « Me voici arrivé... J'ai été arrêté à Tétchang par la pluie et la neige très épaisse sur la montagne. Je n'ai pas été bien inspiré ; car si j'étais parti plus tôt, je n'aurais peut-être pas rencontré la bande de Lolos, qui m'a nettoyé à fond. De tout ce que j'avais, il ne me reste que mon bréviaire. C'est à 5 lis, en bas de Yu-ho-tang, que cela s'est passé. Comme mon cheval boitait, j'allais à pied et me trouvais en avance sur mes gens de 600 mètres environ ; entre nous se trouvait un de mes boys. Je n'ai rien vu en passant; ni mon homme non plus. C'est le groupe principal qui a été surpris et attaqué par 9 lolos, dont 7 armés. L'affaire fut menée rapidement, et deux de mes gens qui ne voulaient pas céder, ont reçu un coup de sabre sur la tête. Les agresseurs sont connus ; peut-être y aura-t-il moyen de recouvrer certaines choses. A Tchang-pin-tse c'est plus tranquille, je vais rouvrir nies écoles ».

    YUNNAN. Le dimanche, 24 avril, grande réunion de toutes les catégories (membres du Gouvernement, étudiants, militaires, commerçants, etc.) à l'Assemblée provinciale. On a hissé le drapeau nationaliste (fond bleu avec soleil blanc). Cet acte officiel changera-t-il quelque les opinions du Gouvernement yunnanais et son attitude vis-à-vis des étrangers ?
    Toujours est-il que par suite de la détente produite et en raison de l'attitude bienveillante et très favorable du Gouvernement de Yunnanfou, M. le Consul est amené à mitiger l'ordre d'évacuation donné par le Ministre de France à Pékin. Le général Longiun lui a déclaré que la province du Yunnan ayant d'excellentes relations avec le Tonkin, il ne voit pas pourquoi nous suivrions le mouvement d'évacuation cuise fait ailleurs en Chine. « Y aurait-il conflit armé, même avec la France, dans l'est de la Chine, a-t-il déclaré, nous, au Yunnan, nous voulons rester en relations amicales avec nos voisins du Tonkin et de la Birmanie. Je vous charge de le dire aux trois autres Consuls (Angleterre, Etats-Unis et Japon). Enfin, si jamais il fallait entrer en conflit avec vous, je vous reconduirais au préalable en toute sécurité à la frontière ». M. Lépissier a donc déclaré que pour l'évacuation des femmes et des enfants, déjà réalisée en partie, il fallait la continuer, mais qu'il n'était pas question, pour le moment, dé faire évacuer les hommes.
    Pour nous, missionnaires, les réponses reçues jusqu'à présent des points reculés du Vicariat, sont à l'unisson avec les décisions prises par les Missions voisines (Sutchuen, Kouitcheou...), nous restons à nos postes. Les Soeurs de Saint Paul de Chartres, ici, (comme les Soeurs Franciscaines Missionnaires de Marie, au Sutchuen et les Soeurs Canadiennes, de Notre Dame des Angess à Kouiyang et Nanning) avec un courage admirable, refusent, elles aussi, de quitter leur poste.
    Daigne le divin Maître bénir ces belles dispositions, et faire sortir l'Eglise de Chine plus florissante de la tourmente actuelle. Quoi qu'il en soit ou quoi qu'il advienne, le Maréchal Tang-ki-iao, qui s'était taillé une vice-royauté au Yunnan, est mort dans la nuit du 22 au 23 mai, à l'âge de 45 ans. Depuis plusieurs mois il était malade et, par ailleurs, ne pouvait se consoler de n'être plus que le grand chef nominal de son fief, le Gouvernement de Canton ayant nommé, après sa défaite, les généraux Long-iun et Foujo-iu généralissimes des armées du Yunnan. Mais deux têtes sous le même képi c'était, à vrai dire, une de trop : aussi ne sommes-nous pas trop surpris qu'une dépêche du 16 juin nous annonce que le général Long-iun a été attaqué et battu par son collègue le général Fou-jo-iu. Le consul de France a été appelé à remplir l'office de médiateur entre les deux adversaires et la situation reste calme dans les principales localités situées le long de la voie ferrée de Haiphong à Yunnanfou où les trains circulent normalement.

    KOUIYANG. Dans la province du Kouytcheou, grâce à l'énergie du gouverneur Tcheou-si-tchou, c'est le calme, aucune ne manifesta tion contre les étrangers, bien plus une protection efficace est donnée aux missionnaires.

    LANLONG. La préfecture apostolique de Lanlong est érigée en Vicariat apostolique dont le titulaire, Mgr Carlo, recevra sous peu le caractère épiscopal.

    CANTON. A la suite des derniers événements, le Collège du Sacré Coeur a été fermé le lundi 28 mars. Le 30 du même mois, l'école de médecine de l'Hôpital Doumer a été également fermée. Le 1er avril, les Soeurs Canadiennes de l'Immaculée Conception quittaient leur maison de Pak-mai-hong et se rendaient à Shameen d'abord, à Hongkong ensuite.

    PAKHOI. La précédente chronique de Pakhoi notait, pour rendre à César ce qui est à César, que le Gouvernement de Canton avait envoyé des ordres pour la protection des prêtres étrangers et de leurs établissements. Voici maintenant de quoi illustrer l'efficacité de ces ordres. Le 15 mars, dans la matinée, la chrétienté de Kong-ping, du district du Père Lemaire, a reçu la visite amicale d'une bande de jeunes gens. Résultat : la maison du missionnaire pillée et l'église incendiée. La totalité des dégâts nous est encore inconnue ; mais nous croyons qu'il n'y a pas eu perte de vie humaine, ce dont nous remercions vivement la divine Providence. Par bonheur, notre confrère n'était pas présent. S'il eut été là, nous aurions peut-être un grand malheur à déplorer; car de nombreux placards le menaçaient personnellement depuis plusieurs jours.
    Au moment de clore la liste des nouvelles, une lettre du Père Genty nous apprend que Fa-tchao, desservi par deux Missionnaires américains de Maryknoll, a payé son tribut à la haine de nos adversaires. Les deux Pères ont vu leur résidence envahie par la soldatesque. On les a criblés de pierres et ce n'est qua grand-peine qu'ils ont pu s'échapper. Nous sommes, très inquiets sur leur sort final, car depuis leur fuite aucune nouvelle ne nous est parvenue. Que Dieu les garde!

    KIRIN. Le 3 avril, dimanche de la Passion, Mgr Gaspais a eu la joie d'ordonner trois prêtres chinois. Deux d'entre eux, les P. P. Henri Tchang et Pierre Li, sont originaires de Siao-pa-kiatze, le troisième, le P. Léon Wang, est originaire de Kirin et appartient à une famille de tout nouveaux chrétiens. Cette ordination porte à vingt le nombre de nos prêtres indigènes. Ils sont maintenant plus nombreux que les missionnaires européens et cette constatation n'est pas faite pour nous déplaire, bien au contraire. C'est le vu le plus ardent de notre cur, de voir leur nombre croître de jour en jour.

    TATSIENLOU. 2 avril. L'officier chargé de veiller sur la région de Patang et Yentsin vient d'avoir une compagnie battue et désarmée par les Thibétains, deux autres sont cernées dans une lamaserie, il ne lui reste que 140 fusils. Il demande du secours à cor et à cri. Notre gouverneur de Yàtcheou envoie des proclamations disant, en substance, que vu la misère du peuple il le prend en pitié et s'abstient d'envoyer des troupes pour éviter des corvées au bon peuple. C'est à dire abandonne quelques districts à la discrétion des Thibétains. Là-bas, à Yentsin, nous avons le Père Goré et une chrétienté de plus de 300 âmes sous la coupe de ces brigands depuis plus d'un mois, et comme ils ont de suite intercepté les relations avec les pays environnants, il nous a été impossible jusqu'ici de recevoir de ses nouvelles ni de lui en communiquer. Nous ignorons totalement quel sort lui est fait, ce qui ne laisse pas de créer une vive anxiété.
    Ici même à Tatsienlou, depuis le départ des énergumènes venus prêcher les droits du peuple souverain, et presser les gens de s'inscrire au comité révolutionnaire, on n'entend plus beaucoup les insultes qui alors étaient débitées contre les étrangers. Mais messieurs les fonctionnaires nouveau régime font mine de nous ignorer complètement. Pourvu qu'ils ne nous fassent pas de mal cela nous suffit.

    Indochine.

    HUÉ. Le grand événement du mois, à Hué, a été la grève scolaire. Elle a commencé par le collège des garçons. Le lendemain, les demoiselles du collège Dông-Khánh, ou plutôt un groupe d'entre elles, prenaient fait et cause pour leurs frères opprimés et allaient soumettre leurs revendications au Résident Supérieur. Le surlendemain, les grévistes empêchaient les élèves des autres écoles officielles d'aller en classe, et l'Ecole Pellerin elle-même entrait dans le mouvement : une trentaine d'élèves, dont un seul catholique récemment baptisé, allaient se joindre aux grévistes malgré les avis tout à fait paternels du cher Frère Directeur. Ce mouvement ne paraissait pas être spécifiquement anti-européen, mais plutôt subversif de toute autorité aussi bien annamite que française. Des sanctions sévères, mais justes, ont été prises contre les principaux coupables et maintenant on ne remarque plus aucun symptôme de cette agitation, qui avait sérieusement troublé les esprits, et contre laquelle par-ci par-là on avait cru bon de se protéger, si jamais les fauteurs de troubles avaient essayé de mettre leurs menaces à exécution.

    1927/388-394
    388-394
    France et Asie
    1927
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