Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Nouvelles des missions

Nouvelles des missions Japon. Une famille japonaise, qui descend des premiers chrétiens, a découvert dans ses archives un volume très rare : Contemptus Mundi, qui est la traduction en japonais, de l'Imitation imprimé au xvie siècle. Un autre ouvrage : Doctrina christiana, exposé de la doctrine catholique, édité au Japon entre le xvie et le xviie siècle, a été trouvé à Londres par un bibliophile de Kobe, qui l'a emporté sur la compétition du roi Manuel de Portugal.
Add this
    Nouvelles des missions

    Japon.

    Une famille japonaise, qui descend des premiers chrétiens, a découvert dans ses archives un volume très rare : Contemptus Mundi, qui est la traduction en japonais, de l'Imitation imprimé au xvie siècle.
    Un autre ouvrage : Doctrina christiana, exposé de la doctrine catholique, édité au Japon entre le xvie et le xviie siècle, a été trouvé à Londres par un bibliophile de Kobe, qui l'a emporté sur la compétition du roi Manuel de Portugal.
    On annonce de Tokyo que le Dr Shinmura, professeur à l'Université impériale de la capitale, très versé dans l'histoire du christianisme au Japon, va donner une réédition complète des ouvrages anciens publiés, pour ou contre le christianisme au Japon, dans les premiers temps de son installation dans le pays. Cette collection comportera six volumes, comprenant 33 ouvrages divers.
    On écrit de Tokyo à l'Agence Fides, que le Pasteur Kanji Stéphan Fukai, ancien professeur de théologie à l'Institut de l'Eglise Episcopale Américaine et de l'église anglicane de Tokyo et qui s'était converti à l'anglicanisme à l'âge de 10 ans vient d'abjurer et d'être admis dans l'église catholique.

    Les conversions catholiques sont au Japon au nombre de 700 à 1.000 par an et les convertis deviennent d'excellents catholiques pleins de zèle,

    Chine.

    Le banditisme. Dans le sud de la province de Honan, des brigands ont mis le feu à l'église catholique de Hsi Nyan-Chow, tuant cent Chinois, coupant les têtes et les mains des enfants. Les troupes de Feng Yuh Siang ont refusé d'intervenir.

    MOUKDEN. La Congrégation des Vierges chinoises du Saint Coeur de Marie, établie en 1913 par Mgr Choulet, a atteint en ces quelques années un développement qui autorise les plus belles espérances. Elle comprend aujourd'hui 123 membres, dont 54 professes et 69 aspirantes. Les professes, réparties dans les divers districts de la Mission, apportent aux missionnaires, par leur exemple et leur travail, le concours le plus précieux dans les écoles et les catéchuménats, tandis que les plus jeunes s'appliquent à l'étude et aux vertus de leur état sous la direction des Soeurs de la Providence de Portieux.
    Toutes se sont trouvées réunies au noviciat de Moukden, il y a quelques jours, pour la retraite qui leur a été donnée par le P. Caubrière, directeur de la Congrégation ; retraite qui fut suivie avec l'attention et la pitié que méritent l'éloquence et la longue expérience du prédicateur. A la clôture de la retraite, 23 aspirantes ont été admises à prononcer leurs voeux. Après cette cérémonie, les plus anciennes ont été invitées à choisir parmi elles, par voie de suffrage, une présidente et quatre conseillères, lesquelles, sans prendre encore d'une manière définitive la direction de l'oeuvre, auront cependant désormais auprès des supérieurs un rôle plus prépondérant et prendront une part plus active dans la vie et l'administration de la maison et de l'oeuvre tout entière.

    SUIFU. Après un calme relatif de huit moisa consécutif à l'échauffourée du 31 mars 1927, à Chungking, au cours de laquelle plus de 600 manifestants, dit-on, furent tués ou blessés, la campagne antichrétienne, reprise à Suifu, à Fouchouen et à Yachow, à l'occasion des fêtes de Noël, s'est étendue, dans le courant de janvier, à presque tout le vicariat. Ici, comme à Suifu et à Fouchouen, elle est menée par des professeurs et des étudiants ; là, comme à Louikiang, par des chefs militaires. Jusqu'à présent elle n'a consisté qu'en discours, palabres et placards, mais, d'un jour à l'autre, elle peut dégénérer en persécution violente. Et l'on constate, avec anxiété, qu'il ne se trouve pas, dans toute la province, une seule autorité établie, disposée à protéger efficacement les biens et le personnel des Missions. Mais, heureusement, Dieu est là, et il veille sur ses enfants.

    NINGYUANFU. Le P. Pasteur, le nouveau missionnaire de Tatsienlu, retardé à Yunnanfu pendant trois mois, a pu quitter cette ville en compagnie de notre nouveau diacre, Simon Tchéou, revenant de Penang ; il nous est arrivé en bonne santé le 27 février. Il profitera de l'escorte militaire pour passer le Siao Slang Lin le 10 mars.
    La princesse Lolo, Lon gan chi, a été décapitée à cause de se trop fréquentes relations avec les pillards. De mémoire d'homme, pareille exécution n'avait pas eu lieu dans nos montagnes. La loi, jusqu'à présent, était que les femmes condamnées à mort devaient être écorchées. Doux pays !
    Venant de Ho-si le 11 décembre, le P. Grosjean eut à passer un mauvais quart d'heure. Quelques lis avant d'arriver à Ningyuanfu, au sommet du Yao-chan, le Père fut pris d'un mal de reins subit, qui l'obligea à descendre en rampant jusqu'au bas de la montagne. Ses hommes ayant pris les devants, il était seul, et la nuit était venue; les soldats chinois le prirent pour un Lolo et tirèrent sur lui deux coups de feu qui heureusement ne l'atteignirent pas. Avertie à 8 heures du soir, la Mission envoya à sa rencontre une chaise et une escorte qui le ramenèrent ici vers 11 heures.

    KOUIYANG. Les fêtes de Noël, au Petang et au Lantang, ont revêtu un éclat tout particulier. Pour décorer les églises, les chrétiens y sont allés largement de leur temps et de leur argent. Le grand succès du Petang a été la crèche ainsi qu'une grande croix de guerre et deux étoiles lumineuses qu'on avait suspendues au fond de la cour, devant la cathédrale. Au Lantang, l'éclairage électrique, tant à l'intérieur de l'église qu'à l'extérieur, eut un grand succès ; mais il est juste de mentionner aussi la grotte avec sa belle statue de N. D. de Lourdes, devant laquelle s'arrêtèrent émerveillés de nombreux païens. Malgré la foule, grâce à l'amabilité du Gouverneur qui assura le service d'ordre par ses soldats, ces jours de fête se passèrent très bien, sans le moindre incident.
    La route de Kouiyang à Tsintchen est complètement terminée. Son inauguration officielle a eu lieu le 15 de la Xlle lune. Le gouverneur y avait invité Sa Grandeur Mgr Seguin et le P. Bacqué qui se tirent un plaisir d'accepter. Le voyage (65 ly) s'effectua en moins d'une heure à l'aller et en moins de 3/4 d'heure au retour. A cette occasion, il y eut de grandes danses de Miaotse, surtout à Tsintchen. Là, le Gouverneur harangua longuement la foule. Ce boulevard, dit-il, témoigne qu'il sait mener à bonne fin ce qu'il entreprend. Les Yunnanais, les communistes et les partisans de l'union libre, tous ces ennemis et malfaiteurs doivent se le tenir pour dit !

    SWATOW. L'envoi de troupes de Canton a arrêté un peu la furie dévastatrice des Bolcheviques de la région du Loukfoung. Mais plus près d'ici le désordre continue ; dernièrement la résidence du P. Pencolé a été pillée ; l'église du P. Werner sert de quartier général aux Rouges des environs ; la ville de Fouilai vient de tomber entre leurs mains.
    L'endant ce temps les réfugiés continuent d'arriver; il en part autant que les bateaux peuvent en emporter vers les pays du sud. Nous avons une grande dette de reconnaissance à payer à nos confrères de Siam, de Singapore, de Saigon, pour la grande charité avec laquelle ils sont venus à notre aide, soit par des collectes organisées parmi les compatriotes de nos réfugiés, soit par les soins prodigués aux pauvres émigrés.
    Leur charité cependant pas été appréciée partout par ceux qui en étaient l'objet. Un convoi de 350 réfugiés devait se rendre à Saigon, où, grâce aux démarches de Mgr Du mortier, des Compagnies de plantations leur offraient du travail à des conditions exceptionnellement favorables. Le P. Coiffard, qui accompagnait ces émigrants pour les aider dans leur installation en pays inconnu, eut le même sort que Moïse conduisant le peuple hébreu vers la Terre promise. Arrivés à Saigon, ces malheureux se laissèrent circonvenir par des émissaires de Compagnies chinoises rivales, qui voyaient d'un mauvais il leur échapper ces nouveaux venus. Ces associés leur dépeignaient, sous les couleurs les plus noires, les conditions qui leur seraient faites : c'était une contrée, disaient-ils, infestée de tigres, fourmillant de sangsues, insalubre et meurtrière, où tous périraient en peu de temps. Effrayés et affolés, nos émigrés se révoltèrent, vomissant les pires injures contre l'Evêque et les Missionnaires. Les uns s'enfuirent, d'autres se laissèrent embaucher par les Compagnies chinoises. Finalement la moitié de ce convoi fut rembarquée et ramenée au beau pays de Chine, où ils pourront goûter à satiété les délices du paradis rouge.
    En Chine, il n'est pas toujours facile de faire du bien aux gens ; les difficultés qu'y rencontrent les Missionnaires ne viennent pas toutes des bolcheviques.

    PAKHOI. Notre numéro de mars avril, p. 59, a annoncé le massacre du P. Julliotte, supérieur des Picpuciens de l'île de Hainan, mission encore rattachée au Vicariat apostolique de Pakhoi. Il s'agissait d'un de ses confrères, le R. P. Noguès qui administrait la chrétienté de Song-bo dans l'intérieur de l'île, sous-préfecture de Man Cheug. Il y avait un poste de soldats établi dans cette localité. Le Père, un jour fut appelé à grands cris par une vieille femme. Les soldats voulaient s'emparer de sa fille, disait-elle, et d'autres filles du voisinage pour les violenter. Aux appels de la vieille grand'mère, le Père sortit sur le seuil de la porte. Il n'avait pas encore dit un mot aux agresseurs que ceux-ci le criblaient de balles. La mort a été instantanée. Les meurtriers ont aussitôt pris la fuite, et peu après tout le poste de soldats a été rappelé. Le gouvernement voulait attribuer le crime à des communistes. En réalité, le P. Noguès a été tué par des soldats chargés de sa protection.

    Indochine.

    HANOI. Nos écoles élémentaires nous donnent, tous ces temps-ci, des tracas d'ordres divers. D'abord, les délais, accordés pour les mettre en règle avec les décrets et arrêtés de 1924, 1925, sur le contrôle de l'enseignement privé, sont expirés. Il faut établir pour chaque directeur et professeur les dossiers exigés par la Direction de l'Instruction publique. C'est un travail assez minutieux, que viennent retarder encore l'habituelle lenteur et la répugnance instinctive de nos Annamites pour toutes ces déclarations et formalités administratives.
    Ensuite, il faut pourvoir toutes ces écoles la Mission de Hanoi en a déclaré plus de 100 d'un personnel enseignant et diplômé. Pour les instituteurs, l'école Saint-Thomas de Nam-Dinh, le petit séminaire, le magnifique probatorium que la Mission vient de construire à Hanoi assurent l'avenir. Mais le nombre de nos institutrices indigènes est encore infime. C'est pour combler cette grave lacune que l'on édifie, en ce moment, une école noviciat, où se formeront à leur rôle de religieuses institutrices, sous la direction des Soeurs de St Paul de Chartres, les futures Amantes de la Croix.
    En construction également un vaste local qui abritera le journal « Trung-Hoa », une librairie catholique et les autres services de la Bonne Presse. Et voici que l'on creuse les fondations d'un nouvel évêché procure, qui est devenu nécessaire par suite de l'importance sans cesse grandissante de Hanoi comme lieu de passage et base de ravitaillement pour un grand nombre de Missions.

    PHATDIEM. Le 13 janvier, deux Soeurs de N.-D. des Missions nous sont arrivées. On nous annonce que prochainement deux autres Soeurs vont venir, dont une est munie du diplôme d'infirmière, et l'autre de celui d'institutrice.
    Le 4 janvier s'est clôturé la retraite des Soeurs prêchée par le P. Dionne, Rédemptoriste. A l'issue de cette retraite, nous vîmes une émouvante cérémonie encore inconnue à Phat-Diem : une Soeur européenne a fait ses voeux perpétuels, et 3 postulantes, prémices d'Annam chez les Soeurs de N.-D. des Missions, ont reçu le saint habit. Comme dans les autres Ordres religieux, les postulantes paraissent avant la cérémonie au milieu de leurs parents en costume de mariées, leur long voile soutenu par de charmantes fillettes, leurs soeurs. Elles prennent place au choeur de la chapelle, et Mgr Marcou leur fait une instruction sur la vie religieuse, avec le coeur que S. G. sait mettre dans ces sortes de discours et qui fit couler bien des larmes de joie. Ensuite les postulantes rentrent dans la clôture et reparaissent en costume religieux au chant du Quae est ista... au milieu de l'émotion générale ; ce sont les Soeurs Maria-Ine (Agnès), Maria-Isave (Elisabeth) et Maria Sainte-Rose. Enfin, les nouvelle Soeurs échangent le baiser avec leurs aînées pendant que le choeur chante le Ecce quam bonum...
    Le 11 janvier, sept jeunes filles, des meilleures familles de la Mission, prirent le voile blanc comme postulantes. L'avenir est assuré.

    SIAM. Le Frère Urban, salésien de Macao, est venu se joindre au contingent salésien de la Mission de Bangkok, où il est arrivé le 31 janvier dernier.
    Le nombre des immigrants chinois à Bangkok, durant le mois de janvier, s'est élevé à 8.217 dont 7.623 arrivés directement de Hoihow et de Swatow. On s'attend d'ailleurs à en recevoir beaucoup plus en 1928.

    BIRMANIE. Cinq soeurs Indiennes de la Congrégation Indigène de N.-D. des Sept Douleurs, ont récemment quitté leur maison mère de Trichinopoly, pour fonder un couvent dans le Vicariat de la Birmanie Méridionale. C'est la première entreprise missionnaire de cette Communauté, qui jusqu'ici n'avait jamais quitté l'Inde.

    LAOS. Le Naufrage du Trentinian. Détails rétrospectifs. Un correspondant de Nong-Sent nous adresse sur l'épouvantable catastrophe qui a coûté la vie à 4 de nos concitoyens et à une quarantaine d'indigènes au moins, les détails suivants. Nous les publions d'autant plus volontiers qu'ils mettent en belle lumière le dévouement de nos Missionnaires et de nos Religieuses envers les malheureuses victimes.
    Le sinistre se produisit, on le sait, tout près de Nong-Seng, siège du Vicaire Apostolique et centre de la Mission au Laos. Ce jour là Monseigneur Gouin était en tournée à 25 kilomètres de Nong Seng. Le Père Malaval donnait une mission à Tharé, distant de 80 kilomètres. Seul le P. Panlin curé de la cathédrale, était présent. Il venait de commencer la Messe, lorsqu'il entendit une explosion formidable. Quittant immédiatement l'autel et les ornements sacrés, le Père se précipite au dehors, reconnaît et atteint en quelques minutes le théâtre de l'accident, à 150 mètres environ de la Cathédrale. Le spectacle est terrifiant ; aucune autorité ni Française, ni Siamoise n'a pu encore arriver sur les lieux ; aucun secours n'a eu le temps de s'organiser. Le missionnaire, après avoir donné aux mourants une absolution générale, prend l'initiative du sauvetage. Il réquisitionne gens, pirogues, jonques, les envoie au secours des naufragés, et, à mesure qu'on lui ramène des blessés, fait à ceux-ci les premiers pansements. Mère Ursule et toutes les Religieuses de Saint-Paul de Chartres en résidence à Nong-Seng ont suivi le Père et donnent également leurs soins aux malheureuses victimes. Tout le linge disponible, tous les médicaments que possèdent la Mission et les Religieuses sont employés ; puis les blessés sont dirigés, toujours par les soins du P. Paulin, sur l'hôpital français de Thakhek. Missionnaire et Religieuses consentent alors à prendre un peu de repos : il n'y a plus un seul blessé sur le théâtre de l'accident.
    Tel fut le rôle de la Mission de Nong-Seng en ces circonstances poignantes. Monsieur le Résident supérieur du Laos en reconnut le jour même l'importance et la noblesse.
    Dût en souffrir la modestie de nos Missionnaires et de nos Religieuses, il était juste de leur témoigner, une fois de plus, notre admiration et notre gratitude.
    (L'Avenir du Tonkin.)

    MALACCA. La persécution en Chine nous a amené nombre de réfugiés ; plusieurs centaines de chrétiens sont venus de Peh Né. D'autres les ont suivis. Recevoir et loger, même provisoirement, ces braves gens, c'était toute une affaire ; les placer n'était pas moins difficile. Aidé des catéchistes et de chrétiens de bonne volonté, le P. Etienne Li avait tout préparé pour leur réception. Rien n'a manqué aux exilés pendant leur séjour dans la ville de Singapore. Un certain nombre d'entre eux ont pu trouver du travail à Singapore même, à Sarangong, à Bukit Timah, à Johore. Les autres ont été dirigés sur Malacca.

    Inde.

    S.-G. Mgr Mooney. Délégué Apostolique aux Indes, est arrivé à Rome ces jours-ci. Il a bien voulu faire au représentant de 1 Agence Fides, les déclarations suivantes :
    « L'Eglise Catholique est aux Indes une force importante. Ce pays compte en effet environ 3 millions de catholiques ; plus que l'Angleterre, l'Ecosse et le Pays de Galles réunis ; 1/2 million de plus que les Pays Bas.
    Ces catholiques vivent au milieu de 300 millions de païens et ils ont une foi profonde en même temps qu'un grand dévouement pour l'Eglise et le Saint-Siège. La Vie paroissiale y est fort développée et n'est pas loin de ressembler dans les grands centres, à ce que nous avons sous les yeux en Europe.
    Les conversions y sont nombreuses. En 1927, on en a enregistré plus de 35.000. Le développement du catholicisme est cependant lié aux Indes à la solution de grands et importants problèmes dont il importe que les catholiques européens ne se désintéressent pas ».

    1928/121-128
    121-128
    France et Asie
    1928
    Aucune image