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Nouvelles des missions

Nouvelles des missions NAGASAKI Le P. Halbout vient de bâtir une petite chapelle dans l'endroit même où réside le chef des trop nombreux « séparés »1 que compte encore notre Mission. 1. On désigne par le mot de « séparés » les descendants des chrétiens japonais du XVIe et du XVIIe siècle; les « séparés » ont conservé dans leurs croyances, et peut-être dans leurs pratiques, quelques vestiges de christianisme, mais refusent tout contact avec les missionnaires. MANDCHOURIE SEPTENTRIONALE
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    Nouvelles des missions
    NAGASAKI
    Le P. Halbout vient de bâtir une petite chapelle dans l'endroit même où réside le chef des trop nombreux « séparés »1 que compte encore notre Mission.

    1. On désigne par le mot de « séparés » les descendants des chrétiens japonais du XVIe et du XVIIe siècle; les « séparés » ont conservé dans leurs croyances, et peut-être dans leurs pratiques, quelques vestiges de christianisme, mais refusent tout contact avec les missionnaires.

    MANDCHOURIE SEPTENTRIONALE

    Le 20 août Mgr Gaspais a eu la joie de bénir l'oratoire de Eul-chen-ou-hao, à mi-chemin entre Harbin et Changchun. C'est notre évêque lui-même qui, il y a trois ans, avait jeté les fondements de cette jeune chrétienté, laquelle s'est si bien développée qu'on y voit maintenant une résidence avec chapelle, écoles, etc. et que, à l'occasion de la bénédiction de ces bâtiments, les païens rivalisèrent de zèle avec les chrétiens pour manifester leur joie de voir que le « Seigneur du ciel » avait enfin dans leur village un temple digne de son nom. Cela fait bien augurer de l'avenir, et permet d'espérer que les fidèles de Eul-chen-ou-hao ne cesseront de croître en nombre et en ferveur.

    KOUANGSI

    La cérémonie de la bénédiction de la nouvelle église de Kouyhien a été aussi solennelle que possible. L'édifice, de style gothique, fait l'admiration de tous, Européens et Chinois, chrétiens et païens. Le P. Labully a donné ses talents d'architecte pour les plans et la direction des travaux. Le P. Hoang surveilla les ouvriers avec patience et savoir-faire. Le P. Poulat s'était réservé la tâche la plus difficile, celle de trouver les fonds. Pendant 40 ans il économisa, il tendit la main. Grâce à sa ténacité, la ville de Kouyhien est maintenant dotée d'une petite merveille qui fait honneur à la religion qu'elle représente.

    CANTON

    Depuis le 10 octobre nous vivons à Canton des jours d'anxiété. Le 15, il y a eu bataille dans les rues, suivie de pillages et d'incendies. Jusqu'ici, grâce à Dieu, la mission est restée indemne : elle a été gardée par 450 élèves de l'Ecole militaire yunnanaise, qui se sont acquittés de leur devoir d'une façon parfaite. Les rues voisines ont bénéficié de cette protection. Le Séminaire, les Ecoles du Sacré Coeur et du Saint Esprit abritent de nombreux réfugiés.
    L'ordre semble rétabli, mais la population persiste à croire que la tranquillité n'est qu'apparente et que de nouveaux troubles sont à craindre.

    TONKIN OCCIDENTAL

    Depuis la grande guerre, nos Annamites sont travaillés en dessous par divers agents de désordre. Il y a quelques mois, c'était les ministres protestants américains, de plus en plus nombreux dans la Colonie, qui poussaient quelques lettrés influents (pas la fine fleur !) à fonder une religion nationale qui grouperait toutes les bonnes volontés, et dont la pratique ne gênerait en rien les opinions religieuses de qui que ce fût. Cette vague formule de religion nationale, tout en flattant le patriotisme mal entendu de nos protégés, laissait dans l'ombre la vraie force promotrice de l'entreprise, le prosélytisme panaméricain, d'où procèdent la pensée initiale et les ressources. L'Eglise nationale annamite pour l'amorçage et la réclame, mais américaine dans son essence, ne devait pas être seulement le produit de ce prosélytisme américain, qui se croit appelé à détruire le catholicisme dans toutes nos colonies; elle devait aussi attirer l'élite intellectuelle des païens pour la former aux idées et aux méthodes américaines, de façon à la détacher de plus en plus de la France. Le Gouvernement, éclairé par la presse, s'est rendu compte du danger et a agi en conséquence. Le projet d'une religion nationale annamite est momentanément abandonné.
    Maintenant ce sont les bolchevistes et communistes qui font de la propagande auprès de la population annamite, surtout auprès de quelques « fruits secs » des écoles, mécontents de ne pas obtenir la place à laquelle ils aspirent, mais que leur ignorance les rend incapables de tenir. Quelques tracts ont été saisis, dans lesquels on exalte la liberté, les droits des citoyens « conscients », l'égalité des hommes, et tel est le bien suprême, le bonheur parfait auquel tout doit être sacrifié. Dans ces tracts, les Annamites sont représentés comme « des esclaves, travaillant pour des salaires dérisoires, alors que les Européens touchentdes traitements de princes... « Réveille-toi, citoyen ; prends conscience de toi-même !... »
    Les résultats de cette propagande de désordre n'ont pas tardé à se faire sentir. A Nam-Dinh, 250 ouvriers de la distillerie d'alcool se sont mis en grève parce qu'un employé 'indélicat avait été renvoyé. Deux jours plus tard, encore à Nam-Dinh, 300 ouvriers de la Filature firent de même, sous prétexte d'insuffisance des salaires. La crise ne dura que quelques jours et tous les ouvriers ont repris le travail ; mais le principe de la grève est maintenant reconnu et les employeurs peuvent s'attendre à des déboires !...
    A Nam-Dinh où heureusement il n'y a pas que des grévistes, l'École Saint-Thomas, pour la formation d'instituteurs catholiques destinés à toutes nos Missions du Tonkin, a ouvert ses cours le 1er septembre. La rentrée a été de 150 élèves. Cinq Frères des Ecoles Chrétiennes, aidés de quelques moniteurs civils, se dévouent à cette oeuvre de première importance.

    TONKIN MARITIME

    Le 16 septembre, jour de la rentrée du Probatorium de la Mission, 140 élèves se sont présentés et ont été admis à commencer ou à continuer leurs études dans cet établissement. Ce chiffre dépasse de beaucoup ceux que nous avions enregistrés jusqu'ici, et cela d'abord parce que les écoliers prennent possession des locaux spacieux qui viennent d'être construits à leur intention, puis parce que nous inaugurons la nouvelle méthode d'enseignement qui va mettre à la base des études secondaires de bonnes classes primaires.
    Notre Probatorium, créé à Phat-Diem, en 1907, était destiné à dégrossir un peu les enfants qui désiraient entrer en classe de sixième au Petit Séminaire. Les heureux effets de cette innovation se firent sentir de suite et le niveau des études s'éleva sensiblement. Malheureusement les élèves, dont le nombre variait de 60 à 70, étaient trop à l'étroit dans la communauté de Phat-Diem, ils y manquaient d'air ; aussi la maladie, le béribéri surtout, faisait trop souvent des ravages parmi eux.
    Pour obvier à ces inconvénients, l'établissement fut transporté en 1918 à Ba-Lang, plage dont on a parlé dans quelques numéros des Annales. Là, plus de maladies, plus de béribéri, plus de décès: santé parfaite sur toute la ligne. L'installation définitive en cet endroit fut décidée en 1920, et les dispositions prises pour que les bâtiments scolaires fussent construits au plus tôt; les paillotes habitées depuis deux ans manquant du confortable le plus élémentaire. Une circulaire fut adressée à toutes les paroisses du Vicariat pour les inviter à coopérer à l'oeuvre. Les plans furent dressés par un homme du métier, ami de la Mission, et noie infatigable Procureur, le P. Lury, quoique déjà surchargé de besogne à Phat-Diem, dirigea et surveilla les travaux de construction.
    Les élèves passeront désormais au moins trois ans dans la maison et y étudieront le français d'une manière spéciale.

    COCHINCHINE SEPTENTRIONALE

    Du 7 au 15 août, le P. Maximilien de Pirey a prêché la retraite au noviciat des Frères de Hué. A l'issue de cette retraite, 6 novices ont fait leurs premiers voeux et 12 postulants ont pris l'habit des Frères de Saint Jean-Baptiste de la Salle : de ces derniers, 5 sont originaires de la Mission de Hué, 5 de la Mission de Saigon, 1 de Phnômpênh (mission du Cambodge), et un de la Mission de Vinh (Tonkin Méridional).
    Le 24 août, après une retraite de huit jours, 11 Filles de Marie Immaculée (nouvelle Congrégation diocésaine de religieuses indigènes, destinée à l'instruction des jeunes filles annamites et à la direction des ouvroirs et orphelinats) ont fait leur première profession et 8 autres ont revêtu l'habit des novices.
    A l'occasion du 40e anniversaire de sa naissance, S.M. l'Empereur d'Annam avait prié Mgr Allys de célébrer un service solennel pour les officiers et soldats français morts pendant la grande guerre Ce service a eu lieu le 18 septembre à la cathédrale de Phu-Cam, en présence de toutes les notabilités françaises et indigènes.
    Quant aux fêtes du quarantenaire, qui ont duré 10 jours (du 23 septembre au 2 octobre), elles ont été particulièrement brillantes. Son Excellence le Gouverneur général, M. Merlin, y assistait. Mgr Allys fut invité au dîner de gala donné au palais impérial, le jour même de l'anniversaire de la naissance de l'Empereur (29 sept.).
    Cette année, l'Ecole Pellerin ayant eu de très beaux succès aux derniers examens de juin, les demandes d'admission y ont été plus nombreuses que jamais. Depuis la rentrée, le 1er septembre, les Frères ont dû refuser beaucoup d'élèves, faute de place et de personnel lis ont en tout 470 élèves, dont 160 nouveaux, une centaine de plus que l'année dernière. La section française en comprend une trentaine, et pourra encore recevoir plusieurs de nos petits compatriotes qui sont déjà inscrits.

    KUMBAKONAM

    Les inondations. Voici quelques nouveaux détails sur les dégâts causés dans notre Mission, par les inondations du mois de juillet. Les chrétientés que traverse le Coléron ont été les plus éprouvées, et les villages ont été complètement anéantis qui se trouvaient à proximité des points de rupture de la digue, en aval du fleuve. Mieux que des phrases, les chiffres donnés par les missionnaires ou par les prêtres indiens feront connaître l'étendue des pertes qua subies la Mission.
    Le district de Peryavarsili a été le premier atteint. Il est situé non loin de la grande ville de Trichinopoly, sur la rive nord du Coléron. Le P. Depigny donne les chiffres suivants : villages inondés, 17 ; maisons emportées, plus de 100; chapelles détruites, 4. Sur 3.792 chrétiens, 1.326 ont souffert du fait de l'inondation.
    La chrétienté de Connekhoudy est comme la précédente située sur la rive nord du Coléron. Le P. Koulandai écrit : « Sur tes 17 villages dont se compose mon district, 8 ont été emportés complètement... Ne pouvant pénétrer partout à cause de l'eau, j'ai visité 5 des villages les plus éprouvés; aucune maison n'y avait été épargnée. Dans le grand village d'Ambil, les habitants n'ont pu sauver que 6 de leurs demeures : villages détruits, 8; maisons détruites, 300.
    Si de Connekhoudy nous suivons le cours du Coléron, toujours sur la rive nord, nous arrivons à Viragalour, grosse chrétienté de 5.125 habitants. Le P. Peter, chargé de cette paroisse, écrit que 4 des principaux villages ont été inondés, dont trois ont subi une destruction complète : « A Poudoukottah, dit-il, 5 maisons seulement sont encore debout. A l'intérieur de l'église l'eau dépassait le maître autel et même les gradins. A Viragalour, les vagues, après avoir renversé le mur de clôture, venaient battre les murailles du presbytère. Les rizières remplies de sable ne pourront pas, avant plusieurs années, être de nouveau livrées à la culture ». Villages inondés, 4 ; villages détruits, 3 ; maisons détruites, 249 ; chapelles détruites, 4.
    Si maintenant, du nord du Coléron, nous passons vers le sud, nous trouvons la chrétienté de Mikelpatty. Le P. Gnanadickam, en quelques mots, rend compte des pertes subies par ses paroissiens: « Poudy, Vishnampettey, Pavanamanyalam, Kouttour, Podaguery et Maharajapuram ont été enlevés. Impossible de reconnaître aujourd'hui l'emplacement de ces villages ».
    De Tiruvadi, le P. Guyon envoie les détails suivants : « 5 villages du district ont été inondés ; dans ces 5 villages, toutes les maisons sont détruites ».
    A Ayampettey Sud (P. Playoust) : villages détruits, 3 ; maisons détruites, 35 ; chapelles détruites, 2.
    A Manalour (P. Malfrait) : villages détruits, 2.
    A Mikelpatty Nord (P. Vachon) : une dizaine de maisons sont détruites.
    De Molathour, le P. Xavier signale une quinzaine de maisons détruites.
    De Kumbakonatn, le P. Prunier annonce que, sur 6 villages de chétiens inondés, 4. ont été complètement détruits et un 5e en partie. Dans cette chrétienté 19 maisons ont été renversées.
    Mayavaram. Deux villages de chrétiens, celui d'Elupepettey et celui de Sipatour ont été complètement détruits. Le premier de ces villages se trouvait situé à environ 1.200 mètres au sud du fleuve, en face de l'endroit où la digue se rompit. Cette digue, mal entretenue, céda sur une longueur d'un kilomètre environ.
    Quelques canaux creusés parallèlement au lit du fleuve, quelques collines de sable, en arrêtant les premières vagues, donnèrent aux chrétiens le temps de fuir le danger. Ils coururent chercher un refuge dans la petite Eglise de cette chrétienté. L'eau eut tôt fait de les y suivre. Au nombre d'une trentaine, ils montèrent alors sur la terrasse qui forme le toit de l'église, et demeurèrent une quinzaine de jours sur ce frêle îlot que venaient battre les vagues ; un chrétien de caste venait sur une fragile embarcation leur apporter un peu de riz. Parmi les hommes, les plus courageux risquaient chaque jour leur vie pour aller à la nage chercher un peu de nourriture.

    1925/27-33
    27-33
    France et Asie
    1925
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