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Nouvelles des Missions 2

Quelques Nouvelles de nos Missions Nous ne sommes toujours pas très renseignés sur ce qui se passe au point de vue religieux dans nos diverses missions. Toutes sont touchées par la guerre qui s'étend de plus en plus à travers le monde et, du fait que cette guerre est devenue totale, les communications postales sont entravées à peu près partout.
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    Quelques Nouvelles de nos Missions

    Nous ne sommes toujours pas très renseignés sur ce qui se passe au point de vue religieux dans nos diverses missions. Toutes sont touchées par la guerre qui s'étend de plus en plus à travers le monde et, du fait que cette guerre est devenue totale, les communications postales sont entravées à peu près partout.
    Au Japon, Mgr Berlioz avait fondé, il y a une trentaine d'années, deux monastères dans son diocèse de Hakodaté, l'un de Trappistes et l'autre de Trappistines ; mais comme ces deux monastères se trouvent situés sur la zone fortifiée, tous les religieux français ont été invités à se retirer ailleurs. Les Pères se sont transportés à Shindenbaru, dans le diocèse de Fukuoka ; quant aux religieuses, elles ont dû s'embarquer au nombre de neuf, avec leur aumônier, et sont allées s'installer à Taphing, province de Laokay (Tonkin), clans une propriété gracieusement mise à leur disposition par l'amiral Decoux.
    Comme ceux du Japon l'an dernier, les évêques de Corée, NN. SS. Larribeau, vicaire apostolique de Séoul, et Mousset, vicaire apostolique de Taikou, ont tous deux envoyé leur démission au Saint Siège ; ils sont remplacés jusqu'à nouvel ordre par des administrateurs ad nutum, choisis dans le clergé indigène, ainsi que cela a eu lieu précédemment dans l'Empire du Soleil Levant.
    En Mandchourie, tout continue à être normal, du moins aucune correspondance n'est venue signaler qu'il en soit autrement.
    En Chine, on a pu s'en convaincre en lisant plus haut les deux lettres de NN. SS. Baudry et Vogel, les conséquences de la guerre se font de plus en plus sentir. Par suite du défaut de ressources, nos confrères ne peuvent que continuer le travail missionnaire au ralenti, ils gardent cependant leur courage intact et tiendront jusqu'au bout. Un message radiodiffusé, parti Chungking à la fin de juillet, nous disait que la tentative d'assassinat sur la personne de Mgr Jantzen n'avait pas eu de suites graves, néanmoins le vénéré prélat n'avait pu encore reprendre toutes ses occupations. Le même message ajoutait que les Carmélites et tous les confrères travaillant à Chungking ou aux environs, c'est-à-dire les PP. Valentin, Roussel, Perriot Comte, Thermes, Magnan et Brun sont en bonne santé. Les nouvelles venues d'autres parties de la Chine n'ont pas été envoyées par radiogramme, aussi datent-elles de près d'une année ; elles ne sont pas pessimistes, au contraire, nos missionnaires voient l'action de la Providence dans les événements qui se succèdent et ils ont confiance en l'avenir.
    D'Indochine, ce que nous connaissons est assez consolant, le travail apostolique ne chôme pas. Il est vrai que beaucoup d'écoles ont été l'objet de réquisitions, mais nos confrères ont sauvé tout ce qu'ils ont pu ; ainsi, à Saigon, l'Ecole Taberd s'est repliée sur le séminaire où les Frères des Ecoles chrétiennes continuent leur oeuvre dans des bâtiments construits par l'Administration française. Au grand séminaire, par suite du manque de personnel missionnaire, le P. Delagnes et un Père annamite assurent seuls la direction et l'enseignement de toutes les parties du programme. En général, l'esprit est bon partout dans la colonie, aussi le travail de tous en profite ; le mouvement communiste que l'on avait craint avec raison à la fin de 1949 a fait fiasco. Bref, l'ordre et le calme dont jouit l'Indochine sont très profitables aux missions.
    Quant à nos confrères qui travaillent en territoires anglais, nous n'en avons jas de nouvelles depuis longtemps. Nous dirons donc seulement que S. E. Mgr Despatures, évêque de Bangalore, revenu en Europe depuis le début de l'année 1939, et dont l'état de santé ne s'est pas amélioré, vient de donner sa démission. Pendant la vacance du siège, le P. Vanpeene, précédemment vicaire général, continuera d'administrer la mission en attendant la nomination du successeur, qui sera un évêque indien. Pendant que les lignes précédentes sont à l'impression, plusieurs nouvelles intéressantes nous arrivent, aussi sommes nous heureux de pouvoir en informer les nombreux amis de nos missions et de nos missionnaires.
    Deux des évêques démissionnaires du Japon, NN. SS. Chambon et Castanier, ont été nommés par leurs successeurs japonais vicaires généraux de leurs anciens diocèses de Yokohama et de Fukuoka, ce qui indique que l'entente est complète entre la nouvelle administration ecclésiastique et l'ancienne.
    En Corée, le successeur de Mgr Mousset, précédemment évêque de Taikou, a été désigné par le Saint Siège ; il s'agit d'un prêtre japonais, Mgr Hayasaka, frère de l'ancien évêque de Nagasaki, nommé administrateur apostolique du Vicariat. Une nouvelle réglementation vient d'entrer en vigueur dans les séminaires coréens : dorénavant, en ne devra plus faire de cours religieux pendant les heures officielles des classes, cet enseignement étant réservé, comme cela a lieu au Japon, pour des heures qui ne pourront gêner en rien les classes proprement dites.
    De Hongkong, un message radiodiffusé a fait connaître que notre procure générale d'Extrême Crient a été réquisitionnée par l'armée d'occupation et que nos confrères de Nazareth, établissement abritant une importante imprimerie à l'usage de nos missions dispersées en Asie, ont dû se réfugier dans l'ancien grand séminaire de Késo (Tonkin), qui servait à la Mission de Hanoi avant l'arrivée des Sulpiciens au Tonkin.
    En Birmanie, tout est anéanti à Mandalay en ce qui concerne les oeuvres catholiques, seules les oeuvres des Pères Salésiens n'auraient pas souffert ; S. E. Mgr Kierkels, délégué apostolique, a télégraphié que la cathédrale et l'évêché ont été incendiés. C'est une grosse épreuve pour Mgr Falière et ses missionnaires, mais nous avons confiance que le bon Dieu ne les abandonnera pas.
    De l'Inde, nous avons des nouvelles plus réconfortantes. A Mysore, Mgr Feuga s'est installé dans un abri provisoire en attendant que son procureur, le P. Audiau, ait terminé la construction de l'évêché qui n'existait pas encore. A Salem, le P. Deltour, gravement malade l'an dernier, est complètement rétabli, il paraîtrait même qu'il est sorti tout rajeuni de son lit de malade. A Pondichéry, tous les confrères sont en bonne santé.
    De partout, messages et lettres disent la confiance de nos confrères ; ceux-ci pensent plus aux souffrances qui sont les conséquences de la guerre en Europe qu'à leurs souffrances personnelles.
    J. C.


    1942/125-127
    125-127
    1942
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