Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Nouvelles des missions

Nouvelles des missions YUNNAN. Le 21 novembre dernier, Mgr de Guébriant, supérieur de la Société des Missions Étrangères, a reçu du marquis de Crewe, ambassadeur d'Angleterre en France la lettre suivante : AMBASSADE D'ANGLETERRE Paris, le 17 novembre 1923. MONSEIGNEUR,
Add this
    Nouvelles des missions

    YUNNAN.

    Le 21 novembre dernier, Mgr de Guébriant, supérieur de la Société des Missions Étrangères, a reçu du marquis de Crewe, ambassadeur d'Angleterre en France la lettre suivante :

    AMBASSADE D'ANGLETERRE

    Paris, le 17 novembre 1923.

    MONSEIGNEUR,

    J'ai reçu du principal Secrétaire d'Etat pour les Affaires étrangères de Sa Majesté des instructions en vue de vous informer que son attention a été attirée sur la courageuse conduite de deux prêtres français, les P. P. Degenève et Savin de la Société des Missions Étrangères de Paris, dans l'assistance qu'ils ont donnée à un sujet britannique, M. d'Arcy Weatherbe qui avait été capturé par des brigands dans la Chine du Sud.
    M. Weatherbe avait été pris le 15 juillet dans le voisinage de Chionchuan, et emmené par un parti de pirates chinois. Du 15 au 31 juillet, M. Weatherbe se trouva coupé de toutes relations avec le monde extérieur. A la dernière de ces dates le prêtre français de Huangchiaping vint au camp pour négocier avec le chef des pirates, parler et rendre assistance à M. Weatherbe. Le 8 août, le même prêtre, P. Degenève, revint, amenant avec lui le P. Savin, pour reprendre les négociations. Il fut impossible de s'entendre avec le chef pirate; M. Weatherbe fut transféré dans un autre campement plus éloigné. Dans la nuit du 12 août, il réussit à s'échapper, et, pendant plusieurs jours eut à endurer de grandes souffrances. Dès que sa fuite fut découverte, les pirates envoyèrent prendre le P. Degenève dans sa maison à Taipingtsu et l'emmenèrent à la montagne. Le P. Degenève resta aux mains des brigands pendant huit jours et n'échappa indemne que par une heureuse chance.
    J'ai pour instruction de vous transmettre l'expression sincère du prix que nous attachons à la conduite courageuse et au dévouement (selfsacrificing) tant du Père Degenève que du Père Savin dans leur intervention auprès des brigands en faveur de M. Weatherbe, lui fournissant des provisions et en général s'efforçant d'alléger les souffrances de sa captivité, sans se préoccuper du risque qu'ils couraient eux-mêmes.
    Sur le désir de Lord Curzon j'adresse une communication à Son Excellence le Président du Conseil, ministre des Affaires Etrangères, lui transmettant les remerciements du Gouvernement de Sa Majesté, pour la brave et généreuse action de ces prêtres français.

    Je suis Monseigneur, votre obéissant serviteur,
    Signé : CREWE.

    THIBET.

    Une mission scientifique sous la conduite de M. John Walter Gregory, professeur à l'Université de Glascow, a parcouru une partie du Thibet. De retour en Europe, le courageux explorateur a publié le récit de son voyage sous ce titre : The Alps of Chinese Tibet and their geographical relations. Cet ouvrage a valu à son auteur une médaille d'or de la Société de Géographie de Paris, laquelle lui fut remise par M. le comte de Saint-Aulaire, ambassadeur de France à Londres. Lé docte professeur prononça alors les paroles suivantes : « J'éprouve un plaisir particulier à recevoir cette récompense après avoir eu récemment l'occasion de voir quelque chose du grand travail, à la fois scientifique et religieux, accompli par la Mission française au Thibet, arrivée au succès, en dépit des difficultés et des dangers qui font de son histoire l'une des plus nobles aussi bien que l'une des plus tragiques dans l'histoire des Missions 1 ».

    1. Voir l'Histoire de la mission du Thibel, par M. Adrien Launay, 2 volumes in-8 avec carte.

    MANDCHOURIE SEPTENTRIONALE.

    La cathédrale de Kirin ayant été livrée au culte, la salle qui servait d'église provisoire a été transformée en salle de conférences. Ces conférences ont lieu environ toutes les trois semaines et sont surtout destinées aux païens. Les deux premières ont déjà eu lieu et chaque fois la salle s'est trouvée trop petite pour le nombre des auditeurs. Outre les chrétiens, une centaine de païens sont venus à la première conférence et 150 environ à la seconde.

    COCHINCHINE ORIENTALE.

    A la fin du mois d'août, le P. Louison se rendait à Dakkona, accompagné du catéchiste sauvage Noi. Arrivés à la rivière DakTokan, ils la trouvèrent considérablement grossie par les pluies et hélèrent; les habitants du village situé sur la rive opposée, nul ne répondant à leur appel, ils se décidèrent à monter dans la pirogue et la lancèrent dans le courant : mais, vers le milieu de la rivière, la barque, faisant eau de toutes parts, s'enfonça et le P. Louison fut entraîné. Il ne savait pas nager ; aussi, se voyant perdu, son dernier cri fut : Marie! Marie ! Puis il perdit connaissance. Lorsqu'il revint à lui, 150 mètres plus bas, il tenait à la main une liane de la grosseur du petit doigt et se trouvait en face d'une rive abrupte. Comme il regardait autour de lui, il aperçut un corps qui surnageait et reconnut son catéchiste. Il se disposait à lâcher la liane pour donner au malheureux une dernière absolution, lorsqu'il entendit ces mots: « Tenez bon, Père, j'arrive ». Noi arriva, en effet, et aida, non sans peine, notre confrère à escalader la rive.
    Interrogé après la délivrance, le catéchiste eut cette belle réponse : « Si le Père était mort, je serais mort aussi ».
    Rendons grâce à Marie de nous avoir gardé notre Confrère, mais admirons aussi le dévouement du sauvage, que le gouvernement français a tenu à récompenser : « Une médaille d'honneur en argent de 2e classe est accordée, à titre exceptionnel, au Sedang Noi, du village de Kon ko lak (Kontum) pour les motifs suivants : En récompense de l'acte de courage et d'abnégation qu'il a accompli en sauvant, au péril de sa vie, le P. Louison, qui se noyait dans les eaux du Tokan, région de Daklô ».

    SE-TCHOAN OCCIDENTAL.

    Le pensionnat des Franciscaines de Marie avec ses 80 élèves dépassera cette année les chiffres précédemment atteints.
    L'école des Frères Maristes a repris ses cours avec 26 internes âgés de 10 à 15 ans. Ces enfants seront le noyau des cadres sérieux pour la grande école que la Mission se propose de bâtir sur un vaste emplacement acheté à cette intention dans le meilleur quartier de la ville. L'incendie des bois de construction accumulés sur le chantier a seul retardé l'installation d'une oeuvre si importante.
    Pendant l'exercice juillet 1922-juillet 1923, l'hôpital payant catholique a soigné 3883 malades donnant un total de 60.631 journées d'hospitalisation et de 221 baptêmes d'adultes in articulo mortis.
    L'hôpital gratuit de la porte du Nord a régénéré 2319 moribonds, mendiants on détenus des prisons.
    1924/31-33
    31-33
    France et Asie
    1924
    Aucune image