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Nouvelles des missions

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    Nouvelles des missions
    TONKIN MARITIME. Evangélisation dans le district de Phongy. Malgré tout, grâces à Dieu, on prêche aux païens, j'en ai une quarantaine ici, se préparant au baptême. Et de plus, je travaille depuis quelque temps à la fondation d'un nouveau centre d'évangélisation, lequel deviendra chef-lieu de paroisse entre Phongy et le Laos. C'est dans la tribu de Halam, à 15 kilomètres en amont de Phongy, sur la rive droite du fleuve Ma, dans un site superbe. J'y ai acquis un terrain d'environ 10 hectares, limité au nord par le fleuve, à l'ouest par un torrent qui vient des montagnes, au sud par la grande route de Thanh hoa au Laos, à l'est par une jolie colline boisée ; comme ce sera un nouveau village, il faut un nom et il s'appellera Leoduc (Lourdes). L'Immaculée Conception sera la patronne. Une maison sur pilotis s'y élève pour le prêtre ; déjà quatre familles s'y sont établies ; d'autres demandent à y venir. Ce sont des Annamites ; j'ai plus confiance en eux qu'aux Muongs ; ils feront du commerce ; chaque maison aura son petit jardin ; un marché sera créé par le fait même et sera fréquenté par les Laotiens. Dans la région il y a environ 250 chrétiens, et ce chiffre ne tardera pas à tripler et à quadrupler, j'espère. Mais... ce sera long, car je n'ai point d'argent, et il faudrait 10.000 fr. ! ! Avec une telle somme je ne tarderais pas à bâtir une petite maison, et une église convenables, et en prêtant un peu aux colons annamites, le village serait vite formé, avec 40 ou 50 familles. Monseigneur m'a promis un prêtre indigène dès qu'il y aura une quinzaine de familles installées, une maison suffisante avec quelques arpents de terre. Si je pouvais achever cela, avant de mourir ! ! Et cela semble si facile ! Mais largent, enfin ce n'est pas le moment de demander ; on fera ce qu'on pourra en attendant de meilleurs jours.
    Une autre entreprise. A 40 kilomètres au sud-est de Phongy près du fleuve, est un vaste terrain d'un millier d'hectares, tout en brousse, où jadis vivaient les rois Lê ; on y trouve de belles grandes briques carrées, des stèles, de superbes étangs avec des arbres de taille colossale. Ce fut ravagé complètement lors de la révolte 1802. Mgr Mar cou fut très étonné et enchanté de tout ce que je lui écrivis à ce sujet.. il envoya copie de ma relation à M. Romanet du Caillaud. Il paraît que ce terrain était le joyau du marquisat de Van Lai Sach, car ma description ressemble à la description du pays décrit dans le travail de M. Romanet. (Lettre de M. J,-M. Martin, missionnaire à Phongy).

    KUMBAKONAM. Construction de l'église de Gangavelly. Depuis le mois de mars jusqu'à ce jour j'ai construit à Gangavelly. En arrivant ici, je pensais en avoir pour deux mois au plus, Mais je n'ai pu trouver que deux maçons, et j'ai été trois mois sans avoir un seul charpentier. Or qu'il y ait deux maçons ou qu'il y en ait huit, le travail est le même pour la surveillance, avec cette différence que dans le second cas, le travail se termine quatre fois plus vite. J'ai donc dû passer tout mon temps au soleil, même pendant les fortes chaleurs. Le résultat, c'est que j'ai maintenant à Gangavelly une belle école qui reste à crépir, mais dans laquelle on peut enseigner, et une église à moitié finie, où il reste à faire le choeur et les deux bras latéraux, car il faut savoir que toutes les églises dans l'Inde sont en forme de croix, à cause des différentes castes. A part le crépissage qui se fera plus tard, la nef principale est achevée. Après y avoir construit un autel provisoire, et l'avoir ornée avec le concours de mes chrétiens, j'y ai dit la messe pour la première fois dimanche dernier. Le contentement des fidèles était à son comble. Depuis dix ans que les fondations de leur église avaient été jetées, ils commençaient à désespérer de ne la voir jamais terminée. Aussi, après m'avoir vu au travail pendant ces quelques mois et s'être rendu compte de l'énergie qu'il m'a fallu pour mener à bien ces travaux, ils ne doutent plus de rien ; ils sont enchantés de leur Père spirituel, et comme marque de contentement et de reconnaissance, ils m'ont apporté des cadeaux, consistant en un peu de riz, des fruits et un petit mouton ; étant donné leur pauvreté, c'était un magnifique cadeau. Après les avoir remerciés, je leur dis que lorsqu'on reprendrait les travaux ici, dans un ou deux ans, j'attendais davantage de leur bonne volonté. Tous me firent les plus belles promesses. (Lettre de M, Ligeon, missionnaire à Atur).

    BIRMANIE SEPTENTRIONALE. Orphelinat chinois à. Mandalay. Ma communauté augmente toujours. J'ai maintenant une rangée de 200 orphelins à nourrir, à habiller, à instruire. Les bonnes Soeurs Franciscaines missionnaires de Marie sont d'un grand secours pour les jeunes filles et notre groupe de veuves ; de fait, elles sont indispensables ; mais je trouve que, pour les garçons, mes efforts sont insuffisants.
    Je rêve d'avoir une colonie de frères de Saint Gabriel, ou de Salésiens, disciples de D. Bosco, pour prendre charge de ma grande famille de garçons. Ils auraient des annexes pour l'éducation et la formation industrielles. Le champ serait largement ouvert devant eux, ils établiraient ainsi une des plus belles ouvres de toute la Birmanie. Je fais des recherches dans ce but.
    J'ai parlé de la chose à Mgr Foulquier, qui approuve, pourvu que je me débrouille tout seul, et que la Mission n'ait pas à débourser. La pauvre Mission ne peut pas aider ; elle possède à peine ce qu'il faut pour maintenir son personnel. Mais la bonne et douce Providence qui nous a nourris et fait croître depuis 24 ans ne nous abandonnera pas.
    Plus j'y réfléchis et plus je trouve cette action divine merveilleuse ! Comment pendant cette longue période avons-nous eu le nécessaire, malgré le manque de ressources régulières et l'augmentation incessante de notre budget des dépenses ?.. Dieu seul le sait !
    La construction de ma nouvelle église continue ; mais j'ai peur d'être obligé d'arrêter les travaux pour quelque temps. Le ciment est trois fois plus cher qu'il n'était en 1914. Et il men faudrait encore environ 400 tonneaux. Le bon Dieu y pourvoira.
    Dans le régiment de travailleurs qui est parti de la Birmanie pour l'Europe, il y a une vingtaine de catholiques, et parmi eux quelques-uns de mes anciens enfants. J'ai aussi trois orphelins partis comme soldats pour la Mésopotamie ou l'Afrique. J'espère qu'ils nous reviendront plus catholiques que jamais. (Lettre de M. J.-L. Lafon, 17 août 1917).

    SETCHOAN. Evêque et missionnaires décorés. Obus sur l'hôpital catholique. Mgr Rouchouse, le P. Ambroise, de la Mission du Setchoan occidental, et les PP. Galibert, Pierrel et Garrel, de la Mission du Setchoan méridional, ont reçu du Gouvernement Chinois la décoration de l'Epi.
    Un délégué du Président de la République chinoise est venu offrir un p'iert1 à l'hôpital catholique de Tchongkin, en remerciement des soins donnés aux soldats blessés lors des événements de l'an passé.
    Pendant la bataille qui a eu lieu sous les murs de Tchentou, des obus sont tombés sur l'hôpital catholique.
    L'un d'eux vint éclater dans une chambre voisine de celle où était couché le P. Rousseau très malade, son domestique fut légèrement blessé. A l'hôpital quatre personnes furent atteintes, deux furent tuées net, une autre est morte des suites de ses blessures. La Mère Laure faillit être tuée par une balle, qui traversa ses vêtements et perça les deux jambes d'un malade qu'elle pansait.

    1. Tablettc avec inscription honorifique.

    Pendant ces jours, les établissements de la Mission ont donné refuge à des milliers de personnes, dont les maisons étaient incendiées.

    NOS GRAVURES

    Nous continuons de donner le portrait de nos missionnaires tués à l'ennemi :
    M. VIALA1, un de nos aspirants, originaire du diocèse de Mende, tué en 1914.
    M. ROUZEYRE 2, également un de nos aspirants et aussi du diocèse de Mende, tué en 1914.
    M. LAURENT3, originaire du diocèse d'Arras, missionnaire à Malacca depuis 1908, tué en 1916.
    M. CAVAIGNAC4, originaire du diocèse de Rodez, missionnaire à Nagasaki depuis 1901, tué en 1917.

    1917/331-334
    331-334
    France et Asie
    1917
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