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Nouvelles des missions

Nouvelles des Missions CANTON. Arrivée et réception de Mgr de Guébriant. Par un acte du 28 avril 1916, le Saint Siège transféra Mgr de Guébriant du Vicariat apostolique du Kien-tchang qu'il dirigeait depuis 1910 à celui de Canton.
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    Nouvelles des Missions
    CANTON. Arrivée et réception de Mgr de Guébriant.
    Par un acte du 28 avril 1916, le Saint Siège transféra Mgr de Guébriant du Vicariat apostolique du Kien-tchang qu'il dirigeait depuis 1910 à celui de Canton.
    C'était demander à l'apôtre un douloureux sacrifice, et il ne fallut rien moins que l'ordre du Saint Père pour le décider à s'arracher à l'affection de ses confrères et des chrétiens du Kien-tchang. Ce que l'on a enfanté dans la douleur et les larmes tient fortement à coeur. Mgr de Guébriant arriva à Hong-kong le 3 février.
    Après quelques jours passés dans le calme de la retraite, le moment de prendre possession de son nouveau poste fut fixé au lundi 12 février à 3 h. de l'après-midi.
    Les chrétiens de Canton se cotisèrent généreusement pour coopérer à la réception du prélat, et à l'ornementation de la cathédrale et des divers établissements de la Mission. Sur les tours de la cathédrale flottaient les drapeaux chinois et français. L'évêché arborait également les drapeaux des deux Républiques. Le parvis de la cathédrale ainsi que les trois entrées étaient ornés des écussons portant les armoiries du nouvel évêque de Canton, surmontées des drapeaux de nos différents alliés. La devise de Mgr de Guébriant ne dément point celle de ses ancêtres : Vince in bono. Le bon combat est préconisé. On se reposera plus tard, lorsque Dieu aura donné la victoire.

    MAI JUIN 1917, N° 115.

    L'ornementation intérieure de la cathédrale était très belle. Partout des drapeaux et des oriflammes. Des banderoles réunissaient les différents piliers. Des fleurs, à profusion, tout le long de l'allée centrale. L'autel majeur, paré de ses ornements de fête, resplendissait de lumière.
    Le nouveau trône épiscopal, offert par la communauté chrétienne, témoigne d'un fort bon goût : le sculpteur chinois a su éviter de tomber dans les exagérations ornementales que l'on regrette souvent de trouver dans les travaux des Célestes.
    Vers 2 heures de l'après-midi, Mgr Rayssac, Vicaire apostolique de Swatow et administrateur du Vicariat de Canton, accompagné des missionnaires, se rendit au débarcadère de la « Hongkong Canton Macao Steamboat Company » où Mgr de Guébriant allait arriver.
    M. Beauvais, consul de France, avait délégué son chancelier.
    Aussitôt que le bateau accoste, Mgr de Guébriant apparaît ; il est salué par les accents de l'hymne national français, exécuté par la fanfare du Collège du Sacré-Cur. Après les présentations d'usage, faites très rapidement, le cortège se dirige vers la cathédrale. Les cloches sonnent à toute volée ; les quais sont noirs de monde ; la foule est attentive et obéit docilement aux ordres de l'escorte d'honneur envoyée gracieusement par les autorités chinoises.
    Vers 3 h. 1/2, le cortège fait son apparition en face de la cathédrale. D'abord la croix et les séminaristes, le clergé chinois, les missionnaires ; enfin, sous le dais porté par quatre notables chrétiens, Mgr de Guébriant, mitre en tête et crosse en main. Le cortège s'arrête à la porte principale de la cathédrale où s'accomplissent, suivant le cérémonial, les fonctions indiquées pour la prise de possession.
    Puis le cortège, au chant du Te Deum, pénètre dans l'édifice. Devant le choeur, à droite et à gauche, deux rangées de fauteuils avaient été placées. A droite, nous remarquons les consuls de France, de Russie, de Portugal, et de Hollande, ainsi que le vice-consul de Grande-Bretagne. A gauche, se tiennent les autorités chinoises. D'abord M. Tchu Kin Nam, gouverneur civil, puis M. Siao qui représentait le gouverneur militaire Lok, et M. Yin qui avait été délégué par le fou kouan. Enfin nous remarquons le tao yin Wong, le préfet de police Ouang, l'inspecteur des Douanes, Leong, chargé en outre des rapports avec les puissances étrangères. Le sous-préfet du Poun-yu, M. Tchao, se tenait à ses côtés. Derrière ces notabilités on distinguait dans l'assistance le directeur de la poste française, et les divers employés de la poste chinoise, les sympathiques docteurs de l'hôpital français, les chefs des diverses maisons de commerce, etc...
    Les différentes Communautés de religieux et de religieuses occupaient la travée de droite. Les chrétiens remplissaient toutes les autres places.
    Après la cérémonie de l'obédience, toujours si impressionnante, Sa Grandeur donne, du maître-autel, sa première bénédiction solennelle.
    Ensuite, on se rendit par groupes à la grande salle du Collège du Sacré Coeur où un modeste buffet avait été dressé. La réunion dura environ une heure.
    Le soir un feu d'artifice fut tiré devant la cathédrale, à la grande joie de tous les habitants de la ville. Une foule nombreuse remplissait la cour et débordait dans la rue avoisinante. La fanfare du collège rompait le calme de la nuit en jouant ses meilleurs morceaux.
    1917/162-163
    162-163
    France et Asie
    1917
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