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Nouvelles des Missions 1

NOUVELLES DE NOS MISSIONS
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    NOUVELLES DE NOS MISSIONS



    Jusque dans les premiers jours de 1942, les Missions d'Extrême-Orient n'avaient été qu'en partie éprouvées par la guerre, or, actuellement, on peut dire que toutes subissent directement les conséquences du conflit devenu presque mondial. L'évangélisation ne peut pas ne pas être affectée par tant de bouleversements : ruines en bien des endroits, taxes patriotiques ou arbitraires, levées d'hommes, pillages, restrictions, décrets plus ou moins contradictoires, lois nouvelles, changements de gouvernement et même de domination, etc...

    Nos confrères de l'Hindoustan ont pu donner signe de vie. C'est ainsi que nous savons que le nouveau diocèse de Bangalore s'est organisé bien vite dès après sa naissance : à la fin de 1941, toutes les activités missionnaires avaient pu être maintenues, et 35 prêtres indigènes travaillaient sur ce champ d'apostolat, de concert avec leurs confrères européens, pour la persévérance de 57.000 catholiques et la conversion de la multitude païenne au milieu de laquelle, ils vivent. Par ailleurs, plusieurs missionnaires des diocèses de Pondichéry et de Salem, en raison de leur grand âge ou de leurs infirmités, avaient dû se retirer temporairement à l'hôpital Sainte-Marthe de Bangalore, tels Mgr Morel, les PP. Bonnefond, Loyon, Chaumartin, Deltour et Mercier ; le P. Dequidt venait d'être nommé vicaire général de Pondichéry.

    En Birmanie et dans la province de Malacca, malgré le malaise créé par une levée de soldats dans les villages chrétiens, la vie apostolique était encore normale en octobre 1941, on s'adaptait aux circonstances sans trop prévoir ce qui devait arriver. Le P. Blivet achevait à Lailui (Mandalay) la construction d'un grand abri pour y réunir ses néophytes, et dans ses voyages il était heureux de se servir des petites huttes couvertes de chaume construites pour lui par ses fidèles de la brousse ; le P. Dixneuf prenait quelques jours de repos à Mandalay. Nosseigneurs Provost et Falière, chacun dans leur vicariat apostolique respectif, voyagaient comme en temps normal. Nous ignorons encore ce qui se passa dans la suite, mais un télégramme laconique nous a appris que nos confrères de Penang furent délivrés de prison à l'arrivée des troupes japonaises. Par ailleurs, Mgr Devais a télégraphié que tous les missionnaires de Malaisie sont sains et saufs.



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    Du Siam, nous ne savons rien de, plus qu'en février dernier. Quant à nos missionnaires de la partie Thaï du Laos, ils sont encore considérés comme expulsés, et c'est Mgr Pasotti, évêque italien voisin, qui a été nommé par la S. C. de la Propagande, administrateur apostolique de ce pays persécuté, l'organisation définitive au point de vue religieux étant reportée à des jours meilleurs. La région de Tharé, avec ses 13.000 catholiques, reste encore privée de tout secours religieux. Bien que la loi thaïlandaise reconnaisse le catholicisme, la cathédrale et le petit séminaire de Nong-seng ont été démolis, en haine de notre sainte religion.

    Au Cambodge, on doit subir les dommages et inconvénients de tout ou pays occupé: réquisition du grand séminaire de Phnom-penh et du collège Miche, impossibilité de correspondre avec les PP. Gatelet et Armange, qui sont tous deux dans la partie de la Mission cédée au Thaïland (région de Battambang) . Bref, malgré des inconvénients de plus d'une sorte, nos confrères continuent de tenir ; le P. Landreau est devenu professeur au petit séminaire, et le P. Thieux, presque septuagénaire, accommode ses rhumatismes aux, nécessités du ministère.



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    En Indochine proprement dite, il a fallu subir également la réquisition de plusieurs de nos établissements religieux, mais les missionnaires ont fait ensuite l'impossible pour les faire vivre quand même ailleurs sans recherche du confortable.

    Nos confrères ne se sont pas vus arrêtés dans leur travail si spécial des mouvements de jeunesse, scoutisme, J.E.C., etc., ils y font beaucoup de bien. Le P. Séminel, au micro de Radio Saigon, a parlé du rôle et de l'influence des missionnaires dans l'Empire colonial français, et sa très intéressante causerie a été reproduite par la presse. Quant au P. Tricoire, il est devenu aumônier d'un genre nouveau, « aumônier des, communistes condamnés à mort », fonction qui lui permet d'envoyer au paradis beaucoup d'ouvriers de la dernière heure.

    En Annam, Mgr Jean Sion, vicaire apostolique de Kontum, vient d'être sacré à Quinhon, le 22 avril, fête du patronage de Saint-Joseph, par S. E. Mgr Drapier, délégué apostolique en Indochine, assisté de NN. SS. Tardieu, évêque de Quinhon, et Cassaigne, évêque de Saigon. Que Notre Seigneur lui accorde beaucoup de consolations dans l'administration de cette jeune mission Moï si bien lancée par son prédécesseur, Mgr Jannin!

    A Hué, l'Institut de la Providence a été heureux de recevoir de nouveaux professeurs en la personne de confrères que les circonstances ont momentané nient éloignés de leurs missions, les PP. Figuet et Cavaillier, du Laos, Deschamps, du Siam, et Sueur, du Japon.

    Au Tonkin, l'apostolat missionnaire continue normalement, tant dans les chrétientés et les mouvements de jeunesse que dans les catéchuménats. De même qu'en Annam, les séminaires et maisons d'éducation sont partout florissants.

    Du Châu-Laos est arrivée la nouvelle d'un arrêt momentané de l'activité apostolique d'un de ses plus ardents apôtres : le P. Mironneau a été éprouvé par une terrible attaque de malaria qui faillit lui coûter la vie ; heureusement, les bons soins du docteur de Samneua et de M. le Résident de la province l'ont remis sur pied. Son Supérieur, le P. Canilhac, a eu aussi une fièvre du même genre, mais il s'est rétabli plus rapidement.

    A Thanh-hoa, le P. Barbier vient de célébrer le 50e anniversaire de son sacerdoce et de son séjour au Tonkin. Bien qu'octogénaire, il s'est certainement promis de tenir au moins jusqu'à l'arrivée de la relève si ardemment désirée de tous.



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    De Chine, les courriers de Job qui nous sont parvenus se sont trouvés mêlés à des nouvelles plus consolantes : à chaque jour suffit sa peine, la Providence sait tirer le bien du mal.

    A Hongkong, si les vies de nos confrères ont été épargnées lors des combats qui eurent lieu pendant la prise de l'île, nous avons cependant eu à déplorer une blessure assez grave du P. Emmanuel Tournier, mais il est actuellement en pleine convalescence. A Pokfulum, notre établissement de Nazareth aurait été pillé en partie.

    Nos confrères du Kwangtung souffrent de l'état actuel, c'est sûr, et ils désirent le prompt retour des jours où ils pouvaient travailler en paix à l'extension du royaume de Notre Seigneur, ils font ce qu'ils peuvent en attendant. Les PP. Fabre, Jarreau, Narbaïs et Fleury, grâce à des laissez-passer établis conformément aux règlements de l'occupant, sont allés rendre visite à leur évêque, Mgr Fourquet, à Canton ; celui-ci a fait une nouvelle ordination, le 14 septembre 1941, son clergé indigène compte donc maintenant 43 prêtres, ce qui permet les plus beaux espoirs pour l'avenir, si le zèle et l'esprit sacerdotal de ces prêtres vont de pair avec leur nombre. Malheureusement, les conversions ont subi un ralentissement visible, seulement 429 baptêmes d'adultes, de juillet 1940 à juillet 1941 : les catéchumènes se trouvent désemparés devant la continuité des bombardements, les perquisitions, les arrestations, etc., qui produisent un énervement général et un arrêt forcé dans les déplacements nécessaires.

    De Swatow, nous avons appris la maladie de Mgr Vogel, sujet à de fortes crises cardiaques, et l'impossibilité où se trouvent les missionnaires de se rendre d'une zone à l'autre. En octobre 1941, le P. Coiffard sortait guéri de l'hôpital américain de Kityang, après avoir souffert pendant deux mois d'un anthrax gangréneux dans le dos.

    Plus près du Tonkin, dans la région de Pakhoi, le blocus se faisait de plus en plus sentir, et la chrétienté de Topi, dont est chargé le P. Devos, venait d'échapper à la destruction, à la suite d'un bombardement particulièrement intense. Le P. Boulay, nommé supérieur du séminaire de Pakhoi, a permuté avec le. P. Poulhazan, démissionnaire, qui est ainsi devenu titulaire du poste de Tchoukshan, situé à proximité de Moncay (Tonkin). Le P. Cotto enregistre des succès à Limkong, grâce à une école reconnue par le gouvernement.

    Au Kwangsi, les nouvelles sont relativement bonnes en ce qui concerne Nanning : la santé de Mgr Albouy, un moment compromise, est rétablie, et le mouvement de conversions qui s'était dessiné en 1940, lors de l'occupation de la ville par les Japonais, continue. Les villes de Longtchéou et de Liuchow ont subi de très sérieux bombardements en août dernier, mais nos établissements n'ont pas été touchés, du moins directement... Dans cette province et sa voisine du nord, le Kweichow, les voyages sont moins entravés par la guerre que sur les bords de la mer de Chine, nos confrères peuvent donc missionner » presque comme en temps normal ; un Père Jésuite de Shanghaï, le P. de Breuvery, par amour de la science, a même pu se rendre de Fort Bayard à Kweiyang, puis de Kweiyang à Hongkong via Kweilin, mais les aventures, risques et fatigues, ne lui ont pas fait défaut.

    Nos confrères du Vicariat apostolique de Lanlong peuvent travailler, eux aussi, malgré la fièvre qui visite toujours l'un ou l'autre d'entre eux ; c'est ainsi que le P. Mourgue a dû aller se soigner à Anlung même, chez son évêque.

    Au Yunnan, la capitale, Kunming (Yunnanfou pour les non-initiés), continue d'être soumise à de fréquentes alertes et à des bombardements répétés, sans grand dommage, jusqu'ici, pour nos établissements catholiques. Le petit séminaire, bien que situé à 8 kilomètres de la ville, a été réquisitionné par l'Ecole d'aviation ; on a alors aménagé des paillotes qui, adossées au mur d'enceinte, servent à abriter les séminaristes ; le P. Destaillats, Supérieur, a vu sa santé de nouveau gravement compromise, mais son énergie a eu encore une fois raison de la maladie. Malheureusement, il n'en a pas été de même pour l'évêque de Yunnanfou, dont le P. Michel, provicaire, vient de nous télégraphier le décès : Mgr Larregain est mort d'une paratyphoïde, le 2 mai.

    Au Setchoan également, les bombardements sont toujours très fréquents, et les alertes encore plus, la santé de Mgr Rouchouse, évêque de Chengtu, s'en ressentit pendant quelque temps ; en vingt-cinq ans d'épiscopat (19161941). Son Excellence a ordonné 56 prêtres chinois, parmi lesquels on compte Mgr Fabien Yû, Vicaire apostolique de Kiating. A Paoning, le P. Eymard l'a échappé belle : en son absence une bombe, tombée dans la cour de sa résidence, a fait crouler une partie des bâtiments.

    A Suifu, Mgr Renault a subi, lui aussi une fatigue très accentuée, due sans doute aux alertes presque continuelles ; il y en avait eu dix-neuf de jour et quatre de nuit pendant le seul mois d'août, et chacune d'elles avait duré un minimum de neuf heures.

    Chungking continue à payer cher l'honneur d'abriter le gouvernement chinois, mais il ne doit pas rester grande chose à détruire dans les établissements et résidences de nos confrères, les ruines étant déjà à peu près complètes précédemment.

    Dans les Marches thibétaines, on ne souffre encore qu'indirectement de la guerre, vie excessivement chère et approvisionnement des plus difficiles. Les restes du regretté P. Nussbaum, tué à Pamé, le 17 septembre 1940, reposent depuis le 24 juin 1941 à Yerkalo (Thibet) , au milieu des fidèles et catéchumènes pour lesquels il a tant et si vaillamment souffert. Son successeur, le P. Burdin a, lui aussi, des difficultés avec les lamas et les autorités provinciales.



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    Les nouvelles de Corée, de Mandchourie et du Japon sont toujours des plus succinctes. Nous avons appris qu'à la fin de 1940, les catholiques coréens étaient au nombre de 183.362, soit 6.325 de plus que l'année précédente ; le district de Séoul comptait à lui seul 14.626 chrétiens. Les obstacles de toutes sortes ne font cependant pas défaut : réquisitions, rationnement, travaux obligatoires, prestations, souscriptions, bref, toute une série d'ordonnances et de défenses à faire perdre la tête à de pauvres gens.

    Nous ne savons rien de nouveau sur nos chrétientés de Mandchourie.

    Par nos confrères qui travaillent au Japon, nous avons appris seulement quelques détails concernant les derniers moments du P. Lafon (85 ans), mort à Tokio, le 10 août 1941, à la suite d'une crise d'urémie, et du P. Lemoine (71 ans), décédé le même jour, à Yokohama, chez les Franciscaines Missionnaires de Marie.



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    Au moment de mettre sous presse nous arrive une pénible nouvelle : S. E. Mgr Jantzen, évêque de Chungking (Chine), vient d'être blessé, mais heureusement, pas très grièvement ; les agresseurs étaient des voleurs chinois. L'enquête prescrite par le gouvernement chinois a amené leur arrestation.


    1942/56-60
    56-60
    1942
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