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Nouvelles des Missions 1

Quelques nouvelles de nos Missions Les informations qui nous parviennent sur nos confrères et nos oeuvres de mission ne sont toujours ni fréquentes ni détaillées. Voici celles que nous avons reçues dans le courant de l'été. Les sept missionnaires demeurés à Hongkong depuis l'occupation de l'île par les troupes japonaises sont les PP. Vircondelet, Biotteau, Bos, Tournier, Favreau, Morel et Ghaye. Tous les autres se trouvent actuellement en Indochine.
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    Quelques nouvelles de nos Missions





    Les informations qui nous parviennent sur nos confrères et nos oeuvres de mission ne sont toujours ni fréquentes ni détaillées. Voici celles que nous avons reçues dans le courant de l'été.



    Les sept missionnaires demeurés à Hongkong depuis l'occupation de l'île par les troupes japonaises sont les PP. Vircondelet, Biotteau, Bos, Tournier, Favreau, Morel et Ghaye. Tous les autres se trouvent actuellement en Indochine.



    Nous savons par ailleurs que nos dévoués procureurs de Shanghai (P. Gerey), Saigon (P. Moreau) et Singapore (P. Ouillon) vont bien. Le P. François Quéguiner, précédemment professeur au Collège de la Providence a Hué, a été cédé temporairement par Mgr Lemasle pour le service des procures, et le P. Pagès, dont les yeux souffrent de la cataracte, tient compagnie au P. Ouillon à Singapore.



    En Malaisie, le travail d'évangélisation se continue presque normalement, et Mgr Devals et ses missionnaires sont en bonne santé. Mais nous ignorons s'il en est de même en Birmanie et au Thaïland ; nous avons seulement appris que l'évêque italien de Ratjaburi, Mgr Pasotti, a visité la partie siamoise de la Mission du Laos, région d'où nos confrères restent expulsés, et qu'il n'a pas obtenu l'autorisation de reconstruire les édifices du culte et résidences détruites : il n'y aurait donc pas grand changement dans le régime de persécution inauguré au Laos siamois depuis trois ans.



    Par contre, dans la partie française de l'Indochine, le catholicisme continue d'être respecté et les oeuvres paraissent fonctionner normalement. A Saigon, le P. Alexandre David a été nommé supérieur du petit séminaire, et à Quinhon, le P. Piquet, devenu provicaire depuis la nomination de Mgr Sion comme évêque de la Mission de Kontum, a pris en cette qualité la direction du Vicariat apostolique à la mort de Mgr Tardieu. Au Laos, Mgr Gouin, dont la santé a été ébranlée depuis quelque temps, a donné sa démission, et c'est également son provicaire, le P. Thibaud, qui dirige le Vicariat en attendant la nomination du nouvel évêque.




    ***



    Nos confrères de Chine tiennent toujours courageusement et avec confiance dans l'avenir, malgré les pénibles épreuves dont souffrent certaines missions.



    A Pakhoï, l'évêché a été démoli en partie par un bombardement le 18 février dernier, mais heureusement Mgr Deswazière n'a été que légèrement blessé.



    De Nanning, Mgr Albouy, par suite de plusieurs infirmités, a dû se rendre au Tonkin pour se soigner, et il s'y trouve peut-être encore.



    Le Vicariat apostolique de Kweiyang a perdu, comme on le sait, son chef en la personne de Mgr Seguin. Le vénéré prélat s'est éteint le 11 septembre 1942 au petit séminaire de Lou-tchong-koan, où il vivait retiré depuis deux ans. La retraite pastorale des Pères chinois venait de prendre fin, aussi une quarantaine de prêtres étaient-ils présents aux obsèques, délicate attention de la Providence envers le vieil évêque qui avait tant travaillé au développement du clergé indigène. Ce clergé s'est encore accru de deux unités en janvier 1943 à la suite d'une ordination faite par Mgr Larrart, successeur de Mgr Seguin, et il y a bon espoir que les années prochaines apporteront une augmentation notable dans ses rangs, car plus de cent élèves étudient dans les petit et grand séminaires de la Mission, restés ouverts jusqu'à aujourd'hui, à l'encontre de ce qui est arrivé dans les Vicariats voisins. L'ancien supérieur du grand séminaire, le P. Fayet (71 ans), tient bon malgré ses rhumatismes, mais le P. Bras (66 ans), dont la carrière apostolique a été entièrement consacrée à la formation des jeunes clercs, a vu sa santé s'affaiblir progressivement. Le P. Harostéguy, longtemps procureur à Kweiyang, malade lui aussi, n'est plus capable de travailler avec profit Tous les autres confrères paraissent jouir d'une santé normale.



    C'est de Swatow que nous avons reçu les nouvelles les plus détaillées. Elles sont de février 1943 et assez rassurantes dans leur ensemble sur le sort des missionnaires, bien que ceux-ci soient séparés les uns des autres par des zones de guerre semblables à celles de France depuis l'armistice.



    Mgr Vogel avait été assez gravement indisposé dans le courant de 1942, mais il va bien maintenant. Le P. Rey (77 ans) a été éprouvé pendant plusieurs mois par une légère entérite ; il a eu l'avantage d'avoir pour le soigner l'excellent Samaritain qu'est le P. Marie, ancien supérieur du sanatorium de Béthanie à Hongkong. Le P. Veaux (74 ans) a la cataracte et ses jambes lui refusent peu à peu leurs services ; son vicaire, le jeune P. François, se dévoue pour lui adoucir ses souffrances. Les PP. Le Corre, provicaire (70 ans), et Pencolé (68 ans), ont la résistance des chênes de leur pays breton, aussi continuent-ils à travailler comme au temps de leur jeunesse apostolique. Le P. Constancis (64 ans), par suite de crises hépatiques, a une santé plus chancelante, mais cela ne lui fait pas perdre sa bonne humeur. Le P. Favre (65 ans) est bien remis d'une sérieuse broncho-pneumonie dont il a souffert l'année dernière ; ni lui, ni son vicaire, le P. Plouvier, ne paraissent souffrir des restrictions. Le P. Coiffard (58 ans) a toujours bonne santé, mais sa vue ne s'améliore pas. Quant aux moins de 50 ans, ils vont tous assez bien, même le P. Guesdon, arrêté quelque temps en 1942 et qui s'occupe d'une petite chrétienté depuis lors. Le P. Waguette vit en trappiste dans ses montagnes, ainsi que le P. Marie, et tous deux s'accommodent bien du régime. Le P. Ginestet a eu l'amertume de voir, en 1941, se fermer le petit séminaire où il était professeur, il s'en est consolé en allant travailler dans une partie du district du P. Coiffard. Partout le coût de la vie augmente graduellement : le riz est à 20 fr. le kilo, le porc à 60 fr. et la patate douce à 5 fr., ce qui est très cher pour le pays, surtout en comparaison des prix du début de la guerre : le riz était alors à vingt sous et le reste en proportion. Mais Dieu ne laissera pas ses missionnaires manquer du nécessaire, et c'est pourquoi ils continuent de travailler avec confiance.



    Du lointain Thibet, le pays le moins touché par la guerre, nous est parvenue une mauvaise nouvelle. Le P. Goré (60 ans), Vicaire délégué de la partie de la Mission située dans les Marches thibétaines du Yunnan, a eu une syncope en distribuant la Sainte Communion à la messe de minuit, le 25 décembre 1942 ; tombé sur le marchepied de l'autel, il fut emporté aussitôt sur son lit. Il s'est remis peu à peu depuis lors, mais à l'avenir il devra prendre les précautions nécessaires pour qu'un pareil accident ne se renouvelle pas.







    ***







    Au séminaire de la rue du Bac, la communauté était à peine en vacances à la fin de juin que s'ouvrait la retraite pastorale pour nos jeunes « partants » dispersés dans les différents diocèses de France. Six seulement, les PP. Catel, Narbaïtz, Galant, Pezeu, Bradfer et Déchamboux, avaient été empêchés de répondre à l'appel de notre vénéré Supérieur général ; ils ont dû d'autant plus regretter leur abstention forcée qu'ils apprirent ensuite combien substantielles et pratiques avaient été les instructions du prédicateur de la retraite, le P. Bourgeois, missionnaire de Chungking.



    Nos jeunes missionnaires en instance de départ sont aujourd'hui au nombre de soixante-treize. Ils se dévouent à divers ministères et sont heureux de pouvoir rendre service, mais ils appellent de leurs voeux le jour où ils pourront enfin partir ad gentes et correspondre ainsi à leur véritable vocation apostolique. D'autre part, leur arrivée est vivement désirée dans les missions qui leur sont destinées. Espérons que l'année 1944 verra la réalisation de ces désirs.







    J C.













    1943/351-352
    351-352
    1943
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