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Notice sur la province du Kouang-Si 1

Notice sur la province du Kouang-Si PAR LE P. RENAULT pro préfet apostolique Le pays Le Kouang-si fait partie de la vice-royauté des deux Kouangs, cest-à-dire Kouang-tong et Kouang-si. Limites. Cette province est bornée au Nord Ouest par le Kouy-tcheou, au Nord Est par le Hounan, au Sud Est par le Kouang-tong, au Sud Ouest par le Tonkin, à lOuest par le Yun-nan. Sa capitale est Kouy-lin-fou, située à lextrémité Nord Est de la province.
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    Notice sur la province du Kouang-Si

    PAR LE P. RENAULT

    pro préfet apostolique

    Le pays

    Le Kouang-si fait partie de la vice-royauté des deux Kouangs, cest-à-dire Kouang-tong et Kouang-si.
    Limites. Cette province est bornée au Nord Ouest par le Kouy-tcheou, au Nord Est par le Hounan, au Sud Est par le Kouang-tong, au Sud Ouest par le Tonkin, à lOuest par le Yun-nan. Sa capitale est Kouy-lin-fou, située à lextrémité Nord Est de la province.
    Situation. Le Kouang-si sétend du 22° 12 au 26° 20 de latitude Nord et du 103° 55 au 109° 40 de longitude Est.
    Superficie. La superficie approximative de la province est de 201,640 kilomètres carrés; les Chinois estiment à 1.120 ly létendue de lEst à lOuest, et à 800 ly létendue du Nord au Sud. (Le ly chinois est généralement évalué à 360 pas ou 600 mètres, mais il varie selon les pays.)
    Cette province na pas toujours été aussi étendue: avant la conquête de la partie méridionale par le fameux général Ma-Yuen, autrement dit Ma-Fou-Po, en la première année de lère chrétienne, toute la région située au-dessous des préfectures de Kin-yuen-fou et de Liou-tcheou-fou faisait partie de lAnnam, antre autres les préfectures de Nan-ning-fou et de Tay-ping-fou.
    Climat. Sauf les régions situées au sud et limitrophes du Tonkin, où les chaleurs sont excessives de mai à septembre, puisque le thermomètre dépasse parfois 38°, le climat est assez tempéré; mais les changements brusques de température et linsalubrité des eaux occasionnent de nombreuses maladies, surtout la dysenterie, les fièvres pernicieuses, le choléra.
    Dans le sud du Kouang-si en particulier, comme aussi vers la région de Pe-se et au delà jusquà la frontière du Kouy-tcheou, la chaleur et lhumidité engendrent ces mêmes maladies qui, chaque année, de juillet à octobre, font de nombreuses victimes, surtout parmi les étrangers nayant pas la précaution de suivre les règles toutes spéciales dhygiène, négligeant de filtrer les eaux, ou encore mieux, de les faire bouillir.
    Dans la partie Nord Ouest, en la sous-préfecture de Sy-lin-hien, dépendant de la préfecture de Se-tchen-fou, se trouve toute une région où la plupart des habitants, hommes et femmes sont goitreux, ce que les uns attribuent à leau, dautres au sol excessivement calcaire; ailleurs on rencontre bien aussi des cas de goitres, mais ce sont des cas isolés, et rares.
    Dans cette partie le froid est assez intense en hiver; vers le Sud, dans la région avoisinant le Tonkin, il est rare que le thermomètre descende au-dessous de 3°; cependant on la vu à zéro. Dans les montagnes limitant le Kouang-si et le Tonkin, chaque année on trouve la neige, mais non en permanence, et la glace aux cimes des montagnes.
    Description physique. Toute la région du Kouang-si est montagneuse, surtout dans les parties septentrionales et occidentales: de hautes montagnes la séparent aussi du Tonkin et du Yun-nan vers le Sud et le Sud-Ouest. Toutefois, en règle générale, sauf pour cette partie qui la sépare du Tonkin, ce ne sont pas des chaînes de montagnes continues, mais une succession de rangées de collines entre lesquelles souvrent des vallées étroites se rattachant les unes aux autres par des angles brusques; on rencontre cependant de vastes plaines très fertiles et bien cultivées où l'on récolte le riz en abondance, ce qui a valu au Kouang-si, ou du moins à certaines régions du Kouang si, le nom de grenier du Kouang-tong. L'élévation moyenne des hauteurs est de 500 à 800 mètres au-dessus du lit des rivières.
    Toutes ces montagnes sont orientées du Sud Ouest au Nord-Est. Des deux côtés de ces montagnes les cours d'eau sont souvent navigables presque jusqu'à leur source. Les bateliers conduisent leurs jonques chargées jusqu'au cur des montagnes, les déchargent et font transporter les marchandises à dos d'hommes sur l'autre versant, jusqu'au point où ils peuvent les remettre à l'eau.
    Une chaîne granitique sépare le Kouang-si du Kouang-tong, prenant naissance au Tonkin ; elle suit la direction générale, coupe la branche inférieure du Si-kiang et allant vers le Nord Est, est traversée en aval de Siun-tcheou-fou (Kouy-ping) par la branche médiane du Si-kiang, qui s'y est frayée une large brèche.
    Dans sa partie voisine du Tonkin, elle porte le nom de chaîne des cent mille monts, à cause de ses nombreux pics, entre lesquels des défilés laissent un passage libre. Une autre chaîne qui lui est parallèle, coupe le Si-kiang à Ou-tcheou-fou.
    La ville de Nan-ning-fou, qui, par sa position sur le Si-kiang, est appelée à devenir très prochainement un centre de commerce très important semble partager, d'après le capitaine de Fleurac, le Kouang-si en deux parties bien distinctes au point de vue géologique : à l'Ouest le calcaire, les fissures profondes ; à l'Est l'argile et les mamelons arrondis.
    Les montagnes du Kouang-si sont pour les trois quarts incultes; les forêts qui les ont couvertes autrefois, ont complètement disparu, surtout à la grande rébellion des Tay-ping.
    J'ai dit plus haut que le Kouang-si était surnommé le « grenier de Kouang-tong ».
    Chaque année, en effet, grâce aux facilités de transport que fournissent le Si-kiang et ses nombreux affluents, on exporte une quantité considérable de riz, des environs de Yo-lin-tcheou, la partie la plus riche, vers le Sud, comme aussi de la région de Siun-tcheou-fou et de Kony-hien.
    Les environs de Liou-tcheou-fou et la région Nord-Est, du côté de Ping-lo-fou, et même Kouy-lin-fou, envoient aussi beaucoup de riz à Ou-tcheou-fou et de là à Canton, mais surtout des bois de sapin, comme nous le dirons.

    Commerce et productions

    Commerce. Le commerce, actif au Kouang-si, est presque exclusivement entre les mains des Cantonnais, peuple remuant et généralement ayant peu de sympathie pour les Européens.
    Outre le riz expédié à Canton, le Si-kiang est sillonné de nombreux radeaux qui transportent des bois de construction, provenant surtout du sud-est du Kouy-tcheou et du nord de Liou-tcheou-fou, où sont de magnifiques forêts de sapin. Ces bois, ainsi que ceux, moins nombreux venant du nord-est, du côté de Kouy-lin-fou, par le Fou-ho qui rejoint le Si-kiang à Ou-tcheou-fou, descendent à Canton; d'autres, à leur arrivée à Siun-tcheou-fou, remontent jusqu'à Nan-ning-fou où ils sont vendus sur place ou expédiés à Long-tcheou.
    Il est vrai qu'en dehors du riz et des bois, le commerce d'exportation vers Ou-tcheou et Canton ne consiste guère qu'en sucre brut, produit de la canne à sucre cultivée en certaines régions, en huile d'arachides et en tourteaux d'arachides destinés à faire des engrais et enfin en peaux de buffles, sans toutefois oublier les volailles, poules, canards, pigeons, plumes et duvet, ainsi que le papier chinois fabriqué dans le pays, et les pétards dont l'usage est si répandu en Chine et dont Nan-ning-fou semble être un des principaux centres de fabrications.
    Dans le Nord Ouest il y a bien la culture du sésame et du coton, surtout sur les bords du Hong-choui-kiang qui fait la séparation du Kouang-si et du Kouy-tcheou, mais on n'en fait pas d'exportation vers les régions méridionales.
    Quant à l'opium, il vient surtout du Yun-nan, et la badiane vient de la montagne dite Pa-ko-chan non loin de Pe-se, comme aussi bon nombre de plantes médicinales.
    Productions du Kouang-si. Outre le riz que l'on récolte en abondance en certaines régions et en particulier dans les arrondissements de Yo-lin-tcheou, Liou-tcheou-fou, Kouy-lin-fou, etc., on trouve le maïs presque partout; on cultive aussi beaucoup la canne à sucre, surtout dans le bassin du Si-kiang, puis l'arachide dont on extrait l'huile qui sert à la préparation des mets et à l'éclairage, le coton dans la région du Nord Ouest, surtout sur les rives du Hong-choui-kiang, l'indigo pour la teinture, les patates, le sorgho, le sarrasin, le millet, le froment, le sésame mais en moindre quantité; on plante aussi beaucoup de tabac surtout en certaines régions, ainsi que l'arbre à thé, le manioc, l'ortie blanche (ou ramie) et le camélia dont on fait une huile assez bonne.
    Quant au pavot on en cultive peu : c'est surtout le long des rives du Si-kiang en remontant vers Pé-sé que l'on en trouve quelques champs alternant avec des plantations de froment. On peut signaler en passant la culture du mûrier si utile pour l'élevage des vers à soie, cette culture est encore assez restreinte.
    Le ricin pousse très bien au Kouang-si, mais il n'est pas l'objet d'une culture spéciale.
    Quant au bétel, ce n'est guère que dans les environs de Long-tcheou, à la frontière du Tonkin, qu'on le rencontre; dans les montagnes qui forment cette frontière on trouve le cunao, ou faux gambier, c'est un gros tubercule du volume de l'igname qui abonde dans la partie sud, il fournit une couleur violet fauve et est employé dans la teinture bleue ou noire des étoffes de coton.
    J'ai cité plus haut comme productions alimentaires: le riz, le maïs, le sarrasin, le millet, le froment quoique en petite quantité, il est bon d'observer que l'on cultive plusieurs espèces de riz : d'abord le riz ordinaire et qui est la base de l'alimentation journalière et qui lui-même se divise en plusieurs espèces, selon qu'il est destiné à être planté dans les rizières inondées ou dans les terrains secs ; outre le riz blanc il y en a une autre espèce qui est noire, enfin il y a le riz glutineux qui sert surtout pour faire des gâteaux, pour la distillation ou pour obtenir une espèce de vin doux et sucré dont les Chinois sont amateurs.
    Mentionnons encore parmi les légumes, le chou vert chinois, le chou pommé (wongnga-pak, disent les Cantonnais), les navet, la sagittaire, l'aubergine, plusieurs espèces de courges et de melons, des pois, des haricots longs, l'igname, la patate, mais en petite quantité, et dans la région du Nord Ouest voisine du Yun-nan et du Kouy-tcheou la pomme de terre, le dolic tubéreux et bulbeux, le taro, les lentilles, les pois chiches, et parmi les diverses espèces de pois, il faut signaler le petit pois jaune avec lequel les Chinois font une espèce de fromage blanc, qui entre pour beaucoup dans la nourriture des gens du peuple et est appelé teou-fou.
    Pour finir l'énumération des principaux produits alimentaires, nommons le sénevé (kiai-tsai) dont les feuilles entrent dans la cuisine chinoise, le céleri, l'oignon, l'ail, la ciboule, la camomille romaine (tong-hao) dont les Chinois font aussi usage comme légumes, la bette, la chicorée amère, le pourpier, la laitue, la racine de nénuphar, les jeunes pousses de bambou, le champignon, le bolet comestible appelé par les Chinois (mou-eul, oreille de bois), les germes de pois, le gingembre, le coriandre, la noix muscade comme assaisonnement et bien d'autres variétés qu'il serait fastidieux de citer.
    Arbres fruitiers. Parmi les arbres et arbustes fruitiers nous trouvons, au Kouang-si, la vigne sauvage qui donne un raisin noir acidulé et quelques plants par-ci par-là de vigne cultivée dans les jardins; puis viennent : le châtaignier, le pêcher, le prunier, le poirier, le néflier, l'arbousier, le papayer, le bibacier, l'oranger, le figuier, le grenadier, le citronnier, le pamplemoussier, le bananier, l'ananas, le goyavier, le litchi, le manguier, le palmier, le limonier, le jaquier, le fraisier sauvage, le mûrier, le noyer; dans la région Nord Ouest, la main de Bouddha mérite aussi d'être signalée ainsi qu'un fruit d'une saveur agréable nommé Wampi et que les savants désignent sous le nom de cookia punctata; un autre fruit que l'on trouve dans la région sud du Kouang-si est celui désigné sous le nom de tien-tao (pêche douce) et qui a une saveur d'un goût particulier et assez prononcé, puis vient le long-yen ou long-gan (il du dragon), autrement dit euphoria d'après Perny.
    On trouve aussi une espèce d'alizier dont le fruit rouge et acidulé sert à faire une pâte semblable à la pâte de jujube et que l'on appelle : chan-tcha-kao; c'est surtout la spécialité de Sy-long-tcheou de la préfecture de Se-tchen-fou, dans la région Nord-Ouest; le jujubier se rencontre aussi en certaines contrées. Pour terminer, quoiqu'il y ait beaucoup d'espèces encore à signaler, nommons le podocarpe qui produit le fruit dit : lo-kan-ka, si employé dans la médecine chinoise et que l'on trouve principalement aux environs de Kouy-lin-fou.
    Bois de constructions. Parmi les bois de constructions, citons le pin, le sapin, l'érable, l'ébène, une espèce de chêne, le camphrier, le bois de fer, le teck, une espèce d'acajou et beaucoup d'autres bois divers et précieux dont le nom chinois seul est connu, mais on ne trouve pas de forêts proprement dites au Kouang-si.
    Arbres autres que ceux employés aux constructions. Outre ces bois employés surtout pour les constructions, on rencontre beaucoup d'arbres qui servent à d'autres usages, tels que l'arbre surnommé mûrier à papier et dont l'écorce sert à fabriquer le papier chinois mince, l'arbre à coton, ainsi nommé à cause d'une espèce de coton qui succède à ses fleurs rouges, le bois de campêche, l'abrasin dont la noix fournit une huile siccative, employée pour la peinture des bâtiments, le savonnier dont la gousse sert à laver le linge en guise de savon.
    Faune. Mines
    Animaux. La flore et la faune du pays ne sont pas riches : les animaux domestiques sont : le porc, le cheval, le mulet, le buf, le pigeon; ajoutons encore le buffle, chien, chat, poule, canard, oie, dindes, lapin, cochon d'Inde, chèvre ; puis comme animaux sauvages, le tigre, la panthère, le loup, l'ours, le renard, le cerf, le jaguar, le daim, l'écureuil, le porc-épic, les singes, les fouines, les putois, les loutres, les cormorans. Citons aussi parmi les animaux de montagne : le pangolin à écailles qui se nourrit surtout de fourmis, et une foule de serpents entre autres le boa, le naja ou serpent à lunettes, le serpent vert, l'aspic, la vipère, et dans un ordre inférieur, les lézards et enfin les rats de grosse taille qui pullulent en ces régions, les mille pieds ou scolopendres, et les caméléons.
    Insectes. Parmi les nombreux insectes de ces pays chauds il y a surtout à signaler les moustiques dont la piqûre est si sensible et qui, en certaines régions, sont si nombreux; une espèce presque imperceptible et noire est terrible par les assauts qu'ils donnent en été.
    Enfin terminons cette sèche nomenclature en citant seulement les termites ou fourmis blanches, qui sont un véritable fléau dans ces régions méridionales par les ravages qu'elles causent dans les constructions, surtout dans celles qui, comme la plupart des maisons, reposent sur des colonnes de bois !
    Oiseaux. On peut citer le moineau, une espèce de fauvette, l'alouette, l'hirondelle, le passereau, la huppe, la pie, le corbeau, une espèce de rossignol, nommé hoa-mi et que les Chinois aiment à dresser au combat, la perdrix grise, le coq de bruyère, la caille, le tourterelle, la bécassine, la bergeronnette, les gobe-mouches, la hochequeue, le martin-pêcheur, le loriot même, une espèce de mésange, le roitelet, le faisan, l'épervier, le faucon, et nombre de canards d'eau et d'autres oiseaux aquatiques.
    Flore. La flore serait bien intéressante à étudier et elle amènerait la découverte de beaucoup des plantes utiles au point de vue médical, surtout dans les montagnes qui séparent le Kouang-si du Tonkin et généralement désignées sous le nom générique des cent mille monts.
    Mines. On trouve au Kouang-si des mines d'or, d'argent, d'étain, de charbon, de fer, d'antimoine, etc.
    Les mines d'argent jusqu'à ce jour connues et exploitées sont:
    10 Celle de la montagne Tien-pin-chan, à trois lieues au nord-ouest de la ville de Kouy-hien;
    20 Celle de la sous-préfecture de Houay-tsy-hien.
    Les mines de fer se trouvent en maints endroits, la principale est dans la sous-préfecture de Kouan-yang-hien.
    En l'année 1893, de riches commerçants s'étaient réunis pour former une société, à l'effet d'exploiter les mines d'or que l'on venait de découvrir dans les environs de Mou-chouang-hiang, Hin-gan-pin et Tchang-hin-kiang, dans la sous-préfecture de Tsang-ou-hien (Ou-tcheoufou). Depuis on n'a pas entendu dire qu'ils aient ouvert ces mines, sans doute parce qu'ils n'auront pas obtenu l'autorisation du gouverneur du Kouang-si ou qu'il leur aura posé des conditions trop onéreuses, ce qui à souvent lieu en Chine.
    Quant aux mines de charbon, c'est surtout dans les sous-préfectures de Ho-hien, de Li-fou-tchouan, de Kouan-yang vers l'Est, puis vers le marché de Na-po de la juridiction de Fong-y-tcheou, un peu au-dessous de Pe-se, dans les environs de Tchen-pien-hien à l'ouest, et enfin dans la juridiction de Tsien-long de la préfecture de Chang-se-tin, un peu vers Nan-ning et Lo-tchen-hien que l'on trouve les principales, bien qu'il y en ait un peu partout ailleurs.
    On trouve des mines d'étain dans la région de Ho-tche-tcheou au nord-ouest. Dans les environs du marché de Tchen-tsen de la sous-préfecture de Yun-ngan-tcheou, il y a des mines de charbon, d'or et de soufre; on exploite la mine d'or comme aussi une autre peu éloignée, située près du marché de Ma-lien de la sous-préfecture de Ping-nan hien, voisine de celle de Yun-ngan-tcheou.
    On signale des mines d'antimoine dans les environs de Tou-kie tcheou, et dans toute la région avoisinante au-dessus de Nan-ning-fou vers le nord-ouest; on en signale également vers Sy-lin-hien et certainement que beaucoup d'autres mines seraient vite découvertes par les Européens, même dans la région avoisinant Mong-cai non loin des marchés de Fou-long et Na-leang.
    Fleuves et Rivières.
    Hydrographie. Les nombreux cours d'eau, qui sillonnent le pays dans tous les sens et qui tous aboutissent à Ou-tcheou-fou ville frontière et qui est comme la clé du Kouang-si, facilitent les relations commerciales.
    L'artère principale du réseau hydrographique est le Si-kiang.
    Ce fleuve, qui parcourt toute la province, pénètre dans le Kouang-tong où il se jette dans la mer, près de la ville de Canton, par plusieurs embouchures.
    Le Si-kiang et ses branches principales. Le Si-kiang est formé de trois branches: on ne s'entend pas bien sur celle qui est la principale.
    A proprement parler, le Si-kiang n'est que la réunion, à Suin-tcheou fou, du Nan-kiang, dit aussi You-kiang, et du Pe-kiang.
    Le Nan-kiang, nommé You-kiang, à partir de sa jonction à 7 ou 8 lieues en amont de Nan-ning-fou avec le Si-kiang ou Tso-kiang, rivière de Long-tcheou, baigne les murs de Nan-ning-fou, de Yun-chouen, de Houen-tcheou et de Kouy-hien.
    Le Pe-kiang ou fleuve du Nord est formé lui-même par la réunion au-dessus de Ou-suen-hien et au-dessous de Sian-tcheou de deux rivières principales, le Lou-kiang et le Hong-choui-kiang.
    Le Liou-kiang, venu des montagnes du Kouy-tcheou à environ 50 kilomètres au-dessus de San-kio, point où il commence à être navigable, arrose ensuite les murs de Houay-hien, de Yong-hien, de Liou-tchen-hien et de Liou-tcheou-fou, après s'être grossi près de Liou-tchen-hien du Lou-kiang, rivière de droite, venant d'au delà de Kin-yuen-fou; au-dessous de la ville de Liou-tcheou-fou, le Liou-kiang, après un brusque coude vers l'est, reçoit sur la gauche le Yuin-fou, rivière venant de la sous-préfecture de ce nom, non loin de Kouy-lin, la capitale de la province du Kouang-si.
    Le Hong-choui-kiang qui, né dans la province du Yun-nan, grossi lui-même du Tcheng-ho et du Pa-ta-ho, arrose le nord-est du Kouang-si, en séparant à l'ouest cette province de celle du Kouy-tcheou, pour redescendre vers le sud-est en passant près du marché de Ou-ngai; il coule entre des collines de grès, hautes de 200 à 400 mètres; sa largeur est de 75 à 100 mètres à partir de Ou-ngai, il coule quelque temps directement vers le sud, puis, reprenant sa route vers le sud sud-est, va passer devant les villes de Tsien-kiang-hien et Lay-pin-hien, non loin de sa jonction avec le Liou-kiang pour former ainsi le Pe-kiang (fleuve du nord) en opposition au Nan-kiang (fleuve du sud).
    Navigabilité. La branche inférieure du Si-kiang qui passe à Nan-ning-fou et remonte à Pe-se, est accessible aux grosses jonques jusqu'à cette dernière ville qui est à environ 700 milles de Canton et à 150 mètres d'altitude. Au delà de Pe-se le fleuve est encore navigable jusqu'à Pa-ngai (Po-gai des cartes) situé à 30 milles de Pe-se au nord-ouest et dépendant du Yun-nan, qui a établi là un likin; les barques peuvent même dépasser Po-ngai et remonter jusqu'au marché de Pa-ton dépendant de Sy-lin-hien, seulement ces barques ne doivent pas caler plus de 12 pouces.
    De Pa-ngai un chemin conduit à Kouang-nan-fou et de là à la capitale du Yun-nan, tandis qu'un autre embranchement qui part de Kan-ho, un peu au delà de A-ki-sin à trois journées de Kouang-nan-fou, se dirige sur Kai-hoa-fou qu'il atteint en deux jours, pour se continuer vers Mong-tse.
    Le chemin de Kouang-nan-fou qui aboutit à Pa-ngai, pour de là atteindre Pe-se en deux jours, en passant aux marchés de Lou-fong et de Ping-hui, est celui que suivent les nombreuses caravanes qui viennent du Yun-nan, du moins de la préfecture de Kouang-nan-fou, à Pe-se, acheter des marchandises européennes en échange de l'étain et du cuivre qu'elles y apportent, tandis que de Pe-se plusieurs autres chemins conduisent au Kouy-tcheou et au Yun-nan vers Lo-pin-tcheou et Kui-tsin-fou.
    De même que la branche inférieure du Si-kiang est navigable jusqu'à Pe-se pour les grosses jonques, de même la branche supérieure, le Pe-kiang, formé comme il a été dit ci-dessus par la réunion du Liou kiang et du Hong-choui-kiang, est accessible aux grosses jonques de 30.000 livres ou 18 tonnes jusqu'à Tchang-ngan-se, autrement dit Ta-tchang-ngan, qui est un entrepôt important situé sur le fleuve au sud de la ville de Hoay-yuen-hien; au delà de Tchang-ngan-se la navigation est encore possible jusqu'à San-kio au Kouy-tcheou, mais seulement pour les sampans pouvant porter 1.000 livres chinoises ou 604 kilogrammes à la montée et le double à la descente.
    Outre ces deux artères principales, le Nan-kiang (fleuve du sud) et le Pe-kiang (fleuve du nord) qui par leur jonction à Siun-tcheou-fou forment le Si-kiang à proprement parler, lequel sert de véhicule vers Ou-tcheou-fou et Canton aux marchandises venant du nord, du centre et de l'ouest du Kouang-si, deux autres rivières qui se jettent aussi dans le Si-kiang, méritent d'être mentionnées à leur tour, ce sont:
    Le Kouy-ho, autrement dit Fou-ho, ou rivière venant du nord-est, des montagnes de Hin-ngan-hien en passant devant les villes de Kou-lin-fou, de Ping-lo-fou, siège d'une préfecture et de Tchao-pin-bien ; sa jonction avec le Si-kiang se fait à Ou-tcheou-fou; le port de cette dernière ville est surtout dans le Fou ho ou rivière de Kouy-lin, comme beaucoup l'appellent et qui est véritablement encombrée de bateaux; son cours est excessivement difficile à cause des nombreux rapides qu'on y trouve. La distance à parcourir entre Ou-tcheou-fou et Kouy-lin-fou n'est que de 300 milles environ, mais il faut à cause des nombreux obstacles qui retardent la marche, un bon nombre de jours aux grosses jonques pour remonter jusqu'à la capitale; le fleuve coule dans une assez riche vallée possédant de riches rizières du côté de Kouy-lin, mais en deçà son cours est resserré entre de hautes montagnes et le pays est, paraît-il, peu peuplé.
    De nombreux trains de bois descendent par le Fou ho, mais moins cependant que par le Pe-kiang.
    Le Fou-ho est mis en communication par un canal avec le Siang-ho qui a du reste sa source dans les mêmes montagnes de Hin-ngan, mais de petites barques peuvent seules communiquer entre les deux fleuves. Le Siang-ho est un affluent du Yang-Tse kiang où il va se jeter un peu au nord du fameux lac Tong-ting au Hou-nan après avoir traversé cette dernière province du sud-est au nord-ouest et avoir baigné les murs de Tsuen-tcheou au Kouang-si, puis ceux de Yong-tcheou-fou et de Tchang-cha-fou, capitale du Hou-nan.
    Ainsi donc, par le moyen de ce canal qui réunit le Fai-ho au Siang-ho, le Kouang-si peut être en communication directe avec la vallée du Yang-tse.
    (A suivre.)
    1901/247-256
    247-256
    Chine
    1901
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