Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Nos missions dans l'Indochine occidentale.

Nos missions dans l'Indochine occidentale SIAM, PRESQU'ILE DE MALACCA, BIRMANIE MÉRIDIONALE ET BIRMANIE SEPTENTRIONALE On peut comprendre sous le nom d'IndoChine occidentale tous les pays qui s'étendent depuis Malacca jusqu'au Cambodge.
Add this
    Nos missions dans l'Indochine occidentale

    SIAM, PRESQU'ILE DE MALACCA, BIRMANIE MÉRIDIONALE

    ET BIRMANIE SEPTENTRIONALE

    On peut comprendre sous le nom d'IndoChine occidentale tous les pays qui s'étendent depuis Malacca jusqu'au Cambodge.

    Dans ce territoire très vaste, la Société des Missions Etrangères possède quatre missions : le royaume de Siam qui a Bangkok pour capitale et dont le souverain, Chulalongkorn, est connu dans toutes les cours de l'Europe; la presquîle de Malacca dont la cité la plus importante, Singapore, autrefois misérable village, est aujourd'hui le centre d'un commerce très actif entre I'Occident et I'Extrême-Orient: la Birmanie méridionale avec Rangoon pour ville principale: la Birmanie septentrionale oit Mandalay, I'ancienne capitale des Alongpra, incline la tète sous la main des Anglais.

    Sauf le royaume siamois que I'on dit indépendant, sans doute parce que la France et I'Angleterre se le disputent, la Grande-Bretagne est maîtresse de tout le territoire de I'IndoChine occidentale.

    C'est à Siam que débarquèrent, dans la seconde moitié du dix-septième siècle, les premiers évêques de la Société des Missions Étrangères partis pour I'Extrême-Orient.

    Ils fondèrent: près de Juthia, I'ancienne capitale du royaume, un séminaire général où bientôt ils eurent la joie de réunir des aspirants au sacerdoce venus de la Cochinchine, du Tonkin, de la Chine, et d'où sortirent les premiers prêtres indigènes qui depuis rendirent tant de services aux jours des persécutions sanglantes. Ils furent assez habiles pour faire conclure entre la France et le Siam un traité qui nous concédait de grands avantages, et certes ce dernier pays, placé entre la Chine et l'Inde, était admirablement choisi pour devenir l'entrepôt d'un grand commerce.

    En 1687, la France était établie sur les bords du Meinam, ses soldats occupaient Bangkok, Mergui et File de Jongselang: Mgr Laneau était le conseiller toujours écouté de Phra-Naraï, et la liberté religieuse avait été plusieurs fois proclamée.

    Mais une révolution éclata brusquement- qui renversa les espérances que de si brillants débuts faisaient concevoir ; les Français furent chassés; l'évêque, fait prisonnier; le catholicisme, proscrit.

    Mgr de Cicé, de 1700 à 1727: Mgr de Quéralay, de 1727 à 1736, essayèrent de cicatriser les blessures faites à leur Vicariat; ils se heurtèrent à une malveillance générale. A force d'inaltérable patience, de services rendus et d'inépuisable générosité, ils réussirent cependant à s'attirer quelque sympathie, et Mgr Brigot recueillait le fruit de leurs travaux, lorsqu'en 1765, une invasion de Birmans vint ruiner le royaume et la mission. L'évêque fut emmené prisonnier à Rangoon, en Birmanie, avec plusieurs de ses prêtres. Il avait pu sauver du pillage quelques objets; il les vendit l'un après l'autre pour nourrir ses compagnons de captivité. Mais un jour, il chercha en vain, il ne possédait plus qu'une mauvaise soutane et un pantalon de toile; les malheureux allaient donc mourir de faim! Subitement il se souvient qu'au moment du danger il a caché dans ses vêtements son anneau épiscopal, signe béni de son alliance avec l'Eglise de Siam ; il le prend, le baise une dernière fois et le donne pour quelques boisseaux de riz; maintenant c'était bien fini; il n'avait plus rien.

    La mission de Siam l'ut longue à se remettre de ces désastres, et le dix-huitième siècle s'acheva pour elle dans un étal de langueur dont elle ne sortit, glue vers 18.ii sous l'épiscopat de Mgr. Pallegoix et sous le règne de Mongkout. Aussi lorsqu'en 1853 I'évêque vint à Rome, il apportait une lettre du souverain siamois adressée à Pie IX.

    Sa Sainteté, dit-il, en fut aussi agréablement surprise que satisfaite et se la fit lire sur-le-champ. Le roi disait qu'ayant appris par les journaux l'heureuse rentrée du Saint-Père dans la ville de Rome, il profitait du voyage de l'évêque de Mallos, son ami, pour lui offrir ses félicitations et commencer des relations amicales qu'il désirait continuer à l'avenir; qu'il avait la plus grande estime pour la religion catholique, et qu'il protégerait les chrétiens, ses sujets, d'une manière toute spéciale. « Quant au bouddhisme que je professe, ajoutait-il, il a été dénaturé par tant de fables et d'absurdités, que je suis porté à croire qu'il ne tardera pas à être anéanti. »

    Cette phrase plut fort au Saint-Père, qui s'écria : « Peut-être est-ce là une prédiction ! »

    Pie IX répondit au roi de Siam en lui envoyant, comme gage d'amitié, une précieuse mosaïque représentant une église de

    Rome

    L'évêque apportait en même temps des présents du roi de Siam à l'Empereur des Français.

    Pendant son séjour à Paris, Mgr Pallegoix fit naître dans l'esprit de Napoléon III la pensée de nouer des relations avec Siam.

    Ce n'était pas la première fois, depuis quelques années, que les missionnaires insistaient en ce sens.

    L'un d'eux, ami de P'ra-Khlang, s'était chargé, à la fin de l'année 1851, (le faire parvenir au consul de France, à Singapore, l'expression du désir manifesté par le roi de Siam d'entrer en négociation avec nous, pour assurer la garantie de stipulations internationales, dans les rapports commerciaux des deux pays. Le gouvernement français fit cette fois, chose étonnante à cette époque, un accueil favorable à ces ouvertures; mais le peu d'empressement qu'il mit ensuite à les sanctionner par l'envoi immédiat d'un négociateur, montre que sa bonne volonté se tourna vite d'un autre côté.

    Enfin, en 1856, Napoléon III envoya à Siam M. de Montigny, dont le nom est demeuré célèbre en Extrême-Orient et chaudement sympathique à tous ceux qui ont souci de notre honneur national sur ces plages lointaines.

    La nouvelle de l'arrivée du diplomate français fut saluée avec joie par le monde officiel de Bangkok. Les ministres se réunirent en conseil sous la présidence du roi et décidèrent de lui faire le meilleur accueil.

    La réception officielle, dont l'objet était la remise des portraits de l'empereur et de l'impératrice, eut lieu le 24 juillet, après une foule de messages concernant le cérémonial, que ne cessaient d'apporter pages et officiers.

    Le cortège s'organisa sur le fleuve; la place d'honneur fut réservée à l'embarcation portant les portraits des souverains français. Bonnes copies des originaux de Winterhalter, ces portraits, de grandeur naturelle, surmontés de la couronne impériale, étaient placés debout sous un dais doré, que soutenaient huit marins. Soixante rameurs, aux' vêtements écarlates, conduisaient le ballon, enrichi de dorures et plus grand que les autres.

    Venait ensuite celui de M. de Montigny, portant le P. Larnaudie, qui devait servir d'interprète, et plusieurs officiers; puis suivaient plusieurs barques dans lesquelles avaient pris place Mgr Pallegoix et d'autres officiers. Après une heure de navigation, le cortège, salué par l'artillerie siamoise, arriva au palais.

    Les portraits impériaux furent portés en cérémonie, devant l'envoyé de France et sa suite, jusqu'à la salle du trône, à travers des cours et des appartements où se trouvaient rangés des soldats de toute arme et de tout costume, siamois, laotiens, annamites, malais, cambodgiens, des éléphants de guerre, et le corps des amazones du roi, armées de sabres et de fusils.

    Selon les exigences du cérémonial siamois, le cortège dut s'arrêter quelques instants devant les portes de la salle du trône, qui s'ouvrirent bientôt, tandis que plusieurs centaines de tambours, longs et étroits, frappés par des baguettes en corne de cerf, faisaient entendre un roulement prolongé.

    Les portes de la salle ouvertes, les Français furent saisis par un spectacle aussi éblouissant qu'extraordinaire. A l'exception d'un espace assez restreint demeuré libre au milieu de l'immense galerie, le parquet était couvert par les princes du sang, les ministres et grands dignitaires du royaume, tous vêtus de longues robes de brocart d'or et couchés sur les genoux et les coudes, la tête penchée en avant, avec l'immobilité des sphinx d'Égypte. Tout au fond, vis-à-vis de la grande porte d'entrée, et dans un enfoncement de la muraille, le roi était assis sous un dais. Il était couvert de brocart d'or et de pierreries et ceignait une couronne de plus de cinquante centimètres de haut, ruisselant de pierres précieuses,et se terminant en pointe par un diamant de la grosseur d'une petite noix.

    Le silence le plus complet régnait dans cette vaste salle, où à l'exception de quelques gardes collés le long de la muraille, à droite et à gauche du trône, il n'y avait debout que les Français. Tout cet ensemble ne manquait ni d'effet ni de solennité; c'était vraiment une belle mise en scène.

    M. de Montigny s'avança seul alors vers le trône devant lequel il s'inclina trois fois, et adressa à sa Majesté un discours en français exposant l'objet de sa mission. La traduction en anglais de ce discours, lue par le P. Larnaudie, fut aussi remise au roi, qui répondit quelques paroles pleines de bienveillance rappelant que, depuis Louis XIV, aucun ambassadeur ni aucun navire de guerre français n'étaient venus à Siam, et se félicitant de voir sous son règne se renouer les - anciens liens d'amitié qui unissaient autrefois les deux pays. Il ajouta qu'il avait réuni pour cette audience les princes du sang et les grands dignitaires du royaume, afin de les présenter au plénipotentiaire français.

    On entendit ensuite le son d'une clochette, et sa Majesté disparut derrière un rideau de brocart d'or.

    Le traité fut signé le 15 août 1856; l'article 3 concernant les missionnaires et la propagation de l'Évangile était ainsi conçu :

    Les sujets français jouiront, dans toute l'étendue du royaume de Siam, de la faculté de pratiquer leur religion ouvertement et en toute liberté, et de bâtir des églises dans les endroits que l'autorité locale, après s'être concertée avec le consul de France, aura désignés comme pouvant être affectés à ces constructions.

    Les missionnaires français auront la faculté de prêcher et d'enseigner, de construire des églises, des séminaires ou écoles, des hôpitaux et autres édifices pieux, sur un point quelconque du royaume de Siam, en se conformant aux lois du pays.

    Ils voyageront en toute liberté dans toute l'étendue du royaume, pourvu qu'ils soient porteurs de lettres authentiques du consul de France, ou, en son absence, de leur évêque, revêtues du visa du gouverneur général résidant à Bangkok, clans la juridiction duquel se trouveront les provinces où ils voudront se rendre.

    Les relations entre la France et le Siam furent dès lors excellentes, et les missionnaires profitèrent de la sympathie que leur témoignaient le souverain et les grands pour étendre le. règne de Jésus-Christ. C'est alors que le Laos commença à entendre la Bonne Nouvelle, et que le P. Prodhomme jeta les bases d'une église aujourd'hui prospère. Cet état dura jusqu'en 1883. A cette époque, les Siamois poussés par l'Angleterre, envahirent nos provinces indochinoises. Après plusieurs années de patience trop longues au gré de beaucoup, après les avertissements répétés de notre intelligent et énergique ministre résident M. Pavie, la France soutint ses droits par les armes. L'amiral Humann franchit les passes du Meinam. Le Siam s'inclina : malheureusement les traités signés par M. Le Myre de Vilers et par le cabinet Bourgeois furent loin de nous donner toute satisfaction.

    Durant cette difficile période, Mgr Vey et sesmissionnaires avaient tenu une conduite d'une rare prudence. Soupçonnés par les Siamois de favoriser les entreprises françaises, ils avaient vu leurs intentions dénaturées, et plus d'une fois leurs travaux arrêtés par le mauvais vouloir des mandarins. Leurs chrétiens emprisonnés sous les plus futiles prétextes, subissaient d'évidents dénis de justice et demeuraient en butte à la malveillance de leurs compatriotes païens, surtout des fonctionnaires. L'heure n'était pas aux revendications bruyantes et actives : les missionnaires courbèrent la tète, exhortèrent leurs néophytes à la patience, en attendant des jours meilleurs.

    Ces jours sont-ils arrivés? Nous ne saurions le dire, mais nous espérons que le royaume de Siam, son roi, ses ministres et ses mandarins auront la sagesse de comprendre la situation délicate dans laquelle ils sont placés et qu'ils y conformeront leurs actes.

    L'histoire des Missions de Birmanie et de la presqu'île de Malacca est moins mouvementée.

    Cette dernière fut détachée de Siam en 1841. Mgr Courvezy qui en fut chargé, établit sa résidence à Singapore.

    Tout d'abord des tentatives furent faites par MM. Baury et Chopard pour évangéliser les îles Nicobar, elles furent infructueuses. Successeur de Mgr Courvezy, Mgr Boucho (1845-1872) tourna ses soins vers l'éducation et l'instruction des enfants. Dans cette mission formée en grande partie par des territoires anglais, par conséquent ouverte à la propagande protestante, la question de l'instruction chrétienne était capitale. Des Frères de la Doctrine chrétienne et des Darnes de Saint-Maur partirent pour la presqu'île de Malacca en décembre 1851.

    « Je fonde les plus grandes espérances sur les établissements qu'ils vont faire, écrivait Mgr Boucho, il n'y a pas de doute que sous leur puissante influence le bien ne s'opère sur une grande échelle ».

    Ces espérances devaient se réaliser. Aujourd'hui, les écoles de la mission sont comptées parmi les plus belles de l'Extrême-Orient, et chaque année de brillants succès couronnent les examens subis par les élèves devant les coin missions du gouvernement.

    En même temps, on essaya, mais sans beaucoup de résultat, l'évangélisation des sauvages Mantras; les Malais musulmans restant également récalcitrants à toute tentative d'évangélisation et les descendants des Portugais refusant de reconnaître la juridiction des vicaires apostoliques, les missionnaires exercèrent leur zèle parmi les Chinois. Les émigrants du Céleste Empire sont clans ce pays l'élément principal et incontestablement le plus sérieux de la colonisation. Débarrassés, en partie du moins, des principaux obstacles qu'ils rencontrent dans leur pays natal, ils se montrent en général, surtout s'ils sont cultivateurs, plus. accessibles que les indigènes et que les autres émigrants aux salutaires influences de l'Évangile.

    A Mgr Boucho succéda Mgr Leturdu (1872-1877) qui continua les travaux commencés et eut pour successeur Mgr Gasnier (1878).

    Pendant cet épiscopat, la situation s'est encore améliorée grâce à l'Angleterre dont les nouvelles conquêtes à l'intérieur de la presqu'île, ont permis d'installer des chrétientés.

    Aussi le chiffre des baptêmes d'adultes a-t-il augmenté : en 1880, il s'est élevé à 377; en 1885, à 915; en 1890, à 2,042; en 1896, à 2,110.

    Dans ce nombre, il faut compter quelques centaines de mourants baptisés dans les hôpitaux, mais, ainsi que le disent les missionnaires : « Si ces baptêmes n'augmentent pas le chiffre de la population chrétienne, ils font mieux, ils. Multiplient les élus du Seigneur. »

    Telle est brièvement résumée, l'histoire de la mission de la presquîle de Malacca. Depuis sa création, nous n'y voyons aucune persécution, aucun bouleversement politique, et si le développement est lent, il est continu. Un acte important du Souverain Pontife a donné à cette mission une physionomie différente. Par un bref du Io août 1888, Léon XIII a relevé l'ancien siège de Malacca et érigé en diocèse le vicariat de la presqu'île. Ce diocèse est rattaché à la province ecclésiastique de Pondichéry; la résidence de l'évêque est toujours Singapore.

    Mgr Garnier est décédé le 8 avril 1896; il a pour successeur Mgr R. M. Fée.

    Les deux missions de Birmanie ont été confiées à la Société

    des Missions Étrangères en 1855.

    Le Vicaire apostolique de la presqu'île de Malacca,

    Mgr Boucho, fut chargé de l'organiser. Il nomma supérieur, le 30 mars 1856, et sacra évêque de Ramatha Mgr Bigandet qui reçut le double titre d'administrateur de la mission du Pégu et d'Ava et de coadjuteur du Vicaire apostolique de la presquîle de Malacca.

    La population catholique était à cette époque de 3,961 fidèles, plus 1;250 soldats européens et cipayes.

    Le personnel du clergé était de : i évêque, 4 missionnaires français, 5 missionnaires italiens oblats de Marie et i italien prêtre séculier. La situation politique était alors différente dans la partie septentrionale et clans la partie méridionale: au Nord, le roi birman conservait tout son pouvoir et le paganisme toutes ses forces; au Sud que l'Angleterre venait de conquérir, le protestantisme avait toute liberté de se développer.

    Le premier soin du nouveau chef de la mission, après avoir visité son Vicariat du Sud au Nord, fut d'établir des écoles ; il installa des Frères des Écoles chrétiennes à Rangoon d'abord, à Moulmein ensuite (1860). Dès le début, ces établissements furent florissants; la première année, l'école de Rangoon compta 90 élèves et celle de Moulmein 130. Deux ans plus tard, un collège de Frères était fondé à Bassein. Les Religieuses du Bon-Pasteur s'établissaient à Rangoon et à Moulmein.

    En même temps, les missionnaires s'occupaient de l'évangélisation des Karèns ou Carians, dispersés par groupes de 4 à 5 maisons à travers les forêts du Pégu, et des Shans venus au nombre de plusieurs milliers chercher sécurité et protection sur le territoire anglais.

    En 1866, la Propagande divisa la mission de Birmanie en trois Vicariats apostoliques : Oriental, Central et Méridio-Occidental.

    Les limites et les dénominations de ces trois Vicariats furent changées par un décret du 28 juin 1870. Il y eut :

    La Birmanie orientale confiée depuis 1866 à la Société des Missions Étrangères de Milan ;

    La Birmanie septentrionale et la Birmanie méridionale qui restèrent à la Société des Missions-Étrangères de Paris.

    L'histoire de la Birmanie méridionale depuis cette époque peut se résumer en quelques mots : Progrès continus dans I'évangélisation et assez rapides, si l'on compare avec le passé.

    Dans l'éducation, les progrès se sont aussi accentués ; ils sont faciles à prouver par l'augmentation sans cesse croissante du nombre des élèves qui en 1874 était de 1,052, en 1887 de 2,653, et en.1897 de 4,188.

    La mission de Birmanie septentrionale souffrit longtemps de l'hostilité des païens, et Mgr Simon, qui succéda à Mgr Bourdon, le premier évêque, écrivait en 1888 :

    « La défiance du gouvernement birman, trop bien secondée par l'esprit jaloux des gouverneurs de provinces, empêchait tout mouvement de conversion chez les païens ; la permission de nous établir était toujours et invariablement refusée. Les années succédaient aux années, et nous ne semions jamais que dans les larmes et d'ingrats labeurs; notre terre était vraiment cette terre déserte sans voie et sans eaux de l'Écriture. Oh! Quelles ont été longues les heures de l'attente! »

    Au lendemain du départ du roi Thibaw, dont les Anglais venaient de conquérir les Etats, les missionnaires se mirent immédiatement à l'oeuvre. Grâce à la nouvelle situation qui leur était faite par les vainqueurs, ils purent explorer des régions qui jusque-là leur étaient inconnues.

    C'est dans cette mission de Birmanie septentrionale que le P. Wehinger a fondé la grande léproserie dont il a entretenu les chrétiens d'Europe dans sa très intéressante brochure : Mes enfants lépreux.

    Une des questions les plus importantes en Birmanie, est celle de l'éducation de la jeunesse.

    Aussi est-ce un des points sur lesquels se porte particulièrement l'attention des missionnaires. Cependant elle ne saurait. leur faire oublier l'évangélisation directe et plus immédiatement fructueuse des individus, des familles, des villages.

    Actuellement les conversions dans les deux missions de Birmanie s'élèvent annuellement en moyenne à environ 2,000.

    Nous terminerons cette petite étude sur nos quatre missions situées dans l'Indo-Chine occidentale en faisant connaître la situation actuelle de chacune d'elles, relativement à la population catholique, au personnel ecclésiastique et aux édifices religieux.

    La mission de Siam est administrée par I évêque vicaire apostolique ; elle compte aujourd'hui 27,000 catholiques et 83 églises ou chapelles desservies par 50 missionnaires européens, dont 12 sont spécialement consacrés à l'évangélisation du Laos, et 18 prêtres indigènes, aidés par 72 catéchistes. Le séminaire de la Mission entretient Go étudiants ecclésiastiques, et 71 écoles sont fréquentées par 3,848 élèves.

    Malacca forme un diocèse dont l'évêque réside à Singapore. On y trouve 41 églises ou chapelles, 17,636 catholiques confiés aux soins de 32 missionnaires européens, i prêtre indigène et 35 catéchistes; 3,412 enfants reçoivent l'instruction dans 58 écoles.

    Un évêque vicaire apostolique dirige la mission de Birmanie méridionale. I1 est secondé dans son travail d'évangélisation par 41 missionnaires, Io prêtres indigènes, 43 catéchistes. 11 y a, dans le vicariat, 172 églises ou chapelles fréquentées par une population catholique de 37,425 âmes ; 104 écoles suivies par 4,188 élèves; 2 séminaires avec 30 étudiants.

    Enfin la Birmanie septentrionale, la plus jeune de ces 4 missions, a une population catholique de 6,434 aimes avec 36 églises ou chapelles que desservent 22 missionnaires européens et 3 prêtres indigènes, aidés par 17 catéchistes. Le séminaire compte 34 étudiants et les 53 autres écoles 1,376 élèves. Là également, le supérieur de la mission est un vicaire apostolique.
    1898/198-209
    198-209
    Cambodge
    1898
    Aucune image