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Noces d'or de deux missionnaires M. Gourdon et M. Deux

Noces d'or de deux missionnaires M. Gourdon et M. Deux Le Courrier d'Extrême-Orient nous a apporté le récit de deux fêtes qui se sont célébrées à des centaines de lieues de distance, en l'honneur de deux missionnaires, et qui ont eu le même objet : le cinquantième anniversaire de l'ordination sacerdotale de M. F. Gourdon, missionnaire au Se-tchoan oriental, et de M. C. Deux, au Tonkin maritime.
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    Noces d'or de deux missionnaires

    M. Gourdon et M. Deux

    Le Courrier d'Extrême-Orient nous a apporté le récit de deux fêtes qui se sont célébrées à des centaines de lieues de distance, en l'honneur de deux missionnaires, et qui ont eu le même objet : le cinquantième anniversaire de l'ordination sacerdotale de M. F. Gourdon, missionnaire au Se-tchoan oriental, et de M. C. Deux, au Tonkin maritime.
    La fête en l'honneur de M. Gourdon eut lieu le 14 mai à Tchong-king. La messe fut chantée par le pieu jubilaire ; Mgr Chouvellon y assistait au trône, en chape et en mitre. Les prêtres indigènes qui venaient de clôturer leur retraite, au nombre de 42, tous revêtus du surplis, et presque tous anciens élèves du célébrant, formaient dans le sanctuaire une réunion fort imposante. Les chants exécutés par un choeur aussi nombreux, ainsi que par les élèves du grand séminaire et par les confrères présents, n'eussent pas dérogé dans une cathédrale d'Europe. L'harmonium fut tenu tour à tour par deux prêtres, MM. Luc Touan et Jacques Lieôu. Les trois nefs des hommes, aussi bien que les deux nefs destinées aux femmes, étaient remplies de fidèles comme aux plus grandes solennités.
    A l'Evangile, M. Matt. Mee prononça un prône très édifiant sur le Patronage de saint Joseph, non sans avoir payé un tribut de modestes louanges à son ancien Supérieur.
    A l'Elévation, les élèves du collège Saint-Paul avec leurs clairons et tambours ont bien réussi une sonnerie au drapeau.
    A l'issue de la messe, M. le Consul de France, à la tête de la petite colonie française, tint à honneur de venir, dans le salon du presbytère, présenter ses félicitations et ses voeux à notre digne jubilaire. Puis ce fut le tour successivement des confrères, des prêtres indigènes, des écoles de garçons en costume et des diverses sociétés chrétiennes.
    Des délégations des écoles s'organisèrent ensuite en cortège, et reconduisirent le jubilaire à l'évêché, au son des tambours et des clairons.
    La fête fut couronnée par un très beau salut du Saint-Sacrement.
    Le Jubilaire invita alors Monseigneur, avec tous les missionnaires et prêtres présents, au repas de noces d'or qu'il tenait à leur préparer, le mardi suivant, à Tsen-kia-gai, en son imprimerie.
    Tous furent fidèles au rendez-vous. A 10 h. ils purent assister, dans la cour du collège Saint-Paul contigu à l'imprimerie, à une très intéressante séance de gymnastique et d'exercices militaires, donnée par le collège lui-même et par les écoles du Tien-tchou-t'âng et du Jo-see-t'âng.
    A midi, le couvert était mis pour les 60 convives, dans une salle de travail des imprimeurs, au milieu des presses, des casses, des rouleaux, des piles de papier.
    Une jolie poésie de circonstance clôtura la fête ; nous en détachons les strophes suivantes :

    Vos saints travaux ont cinquante ans de vie.
    Nous pouvons voir leur riche floraison :
    Ce bon clergé qu'ailleurs on nous envie,
    Et tant d'écrits édités à foison.
    Voilà votre oeuvre ! Elle est vraiment splendide.
    Elle est le prix de la ténacité,
    Car sous un air souriant et placide
    Rien ne résiste à votre volonté.

    Nous célébrons votre verte vieillesse,
    Vos noces d'or, vos vertus, vos labeurs,
    Tout le Tchouan-tong tressaille d'allégresse
    Et de ses voeux vous offre les meilleurs.
    Un jour viendra croyez aux prophéties
    Dignes de foi, d'un clairvoyant rimeur :
    Les temps futurs liront aux litanies :
    Priez pour nous, saint François l'imprimeur.

    ***

    Le 30 mai, M. Deux a célébré ses noces d'or au séminaire de Phuc-nhac. A cette occasion, le vénérable jubilaire, sur la demande de son vicaire apostolique, Mgr Marcou, a reçu de S. E. le cardinal Sera fini, préfet de la Propagande, une lettre lui disant ses meilleurs voeux et lui annonçant l'envoi d'un portrait du Souverain Pontife, Benoît XV, sur lequel Sa Sainteté avait daigné écrire ces lignes :

    A notre cher fils, Claude Deux, missionnaire au Tonkin maritime, Nous envoyons de grand coeur la bénédiction apostolique à l'occasion du cinquantième anniversaire de son Ordination Sacerdotale, et Nous prions le bon Dieu de vouloir bien combler de ses grâces un missionnaire aussi pieux et aussi dévoué aux intérêts de la sainte Eglise.

    Du Vatican, le 28 mars 1916.
    BENEDICTUS P.P. XV.

    En offrant au P. Deux leurs félicitations et leurs voeux, les missionnaires du Tonkin maritime célébrèrent les principales étapes de sa longue carrière.... et même les autres, si l'on en juge par ce dernier couplet d'un poète improvisé :

    Au soir de ma vie, il est doux de voir
    Et le ciel d'antan et les jours d'enfance,
    Mais plus doux encor, voir la confiance
    Que dans mon âme berçait chaque espoir ;
    J'espère et je vois, au tout dernier soir,
    Jésus m'accueillir au Ciel la Patrie,
    Aux dons éternels, Jésus me convie ;
    Au soir de ma vie, il est doux de voir
    Jésus m'accueillir au Ciel, la Patrie !

    Le P. Deux est né le 19 mai 1843 à Saint-Just-en-Chevalet, diocèse de Lyon. Il est parti pour le Tonkin le 15 juillet 1866. Un de ses oncles maternels, le P. Charrier, missionnaire au Tonkin de 1832 à 1846, avait confessé la foi dans les prisons de Son Tay et de Hué où il était resté incarcéré pendant 17 mois.

    1916/176-178
    176-178
    France
    1916
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