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Mort au champ d'honneur

Mort au champ d'honneur M. BERGEROT. Un de nos aspirants vient d'ajouter son nom à la liste de ceux qui sont morts sur les champs de bataille : M. BERGEROT, Jean-Pierre, né le 2 mai 1893 à Ahaxe (Basses-Pyrénées), entré le 9 septembre 1910 au Séminaire des Missions Etrangères, tonsuré le 23 septembre 1911, minoré le 29 septembre 1912. Voici le petit mot que lui-même nous écrivait d'Alsace le 8 juin dernier:
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    Mort au champ d'honneur

    M. BERGEROT.

    Un de nos aspirants vient d'ajouter son nom à la liste de ceux qui sont morts sur les champs de bataille :
    M. BERGEROT, Jean-Pierre, né le 2 mai 1893 à Ahaxe (Basses-Pyrénées), entré le 9 septembre 1910 au Séminaire des Missions Etrangères, tonsuré le 23 septembre 1911, minoré le 29 septembre 1912. Voici le petit mot que lui-même nous écrivait d'Alsace le 8 juin dernier:
    « Grâce à Dieu, je suis toujours en excellente santé, toujours sur la brèche, et toujours sain et sauf. Il semble que les balles ne veulent pas de moi. C'est presque miraculeux que je ne sois pas en ce moment à moisir dans un camp d'Allemagne ; car je suis resté une demi-journée au milieu des Boches, caché dans un trou d'où je me suis évadé à la faveur de la nuit ».
    Hélas ! Les balles ont voulu de lui. Les détails sur sa mort ont été donnés à sa famille qui nous les a transmis par le sergent Chouard du 6e alpin :
    « Le matin du lundi 14 juin, nous assistions à la messe et nous avons communié. Votre fils eut même la joie de servir la messe au prêtre soldat qui officiait. Le soir, sa compagnie partit pour, passer la nuit dans les tranchées de première ligne. J'allai l'accompagner jusqu'à l'entrée du boyau. Le lendemain 15, nous devions enlever la position du Braunkopf qui nous ouvrirait la porte du village de Metzeral et de la vallée de Munster.
    « A 1 heure de l'après-midi le bombardement commença. A 3 heures, une compagnie se mit en marche dans les boyaux. A 4 h. 1/2, on nous fit dire que les chasseurs étaient déjà dans la tranchée allemande. Nous avançons. A un moment le boyau est encombré par un blessé que panse un camarade. Je crie : « Laissez-moi passer ». Et je passe sans regarder le blessé. Mais je m'entends appeler : « Chouard, c'est toi ? » Un coup de massue sur la tête ne m'aurait pas donné un tel émoi. C'est la voix de mon ami, de Bergerot, c'est Pierre qui est là, couché au fond de la tranchée. Je me précipite et je lui demande : « Où es-tu touché ? » Il me fait voir une tache de sang au côté gauche du ventre.

    1915/64-66
    64-66
    France
    1915
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