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Mort édifiante d'un chrétien

LAOS Mort édifiante d'un chrétien Lettre du P. Excoffon Missionnaire apostolique. Nong-seng, 7 juin 1923. Un des premiers chrétiens de la mission du Laos vient de mourir d'une manière si édifiante que je crois bon d'en faire connaître les circonstances. Il s'appelait Petro Chanphim, avait été bonze dans son jeune âge ; devenu chrétien, il fut toujours un modèle pour tous nos néophytes, si bien que les missionnaires l'employèrent longtemps comme catéchiste.
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    LAOS

    Mort édifiante d'un chrétien

    Lettre du P. Excoffon
    Missionnaire apostolique.

    Nong-seng, 7 juin 1923.

    Un des premiers chrétiens de la mission du Laos vient de mourir d'une manière si édifiante que je crois bon d'en faire connaître les circonstances.
    Il s'appelait Petro Chanphim, avait été bonze dans son jeune âge ; devenu chrétien, il fut toujours un modèle pour tous nos néophytes, si bien que les missionnaires l'employèrent longtemps comme catéchiste.
    Vers l'année 1895 la population païenne de toute une province le choisit comme chef ; ce que l'autorité française ratifia. Les grandeurs ne le firent point dévier et sa conduite resta toujours exemplaire.
    Voici les circonstances de sa mort :
    Un peu avant Pâques, cette année, Petro Chanphim tomba malade et ce fut avec beaucoup de peine qu'il put ce jour-là se rendre l'église pour y entendre la messe et y recevoir son Dieu. De retour chez lui il s'alita.
    Durant un mois et demi que dura sa maladie, il fut ce qu'il avait toujours été: un modèle de patience, supportant toutes ses souffrances en union avec Notre Seigneur sur la Croix, se faisant lire par ses enfants le récit de la Passion ou la Vie des Saints.
    Cette union avec Notre Seigneur s'accentua encore lorsque son curé vint lui proposer les derniers sacrements, qu'il accepta avec reconnaissance et en soumission complète à la volonté de Dieu.
    L'avant-veille de sa mort, Petro Chanphim couché sur sa natte était mourant : toute sa famille et d'autres chrétiens veillaient près de lui, car on pensait qu'il allait bientôt rendre le dernier soupir.
    Or, voici que tout à coup Petro Chanphim demande que ses enfants le soulèvent de sa couche et le tiennent debout, voulant, dit-il, adresser quelques paroles aux assistants.
    Ses enfants lui représentent respectueusement que la chose est impossible, lui disant que s'il a quelque chose à dire, ils se chargeront de le transmettre.
    Petro insista pour qu'on le soulevât de sa natte et qu'on le tînt debout, voulant parler lui-même aux personnes présentes.
    Ses enfants lui obéirent, le soulevèrent aussi délicatement que possible et le maintinrent debout, et le mourant prononça ces paroles:
    « Mes chers enfants, mes chers petits-enfants, et vous tous qui êtes ici présents, vous savez que nous sommes nés dans la religion païenne et que par la miséricorde du Bon Dieu nous avons eu le bonheur de rencontrer autrefois les RR. PP. Prodhomme et Xavier Guégo qui nous ont enseigné la véritable religion, la religion du Bon Dieu, la religion de Notre Seigneur Jésus-Christ. Or, je vais mourir, mais auparavant je tiens à vous dire à tous : Cette religion est la vraie, la seule qui conduise au Ciel, ne l'abandonnez jamais, jamais, jamais ».
    Epuisé par ces quelques mots le vieillard s'arrêta, ses enfants le remirent sur sa natte.
    Le lendemain il demanda à son fils d'écrire sur un morceau de papier les noms de Jésus, Marie, Joseph, et de lui mettre le papier dans les mains au moment où il entrerait en agonie. Le fils obéit.
    Dès que Petro Chanphim fut sur le point d'entrer en agonie, il put, bien que péniblement, prononcer encore les paroles suivantes: « Qu'on récite à mon intention la prière : Jésus, Marie, Joseph, je vous donne mon coeur, mon esprit et ma vie ». La prière était à peine terminée que l'agonisant rendait son âme à Dieu.
    1924/59-61
    59-61
    Laos
    1924
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