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Monseigneur Mossard Vicaire apostolique de la Cochinchine Occidentale 2 (Suite et Fin)

Monseigneur Mossard Vicaire apostolique de la Cochinchine Occidentale (Fin) 1 L'Union sacrée. La Victoire.
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    Monseigneur Mossard

    Vicaire apostolique de la Cochinchine Occidentale
    (Fin) 1

    L'Union sacrée. La Victoire.

    L'année suivante, Mgr Mossard fit un voyage en France où la guerre le surprit, et l'arrêta plus longtemps qu'il n'avait prévu. Retourné en Cochinchine, il y trouva comme dans la métropole l'union sacrée. Gouverneur, fonctionnaires de tous grades, conseillers coloniaux, journalistes, la pratiquaient en parfaite sincérité. Il en jouit plus que personne. Ses rapports avec le gouverneur général de l'Indo-Chine, M. Sarraut, précédemment fort bons, devinrent encore meilleurs. Celui-ci ne parlait de l'évêque de Saigon que dans des termes très élogieux.
    Malheureusement, la santé de Mgr Mossard continuait de faiblir. Il se reposa pendant quelques mois au nouveau sanatorium de Dalat, que la générosité d'un ami lui avait permis d'installer ; il se trouva mieux, revint à Saigon, retomba, mais refusa de s'avouer à bout de forces.
    Lorsque notre offensive s'annonça victorieuse, le gouverneur de la Cochinchine voulut se servir des missionnaires pour faire connaître nos succès militaires, et, selon l'heureuse expression du prélat, « associer dans tout le pays la voix de nos cloches au cri des âmes ». Il fut donc décidé, entre les administrations civile et épiscopale, que les chefs de province transmettraient les nouvelles aux prêtres désignés par l'évêque, et qu'au jour et à l'heure indiqués, ceux-ci feraient sonner les cloches et faute de cloches battre le tambour. « De cette manière, la manifestation sera simultanée dans toute la Cochinchine. Une même pensée dominera dans toutes les âmes ; un même chant s'élancera de tous les coeurs. Pour nous chrétiens, ce sera dans la contemplation du passé, du présent, dans la prière en vue de l'avenir, notre demande à Dieu de continuer sa protection à notre pays, à ceux qui sont sa force, son salut, sa gloire ».
    Enfin, se leva le grand jour du triomphe, 11 novembre 1918. Les cloches des églises de la mission sonnèrent à toutes volées ; le Te Deum fut chanté dans l'allégresse et la gratitude générales.

    1. Voir.A. M.-E., n° 437, p. 2.

    En Cochinchine comme en France, les autorités exprimèrent ensuite le désir que l'influence de l'évêque et de ses prêtres aidât à grossir le chiffre de l'emprunt. Elle y aida. Le jour de l'ouverture, on vit le gouverneur général de l'Indochine, M. Sarraut, ayant à sa droite Mgr Mossard, à sa gauche le gouverneur de Cochinchine, traverser les rues de Saigon se rendant à la banque. L'union sacrée rayonnait.

    Mort

    Mgr Mossard était heureux, mais ses forces le trahissaient, la cataracte envahissait un de ses yeux.
    Les évêques de la Cochinchine et du Cambodge l'ayant délégué à Rome pour les affaires générales de la Société des Missions Étrangères, il se prépara à partir ; il recommanda aux prières de ses prêtres « le voyageur, sur lequel l'âge et les infirmités pesaient lourdement». Le 2 janvier 1920, il s'embarqua pour la France ; au commencement de février il était à Marseille, quelques jours plus tard dans sa famille, à Dijon. Ce fut sa dernière étape.
    Brusquement, le 11 février, 21e anniversaire de sa nomination épiscopale, vers 9 heures du soir, peu de temps après être allé prendre son repos, il sentit une suffocation très forte ; il appela les siens qui accoururent, se hâtèrent de prévenir un prêtre et un médecin. Une heure plus tard le cher et vénéré malade rendait son âme à Dieu.
    Ses funérailles eurent lieu le 16 février ; elles furent solennelles, présidées par Mgr Landrieux, évêque de Dijon, entouré de tout le clergé de la ville. De Lyon Mgr Cuaz, ancien Vicaire apostolique du Laos, de Paris le P. Sy, un des directeurs du Séminaire des Missions Étrangères., de Marseille le P. Masseron, chargé de notre procure, se rendirent à la cérémonie funèbre.
    Prévenu de cette mort soudaine, M. Sarraut, devenu ministre des colonies, envoya une dépêche à la famille, lui disant ses sentiments d'estime et de sympathie pour le défunt, et ses vifs regrets. Il se fit représenter aux obsèques, ainsi que le préfet de la Côte dOr alors absent de Dijon.
    Le P. Masseron résuma éloquemment la fructueuse et belle carrière de Mgr Mossard.
    Mgr Landrieux ouvrit « pour le Vicaire apostolique de la Cochinchine occidentale mort si loin de sa mission, le caveau des évêques de Dijon, afin de lui assurer, écrivit-il, une sépulture qui honore sa mémoire et réponde à sa dignité ».

    1921/62-65
    62-65
    Vietnam
    1921
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