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Monographie de la chrétienté de Saigon 2 (Suite et Fin)

ANNALES DE LA Société des Missions Etrangères SOMMAIRE
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    ANNALES
    DE LA

    Société des Missions Etrangères

    SOMMAIRE

    Cochinchine Occidentale : ETAT DE LA MISSION. — MONOGRAPHIE DE LA PAROISSE DE SAIGON, par M. Soullard (fin). — Cochinchine septentrionale : CONFESSEURS DE LA FOI DE 1848 à 1862, par M. Beinard (suite). — FABLES INDIENNES. — Swatow : LE DISTRICT DE KAYN. — Kientchang : Lettre de M. Le Bouetté. — Kumbakonam : Lettre de M. Ligeon. — Canton : Lettre de M. Gentil. — Birmanie méridionale : LES CARIANS DE TAVAY ET DE MERGUI. — Taikou : Lettre de M. Tourneux. — Kouy-tcheou : FONDATION DE SELAN, lettre de M. .Bousquet. — Académie d'Aix-en-Provence : M. CADIÈRE. — UN BRANCARDIER PRISONNIER DES ALLEMANDS, lettre de M. Monchalin, — Du FRONT : CITATIONS.

    COCHINÇHINE OCCIDENTALE

    ETAT DE LA MISSION

    Dans le précédent no de nos Annales, mai-juin p. 480, nous avons fait une omission importante à l'article du PERONNEL.
    Après 35 missionnaires, il faut ajouter 95 prêtres indigènes.

    COCHINCHINE OCCIDENTALE

    Monographie de la chrétienté de Saigon

    PAR M. SOULLARD

    Missionnaire apostolique

    (FIN1).

    Hôpital indigène. — Mgr Lefebvre créa aussi, en faveur des indigènes malades et sans ressources un hôpital, dont il confia l'adminis tration aux Soeurs de Saint-Paul. Cet hôpital, situé d'abord près de l'évêché, fut au mois de septembre 1864, d'un commun accord entre la Mission et le Gouvernement, installé définitivement à Cho Quan, aux bords de l'arroyo chinois. Depuis 1909, les Soeurs ont été renvoyées de cet-hôpital, mais elles ne cessent pas pour cela de prodiguer leurs soins dévoués à un très grand nombre de malades, dans leur hôpital de Thi Nghe, construit à cet effet à 300 mètres 'de l'église, dans la chrétienté du même nom. Elles continuent ainsi l'oeuvre commencée par Mgr Lefebvre.

    1. Ana. M.-E. 1918, n° 121. Dans cet article p. 483, à propos de la mort de Mgr Pigceau de Béhaine, il faut lire : il mourut le 9 octobre 1799, et non le 9 septembre.

    JUILLET AOUT 1918. N° 122.

    Carmel. — Ce n'est pas tout de travailler soi-même au salut des âmes. Dans l'ordre surnaturel, les efforts humains n'aboutissent à aucun résultat, si Dieu ne soutient et ne féconde les oeuvres par sa grâce. C'est pour établir la prière perpétuelle et attirer les bénédictions du Ciel sur son travail et sur celui de ses auxiliaires, que Mgr Lefebvre fit venir dans sa Mission les religieuses de sainte Thérèse. Les quatre premières Carmélites arrivèrent à Saïgon le 9 octobre 1861. Accueillies à leur arrivée par les Soeurs de Saint-Paul, elles s'installèrent quelque temps après à proximité du séminaire, de l'autre côté du boulevard Luro, sur un terrain surélevé et bien situé qui leur fut concédé par le Gouvernement. Cette pieuse communauté a toujours prospéré, et depuis longtemps elle compte une quarantaine de Soeurs, dont 4 Européennes et 36 Annamites.
    Pendant que Mg, Lefebvre travaillait à faire de Saïgon une +ville chrétienne, les amiraux se succédaient au pouvoir et continuaient la conquête. Le 1er novembre 1859, l'amiral Rigault de Genouilly fut remplacé par l'amiral Page, L'expédition fut continuée, en 1860, par le contre-amiral Charner, et, en 1861, par lé contre-amiral Bonnard. Le 5 juin 1862, alors que fut signé à Saïgon le traité de paix entre Tu Due et la France, la question religieuse, conséquemment aux principes de l'amiral Bonnard, fut ainsi réglée par l'article 2 : « Les sujets des deux nations de France et d'Espagne pourront exercer le culte chrétien dans le royaume d'Annam, et les sujets de ce royaume, sans distinction, qui désireraient embrasser et suivre la religion chrétienne, le pourront librement sans contrainte ; mais on ne forcera pas à se faire chrétiens ceux qui n'en auront pas le désir ». Ce traité mettait fin à là persécution ouverte ; mais les avanies et les vexations contre les chrétiens continuèrent, surtout en Annam. A Saïgon et dans les environs, les chrétiens, plus rapprochés des Français, vivaient plus tranquilles.
    L'amiral de La Grandière, qui remplaça le contre amiral Bonnard en mai 1863, comprit que, en Cochinchine, l'assimilation des indigènes ne se ferait que par le christianisme, et que l'élément chrétien, dont la fidélité ne peut être mise en doute, avait droit d'être traité avec plus d'égards. Sa sollicitude pour les intérêts religieux de la colonie se manifesta par les mesures qu'il prit pour protéger les bonnes moeurs et par l'exemple d'une conduite irréprochable.

    III

    FONDATION DÉFINITIVE DE LA CHRÉTIENTÉ DE SAIGON

    DÉVELOPPEMENT DE CETTE CHRÉTIENTÉ DEPUIS SA FONDATION
    JUSQU'A NOS JOURS.

    Jusqu'à l'année 1863, les missionnaires, résidant au séminaire ou dans les chrétientés voisines, desservaient les communautés religieuses et administraient les sacrements dans la ville de Saïgon. Le moment était venu de fonder une paroisse distincte, qui comprendrait l'agglomération de ces diverses communautés et tous les chrétiens, Français et Annamites, habitant la ville. C'est ce que fit. Mgr Lefebvre, en nommant M. Oscar de Noioberne curé de Saïgon, et en fixant les limites de la nouvelle paroisse. Ces limites sont restées presque invariablement les mêmes depuis la date de la fondation.

    Etendue et limites de la paroisse de Saïgon, — La chrétienté de Saïgon est bornée : au nord-ouest, par la rue Richaud, qui la sépare de la chrétienté de Tan Dinh ; — au nord, par l'arroyo de l'Avalanche, qui la sépare de la chrétienté de Thi Nghe; — à l'est, par la rivière de Saïgon, qui la sépare de la chrétienté de Thu Thiem ; — au sud, par l'arroyo chinois, qui la sépare de la chrétienté de Khanh loi ; au sud ouest, par les rues Mac Mahon, Filippini, Taberd, de la Pépinière, Chasseloup Laubat et Lare nière (jusqu'à la rue Richaud), qui la séparent de la chrétienté de Cho nui.
    Nous sommes en 1863. Mgr Lefebvre avait mené à bonne fin toutes ces entreprises ; il avait réuni en paroisse les éléments nouveaux (Communautés, Français, Annamites) groupés dans la ville de Saïgon. L'année suivante, 1864, sentant ses forces décroître, il demanda au Saint-Siège et obtint de se démettre de sa charge.
    Le gouvernement de la Mission fut donné à Mgr Miche, premier Vicaire apostolique du Cambodge depuis 1852. Quand le nouvel évêque arriva à Saïgon, l'amiral de La Grandière lui fit une réception triomphale, qui produisit la plus vive impression sur la population annamite.
    Quelques mois après, le 15 juin 1865, une autre manifestation religieuse vint réjouir et réconforter les fidèles de la ville et des environs : Pour la première fois, la Fête Dieu était célébrée publiquement à Saïgon ; et le Dieu de l'Eucharistie était porté en triomphe au milieu de ces rues, sur ces places publiques, où avait coule le sang chrétien. Une immense population, accourue de loin, était venue contempler ce spectacle extraordinaire. Toutes les paroisses des environs, précédées de leurs bannières, les Orphelinats de la Sainte Enfance, les Soeurs, les Ecoles formaient le cortège du Sauveur Jésus, qui prenait ainsi possession officielle de la capitale de la colonie, Vingt missionnaire précédaient le dais, sous lequel le Vicaire apostolique élevait l'hostie rayonnante, qu'un grand nombre de soldats et d'officiers, l'amiral-gouverneur en tête, escortaient respectueusement. Quand on fut arrivé sur le quai, en face des navires pavoisés, le Très Saint-Sacrement fut déposé sur un autel magnifique dressé par les marins, et la bénédiction descendit sur cette immense multitude, pendant qu'une salve de 21 coups de canons allait annoncer au loin le triomphe du Christ, les splendeurs de sa religion et la foi de ses adorateurs.
    Cette imposante manifestation religieuse, qui avait l'avantage de rappeler à nos compatriotes les souvenirs de la patrie absente, et de donner aux indigènes, païens comme chrétiens, une haute idée du catholicisme et de la France, s'est renouvelée, d'année en année, jusqu'en 1881. A cette époque, pour des raisons de neutralité, de liberté de conscience, Ies troupes n'étant plus autorisées à y prendre part officiellement, l'autorité épiscopale a cru devoir supprimer cette procession, qui ne pouvait se faire avec la même solennité ; mais le Gouvernement ne l'a jamais interdite. Les paroisses des alentours de Saïgon, Tan Dinh, Cho Quan, etc., continuent chaque année l'ancienne tradition ; les chrétiens déploient toujours un grand zèle pour pavoiser les rues, et accourent en foule pour accompagner le Saint-Sacrement qui traverse leurs villages bénissant leurs chaumières et leurs jardins.
    Par tout ce que nous venons de dire, il est facile de constater que l'amiral de La Grandière avait vraiment à coeur le développement du catholicisme dans la colonie. Il en donna une nouvelle preuve en faisant venir à Saïgon les Frères des Ecoles Chrétiennes. Ils y arrivèrent au nombre de six, le 6 janvier 1866. La Mission leur ayant cédé le collège d'Adran, fondé deux ans auparavant par M. Puginier, ils se mirent aussitôt à l'oeuvre et se dévouèrent à l'éducation de la jeunesse jusqu'à la fin de l'année 1882, époque à laquelle ils furent obligés de se retirer.
    L'oeuvre qu'ils avaient commencée fut secondée d'abord, puis continuée par le collège Taberd ; mais, dans l'intervalle, plusieurs changements étaient survenus dans la chrétienté de Saïgon. Mgr Miche mourait en 1873, et était remplacé par Mgr Colombert. De son côté M. Oscar de Noioberne, premier curé de Saigon, quittait cete vide, et cédait la place à M. Henri de Kerlan. Ce fut M. Henri de Kerlan qui, en 1874, en même temps que la cathédrale fut transférée de la ville basse dans l'ancienne salle des fêtes du Gouvernement, commença l'école Taberd dans les anciennes dépendances de la résidence des amiraux.
    A cette époque, l'emplacement actuel de l'institution Taberd comprenait la cathédrale, le presbytère et l'école.
    Cette institution, dirigée d'abord par les missionnaires, fut, en 1889, confiée aux Frères des Ecoles Chrétiennes rappelés par Mgr Colombert. Elle donne aujourd'hui l'instruction à plus de 800 élèves, chrétiens et païens, européens, métis, annamites, indiens et chinois. L'établissement est situé à l'angle des rues Paul Blanchy et Taberd. Les bâtiments, vastes et fort bien aménagés, ont été construits en grande partie par Mgr Mossard, actuellement Vicaire apostolique, et achevés par les Frères. Ils sont la propriété de la Mission.

    M. Henri de Kerlan mourut en 1877, et fut remplacé par M. Henri Le Mée, qui resta curé de Saïgon jusqu'en 1897. L'année même de son installation, il eut la joie de voir s'élever la cathédrale, auprès de laquelle le Gouvernement lui bâtit un beau presbytère, tel qu'on le voit aujourd'hui.

    Cathédrale. — Parmi tous les édifices religieux de la colonie, le premier rang revient, comme de droit, à la cathédrale de Saïgon. Il n'en avait pas toujours été ainsi. Au début, Mgr Lefebvre avait converti en église une pagode abandonnée. En 1863, l'amiral Bonnard fit jeter, dans la ville basse, au lieu occupé aujourd'hui par la Justice de paix, les fondements d'une église plus convenable. Mais au bout de 10 ans, cet édifice, bâti presque entièrement en bois, était dévoré par les fourmis blanches ; force fut, en 1874, de transporter la cathédrale provisoire dans la salle des fêtes de l'ancienne demeure du gouverneur, sur l'emplacement où est maintenant le collège Taberd, et d'y installer, tant bien que mal, le service religieux. Evidemment cet expédient provisoire ne pouvait durer. L'amiral Duperré (1874-1877) eut le mérite de comprendre que la France, désormais solidement établie à Saïgon, devait affirmer sa foi et consacrer sa conquête en ce pays lointain, en y élevant à Dieu un temple définitif, qui fût moins indigne de la Majesté Suprême.
    Le 7 octobre 1877, Mgr Colombert, en présence du gouverneur et de toutes -les autorités de Saïgon, bénissait la première pierre de l'édifice sacré, qui s'élève dans une excellente position, à l'extrémité de la rue Catinat, et au point culminant de la ville. Les travaux furent si rapidement menés, que la bénédiction de l'église put se faire au bout de deux ans et demi, le 11 avril 1880. Elle 'est dédiée à l'Immaculée Conception et à saint François-Xavier,
    La cathédrale de Saïgon est un édifice de style roman, qui mesure 93 mètres du porche à l'extrémité du chevet ; la largeur du transept est de 35 mètres ; les tours ont 36 mètres 60 centimètres à partir du sol ; deux flèches de 21 mètres, achevées en 1895, portent à 57 mètres dans les airs le Signe adorable de la Rédemption. Il y a, dans les tours, une sonnerie de six cloches, pesant-ensemble 25.850 kilog. L'intérieur de l'édifice est orné avec une sobriété de bon goût. Au-dessus du triforiurn, une série de verrières déroule au regard des spectateurs la procession des saints de l'Ancien et du Nouveau Testament, venant saluer au chevet de l'église, la Vierge Immaculée, patronne de la cathédrale. Le maître-autel, en marbre précieux, est orné de la Passion. tin chemin de croix monumental, dont chacune des stations sert d'autel dans les chapelles latérales, qui descendent le long des bas-côtés, depuis le transept jusqu'aux portes, un riche pavé en mosaïque, 20 grands lustres artistement travaillés complètent l'ornementation. Tout autour du sanctuaire rayonnent les chapelles de la Sainte Vierge, du Sacré Coeur, de saint Joseph, de saint Paul et de saint François-Xavier, décorées, elles aussi, de vitraux en rapport avec le vocable de chaque autel.
    C'est sous les voûtes de ce temple que, au jour de nos grandes solennités, la foule nombreuse se presse : Français, Annamites, Chinois, Indiens, et que la liturgie déploie la majesté de ses belles cérémonies.
    Depuis le mois d'octobre 1913, un millier de lampes électriques, installées dans les lùstres et autour des colonnes par le P. Soullard, ajoutent encore un nouvel éclat à la beauté de ces cérémonies, C'est surtout aux messes pontificales et le jour de la première Communion des enfants, que notre belle cathédrale revêt toutes ses parures et fait resplendir toutes ses lumières. On se rappellera longtemps aussi la pompe extraordinaire, les riches ornementations, les chants magnifiques qui, le 17 octobre 1909, firent l'admiration des 3.000 personnes qui se pressaient dans la cathédrale, pour assister à la solennité en l'honneur de Jeanne d'Arc, que Pie X avait béatifiée quelques mois auparavant.
    En dehors de ces solennités extraordinaires dont la préparation demande plus de temps et plus de travail, les occupations du curé de Saïgon sont les mêmes que partout ailleurs ; son temps se partage, entre les sacrements à administrer, les malades à visiter, l'instruction à donner aux enfants, et les communautés religieuses à desservir, au moins en partie. Telle fut, en résumé, la vie de M. Le Mée, troisième curé de Saïgon, et de ses successeurs.
    M. Le Mée eut pour successeur, en 1898, le Vicaire apostolique actuel de la Cochinchine, Mgr Lucien Mossard, qui établit dans la paroisse l'oeuvre des Tabernacles, dont le but était de fournir aux chrétientés pauvres de la Mission les ornements nécessaires au culte divin. Les Dames qui en faisaient partie mettaient à contribution leurs deniers et leur travail pour la confection de ces ornements. L'oeuvre, qui comptait une soixantaine de membres, prospéra tant qu'elle fut dirigée par par Mmes Teillard d'Eyry et Beer ; puis elle subit le sort de beaucoup d'oeuvres paroissiales du même genre, que l'on a essayé de fonder dans Ces pays. Ces sortes d'oeuvres n'ont aucune chance de se maintenir longtemps, par la raison bien simple que la plupart des familles d'officiers et d'employés ne viennent ici que pour y passer deux ou trois ans tout au plus, et sont remplacées par d'autres qui n'y font pas un plus long séjour. L'oeuvre dépérit, et finit par disparaître, en même temps que les éléments dont elle était formée.
    Mgr Mossard, devant quitter la paroisse pour prendre en mains le gouvernement de la mission, pria M. Moulins, missionnaire depuis de longues années à Mytho, de venir le remplacer à la cure de Saïgon.
    M. Moulins n'occupa ce dernier poste que du mois d'avril 1899 au mois de janvier 1900 ; la maladie le força d'aller à Hongkong, où il mourut. Il eut pour successeur M. Charles Routier, qui resta jusqu'au mois de mars 1906. — En 1902, eut lieu, en face de la cathédrale, au milieu du parterre qui orne la place, l'érection de la statue de Mgr Pigneau de Béhaine, évêque d'Adran. Cette statue, oeuvre du sculpteur Lormier, représente le grand évêque étendant son bras sur le prince Canh, son élève et son protégé, et tenant dans sa main le texte du traité conclu avec le Gouvernement français. Me Mossard, entouré d'un clergé nombreux, a fait la bénédiction du monument avec une grande solennité. Le gouverneur général Doumer, le lieutenant gouverneur de Lamothe, les amiraux Pottier et Bayle, toutes les autorités civiles et militaires, ainsi que les notabilités de Cochinchine, assistaient .à cette imposante cérémonie religieuse et patriotique. De nombreuses délégations des paroisses annamites des environs de Saïgon, venues avec leurs bannières, étaient massées autour de la pelouse au milieu de laquelle s'élève la statue de Mgr d'Adran. L'Eglise, la France, l'Annam étaient là, réunis au complet pour honorer dignement Mgr Pigneau de Béhaine, évêque d'Adran, dont le souvenir sera ainsi perpétué par le monument élevé en son honneur, qui rappellera aux générations futures l'influence considérable exercée par lui sur l'avenir de ce pays, et les services éminents qu'il a rendus à l'Annam, à la France et à l'Eglise.
    Aucun événement important digne d'être signalé ne s'est produit depuis cette époque, à part la grande fête en l'honneur de Jeanne d'Arc, dont j'ai parlé à la fin de la notice sur la cathédrale.
    M. Boutier étant retourné en France pour raison de santé, M. Eugène Soullard lui a succédé jusqu'à ce jour dans l'administration de la paroisse.
    La population chrétienne de la paroisse de Saïgon n'a guère changé depuis dix ans. Elle s'élève à peu près à 5.530, dont 4.000 Européens, 800 Indiens, 700 Annamites et une trentaine de Chinois. EIle a cependant diminué sensiblement en ce qui regarde les Européens, depuis la mobilisation en 1914.
    La population païenne approximative est de 45.000.

    EVÊQUES SACRÉS A SAÏGON.

    Mgr Isidore COLOMBERT, Evêque de Samosate, sacré en 1872, Coadjuteur de Mgr Miche, Vicaire apostolique en 1873.
    Mgr Marie-Antoine CASPAR, Evêque de Canathe, Vicaire apostolique de la Cochinchine septentrionale, sacré en 1880.
    Mgr François VAN CAMELBEKE, Evêque d'Hiérocésarée, Vicaire apostolique de la Cochinchine orientale, sacré eu 1884.
    Mgr Jean-Marie DÉPIERRE, Evêque de Benda, Vicaire apostolique, sacré le 25 juillet 1895.
    Mgr Lucien MOSSARD, Evêque, de Médée, Vicaire apostolique, sacré le 1er mai 1899.
    Mgr Victor QUINTON, Evêque de Laranda, Coadjuteur de Mgr Mossard, sacré le 15 avril 1913.
    Mgr Constant PRODHOMME, Evêque de Gerra, Vicaire apostolique du Laos, sacré le 14 septembre 1913.

    1918/502-508
    502-508
    Vietnam
    1918
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