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Missionnaire apostolique du Thibet

Lettre de M. Th. Monbeig Missionnaire apostolique du Thibet. Ta-ly, le 29 août 1905. Les chrétientés du pays de Bathang et de Tse-kou tombées, ruinées de fond en comble, avec la perte de quatre des plus anciens missionnaires, tel est le résumé de nos désastres.
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    Lettre de M. Th. Monbeig

    Missionnaire apostolique du Thibet.

    Ta-ly, le 29 août 1905.

    Les chrétientés du pays de Bathang et de Tse-kou tombées, ruinées de fond en comble, avec la perte de quatre des plus anciens missionnaires, tel est le résumé de nos désastres.
    Quant à moi, voici mon odyssée : Nous étions à Tse-kou MM. Dubernard, Bourdonnec, moi et un Anglais botaniste. Vers le 10 juillet, j'allais voir M.Genestier au Lou-tse-kiang à trois jours de Tse-kou. Le 20 de ce même mois j'arrivais sur la dernière montagne qui domine Tse-kou, et constatais que les maisons des chrétiens étaient en flammes.
    En même temps, un homme me remettait une lettre de M.Bourdonnec qui me disait de fuir au Lou-tse-kiang. C'est pendant ce temps qu'une vingtaine de chrétiens et M.Bourdonnec ont été massacrés par les lamas et leurs affidés. A en croire un chrétien que j'ai vu ensuite, M. Dubernard, mon bon et saint curé, aurait été pris le 26 juillet ; les Thibétains l'auraient battu, tailladé avec leurs sabres, ils lui auraient brisé les bras, puis sommé d'apostasier :
    « Dis trois fois : om mani padmé oum1, et tu seras sauvé.
    « Je prêche la religion du Maître du Ciel depuis quarante ans, aurait répondu le vieil apôtre, je serais heureux de mourir pour lui ». Ils le traînèrent encore quelques ly, puis l'achevèrent. Ce chrétien dit tenir ces détails de témoins oculaires.

    1. Desgodins écrit : Ona mani peiné on, et voici ce qu'il dit à ce sujet : Les Peunbo se distinguent par la petite formule de prières en huit syllabes qu'ils répètent sur leur chapelet. Elle est ainsi conçue : Oum, ma, tchri, mou, me sa, be, gou, et n'a pas de sens en elle même, à moins que chacune de ses syllabes ne soit l'initiale d'une phrase inconnue, et si ce n'est par l'explication qu'ils en donnent, c'est dans l'ordre ci-dessus: Le grand Dieu Keun-tsou-zong-po, sa femme ou le principe féminin éternel, les génies, les demi-dieux, les hommes, les animaux, le diable, l'enfer ; de sorte qu'en ces huit syllabes ils rappelleraient les principaux articles de leur croyance toute païenne. La prière analogue des autres sectes est; Om mani peiné on, pour laquelle certains livres donnent une explication presque semblable. (Le Thibet 2e édition, Paris, 1885, p. 203.)

    Quand j'appris les effets d'une telle fureur, sur les conseils de M.Genestier, je descendis le Lou-tse-kiang et arrivai à Ouysy sans passer par les pays troublés, après un voyage de quinze jours à pied. Là, contre tout espoir, je suis rejoint par l'Anglais qui a été sauvé d'une façon presque miraculeuse.
    Ensemble alors, nous sommes arrivés à Ta-ly, chez le vieux P.Leguilcher, et où j'ai trouvé mon frère et M.Vignal.

    1906/8-10
    8-10
    Chine
    1906
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