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Mission de Quinhon : Les Petits Frères de Saint Joseph

Mission de Quinhon : Les Petits Frères de Saint Joseph En 1926, le P. Jean Sion, du diocèse de Lille, depuis 6 ans missionnaire de Quinhon (Annam), fondait une congrégation de Catéchistes afin d'assurer aux ouvriers apostoliques de sa Mission de meilleurs collaborateurs et de mettre sous les yeux des chrétiens annamites les conseils évangéliques en action. Il demanda aux paroisses des enfants de 12 à 14 ans afin de les former dès leur jeunesse. 17 se présentèrent, et c'est avec ce petit groupe que l'oeuvre fut commencée.
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    Mission de Quinhon :

    Les Petits Frères de Saint Joseph

    En 1926, le P. Jean Sion, du diocèse de Lille, depuis 6 ans missionnaire de Quinhon (Annam), fondait une congrégation de Catéchistes afin d'assurer aux ouvriers apostoliques de sa Mission de meilleurs collaborateurs et de mettre sous les yeux des chrétiens annamites les conseils évangéliques en action. Il demanda aux paroisses des enfants de 12 à 14 ans afin de les former dès leur jeunesse. 17 se présentèrent, et c'est avec ce petit groupe que l'oeuvre fut commencée.
    Dans une paillote en torchis, restes de ce qui avait été le Petit Séminaire, on s'installa vaille que vaille. Les élèves durent se soumettre à un régime de stricte pauvreté. Pas une sapèque en poche, un trousseau de misère. Tous lavent la vaisselle après les repas, décortiquent et pilent le riz, aident au raccommodage des vêtements. Aucun domestique dans la maison : tout le travail doit être fait par les postulants. Un règlement fut établi et chaque semaine on devait faire la coulpe de ses manquements. Un jour, un des élèves dut, pour pénitence, se coucher la face contre terre, le Supérieur l'oublia et le lendemain matin, il le trouva, toujours couché à terre, attendant d'être relevé de sa pénitence.

    Instruction. Tous les élèves sont préparés au certificat élémentaire annamite, qui leur donne droit de tenir une école paroissiale. Tous aussi apprennent le français pendant 5 ou 6 ans et se présentant au certificat primaire franco annamite ; ils suivent en plus des cours de religion qui leur permettent denseigner la doctrine aux premiers communiants et aux catéchumènes. La musique a aussi sa place dans les programmes, afin qu'ils puissent former une petite chorale d'enfants et même accompagner les chants à l'harmonium.

    Vie religieuse. Les Petits Frères de Saint-Joseph sont des religieux à voeux simples perpétuels. Après une année de postulat et une année de noviciat, ils émettent trois fois des voeux annuels, puis deux fois des voeux de trois ans et enfin des voeux perpétuels. Comme costume, ils portent une soutane, un scapulaire et un manteau noirs ; ils sont chaussés de sandales et coiffés du chapeau colonial blanc.

    Le Frère Instituteur. En Annam, il y, a, comme en France, des écoles libres. Dans chaque chrétienté, il y a une école paroissiale. C'est là que les Petits Frères rendent déjà et rendront plus encore dans l'avenir de très grands services. En 1935, ils tenaient 10 écoles paroissiales réunissant 764 enfants. Parmi leurs élèves, 30 ont obtenu le certificat élémentaire annamite, un certificat primaire franco indigène.

    Le Frère Catéchiste. Le catéchiste doit se donner de la peine pour instruire des enfants qui, pour la plupart, ne savent ni lire ni écrire, et surtout des catéchumènes qui n'ont encore qu'une foi vacillante et ont conservé les moeurs païennes. Il lui faut de la patience pour ne pas se décourager et ne pas les décourager. De plus, l'enseignement doit être appuyé par le bon exemple, e t cet exemple, le Petit Frère est plus apte que tout autre à le donner. L'année dernière, les Petits Frères ont préparé 322 enfants à la première communion et 110 catéchumènes au baptême.

    Le Frère et les rizières. La Mission et les districts ont des biens fonciers, nécessaires à leur entretien et à l'expansion de l'Evangile. Le missionnaire a l'administration de ces biens, mais il ne peut, à l'époque de la moisson, aller sur les lieux surveiller la coupe du riz, la mise au grenier et la vente au détail. Dans nombre de paroisses, ce sont les catéchistes qui sont chargés de ce soin. Mais les rizières se trouvent parfois à une dizaine de kilomètres qu'il faut parcourir à pied ; à la coupe du riz, il y a toujours des indésirables qui descendent dans les champs pour couper, glaner et aussi pour se tromper de route quand il s'agira de porter les gerbes dans la cour du propriétaire. Toutes circonstances où les Petits Frères seront tout désignés pour un travail qu'on pourra leur confier en toute assurance.

    Les épreuves. Comme à toute oeuvre voulue de Dieu, les débuts ont été durs. Combien de fois le fondateur n'a-t-il pas vu la question d'argent se poser devant lui ! Combien de fois les élèves n'ont-t-ils pas récité la prière du soir les bras en croix pour obtenir de Saint-Joseph qu'il remplisse ses fonctions de Père nourricier ! Et la Providence est toujours venue à notre secours au moment où il le fallait.
    Nous avions quitté nos paillotes depuis un an pour habiter une maison à deux étages cédée par les Frères des Ecoles chrétiennes, et, le matin de la Toussaint 1933, un typhon épouvantable renverse les deux étages en endommageant sérieusement le rez-de-chaussée et toutes les dépendances. Huit élèves furent tués dans cette catastrophe. Il fallut longtemps pour arriver à réparer ce qui était réparable et à rebâtir une aile, de manière à pouvoir continuer l'oeuvre commencée.
    La crise, qui sévit en Annam comme en France, a mis à une rude épreuve la bourse des Petits Frères ; mais, cette fois encore, la Providence les a aidés.

    Les consolations. Nous les trouvons dans la bonne volonté des Petits Frères et dans les résultats de leurs travaux. Tous ne sont pas des saints, mais tous s'appliquent à progresser dans les vertus religieuses, tout en aidant à pratiquer les vertus chrétiennes.
    La grande préoccupation des Vicaires apostoliques en Indochine est la question des catéchistes. « Ce n'est pas 30 catéchistes qu'il nous faut, dit l'Evêque de Quinhon, mais 300, pour que chaque chrétienté ait le sien ». Il en est de même en ce qui concerne les écoles. La Congrégation des Petits Frères de Saint-Joseph a pour but de combler cette double lacune. Elle compte aujourd'hui 30 profès, 9 novices, 6 postulants et 48 juvénistes répartis en 4 classes.
    Que la bénédiction de Dieu et la générosité des âmes chrétiennes viennent en aide à une oeuvre si importante et lui permettent de réaliser tout le bien en vue duquel elle a été créée !

    J. SION,
    Missionnaire de Quinhon.

    1938/23-25
    23-25
    Vietnam
    1938
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