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Mission de Birmanie Septentrionale

Mission de Birmanie Septentrionale Les Séminaires de Maymyo et de Mandalay Le Petit Séminaire de la Mission de Birmanie Septentrionale est partagé en deux sections, l'une à Maymyo, l'autre à Mandalay, centre du Vicariat.
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    Mission de Birmanie Septentrionale

    Les Séminaires de Maymyo et de Mandalay

    Le Petit Séminaire de la Mission de Birmanie Septentrionale est partagé en deux sections, l'une à Maymyo, l'autre à Mandalay, centre du Vicariat.
    Maymyo est une ville récente, de création anglaise, à quelque 70 kilomètres au nord-est de Mandalay. Le Séminaire n'est pas au milieu de la ville et les élèves, en une heure de marche un jour de promenade, pourraient trouver la peu désirable compagnie de tigres, d'ours, de sangliers, etc. Néanmoins, à proximité de leur maison, ils ont des routes bien goudronnées, une voie ferrée, des casernes, des chalets élégants, des antennes de T.S.F. ; matin et soir, les notes aigrelettes des bugles britanniques ou les échos trop sonores d'un appareil voisin viennent leur rappeler que le monde, auquel ils doivent renoncer, n'est pas loin.

    Mais entrons dans ce Séminaire au moment où, à l'appel de la cloche, les élèves ont pris leur place respective dans les différentes classes.
    Dans l'aile du côté nord, la plus ancienne, nous trouvons la première section, celle des plus avancés : elle est composée seulement de deux Birmans et un Anglo-Birman, qui auront bientôt achevé leur dernière année de Séminaire et espèrent, dans quelques mois, aller rejoindre leur aînés au Collège général de Penang.
    Ce petit bonhomme au regard éveillé, à la physionomie fine et intelligente, bien appliqué à son travail, c'est Joseph. Son voisin André est moins brillant, mais il fait la consolation du professeur de chant, à qui il rend de grands services comme organiste et répétiteur ; il n'a que le tort, comme beaucoup de musiciens, d'être trop souvent dans la lune. Ces deux-là sont originaires d'un de nos anciens villages chrétiens de la plaine. Leur compagnon, William, un Anglo-Birman, orphelin dès sa petite enfance, fut adopté par le P. Lafon, de Mandalay, dont la bonté lui permit de suivre la bonne voie et de devenir un de nos meilleurs élèves.
    Si nous passons maintenant dans l'aile du côté sud, nous y trouvons la deuxième section : deux Birmans et un Shan. Les premiers, Paul et Joseph, nés chrétiens et élevés chrétiennement, sont entrés au Séminaire de Maymyo sans passer par la section préparatoire de Mandalay et se trouvent de ce fait un peu en retard pour le latin et le français ; leurs progrès sont plus lents, mais ils arriveront néanmoins, car ils gardent espoir et confiance ; leur sourire en témoigne, et il est méritoire de sourire en digérant une page de grammaire ou en façonnant un gosier quelque peu rétif aux exigences du parler anglais. Ainsi pense aussi notre Shan, dont la figure aplatie et les yeux bridés rappellent que son pays d'origine est bien loin d'ici, sur les frontières de la Birmanie et de la Chine. Il vient de loin : espérons qu'il ira loin aussi et que nous aurons la joie de voir monter à l'autel le premier prêtre catholique Shan.
    Dans la section suivante, l'élément birman n'est plus représenté ; le jaune pâle et le bronze font place au gris sombre. Ils sont bien de l'Inde, ces deux jeunes Malabars partis de leur lointain Travancore pour venir grossir les rangs trop clairsemés de notre clergé indigène. Il leur a fallu une bonne dose de courage, de persévérance surtout, pour s'adapter à un milieu si différent du leur, car, s'il n'y a guère que trois jours de traversée entre les Indes et la Birmanie, combien plus grande est la séparation résultant du langage, des traditions, des habitudes, du caractère ! Leur compagnon de classe, un autre Anglo-Birman, désespérément long et mince, n'est ni aussi vivant ni aussi zélé ; ancien élève des Frères des Ecoles chrétiennes de Mandalay, il a reçu une bonne instruction, qu'il doit développer en se débarrassant d'un reste d'apathie atavique.
    Enfin, la dernière section, dans laquelle la Birmanie n'a pas de représentant. Deux Indiens, deux frères, François-Xavier et Stanislas ; un Eurasien, Noël, la composent. Ce sont les trois benjamins du Séminaire, où ils sont entrés à Pâques dernier. Bien que nés dans le pays, ils sont d'un type différent de ceux que nous venons de voir. Que seront-ils ? L'avenir nous le dira. Dès maintenant, François-Xavier promet d'être un brillant sujet ; les autres n'ont pas encore eu le temps de révéler leurs capacités. Comme tous les commençants, ce qu'ils apprécient surtout dans la langue latine, ce n'est pas la beauté, mais plutôt la sécheresse et la complication, dure épreuve pour des nouveaux pleins d'enthousiasme, mais épreuve inévitable.
    Si maintenant nous faisons le bilan de ce que nous avons vu, nous trouvons 12 séminaristes, 5 races, 5 langues, répartis en 4 sections. C'est la variété dans l'unité. La variété est indéniable ; l'unité, nous la faisons peu à peu et il n'y a pas lieu d'être mécontent de celle qui existe actuellement : la vocation, les études, le petit nombre même de nos aspirants, enfin l'esprit de charité, travaillant à aplanir les obstacles qui s'opposeraient à la réalisation du « cor unum et anima une » de la parfaite vie en communauté. Hélas ! Le sillon quils ont à creuser est bien long, et nombreux sont ceux de leurs prédécesseurs qui, ayant mis la main à la charrue, ont regardé en arrière et reculé devant l'effort à fournir. Espérons que ceux d'aujourd'hui seront plus courageux et plus persévérants.
    Quant à la section du petit séminaire installée à Mandalay, il n'y a que peu de chose à en dire. C'est la section des commençants. Elle comprend 18 élèves, dont 15 Birmans, 2 Katchins et 1 Shan. Leur principal travail, au début, est l'étude de la langue anglaise, qui leur permettra de suivre les cours de l'école des Frères ; 8 d'entre eux suivent déjà ces cours et se placent dans une bonne moyenne parmi les élèves de leurs classes respectives.
    En résumé, nous avons 30 petits séminaristes, dont 12 à Maymyo et 18 à Mandalay. Quant aux grands séminaristes, ils sont 10 qui font au Collège général de Penang leurs études de philosophie et de théologie.
    Si l'on tient compte de ce que 20 prêtres indigènes exercent déjà le ministère parmi leurs compatriotes, on aura une idée de l'effort accompli dans la mission de la Birmanie Septentrionale pour le recrutement et la formation d'un clergé indigène à la hauteur de sa tâche.
    A. F.

    1938/26-30
    26-30
    Myanmar
    1938
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