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Mgr Fée

Mgr Fée Evêque de Malacca Le dernier numéro de nos Annales annonçait la mort, au séminaire des Missions Etrangères, du très cher évêque de Malacca, Mgr Fée. Depuis ce triste événement, les journaux anglais de Singapore et de Pinang nous ont apporté l'expression de la douleur que son diocèse avait éprouvée en apprenant cette nouvelle ; nous nous faisons un devoir de reproduire, en les traduisant, les articles consacrés au vénéré défunt par The Straits Times et par Singapore Free Press.
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    Mgr Fée

    Evêque de Malacca

    Le dernier numéro de nos Annales annonçait la mort, au séminaire des Missions Etrangères, du très cher évêque de Malacca, Mgr Fée. Depuis ce triste événement, les journaux anglais de Singapore et de Pinang nous ont apporté l'expression de la douleur que son diocèse avait éprouvée en apprenant cette nouvelle ; nous nous faisons un devoir de reproduire, en les traduisant, les articles consacrés au vénéré défunt par The Straits Times et par Singapore Free Press.

    C'est avec grand regret, écrit The Straits Times, à la date du 23 janvier 1904, que nous apprenons qu'un télégramme a été revu ici, hier, annonçant la mort, en France, du Très Révérend René Michel Fée, Evêque Romain Catholique du diocèse de Malacca qui comprend la ville de Singapore. Quoiqu'on sût l'évêque souffrant et qu'on eût des craintes graves au sujet de l'issue de sa maladie, l'annonce de sa mort est arrivée comme un coup inattendu. Mardi dernier, arrivait par la malle française, une lettre de lui, dans laquelle il déclarait que son sort était encore incertain. Il devait savoir la vérité dans quelques jours, après une consultation des médecins. Alors, écrivait le malade, si son état était sans espoir, il reviendrait mourir à Singapore. C'était son désir de reposer au milieu du peuple pour lequel il avait travaillé pendant un quart de siècle, mais la mort est venue à lui dans son propre pays.

    Mgr Fée naquit en 1856, clans le département de la Mayenne, il n'avait par conséquent que 48 ans, et pendant près de 8 ans il avait occupé la dignité épiscopale. Il arriva ici pour la première fois, en 1879. Lorsqu'un jeune prêtre arrive dans les Missions Romaines Catholiques de Malacca, la coutume est que l'Evêque lui délègue comme une sphère spéciale d'action. L'un apprend le chinois, un autre le malais et ainsi de suite ; Mgr Gasnier désigna le Père Fée pour étudier le tamoul et travailler parmi les coolies Indiens de la Péninsule. Aussi il ne resta que quelques semaines à Singapore avant d'aller dans le Nord, et dès lors, au point de vue de la société et de la civilisation, le Père Fée disparut de la vue des hommes. Pendant quinze ans il travailla et souffrit dans les jungles, dans les plantations et dans les petites villes de la Péninsule où il était principalement chargé des coolies employés aux plantations et autres travaux, et des cuisiniers tamouls.
    Pendant ce temps, il se distingua grandement comme missionnaire, quoique l'oeuvre qu'il accomplît ainsi ne fût connue que des quelques compagnons qui comprenaient bien son travail. Il connaissait Pinang, la province de Wellesley et Perak, les principaux champs de ses travaux, comme un livre. Il travailla parmi les habitants de ces régions jusqu'en 1891. Sa santé fut alors ébranlée, et on dut le retirer de la jungle et l'envoyer en France. Dix-huit mois plus tard, en 1892, il retourna à son travail. Mgr Gasnier mourut quatre ans après, et le Père Fée fut désigné pour lui succéder, en août 1896. Le 22 novembre de la même année, il fut consacré évêque de Malacca, dans la cathédrale du Bon Pasteur, et vint résider à Singapore. Depuis lors et jusqu'à son départ pour la France, il y a trois mois, il consacra une grande partie de son temps à visiter les différents districts du diocèse.
    Il était d'une nature très modeste, discret, extrêmement bon et charitable. En vérité ses sympathies et sa prédilection étaient pour les plus humbles classes. Mais il était personnellement très aimé et estimé par tous ses confrères pour sa bonté. En avril dernier, il quitta Singapore pour Pinang où, en octobre, il se plaignit pour la première fois d'une difficulté à avaler. Les docteurs qui l'examinèrent ne purent pas déterminer si la maladie était due à un rétrécissement de la gorge ou à l'existence d'une tumeur. Ils reconnurent cependant que le mal était sérieux et lui conseillèrent un retour immédiat en France pour consulter des spécialistes. Il revint donc à Singapore d'où il s'embarqua pour la France, le 26 octobre, par l'Ernest Simons, des Messageries Maritimes.
    Depuis lors, on reçut de lui quelques lettres parmi lesquelles la dernière reçue par le Yarra, où comme nous l'avons dit, il exprimait son intention, au cas où l'espoir de la guérison lui serait enlevé, de revenir mourir à Singapore. Hier est arrivée la triste nouvelle de sa mort.
    Et c'est ainsi qu'a été tranchée, trop tôt, hélas ! La vie d'un homme de bien, dont le travail n'a pas produit de résultats moins grands parce qu'il fut discret dans sa bonté.
    A ces lignes qui peignent très bien le caractère du défunt, nous ajouterons cette rapide revue de ses travaux faite par Singapore Free Press:
    Pendant son épiscopat, une immense impulsion a été donnée à la cause de la religion et de l'éducation dans le diocèse. Signalons, au nombre des autres travaux accomplis pendant sa vie, la construction de la nouvelle église de Sainte-Marie à Serangoon, l'extension de l'Institution Saint-Joseph, la construction d'une nouvelle chapelle pour le Couvent français, la réparation complète et la consécration de la Cathédrale du Bon-Pasteur, et l'établissement du Cercle Catholique à Singapore. A Taiping et à Kuala-Lumpor ont été ouverts les établissements du couvent du Saint Enfant Jésus, et tout récemment, les Frères des Ecoles Chrétiennes ont installé des écoles à Malacca et à Selangor.

    1904/169-173
    169-173
    Singapour
    1904
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