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Martyrs Français

Martyrs Français Le Bienheureux Gabriel-Taurin Dufresse
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    Martyrs Français
    Le Bienheureux Gabriel-Taurin Dufresse
    C'est dans la jolie petite ville de Lezoux (Puy-de-Dôme), à l'extrémité de la riche plaine de la Limagne, que naquit le Bienheureux, le 8 décembre 1750. Il fit une partie de ses études à Paris, au collège Louis-le-Grand, où, les lettres de sa famille l'attestent, ses succès furent brillants. Il quitta la France, en 1775, pour se rendre au Su-tchuen, province reculée de la Chine. En 1785, sur l'ordre de son évêque qui voulait épargner aux chrétiens les horreurs de la persécution, il se livra aux mandarins, fut conduit à Pékin où il demeura prisonnier pendant plusieurs mois. Rentré dans sa mission, il fut sacré évêque de Tabraca, et devint, en 1801, Vicaire apostolique du Su-tchuen. Il est l'auteur des décisions du célèbre synode qui fait loi pour la plupart des missions de Chine. La persécution ayant éclaté de nouveau, il fut arrêté, et, le 14 septembre 1815, décapité à Tchen-tou (Su-tchuen).
    Le Bienheureux François-Isidore Gagelin
    François-Isidore Gagelin est le premier missionnaire qui, au XIXe siècle, versa son sang pour Jésus-Christ dans le royaume annamite. Il naquit à Montperreux (Doubs) le 10 mai 1799, et, tout enfant, il disait souvent: « Je veux me faire prêtre. » Il quitta la France, en 1820, pour évangéliser la Cochinchine, écrivant ces paroles: « Puissé-je faire connaître et adorer Jésus-Christ dans tous les pays du monde, afin qu'en lui et par lui gloire soit à jamais rendue à la très sainte Trinité. »
    Il prêcha en Cochinchine et au Cambodge. Pour conserver sa liberté, il refusa le titre de mandarin que lui offrit le roi d'Annam. La persécution ayant éclaté, il espéra la faire cesser en se constituant prisonnier, grand héroïsme, mais vain espoir; la persécution continua, et lui-même en fut une des premières victimes. Condamné à mort par le roi Minh Mang, il fut étranglé près de Huê, le 17 octobre 1833.
    Le Bienheureux Joseph Marchand
    Le petit village de Passavant (Doubs) a la gloire d'avoir vu naître le martyr qui, en Cochinchine, a subi les plus affreuses tortures. Missionnaire de 1829 à 1835, le B. J. Marchand fut arrêté au mois de septembre de cette dernière année, et condamné à subir le supplice des cent plaies. Les bourreaux déchirèrent d'abord la peau des sourcils et la rabattirent sur les yeux, puis, avec leurs tenailles, ils saisirent les chairs de la poitrine, les coupèrent, et jetèrent à terre deux lambeaux sanglants d'un demi-pied de long; les bourreaux le saisirent ensuite par derrière et lui enlevèrent deux morceaux de chair. Pendant ce temps, la sainte victime levait les yeux au ciel, comme pour demander la force d'En-Haut; les exécuteurs descendirent au gras des jambes, et deux nouveaux lambeaux tombèrent. A ce moment, le prêtre inclina la tête. Son âme était dans les cieux. C'était le 8 novembre 1835.
    Le B. Jean-Charles Cornay
    Le Bienheureux naquit à Loudun (Vienne), le 27 février 1809. Parti pour l'Extrême-Orient en 1831, ordonné prêtre en 1834, il évangélisa la province de Son-tay; il fut arrêté en 1837, au village de Bau-no, et enfermé dans une cage d'où il ne sortait que pour recevoir la bastonnade. De son cachot, il écrivit à ses parents: « Ne plaignez pas le jour de ma mort, il sera le plus heureux de ma vie, puisqu'il mettra fin à mes souffrances et sera le commencement de mon bonheur... » Il fut condamné à avoir toutes les articulations des membres coupées, et ensuite la tête tranchée. Après l'exécution, le 20 septembre 1837, le bourreau lécha son sabre ensanglanté, arracha le foie de la victime, en prit un morceau et le mangea: témoignage horrible que les Annamites rendent à ceux qu'ils considèrent comme des héros « parce que, disent-ils, en mangeant leur foie, nous deviendrons courageux comme eux. »
    Le B. François Jaccard
    Né à Onnion, au sein d'une riante vallée du Faucigny (Haute-Savoie), le 6 septembre 1799, le B. François Jaccard est une figure à part dans notre galerie qui en contient de si nombreuses. Missionnaire en Cochinchine, en 1823, il fut prisonnier pendant huit ans avant de conquérir la palme immortelle du martyre. Il fut longtemps interprète du roi d'Annam, puis condamné à être soldat, à mourir de faim, à être étranglé; il fut relégué pendant 20 mois dans la sombre prison d'Aï-lao où Minh-Mang espérait qu'il mourrait de fièvre et de misère; il résista à la maladie comme il avait résisté aux mandarins. On osa lui proposer l'apostasie; il répondit: « Ma religion n'est pas un don du roi, elle est l'oeuvre de Dieu; je ne puis pas l'abandonner à la volonté du roi. » Il fut étranglé à Quang-tri (Cochinchine) le 21 septembre 1838.
    Le B. Pierre Rose Ursule Dumoulin Borie
    C'est au Tonkin qu'alla travailler et mourir le B. Dumoulin Borie, qui naquit à Beynat (Corrèze), le 20 février 1808. Missionnaire en 1832, arrêté et jeté dans les prisons de Dong hoi en 1838, il reçut pendant sa captivité les bulles qui le nommaient évêque d'Acanthe, et Vicaire apostolique du Tonkin occidental. Condamné à mort, il écouta religieusement sa sentence, puis, gravement il se leva et prononça ces paroles: «Depuis mon enfance, je ne me suis encore agenouillé devant personne, maintenant je remercie le grand mandarin de la faveur qu'il m'a procurée, et je lui en témoigne ma reconnaissance par cette prosternation.» Et il s'agenouilla. Son supplice fut long et horrible. Le bourreau s'était enivré pour se donner le courage de sa triste besogne, et portait ses coups à faux; le premier atteignit l'oreille et la mâchoire inférieure; le second enleva la chair du haut des épaules; enfin la tête ne fut tranchée qu'au septième coup, le 24 novembre 1838.
    Le B. Augustin Schffler
    Ce Bienheureux, né à Mittelbronn (diocèse de Nancy) le 22 novembre 1822, fit ses études au petit séminaire de Pont-à-Mousson, et partit pour le Tonkin en 1848. A peine arrivé, il écrivait ces pieuses paroles; « Le petit coup de sabre serait-il-réservé à quel- qu'un d'entre nous? Oh! Quil est doux de présenter un petit verre de sang à Jésus. » Notre-Seigneur exauça les vux du missionnaire qui fut emprisonné à Son-tay, et condamné à mort par la sentence suivante: « Le sieur Ao-Tu-Dinh (Augustin) est un Européen qui a eu l'audace de venir, malgré les lois, parcourir ce royaume pour y prêcher la religion, séduire et tromper le peuple, ce dont il a été clairement convaincu dans l'examen de sa cause. Que le sieur Augustin ait donc la tête tranchée et jetée dans les eaux de la mer ou des fleuves, pour instruire le peuple, et l'empêcher d'embrasser cette nouvelle doctrine. » Cette sentence fut exécutée le 1er mai 1851.
    Le B. Jean-Louis Bonnard
    Le 1er mai 1852, jour anniversaire du martyre du B. Augustin Schffler, le B. J.-L. Bonnard, né à Saint-Christôt-en-Jarret (diocèse de Lyon) le 1er mars 1824, et missionnaire du Tonkin occidental, donna son sang pour Jésus Christ dans la ville de Nam-dinh. Son enfance, sa jeunesse et son âge mur furent marqués par une grande douceur et une vive piété. Pendant les jours qui précédèrent sa mort, il écrivit à sa famille, à son évêque plusieurs lettres admirables: « Ne pleurez pas, je suis heureux de mourir ainsi, je suis heureux de porter cette chaîne et cette cangue; j'étais encore bien jeune que déjà je désirais un pareil sort. » A la lettre qu'il reçut, Mgr Retord répondit par ces paroles que nous faisons nôtres: « Soyez béni, mon bien-aimé, et quand vous serez dans le ciel, bénissez-nous à votre tour; soyez notre avocat, notre protecteur tant que nous serons encore sur cette terre. »
    Le Bienheureux Auguste Chapdelaine
    Né, le 6 janvier 1814, à la Rochelle, village du département de la Manche, vicaire à Boucey, puis missionnaire au Kouang-si (Chine) de 1852 à 1856, le B. Chapdelaine se fit remarquer par un grand esprit de piété et de mortification. Arrêté, une première fois, en 1855, puis relâché, il fut de nouveau jeté en prison l'année suivante et condamné à recevoir trois cents coups de bambou, à passer plus de vingt-quatre heures à être à genoux, attaché de telle sorte qu'il ne pouvait faire un seul mouvement, à supporter trois cents soufflets donnés avec la semelle de cuir, et enfin à mourir du supplice de la cage de suspension. Il fut donc enfermé dans une cage, le cou enserré entre deux planches légèrement échancrées, les pieds dans le vide, et ainsi suspendu aux portes du prétoire de Sy-lin, le 27 février 1856. Entre dix et onze heures du soir, il fit un mouvement convulsif, la cage tomba à terre, les soldats accoururent: le martyr n'était plus.

    1900/238-245
    238-245
    France
    1900
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