Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Martyrs Annamites 2 (Suite)

Martyrs Annamites Le B. François-Xavier Can
Add this
    Martyrs Annamites
    Le B. François-Xavier Can
    Xavier Can naquit en 1803, au village de Son-mieng (Tonkin occidental). En 1832, il fut donné pour catéchiste à un missionnaire qui devint un évêque célèbre: Mgr Retord. C'est en remplissant une mission dont ce dernier l'avait chargé, qu'il fut arrêté; il resta de longs mois en prison, et subit de nombreux interrogatoires et de cruels supplices avec un courage héroïque. Je consens à mourir, disait-il à ses juges, non à fouler la croix aux pieds: plutôt souffrir la mort devant vous que de marcher sur la tête de mes pères, en profanant les insignes de la Religion qu'ils m'ont enseignée. Il fut étranglé à Hanoï, le 20 novembre 1837.

    Les BB. Jacques Nam, Antoine Dich, Michel Mi

    Ces trois Bienheureux appartiennent à la mission du Tonkin occidental. Le B. Jacques était prêtre; au moment de la persécution, il se cacha dans la maison du bon vieillard Antoine Dich, à Vinh-tri. Il fut dénoncé, et son arrestation amena celle de son hôte et du gendre de ce dernier, Michel Mi, qui était maire de la commune. Ils furent cruellement frappés, surtout Michel Mi, qui, voulant épargner les souffrances à son beau-père déjà fort âgé reçut pour lui de nombreux coups de rotin. En allant au supplice, le 12 août 1838 le P. Nam chantait des cantiques d'action de grâces; souvent il disait à haute voix: « Voici un prêtre de la vraie religion; que ceux qui veulent le voir regardent. » Les chrétiens pleuraient, des curieux cherchaient des signes dans le ciel: une nuée blanche et carrée, bordée d'une ligne d'azur, apparut subitement; on eût dit une natte garnie d'étoffe, puis un des angles s'évanouit. « Tiens, dit la foule, voici la natte sur laquelle ces trois hommes seront assis dans le ciel, elle a perdu un angle pour faire comprendre qu'il y a seulement trois condamnés. »

    Le B. Thomas Thien

    Né en 1820, au village de Trung-quang, dans la province du Quang-binh (Cochinchine), Thomas Thien, jeune séminariste, fut le compagnon de captivité du B. F. Jaccard. Si tu ne renonces pas à ta religion, lui disait le magistrat, le roi te fera couper le cou. J'endurerai volontiers la mort, mais je ne renoncerai jamais à ma foi.
    Le mandarin crut que des promesses brillantes produiraient plus d'effet que les menaces, il offrit à Thomas Thien la main de sa fille et une dignité égale à la sienne.
    Je ne désire que les dignités du ciel et non celles de la terre, répondit le confesseur.
    Thomas fut étranglé le 21 septembre 1838.

    Les BB. Pierre Khoa et Vincent Diem

    Ces deux Bienheureux étaient prêtres de la mission du Tonkin occidental. Ils furent arrêtés presque en même temps, et enfermés dans les mêmes cachots. Le magistrat les engagea à l'apostasie. « Il est vrai que le roi a sévèrement défendu votre religion; malgré cela, si vous voulez fouler aux pieds la croix, je vous mettrai en liberté sur-le-champ. » Ils répliquèrent : « Mieux vaut cent fois mourir. » Le P. Khoa reçut 76 coups de rotin. Le P. Diem ne fut pas frappé à cause de son grand âge. Ils furent condamnés à la strangulation. Au lieu de l'exécution, ils s'agenouillèrent et prièrent quelques minutes; puis ils furent étendus à terre les bras en croix, et les jambes liées à un piquet; les bourreaux leur passèrent une corde au cou, et, au signal donné, accomplirent leur cruel office le 24 novembre 1838.
    Les BB. Pierre Duong, Paul Mi, Pierre Truat
    Tous les trois étaient catéchistes de la mission du Tonkin occidental; ils furent arrêtés au village de Bau-no en même temps que M. Cornay, et conduits dans les prisons de Son-tay. Appelés devant le tribunal où siégaient les trois grands mandarins de la province, ils eurent à répondre à de nombreuses questions.
    Pourquoi chez vous les hommes et les femmes commet-tent-ils des infamies? Pourquoi arrachez-vous les yeux pour en composer des philtres?
    Nous nous sacrifions pour garder notre foi, dit Mi. Si nous arrachions les yeux à quelquun, croyez-vous que ses frères, ses fils, ses parents le supporteraient? Si notre religion nous enseignait les crimes dont vous nous accuser, à qui pourrions-nous donner des conseils? » Ces interrogatoires se répétèrent plus de quarante fois, accompagnés de supplices. Enfin, les trois confesseurs furent étranglés le 18 décembre 1838, à Son-tay.
    Le B. André Dung ou Lac
    André Dung ou Lac, du Tonkin occidental, naquit dans la province de Bac ninh, de parents païens. Remarqué pour son intelligence, il fut conduit au collège de Vinh-tri et baptisé. Il devint catéchiste, puis fut ordonné prêtre en 1823. Quand il fut fait prisonnier, les chrétiens lui formèrent une escorte d'honneur, mais sur la demande de l'officier commandant les soldats, le P. Dung les pria de se retirer: « Chrétiens, mes frères, leur dit-il, retournez à vos demeures, et continuez à servir Dieu comme si nous étions au milieu de vous. » Il fut décapité le 21 décembre 1839.
    Le B. Pierre Thi
    Ce Bienheureux, du Tonkin occidental, ordonné prêtre en 1806, était un homme de grande vertu; il fut arrêté en même temps que le P. Dung et enfermé avec lui dans les prisons de Hanoï. Il fut décapité le 21 décembre 1839.
    Les BB. Paul Khoan, J.-B. Thanh, Pierre Hieu
    Ces trois martyrs de la mission du Tonkin occidental furent arrêtés ensemble, et souffrirent la prison, la torture et la mort.
    Le B. Khoan, qui était prêtre, fut le premier et le plus souvent interrogé. Par respect pour leur supérieur, les deux autres confesseurs, de simples catéchistes, se contentèrent d'acquiescer à ses paroles.
    Le prêtre fut très doux, très poli, mais inflexible. Engagé par le mandarin à fouler la croix aux pieds, il répondit: « Ce que vous exigez n'est pas conforme à la droite raison. » Le mandarin s'écria: « Ouvrez donc les yeux de votre esprit et reconnaissez votre erreur; obéissez au roi, marchez sur la croix et n'écoutez plus ces vauriens d'Européens. » Le P. Khoan répliqua: « A la vie comme à la mort, je n'abandonnerai jamais ma religion. » Tous les trois furent cruellement frappés, et enfin obtinrent la palme du martyre dans la ville de Ninh-binh, le 28 avril 1840.
    Le B. Luc Loan
    C'était un prêtre de la mission du Tonkin occidental, vénérable vieillard de 84 ans dont Mgr Jeantet disait :
    « Quand je considère tout ce qu'a fait le P. Loan depuis son ordination jusqu'à son martyre, j'incline à croire que parmi les prêtres annamites aucun ne peut lui être comparé.»
    I1 célébrait la messe gravement et lentement, si lentement même qu'un jour ses catéchistes le prièrent d'aller plus vite.
    Nous sommes les serviteurs de Dieu, répliqua-t-il, quelle affaire urgente vous occupe donc pour me dire de me hâter dans la célébration de la messe? Le saint sacrifice est la chose la plus grande et la plus noble qui soit sous le ciel, nous devons l'offrir avec dignité.
    Il fut arrêté pendant la grande persécution de i84o, enfermé dans la prison de Hanoï, et décapité le 5 juin de la même année.
    Les BB. Antoine Quinh-Nam et Pierre Tu
    Le B. Antoine Quinh-Nam, de la province de Quang-binh (Cochinchine) était un ancien officier du roi d'Annam, Gia-Long, qui avait quitté le service militaire, et était devenu médecin. Il était extrêmement charitable, et aux reproches que lui adressaient sa femme et ses enfants sur ce qu'ils appelaient ses prodigalités, il répondait : « Si vous ne me permettez pas de donner ce qui est chez moi, j'emprunterai, et même je m'engagerai comme domestique afin de pouvoir faire l'aumône aux malheureux. » Il fut arrêté pour avoir donné l'hospitalité aux missionnaires, et dans la prison de Dong-hoi il trouva le catéchiste de Mgr Dumoulin-Borie, Pierre Tu, de la province de Ninh-binh (Tonkin). Ce dernier encourageait ses codétenus : « Acceptez la volonté de Dieu, leur disait-il, priez les uns pour les autres, soyez fidèles à votre religion, nous nous retrouverons au ciel. » Tous les deux ayant refusé d'apostasier, furent cruellement frappés, condamnés à être étranglés, et exécutés le 18 juillet 1840.
    Les BB. Joseph Nghi, Paul Ngan, MarthinThinh, Martin Tho, J.-B. Con.
    Cinq Tonkinois, trois prêtres, les Pères Nghi, Ngan, Thinh ; deux laïques, Martin Tho et J.-B. Con, furent arrêtés le même jour, 31 mai 1840, au village de Ké-bang. Ensemble ils furent conduits à la prison de Nam-dinh, ils subirent les mêmes interrogatoires, les mêmes supplices, et montrèrent une égale énergie à conserver leur foi. Dans un des interrogatoires, la haine inspira au juge une de ces pensées que la charité a parfois fait germer dans le cur des saints; il ordonna aux chrétiens de lécher les plaies des trois prêtres debout dans la cour du prétoire.
    Les martyrs y coururent; ils se prosternèrent devant les ministres de Dieu, et collèrent leurs lèvres sur la chair saignante.
    Ce sang est bien doux, fit Jean-Baptiste en se relevant.
    Le grand mandarin était présent, il comprit la beauté de cet acte touchant; mais loin d'en être apaisé, il dit avec colère au mandarin de la justice :
    Voyez, comme ils vénèrent encore ces prêtres, et on prétendra que ces gens-là ne sont pas ensorcelés!
    Tous les cinq furent décapités le 8 novembre i840.
    Le B. Simon Hoa
    Simon Hoa, chrétien de la mission de Cochinchine, naquit à Mai-vinh, dans la province de Hué, d'une famille entièrement païenne. Ayant perdu son père qui était grand maître des lettrés, il fut adopté par une famille chrétienne, et fut baptisé à l'âge de douze ans. Il se livra à l'étude de la médecine, et devint habile dans son art. Sa situation sociale, sa fidélité aux pratiques religieuses le firent choisir pour chef de la paroisse de Nhu-ly ; il montra dans cette dignité l'intelligence et la fermeté qu'on espérait de lui.
    Il fut arrêté en accompagnant M. Delamotte ; il subit plus de vingt interrogatoires; à trois reprises il fut frappé de quarante coups de rotin, et souffrit la torture des tenailles froides et brûlantes dont il disait : « Les tenailles froides causent une douleur plus vive ; les plaies produites par les tenailles brûlantes s'enflamment, suppurent et s'élargissent. » Sur le lieu du supplice, le mandarin voulut forcer Simon Hoa à marcher sur la croix : « J'adore le Seigneur mon Dieu, répondit le chrétien, je le prie de m'accorder une fidélité entière à son service. Je ne veux pas fouler la croix aux pieds. » Il fut décapité le 12 décembre 1840.
    Le B. Mathieu Gam
    Né à Go-cong, province de Bien-hoa (Cochinchine occidentale) en 1813, Mathieu Gam dut à sa réputation de bon chrétien d'être choisi par la mission de Cochinchine pour aller à Singapore, chercher les missionnaires. En 1846, il ramena Mgr Lefebvre et M. Duclos. Tous furent arrêtés comme leur jonque entrait dans la rivière de Saïgon.
    Mathieu Gam fut condamné à mort.Trois jours avant son exécution, on l'entendait s'écrier en versant des larmes : « Seigneur, la peine que je dois subir est encore insuffisante pour expier mes péchés. » Cependant le président du tribunal essaya une dernière tentative:

    Saïgon en 1847.
    Si tu veux abjurer ton culte, je vais en référer au roi, et tu échapperas à la mort.
    Quon me livre au bourreau, répondit Mathieu Gam, je nabjurerai pas.
    Il fut décapité le 11 mai 1847.
    Le B. Philippe Minh
    Philippe Minh appartenait à une vieille famille de la paroisse de Cai-mong, en Cochinchine occidentale; il naquit en 1815,et fut ordonné prêtre en 1846. Au jugement de ses supérieurs, le P.Minh étail de tous les prêtres du Vicariat le plus pieux et le plus distingué. Il fut arrêté en 1853 dans la paroisse de Mac-bat, et conduit à Vinh-long prison. Les juges l'engagèrent à apostasier :
    Vous pouvez faire de moi ce que vous voudrez, répondit-il, je ne renoncerai pas à ma religion.
    On l'invita à nier sa qualité de prêtre, lui assurant que cette parole seule lui sauverait la vie; il refusa. Les mandarins le condamnèrent à être exilé au Tonkin, mais le roi aggrava la sentence et le condamna à la décapitation. L'ordre fut exécuté le 3 juillet 1853.

    1900/280-288
    280-288
    Vietnam
    1900
    Aucune image