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Madame la Baronne de Gargan

OEUVRE DES PARTANTS SOMMAIRE MADAME LA BARONNE DE GARGAN. COTISATIONS PERPÉTUELLES. DÉPART DE MISSIONNAIRES. RECOMMANDATIONS ET ACTIONS DE GRACES. NOS MORTS. Gravure : Portrait de Madame la Baronne Th. de Gargan. Madame la Baronne de Gargan
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    OEUVRE DES PARTANTS

    SOMMAIRE

    MADAME LA BARONNE DE GARGAN. COTISATIONS PERPÉTUELLES. DÉPART DE MISSIONNAIRES. RECOMMANDATIONS ET ACTIONS DE GRACES. NOS MORTS.
    Gravure : Portrait de Madame la Baronne Th. de Gargan.

    Madame la Baronne de Gargan

    Le 13 mai 1675, Jacques Charles de Bris acier qui, pendant 45 ans, fut supérieur du Séminaire des Missions Étrangères, faisait l'éloge funèbre de la duchesse d'Aiguillon, la première et la plus généreuse bienfaitrice de notre Séminaire, de notre Société et de très nombreuses oeuvres de charité au XVIIe siècle :
    « Pleurez, disait-il, pleurez, prêtres, vous avez perdu l'un des plus beaux ornements de la religion ; pleurez, pauvres, vous avez vu tarir l'une des plus riches et des plus abondantes sources des aumônes de l'Europe ; pleurez, communautés ecclésiastiques et religieuses, vous avez vu tomber l'une des principales colonnes qui vous servaient de soutien ; et toi sur tout, pauvre et désolé Séminaire, dont je suis aujourdhui le triste interprète, fais tant d'efforts que tu pourras pour témoigner ta douleur, elle ne répondra jamais, ni aux bienfaits que tu as recru, ni à la reconnaissance que tu dois avoir, ni à la perte que tu fais.
    « Pleurez, sauvages de Canada, captifs de Tunis et d'Alger, peuples de Siam, du Tonquin, de la Chine, de la Cochinchine et du Japon ; si vous n'avez pas vu vôtre bien factrice, vous avez senti ses secours durant sa vie, vous en apprendrez la continuation avec les nouvelles de sa mort, et vous aurez le temps d'en ressentir la privation dans la suite des années1».
    Le 17 décembre, en recevant la nouvelle de la mort presque subite de Madame la baronne Th de Gargan, ces paroles ont brusquement revécu dans ma mémoire et dans celle de tous les habitants du Séminaire des Missions Étrangères : c'était, brièvement et complètement esquissée, la vie de la grande nièce de Richelieu, et c'était, dans ses lignes les plus légères et les plus hardies, dans ses nuances les plus délicates et les plus vives, le portrait saisissant de la morte que nous regrettons si profondément.

    1. Discours funèbre pour Madame la duchesse d'Aiguillon prononcé à Paris dans la chapelle du Séminaire des Missions Etrangères par M. de Bris acier, 3e éditions, à Paris, chez Charles Angot, rue Saint-Jacques, au Lyon d'Or, MDCLXXV, p. 4.

    La vice-présidente de l'oeuvre des Partants n'était-elle pas « l'un des ornements de la religion, une source d'aumônes pour les pauvres, une des colonnes des communautés ecclésiastiques et religieuses » et, pour ne parler que de nous, la bienfaitrice insigne de notre Séminaire et de nos Missions.
    Avec son mari, le baron Th. de Gargan, elle avait fait construire la maison et la chapelle qui, à Bièvres, abritent les plus I jeunes de nos séminaristes. C'est le don principal qu'elle nous ait fait, il est royal.
    Mais que d'autres charités sont allées au delà des mers, dans nos missions les plus pauvres et les plus désolées, permettre aux apôtres de l'Inde de donner aux affamés quelques grains de riz, aux apôtres de l'IndoChine, de la Corée, du Japon d'accroître le nombre de leurs néophytes, à ceux de Chine et de Mandchourie de relever les ruines accumulées par la persécution, sans compter les secours accordés à notre sanatorium de Saint Théodore, à Wellington, dans le Coïmbatour.
    Je ne parle pas de son travail direct et spécial à l'ouvroir de Bétange qu'elle avait fondé, où toutes les semaines, pendant un certain nombre de mois chaque année, elle réunissait avec une activité aimable et joyeuse tant de dévouements, pas davantage de son assiduité à l'ouvroir de Nazareth où une amitié parfaite l'accueillait comme une soeur, plus exactement comme une autre soi-même.
    En dehors de notre Société et de nos Missions, combien d'autres Congrégations, d'autres Missions, d'autres OEuvres de charité n'a-t-elle pas soutenues ? Le diocèse de Paris aussi bien que celui de Metz n'a-t-il pas ressenti ses bienfaits ? Aussi S. E. le Cardinal Richard, archevêque de Paris, écrivait à Madame la vicomtesse de Saint-Jean, la présidente de notre OEuvre:
    « Je partage toute votre douleur pour la perte que vous venez, de faire dans l'excellente et vénérée baronne de Gargan. Nous ne pouvons quadorer et aimer la sainte volonté de Dieu et nous consoler par la pensée que Notre Seigneur a voulu récompenser la foi et la charité de sa servante en l'appelant à Lui.
    « J'irai vous exprimer tous les sentiments que j'éprouve en apprenant cette mort que nous étions loin de prévoir. J'aurais voulu y aller dès aujourd'hui, mais j'ai pensé que vous deviez avoir besoin de repos, et lundi, si vous pouvez me recevoir, je serai consolé de m'entretenir avec vous de notre commune douleur.
    « Veuillez, Madame la Vicomtesse, agréer mes religieuses condoléances. Je vous bénis paternellement dans votre deuil ».
    Des qualités que la baronne de Gargan porta dans le monde, de ce qu'elles eurent de brillant et d'élevé, nous ne dirons rien ; nous n'avons guère connu que la chrétienne, mais ce fut assez pour donner à notre âme une édification profonde, tant sa bonté était vraie, son humilité voulue, sa foi vive.
    On a écrit que cette piété, remarquée dès l'enfance, avait pris son plein essor lors d'une visite que Madame de Gargan fit à Dom Bosco ; peut-être, mais nous croyons que cette rencontre entre le saint prêtre et la chrétienne, pour salutaire qu'elle ait paru, n'aurait pas fait germer une si complète efflorescence de vertus, si, plus près du coeur et de l'âme de notre vice-présidente, Dieu n'avait placé un autre coeur, une autre âme dont la très sainte affection n'eût été sa joie toujours et parfois son soutien.
    Madame de Gargan, pendant ses 18 ou 20 dernières années, mena une existence singulièrement pieuse ; elle observait des jeûnes rigoureux, s'imposait une toilette simple, se levait la nuit pour l'adoration sainte, redoublait ses prières et plus encore ses aumônes ; en un mot, elle donnait à Dieu l'or de sa charité, l'encens de sa ferveur, la myrrhe de ses mortifications, n'est-ce pas tout l'être et toute la vie ?
    En quelques heures, Dieu l'a enlevée aux OEuvres dont elle était l'appui, au moment, hélas ! Où cet appui semble plus nécessaire...
    Le dimanche, 13 décembre, elle assistait aux offices de sa paroisse à Florange ; lundi elle se sentit prise de frissons, elle fit néanmoins la sainte communion et, par une sorte de pressentiment surnaturel, elle offrit à Dieu le sacrifice de sa vie. Elle dut s'aliter dans la matinée ; le médecin venu, le mardi, reconnut une pneumonie infectieuse. La malade exprima le désir de voir le prêtre et voulut recevoir le jour même les derniers sacrements.
    A Madame de Saint-Jean, appelée en toute hâte près d'elle, la baronne exprima sa complète résignation à la volonté divine, et, quand cette amie si chère lui proposa de demander sa guérison à la Vierge Immaculée :
    « Non, fit- elle d'une voix ferme, non, demandons seulement ce que Dieu voudra ».
    Elle n'avait pas même besoin de la résignation, elle la possédait à plein coeur ; c'était l'abnégation totale.
    Le mal s'aggrava rapidement : « la journée et la nuit du mercredi, a-t-on écrit, se passèrent dans une édification qui n'était plus de ce monde, la chambre de la vénérable baronne était vraiment un sanctuaire et son lit un autel ».
    Le jeudi, à 3 heures du matin, âgée de 65 ans, Madame de Gargan rendit à Dieu son âme prête pour la céleste récompense.
    Elle fut exposée dans sa chapelle, en grand costume de Tertiaire, sans fleurs, sans couronnes, dans l'impressionnante simplicité de la mort ; elle n'avait voulu d'autre éclat que des prières ferventes et des messes nombreuses.
    Ses funérailles eurent lieu le lundi dans l'église de Florange. L'office fut présidé par le délégué de Mgr l'évêque de Metz, M. l'abbé Weislinger, vicaire général, qui fit la levée du corps et chanta la messe.
    L'absoute fut donnée par l'évêque de Mysore, Mgr Kleiner, plus de cinquante prêtres étaient présents à la cérémonie : parmi eux le P. Fleury, directeur de l'oeuvre des Partants et assistant du Supérieur de notre Séminaire que la maladie retenait à Paris, et plusieurs missionnaires.
    Après la messe, la dépouille mortelle fut transportée à Hayange, où Mgr Kleiner, le P. Fleury et un de nos missionnaires, le P. Laroche, l'accompagnèrent, prolongeant ainsi jusqu'au dernier moment le témoignage du grand respect et de la profonde gratitude de nos missions.
    C'est dans le mausolée de la famille que la baronne de Gargan fut déposée, en attendant que se réalise un de ses vux les plus chers, de dormir jusqu'à l'éternelle résurrection dans la chapelle de notre séminaire de Bièvres, au milieu des futurs missionnaires, dont les générations perpétueront, en s'agenouillant près d'elle, le salut d'honneur et de piété de notre reconnaissance.
    Aucun discours, aucun panégyrique n'a été prononcé sur son cercueil ; mais, au milieu de ce silence voulu, nous entendions la voix de notre aïeul, Brisacier, laissant lentement tomber, dans un dernier adieu à notre grande et vénérée bienfaitrice, ces paroles suprêmes :
    « Je souhaite que les veuves vous imitent, que toutes les femmes vous louent, et que l'univers vous connaisse et vous respecte. Je ne doute pas que lorsque vôtre belle âme est sortie de son corps, elle n'ait entendu ces paroles consolantes de la bouche de son Sauveur : Sicut credidisti fiat tibi, qu'il vous soit fait selon la mesure de vôtre Foy. O que vous estes heureuse d'avoir crû d'une manière si parfaite : Beata es quae credidisti; vous avez déjà veu, ou du moins vous verrez bientôt accomplir en vous, ce que le Seigneur a promis aux ames fidèles : Perficientur in te quae dicta sunt tibi a Domino : vous avez fait, par vos largesses, dans toutes les quatre Parties du Monde, des amis qui vous ont receus dans les Tabernacles éternels ; l'Europe, l'Afrique, l'Asie et l'Amérique , sont venues, pour ainsi dire par Deputez, au devant de vous ; elles vous ont envoyé les prémices de leurs Bienheureux, pour honorer vôtre entrée dans le Ciel1 ».

    1. Discours funèbre pour la duchesse d'Aiguillon, etc. p. 46.

    Cotisations perpétuelles

    Mme MARIE CAROLINE PYROT DE CRÉPY, Ctesse DE PUYMAIGRE DEUX PETITES SOEURS
    Mme ALBERT AUMONT
    Melle CLOTILDE DENIS, en religion Mère MARIE DE LA PRÉSENTATION DEUX DÉFUNTS de la famille d'un missionnaire d'Alsace
    Mme DUPREZLEPERS R. P. PIE PSZESZDIECKI ANONYME de Bretagne
    Melle MARIE DURIEZ ANONYME
    M. Mme DELFOSSEMOTTE.

    1904/55-62
    55-62
    France
    1904
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