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M. Dangy. Missionnaire au Se-tchoan Oriental.

LETTRE DE M. Dangy Missionnaire au Se-tchoan Oriental. 13 novembre 1911. Le vice-roi, voyant qu'il avait trop peu de troupes pour résister, avait télégraphié à Pékin qui envoya aussitôt 3.000 hommes armés, exercés à l'européenne et commandés par le général Touan-fang. La moitié prit la route de terre à Ouan hien, les autres suivirent le fleuve et se rendirent à Tchong-kin. Le mandarin de Tchang-cheou et les autorités de la ville désiraient le saluer, mais il passa de l'autre côté du fleuve sans s'arrêter.
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    LETTRE DE M. Dangy

    Missionnaire au Se-tchoan Oriental.

    13 novembre 1911.

    Le vice-roi, voyant qu'il avait trop peu de troupes pour résister, avait télégraphié à Pékin qui envoya aussitôt 3.000 hommes armés, exercés à l'européenne et commandés par le général Touan-fang. La moitié prit la route de terre à Ouan hien, les autres suivirent le fleuve et se rendirent à Tchong-kin. Le mandarin de Tchang-cheou et les autorités de la ville désiraient le saluer, mais il passa de l'autre côté du fleuve sans s'arrêter.
    Les habitants de Tchong-kin n'avaient pas la conscience tranquille ; ils avaient, eux aussi, fait des meetings de protestation contre la nationalisation des chemins de fer, qu'ils voulaient construire eux-mêmes ayant pris pour cela des actions et payé des impôts supplémentaires. Ils avaient essayé de faire grève, les mandarins y opposèrent à temps. A l'arrivée de Touang-fang et de ses soldats, la terreur se répandit. Ce fut une panique indescriptible, lorsque des brigands probablement eurent répandu le bruit que Touan-fang voulait brûler la ville. Les riches cachent ce qu'ils ont de plus précieux, ils s'enfuient de l'autre côté du fleuve et dans les campagnes environnantes. Ils tombent de Charybde en Scylla, car à la campagne les voleurs les pillent impunément. Les ministres protestants s'étaient déjà enfuis de Tchen-tou à Tchong-kin. Ils se laissent gagner par cette panique et s'entassent sur cinq grandes barques au nombre de 300 environ, y compris deux ou trois commerçants français, ils partent pour Shang-haï abandonnant leurs ouailles... Le 31 octobre à 8 heures du soir, 3 ou 400 hommes, dont quelques-uns armés de fusils se chargeant par la culasse, firent irruption dans la ville de Tien-kiang à 20 lieues d'ici. Après avoir ouvert les prisons, ils mirent le feu au prétoire qu'ils pillèrent, tuant 5 ou 6 hommes qui voulaient résister. Le mandarin n'eut que le temps de s'enfuir et de se cacher dans un bassin où il demeura toute la nuit. Ils pillèrent les bureaux, l'entrepôt du sel, la police et le télégraphe où ils tuèrent encore un jeune homme. Pendant ce temps, les chrétiens, faisaient fuir leur curé qui sortit de la ville en emportant son calice. Les pillards arrivés devant l'oratoire semblèrent hésiter, mais quelqu'un s'écria : « Laissez l'église catholique, » et ils partirent pour les montagnes afin d'y partager leur butin. Des soldats de Tchong-kin arrivèrent 8 jours après.

    1912/84-85
    84-85
    Chine
    1912
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