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L'Union des Malades Missionnaires

L'Union des Malades Missionnaires et Marguerite Godet L'Union des Malades Missionnaires fut inspirée par une grande malade originaire du Bocage Vendéen, MARGUERITE GODET. I. SA VIE Elle naquit le 23 avril 1899, à Mesnard-La-Bardière, près de la fameuse colline des Alouettes, illustrée par les guerres de Vendée.
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    L'Union des Malades Missionnaires et Marguerite Godet

    L'Union des Malades Missionnaires fut inspirée par une grande malade originaire du Bocage Vendéen, MARGUERITE GODET.

    I. SA VIE

    Elle naquit le 23 avril 1899, à Mesnard-La-Bardière, près de la fameuse colline des Alouettes, illustrée par les guerres de Vendée.
    Treizième enfant sur seize, elle appartenait à une famille paysanne très chrétienne : un arrière-grand-père préféra avoir les quatre membres cloués à la porte de sa grange plutôt que d'apostasier. A l'âge de dix ans, elle eut une première attaque de paralysie. Au prix de grandes difficultés, elle put se traîner encore, mettant parfois près de deux heures pour franchir les 1.500 mètres qui la séparaient de l'église. Mais bientôt elle dut s'arrêter, condamnée à l'immobilité absolue. Vingt-trois ans durant, elle demeura ainsi crucifiée par la paralysie générale. Outre l'infirmité, Marguerite Godet connut aussi la maladie. Sa constitution délicate ne put résister longtemps à l'inaction, à l'étiolement, au froid... Aussi fut-elle vite prédisposée à la tuberculose, puis minée et épuisée par elle. Elle mourut poitrinaire, à 33 ans, le 2 novembre 1932.

    II. SON oeuvre

    En 1922, Marguerite Godet fit à Lourdes son premier pèlerinage. Ce fut pour elle une révélation : « J'ai compris, écrit-elle, la beauté et la fécondité du sacrifice ». Il y eut en son âme comme un miracle de transfiguration. Sa « conversion au sourire » date de cette époque. Découvrant alors avec amour « la divine efficacité de la douleur » (Pie XI), elle se mit à l'école de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et résolut, comme elle et avec elle, « d'aider les prêtres, les missionnaires, toute l'Eglise ». Elle voulut rayonner autour d'elle sa pensée catholique et missionnaire. Elle eut alors l'idée de grouper des malades volontaires, qui spontanément mettraient toutes leurs « puissances de rédemption » au service des Missions et du « Pape des Missions ». « Nous sommes avec le Pape des Missions, écrit-elle, aidons-le de nos sacrifices à faire avancer le Règne du Christ ».
    Elle s'ouvrit de son idée à un aspirant missionnaire de la rue du Bac, actuellement missionnaire en Chine, le P. Flahutez, de la Mission de Ningyuanfu, et par lui, harcela le P. Nassoy, des Missions Etrangères de Paris, de vouloir bien réaliser son projet. L'idée fit son chemin. Marguerite Godet rédigea elle-même les statuts de l'Union des Malades Missionnaires. En 1928, S. E. Mgr de Guébriant, Supérieur général des Missions Etrangères, les ratifia et devint lui-même le premier Directeur de l'U. M. M. En 1932, Pie XI déclara avec émotion aux malades missionnaires qui le secondaient ainsi : « Quelle belle et bonne chose que cette union des fils souffrants avec le Père commun ! Dites, dites à tous nos chers malades quelle confiance le Pape met dans leurs prières. Dites-leur que le Pape les chérit d'une affection toute particulière. Dites-leur qu'il implore sur eux chaque jour les faveurs divines ».
    Ainsi bénie et encouragée, l'oeuvre de Marguerite Godet devait se développer et durer. En quelques années, le chiffre des adhérents dépassait 3.000...

    III. SON ESPRIT

    Appelée par Dieu à fonder l'U. M. M., Marguerite Godet avait plusieurs titres à cette vocation : son ardeur missionnaire, son oblation rédemptrice, son sourire héroïque.
    1° Son ardeur missionnaire. Malgré sa paralysie, ou peut-être à cause d'elle, Marguerite Godet eut une incroyable volonté d'action missionnaire : « Imaginez l'ardeur d'un Père de Foucauld dans un pauvre corps paralysé, écrit-elle, et vous saurez ce que mon impuissance me fait souffrir ». « Notre place à nous, infirmes, est partout où il y a du bien à faire, une âme à convertir et à sauver. Ne limitons pas notre champ d'apostolat. Nous devons aider tous les prêtres et tous les missionnaires, ceux de chez nous et ceux de l'étranger ». Elle se passionne pour l'action missionnaire d'un saint Paul : « Je lis saint Paul ; il m'enthousiasme, écrit-elle. Quelle énergie ! Mais quelles épreuves ! Lapidé, naufragé, battu de verges, en prison, dans la soif, la faim, la nudité ! La sainteté coûte cher, dame ! »
    Clouée sur son lit de malade ou sur sa chaise d'infirme, elle connaîtra, elle aussi, le prix de la sainteté. La correspondance et la broderie seront les deux modes de son activité. La fièvre elle-même ne brisera pas sa volonté d'action : « Au moment où je vous écris, je fais 40°2. Je ne me sens pas plus fatiguée, mais je crois que les taches de mes poumons se développent en profondeur ». On s'imagine dès lors facilement quelle somme d'énergie apostolique représentent les 500 lettres qu'elle nous a laissées ! Pour écrire tant de lettres dans de telles conditions, il fallait une âme missionnaire comme la sienne : « Ecrire, disait-elle, est ma douce corvée quotidienne ».
    De ses pauvres doigts gourds et inertes, elle s'acharnera à broder et à tirer l'aiguille. Broder des aubes était pour elle un sacrifice catholique et missionnaire « qui l'unissait à la Messe des prêtres du monde entier ». Ce sera pour racheter les âmes qu'elle prendra et portera sa croix » et qu'elle aimera à écrire : « Il faut sauver des âmes : c'est ce qui presse ! »
    2° Son oblation rédemptrice. « La souffrance, a-t-on dit, fait de l'homme un révolté ou un saint ». Marguerite Godet a connu toutes les réactions humaines en face de l'épreuve. Sa jeunesse s'est cabrée devant l'infirmité et la maladie : « Le sacrifice, écrit-elle, ne nous est pas naturel. J'ai senti monter le flot de la révolte, et, malgré moi, des « pourquoi » montaient vers Dieu. Pourquoi mon infirmité, ma misère, alors que tout semble s'agiter dans le bonheur autour de moi ? » Elle a connu l'amertume, le découragement, la faiblesse, l'impuissance. Mais la très Sainte Vierge qu'elle aimait à prier vint « convertir » et pacifier son âme lors d'un pèlerinage à Lourdes. Dès lors, elle retournera tous les ans à la grotte. Ce ne sera pas pour demander sa guérison, car elle comprit le sens de sa mission : « Je ne demande pas ma guérison! Ma vocation, c'est de souffrir! » A l'école de sainte Thérèse de Lisieux, elle comprit que « le Seigneur n'a pas besoin de nos oeuvres, mais de notre amour ». Elle s'efforça alors de faire de la souffrance « son ciel ». L'épreuve sera pour sa jeunesse « non plus un sanglot déchirant, mais un hymne joyeux d'amour ». Si elle n'avait pas eu son calvaire, « il lui aurait manqué la béatitude de la douleur ». « Je chante mon Magnificat, écrit-elle... Je suis heureuse de souffrir. Comme je remercie le bon Dieu! » Sa vie devient un « calvaire d'amour ». Elle n'a désormais d'autre ambition que de « souffrir en aimant ». Il ne faut pas chercher ailleurs le secret d'un apostolat fructueux. Avec conviction, elle communique aux malades sa foi en la valeur rédemptrice de l'amour : « Infirmes, dit-elle, nous avons l'éloquence de l'amour. Ce n'est pas avec des lèvres bien souvent trompeuses que nous pouvons témoigner notre charité à Jésus, mais avec le sang de notre sacrifice et les stigmates de nos blessures ». Toutes ses lettres seront ainsi un émouvant appel à faire de sa vie une « oblation d'amour ».

    3° Son sourire héroïque. Elle aimait à répéter ce mot du cardinal Mercier : Soyez joyeux. La joie et la paix intérieures sont l'état normal du chrétien. « Tout ce que le Bon Maître fait, dit-elle, compte seulement, et non ce que nous voudrions qu'Il fasse. Alors, à toute Sa volonté, je souris, je suis ravie, je suis heureuse ». Dans ses lettres, elle se fera ainsi l'apôtre de la joie : « Jésus ne veut pas de « grognards » à son service. Il aime les âmes souriantes. Vous vous plaignez trop... », Écrit-elle. Devant la mort, elle garde son sourire et sa sérénité; non seulement elle n'a « pas peur de la mort, mais encore elle l'attend, elle la désire». Pour elle, la mort, « c'est la rencontre de son âme avec la Très Sainte Vierge, au ciel ». Elle pense souvent à cette rencontre et elle aime à redire : « Je désire mourir pour voir la Sainte Vierge ». Jusque dans la mort, son héroïsme veut être souriant : « Quand la mort frappe dans les rangs de ceux que nous chérissons, restons souriants quand même. Car il n'y a pas de deuils, pas de séparations pour ceux qui se sont aimés en Dieu !... Mourir, c'est vivre plus encore !... ».
    Si au cours de son long martyre elle a gardé un sourire inaltérable, c'est qu'elle est restée inséparable de la charité du Christ.

    ***

    Le secret de son activité apostolique et missionnaire est « d'avoir mis Jésus au plus intime de son âme et son âme au plus intime de Jésus », et d'avoir voulu « au milieu de toutes ses croix, faire de la très Sainte Vierge son espoir immobile ». Cette double attitude se fortifia à l'école de sainte Thérèse à qui elle emprunta sa spiritualité et ses vertus. Sainte Thérèse n'est- elle pas la parfaite Malade Missionnaire? Si Marguerite Godet a mérité d'être fondatrice de l'U. M. M., Thérèse de Lisieux a mérité d'en être la Patronne.
    A leur suite, les malades missionnaires ont, dans « la grande pitié des Missions » actuelle, un magnifique « ministère » à remplir. Aujourd'hui, les Missions souffrent, mais « le jour de Pâques viendra : il sera d'autant plus beau et plus glorieux que leur Vendredi Saint aura été plus sombre et plus douloureux ».
    Pour tous renseignements et demandes d'admission dans l'U. M. M., prière de s'adresser soit au R. P. Nassoy, à N.-D. de la Motte, par Muret (Haute-Garonne), soit au R. P. Dedeban, 128, rue du Bac, à Paris-7e, selon la zone à laquelle on appartient.

    L. T.
    1943/221-223
    221-223
    France
    1943
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