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L'hospice d'Atur.

KUMBAKONAM L'hospice d'Atur. S. G. Mgr de Guébriant recommande très particulièrement aux lecteurs des Annales des Missions Etrangères l'oeuvre pour laquelle le zélé P. Ligeon fait appel à leur charité. Lettre du P. Ligeon, Missionnaire apostolique à Atur.
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    KUMBAKONAM

    L'hospice d'Atur.

    S. G. Mgr de Guébriant recommande très particulièrement aux lecteurs des Annales des Missions Etrangères l'oeuvre pour laquelle le zélé P. Ligeon fait appel à leur charité.

    Lettre du P. Ligeon,
    Missionnaire apostolique à Atur.

    Y a-t-il au monde un pays où les vieillards soient plus malheureux et plus dignes de pitié que dans l'Inde ? A voir la manière dont ils sont traités, l'abandon où les laissent leurs propres enfants pour lesquels ils se sont dévoués, et qui les obligent parfois par leurs mauvais traitements à quitter le foyer familial pour aller quêter ailleurs leur subsistance, on peut en douter.
    Pour le païen, le vieillard qui ne peut plus travailler est devenu un être indésirable, dont il a hâte de se débarrasser. S'il est riche, à cause de sa richesse, il sera supporté ; s'il est pauvre, son sort est des plus malheureux.
    Même dans les familles chrétiennes où cependant la foi est déjà très ancrée, l'amour et le soutien des vieux parents laissent encore bien à désirer. Mais laissons parler l'Hindou lui-même, le mieux placé pour juger les gens de sa race.
    « D'où viens-tu ? Sumapen.
    — Je viens de chez l'orfèvre à qui j'ai commandé des bijoux pour ma femme.
    — Comment dis-tu? Des bijoux pour ta femme! Mais tu n'y as pas songé ; il y a beau temps qu'elle est grand'mère, et, par ce temps de famine, tu viens de dépenser une forte somme pour lui faire faire des bijoux ; c'est un crime.
    — Oh! Père, ni ma femme ni moi ne songeons à nous rajeunir. Ce n'est plus pour se parer que ma femme m'a demandé des bijoux; ce temps est passé. Les bijoux que je lui ai fait faire, elle ne les portera que dans de rares circonstances, pour montrer qu'elle en a. C'est plus important que vous ne pensez ; car si je meurs avant elle, elle ne sera bien traitée et considérée par ses enfants qu'en considération de ses bijoux ».
    Voilà qui se passe de commentaire. S'il en est ainsi, même chez les chrétiens, que penser des païens, de ces milliers de familles où, à cause de la pauvreté, la question des bijoux ne se pose même pas ? C'est pour ces pauvres déshérités, pour ces vieux et vieilles qu'aujourd'hui je viens implorer la charité des bienfaiteurs des Missions, afin d'établir à côté du dispensaire Saint-Joseph un hospice de vieillards.
    En pays païen, une pareille institution amène nécessairement les hommes à réfléchir. S'occuper des vieillards, pourvoir à leur subsistance, leur donner les soins que réclame leur âge, voilà qui est au-dessus du païen, chez qui on ne saurait trouver l'ombre d'une charité aussi désintéressée.
    La maison des vieux, placée à côté du dispensaire Saint-Joseph, sera dirigée par les Soeurs Catéchistes de Marie Immaculée, et les pensionnaires seront, comme des enfants, traités par des mains vraiment maternelles. Cet hospice sera un apostolat direct pour ceux qui y seront admis et qui, presque tous, se convertiront avant de mourir. Il sera aussi pour les milliers de païens, dont Atur est un centre important, un apostolat, une prédication vivante de notre religion; cette oeuvre, en forçant l'admiration, ne manquera pas de produire des fruits de salut.

    1926/223-225
    223-225
    Inde
    1926
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