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L'hôpital du protectorat : Tonkin occidental

TONKIN OCCIDENTAL LETTRE DE M. DRONET Missionnaire apostolique à Hanoi L'hôpital du protectorat : Tonkin Occidental PEUT ÊTRE vous intéressez-vous à nos travaux et à nos consolations dans l'hôpital de Hanoi. Alors je me permets de vous donner un aperçu de ce qu'ils ont été pendant l'année 1911-1912.
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    TONKIN OCCIDENTAL

    LETTRE DE M. DRONET

    Missionnaire apostolique à Hanoi

    L'hôpital du protectorat : Tonkin Occidental

    PEUT ÊTRE vous intéressez-vous à nos travaux et à nos consolations dans l'hôpital de Hanoi. Alors je me permets de vous donner un aperçu de ce qu'ils ont été pendant l'année 1911-1912.
    Rien cette année de ces épidémies, de ces maladies contagieuses, de ces événements qui attirent l'attention, et en procurant un surcroît de travail, donnent la satisfaction de remplir un ministère fructueux et consolant. L'épidémie de fièvre récurrente qui a fait quelques victimes aux mois de mars et d'avril (sans m'épargner) n'a pas causé beaucoup de décès. Tous les malades portés au lazaret à temps pour subir le fameux remède 606, ont été sauvés. Les rares individus qui ont succombé, étaient des malades apportés trop tard.
    Dans l'hôpital du Protectorat, nous avons pu administrer le baptême à de nombreux enfants et adultes mourants. Les infirmiers et infirmières indigènes chrétiens nous aident beaucoup à approcher les malades à temps..... Non seulement, ils préviennent pour les cas pressants, mais ils baptisent eux mêmes les enfants mourants quand ils ne peuvent appeler un prêtre. Durant le dernier exercice, ils ont baptisé 92 adultes et 83 enfants. L'aumônier et le catéchiste ont baptisé 72 adultes et 27 enfants.
    Nous avons, les vicaires et moi, entendu plus de 800 confessions et conféré les derniers sacrements à près de 100 mourants. Le nombre de communions distribuées aux malades, tant en viatique qu'en communions ordinaires est de 950.... Ces données prouvent que malgré la laïcisation de l'établissement, le ministère du prêtre auprès des malades païens et chrétiens est encore assez facile. Le caractère doux et souple des Annamites ; les épreuves de la maladie ; la connaissance de la religion, qui croît en même temps que l'instruction dans les villes et les gros centres, préparent les âmes et les coeurs.
    La visite générale que je fais chaque semaine dans toutes les salles où je distribue des livres aux païens et aux chrétiens ; la promenade quotidienne du catéchiste ; l'administration publique du viatique et de l'Extrême Onction, tout cela favorise notre ministère et dispose les malades en faveur de la religion. C'est dans ces visites que j'ai rencontré parfois beaucoup de sympathie et de respect, même de la part des païens. Sur un cahier de notes, je lis la suivante : « Aujourd'hui, 27 février, visite à l'hôpital indigène, j'ai confessé 20 malades, conféré le baptême à un enfant, donné l'Extrême Onction à un mourant et obtenu deux belles conversions ». Un autre mardi, j'enregistrais le baptême d'un adulte qui méritait vraiment cette grâce de Dieu.....et j'aurais été bien affligé de le voir mourir sans sacrement. C'était l'infirmier de la prison, un vieux serviteur de cet établissement. Cet infirmier païen m'avait aidé bien des fois depuis plus de 10 à 12 ans. Il me faisait appeler auprès des malades en danger, ou des détenus en partance pour les pénitenciers de Cao bang, de Poulo Condor, de Tuyen quang ou d'ailleurs..... C'est lui qui me dressait la liste des chrétiens, et la veille du jour fixé pour les confessions, faisait dire aux catholiques de se préparer, de rester à jeun jusqu'à mon arrivée le lendemain. Quand j'arrivai avec le Saint-Sacrement, je trouvais tous mes pénitents groupés auprès d'une cellule où je me renfermais comme dans un confessionnal. Après les confessions, tous nos pénitents rentraient avec moi communier ensemble. L'infirmier me préparait une table, une chaise, une serviette, une petite tasse d'eau, il allumait les cierges..... Je le chargeais de distribuer aux détenus diverses petites brochures de propagande..... Quand j'appris sa maladie, j'allai le voir de suite ; la maladie avait en quelques jours ruiné la santé du thay Ha... Quand je lui proposai le baptême, j'avais peur d'essuyer un refus ; mais non... de suite il l'accepta, et après une courte instruction (instruction plus facile pour lui que pour d'autres) car il avait lu des livres de religion et surtout m'avait entendu catéchiser les malades, je pus le baptiser avec assurance. Cette conversion m'a donné une grande satisfaction, et a dû causer une grande joie aux anges.
    Les visites à la prison et à l'hôpital me fournissent l'occasion de délivrer des malheureux et d'en guérir d'autres, car l'inconduite et la maladie mènent dans ces deux établissements ; que de fois je suis sorti de ces maisons plus content qu'un médecin d'avoir arraché à la mort un malade. Il faut cependant avouer que je n'obtiens pas toujours toute satisfaction. Après avoir exhorté et instruit longuement les trois assassins de M. Barnich (tué au mois d'avril 1910) qui m'avaient promis de se faire chrétiens au dernier moment, j'eus la douleur d'en voir deux refuser le baptême, le matin même de leur exécution, le 19 octobre.
    Depuis plusieurs années déjà, j'ai remarqué que de grandes conversions s'opéraient souvent la veille, le jour ou le lendemain d'une grande fête, d'une cérémonie plus touchante, à l'occasion d'une pratique religieuse plus efficace. Ainsi le soir de la fête du Carmel, je découvrais quatre cas irréguliers dans deux ou trois maisons, et après souper je trouvais auprès de mon confessionnal de gros poissons qui voulaient entrer dans les eaux de la grâce ; un autre jour, ce sont deux paresseux qui viennent d'eux-mêmes..... et ceux que j'appelle et exhorte ne viennent pas.
    Voici quatre autres malades qui se convertissent le même jour. L'un d'eux, un vieux fumeur d'opium, se mourait et ne voulait point voir le prêtre (chose rare chez nos Annamites qui demandent toujours les sacrements) ; on fait prier à l'autel du Sacré Coeur..... et le prêtre enfin arrive à temps pour confesser et administrer le mourant.
    Ce n'est pas seulement à l'hôpital, à la prison, au lit des malades que l'on rencontre des retardataires, beaucoup d'autres, et plus nombreux, viennent d'eux-mêmes au confessionnal. Je puis affirmer sans exagérer (j'ai des données à l'appui), que nous pourrions compter dans l'année plus de 360 pénitents donnant un total de plus de 1.500 ans d'éloignement des sacrements ; s'ils étaient tous de la paroisse, on pourrait dire ou que la paroisse était bien mauvaise, ou qu'il doit y avoir maintenant peu de pécheurs. Non, tous les pécheurs de Hanoi ne se convertissent pas si vite ; mais beaucoup de pénitents viennent d'ailleurs. Ils profitent d'une occasion qui les amène à Hanoi pour leur commerce, ou font exprès un voyage à la ville, d'où ils rentrent chez eux le coeur plus à l'aise, la conscience moins chargée ! ! ! Partout les hommes sont les mêmes. Tous les curés de ville de France et d'Amérique pourraient en dire autant.
    La dévotion au Sacré Coeur, les communions du premier vendredi du mois, l'assistance à la messe tous les vendredis ordinaires semblent plutôt augmenter que diminuer. Grâce à l'assiduité des petits enfants à communier tous les dimanches et même plusieurs fois par semaine, le nombre des communions a monté haut cette année. Tous les dimanches, les jours de fête et le 1er vendredi du mois, plus de 150 à 200 enfants communient à la suite, avant les grandes personnes. L'habitude est tellement prise, que les hommes et les femmes ne se pressent plus pour monter à la Sainte Table. Ils cèdent la place aux petits.... ils s'approchent après.
    Nombreux sont les enfants de 7 à 8 ans qui se préparent à communier de bonne heure. La cérémonie de la première communion avait réuni plus de 150 enfants, qui, disposés par rang de taille, les garçons habillés de bleu, les filles de blanc, formaient un beau cortège. Les quatre jours de retraite préalable nous avaient donné le temps de les préparer et de les exercer à toutes les cérémonies de ce grand jour : aussi ont-ils donné satisfaction à leurs supérieurs, consolé leurs parents et édifié toute la population. Je constate avec bonheur que cette première communion faite plus tôt et renouvelée fréquemment, produit des fruits sensibles de vertus chez ces enfants. Les petits enfants de la première communion et les renouvelants étaient plus de 400 à communier à la même messe, sans compter les grandes personnes. Le total des communions a été de 955 ce jour-là et de 440 le lendemain. Presque tous les premiers communiants ont renouvelé à la messe d'action de grâces. Tous ont eu leur souvenir de première communion, de belles images de France.
    Un mot, pour terminer, de l'Asile des Vieillards, placé sous le Patronage de saint Joseph. Bénit l'année dernière au mois de juin, l'établissement a déjà reçu plus de 100 pensionnaires et en nourrit journellement 45 à 50. Nous y comptons 28 baptêmes d'adultes et 27 d'enfants.
    Comme annexe, le Refuge a recueilli 8 à 10 personnes qui ont étudié et reçu le baptême pour régulariser des situations matrimoniales.
    Les malades ont la messe une fois par semaine ; le nombre des infirmes et des chrétiens des hameaux voisins qui communient est de 28 à 30 chaque semaine. Le total des communions de l'année a été de 1377.
    Le Gouverneur Général est allé trois fois visiter Soeur Antoine et lui a fait verser une somme de 500 piastres pour acheter du terrain.... M. Sarraut s'est montré très bon pour ces vieillards, très aimable pour la directrice et enthousiasmé de son oeuvre.
    Je termine en donnant des chiffres, pour montrer que l'oeuvre de Dieu se fait partout, même avec les hommes et les moyens les plus ordinaires.

    Administration des Sacrements :

    Baptêmes :
    1° D'enfants de chrétiens . . . . . . . 294
    2° D'enfants à l'hôpital. . . . . . . . 148
    De païens au lazaret . . . . . . . 2
    Baptisés en ville . . . . . . . . 310
    (In articulo mortis) à la Sainte-Enfance. . . . . . 1.086
    3° D'adultes baptisés à l'église. . . . . . . 24
    4° D'adultes in articulo mortis :
    A l'hôpital. . . . . . . . . . 164
    Au lazaret et à la prison . . . . . . . 5
    En ville . . . . . . . . . 16
    Communions distribuées à la cathédrale . . . . . 94.635
    Et dans les chapelles de la ville. . . . . . . 45.290
    Premières communions . . . . . . . 160
    Confessions : plus de . . . . . . . 35.500
    Viatiques . . . . . . . . . . 45
    Extrême Onctions . . . . . . . . . 75
    Mariages . . . . . . . . . . 58
    On fait le catéchisme à l'église et dans une chapelle tous les dimanches à 4 heures du soir.
    Le nombre des enfants qui le suivent est de 260 à 300, suivant les saisons.
    Remercions le bon Dieu de nous avoir ainsi consolés, et prenons la résolution de mieux travailler et de prier avec plus de ferveur, afin d'augmenter le bilan de l'administration des sacrements ; nous aurons plus de grâces et plus de mérites : les travaux, les prières et les sacrifices faits pour le salut des âmes attirent sur nous, sur les nôtres et sur nos affaires des bénédictions de choix. Que le bon Dieu récompense largement ceux qui nous aident.
    1913/37-40
    37-40
    Vietnam
    1913
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