Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

L'exposition missionnaire de Marseille

L'Exposition Missionnaire de Marseille (13-28 SEPTEMBRE 1941)
Add this

    L'Exposition Missionnaire de Marseille



    (13-28 SEPTEMBRE 1941)



    Exposition Missionnaire : deux mots qui, au cours dès vingt dernières années, ont résonné bien des fois en France et trouvé un écho dans presque tous les départements. Qui ne se souvient de l'Exposition Missionnaire lors de l'Exposition Coloniale en 1931 ? Au jour de son inauguration, Paul Reynaud disait avec vérité : « La grande émotion est ici ! ». Ceux qui ont visité la Foire de Marseille pourront peut-être reprendre la même parole et ajouter que, parmi tant de comptoirs représentant les diverses activités de l'énergie française, la section missionnaire fut celle qui attira le plus de visiteurs.

    Au lendemain de notre défaite, comme aux jours les Mus prospères ; on daigna se souvenir que les Missions représentent une part importante et glorieuse de la gloire de notre France. Le Comité de la Foire de Marseille avait donc demandé que les missionnaires ne fussent pas absents de cette grande manifestation provençale de l'activité française ; c'est ainsi que se sont associes à Marseille les témoignages du développement colonial dans l'ordre spirituel comme dans l'ordre économique. La Croix de Saint-Chamond, sous la signature de J. de Verrières, en donne l'explication suivante dans son numéro du 21 septembre :

    « Comment se fait-il qu'un Comité d'hommes d'affaires ait invité les Missionnaires à une Foire commerciale et que ceux-ci aient accepté d'y participer ?

    « Croira-t-on qu'il ait considéré les Missions et les Missionnaires comme une clientèle digne de quelques égards et d'attentions particulières ? Car après tout il est exact que partout où se trouvent des Missionnaires, et surtout quand ils se trouvent dans les colonies françaises, il se crée entre eux et la métropole un courant d'échanges qui prend sa place dans le volume annuel des importations et exportations.

    « S'il en était ainsi, ce serait déjà un hommage rendu à l'activité de nos apôtres, à leur nombre, à l'importance de leurs oeuvres et de leurs entreprises charitables, scolaires et culturelles, et aussi à la sympathie, à l'admiration que leur garde toujours la bon peuple de France.

    « Mais il faut le, dire parce que c'est vrai, c'est une pensée plus haute qui a inspiré les dirigeants de la Foire de Marseille.

    « Ils voulaient faire un acte de foi dans les destinées de la patrie. Ils voulaient contribuer au relèvement national en renouant une série de manifestations utiles à la prospérité française. Mais en même temps ils ont voulu affirmer que ce relèvement serait impossible par des moyens simplement commerciaux. Ils ont voulu, eux qui sont des techniciens de chiffres, de bilans et de prix de revient, montrer que, dans leur pensée, il y avait autre chose de plus indispensable que la reprise des affaires, et que la France devait plus que jamais, et d'abord, reprendre conscience de sa mission civilisatrice et chrétienne.

    « Ce ne sont pas les Missions qui se mettent au service du commerce, c'est le commerce qui s'élève à la notion du spirituel, qui commande et qui anime les activités humaines...

    « Les Missionnaires servent bien la France dans les pays sur lesquels flotte le drapeau tricolore. Ils sont des citoyens fidèles, ils enseignent la langue de la mère patrie, ils la font aimer en eux-mêmes qui en sont les représentants. Mais ils servent surtout la France parce que leur action va plus loin, au delà et au-dessus des intérêts français, parce qu'ils donnent aux âmes le sens de l'éternel et de l'universel.

    « Ils servent la France en un mot, parce que c'est par eux principalement qu'elle accomplit sa mission de Fille aînée de l'Eglise, en dehors de laquelle il n'y aurait plus de France ».



    ***



    A chaque Comptoir, contrairement à l'habitude, était attribué un groupe de Colonies, et la direction en était laissée à des membres des Instituts Missionnaires ayant mission d'évangéliser ces colonies. Pour ne citer que celui qui intéresse plus particulièrement notre Société des Missions Etrangères, le P. De pierre en avait la direction, et les Pères Dominicains, les Oblats de Marie, les Frères des Ecoles chrétiennes, les Pères Rédemptoristes, les Soeurs de Saint-Paul de Chartres et les Soeurs des Missions Etrangères y étaient co-participants. OEuvres d'art de maîtres ébénistes, de peintres, de sculpteurs et autres artistes exotiques rap pelaient la puissance d'imagination et la richesse d'ornementation de l'art indigène de toutes races. Et cela ne manquait ni d'originalité ni de beauté.

    La Section de l'Indochine et de l'Inde française avait, comme fond, de riches tentures de soie encadrant des cartes géographiques de nos deux colonies ainsi que des graphiques mettant clairement sous les yeux du public nos oeuvres scolaires, sociales, religieuses, et indiquant, par comparaison, ce qu'elles étaient en 1900 et ce qu'elles sont en 1940. Le visiteur a. pu ainsi se rendre compte de la vitalité de ces Eglises nouvelles, plantées en pays païen par le zèle et le dévouement des missionnaires et des religieuses des différents Instituts. Le nombre toujours croissant des prêtres, des religieuses indigènes, des écoles, des hôpitaux, etc., sont de ces marques certaines de progrès que tout homme attentif ne peut oublier.

    Parmi les nombreux visiteurs, nous ne pouvons omettre de signaler Son Excellence Monseigneur Valeri, nonce à Paris, et l'Amiral Darlan, deux personnalités également évocatrices de l'union des intérêts de l'Eglise et de ceux de la France.

    Le portrait du Maréchal Pétain, dans un cadre de bois de santal magnifiquement sculpté, attirait spécialement l'attention.

    La photographie de Soeur Antoine, cet ange de charité qui soulagea tant de misères au Tonkin, portait comme inscription les paroles de Clemenceau à son sujet: « C'est dans le drapeau français qu'il faudrait habiller cette femme-là ».

    Un autre portrait, celui de Monseigneur Pigneau de Behaine, évêque d'Adran, ne pouvait être absent de cette Exposition. On sait que, de ses deniers personnels, l'évêque d'Adran, aidé de quelques amis et soutenu par une petite troupe de marins et soldats français, a pu, bien qu'abandonné par Versailles, rendre à l'empereur Gia-long, souverain légitime, le trône de ses ancêtres. C'est grâce à cet éminent prélat que Louis XVI a signé, en 1787, le premier traité avec le prince Nguyen-Anh, qui associa la France aux destinées de la dynastie- actuelle de l'Annam. Monseigneur Pigneau de Behaine fut un grand évêque et un grand Français, sa statue qui orne la place de la cathédrale à Saigon rappelle un dévouement à son pays et à l'Eglise que nul ne doit ignorer.

    Deux tableaux couronnaient le Comptoir des Missions d'Indochine et de l'Inde, ils représentaient le martyre de missionnaires qui ont versé leur sang pour la cause qu'ils défendaient, ils étaient la grande leçon à méditer par toute âme chrétienne.



    L. R.


    1941/16-19b
    16-19b
    France
    1941
    Aucune image