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Lettre du Kouâng-Si

Lettre du Kouâng-Si Nanning, 6 mai 1931. Le Gouvernement de Nankin affirme que tout marche à souhait en Chine : l'unité est faite, les rebelles sont soumis, le communisme agonise, les étrangers sont eu sécurité ; bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ici pourtant les journaux, les chefs, les soldats, les écoliers protestent à qui mieux contre le Gouvernement central et préparent une nouvelle offensive... cependant que les communistes travaillent dans l'ombre et s'infiltrent partout.
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    Lettre du Kouâng-Si
    Nanning, 6 mai 1931.
    Le Gouvernement de Nankin affirme que tout marche à souhait en Chine : l'unité est faite, les rebelles sont soumis, le communisme agonise, les étrangers sont eu sécurité ; bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
    Ici pourtant les journaux, les chefs, les soldats, les écoliers protestent à qui mieux contre le Gouvernement central et préparent une nouvelle offensive... cependant que les communistes travaillent dans l'ombre et s'infiltrent partout.
    Depuis plus de deux ans, nous n'avons pu nous ravitailler en vin de messe : tous nos bagages sont arrêtés à la frontière du KôuangSi par manque de moyens de transport.
    Le P. Dalle a dû guetter pendant plus de huit mois l'occasion de rentrer de Hongkong à Nanning : il a enfin réussi et est arrivé après un voyage long et pénible.
    Le jeune P. Maillot est au Kouang-Si depuis dix-huit mois, sur la frontière du Tonkin. Dès le début, il tenta en vain de venir jusqu'à Nanning. Puis il fut expulsé par les communistes ; mis dehors par la porte, il rentra par la fenêtre, en l'espèce les « Cent Mille Monts » et depuis près d'un an, il guette lui aussi l'occasion de venir faire un tour à l'évêché. Le 26 avril, profitant d'une éclaircie, il se mit en route, mais il dut faire demi-tour, les routes étant coupées par de nombreuses bandes de pirates.
    Un Russe s'est avisé de se rendre de Canton au Yunnan en traversant le Kouang-Si. Mal lui en prit : pillé à diverses reprises, laissé une fois pour mort au bord du fleuve, après d'innombrables aventures et de longs détours il échoua chez nous dans un piteux état.
    Tout le pays qu'il a traversé entre Longtchéou et Pésé a été ravagé par les communistes ; tous les villages ont été brûlés, les cadavres calcinés jonchent encore le sol ; de la population, il ne reste que quelques vieillards devenus fous de terreur et errant dans la montagne : voilà ce qu'il a vu!
    Le chrétien qui garde la résidence de Tai-Pin, d'où les communistes expulsèrent le P. Crocq l'an dernier, nous écrit que les soldats de passage s'installent continuellement dans l'église et qu'ils emportent tout ce qui leur plaît : entre autres choses, ils ont enlevé le paratonnerre du clocher ! C'est ainsi qu'ils protègent le pays...
    Malgré tout, Mgr Alhouy s'est mis en route pour une longue tournée dans la région N.-E. De la Mission qu'évangélisent quatre missionnaires et quatre prêtres chinois. S. E. a pu arriver, en cinq difficiles étapes par des chemins impossibles, à Eul-Pai où Elle espérait trouver le P. Peyrat ; mais la lettre qui le prévenait n'étant pas arrivée, le Père venait de partir la veille pour visiter le P. Madéore à 150 kilomètres de là.

    1931/171-172
    171-172
    Chine
    1931
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