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Lettre de Swatow

Lettre de Swatow 17 février 1931. La chrétienté de Pehné avait été complètement ruinée en 1928 par les Communistes ; église, résidence, écoles, maisons des Chrétiens, avaient été pillées, incendiées ou démolies. Les Chrétiens au nombre de 1.200 avaient dû pour la plupart s'expatrier et chercher un refuge au Siam, en Malaisie ou ailleurs ; d'autres étaient restés au pays, dispersés chez des parents ou connaissances.
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    Lettre de Swatow
    17 février 1931.
    La chrétienté de Pehné avait été complètement ruinée en 1928 par les Communistes ; église, résidence, écoles, maisons des Chrétiens, avaient été pillées, incendiées ou démolies. Les Chrétiens au nombre de 1.200 avaient dû pour la plupart s'expatrier et chercher un refuge au Siam, en Malaisie ou ailleurs ; d'autres étaient restés au pays, dispersés chez des parents ou connaissances.
    Depuis quelque temps, croyant la paix définitivement rétablie, un certain nombre commençait à revenir et à réparer leurs maisons en consolidant les murs branlants et en y mettant un toit de chaume ou de nattes de bambou. Le brave P. Becmeur qui partage depuis 40 ans les bons et les mauvais jours avec cette chrétienté, avait commencé à réparer la chapelle et l'école ; la vie chrétienne régulière allait renaître des ruines.
    Tout ce travail de restauration vient d'être anéanti. Une bande de brigands communistes qui séjourne depuis plus d'un an dans les montagnes des environs d'où elle sort de temps en temps pour razzier les villages et marchés de la plaine, a inopinément envahi le village le 9 courant au point du jour, et dévalisé toutes les maisons. Comme le maigre butin matériel ne put satisfaire leur rapacité, ils emmenèrent prisonnières vingt-deux personnes, dont plusieurs femmes et petits enfants. Une femme qui ne voulait pas suivre le convoi, fut tuée sur place, une autre grièvement blessée.
    Le P. Becmeur a échappé comme par miracle aux mains des brigands. Il se disposait à célébrer la Messe quand ils arrivèrent : il consomma à la hâte les saintes Espèces et sortit du village par une brèche du mur d'enceinte. S'apercevant de sa fuite, les brigands se mirent à sa poursuite ; ils allaient l'atteindre, quand ils rencontrèrent une femme qui se sauvait dans la même direction en emportant quelques objets de valeur ; ce fut le salut du Père. Les brigands s'arrêtèrent pour dépouiller cette femme de ce qu'elle emportait, donnant ainsi au Père le temps, de s'éloigner. Quand ils le virent déjà loin, ils se mirent à tirer sur lui ; les balles sifflaient autour du Père, heureusement sans l'atteindre. Il put ainsi gagner Kapchi, petit marché distant d'une vingtaine de kilomètres où il a un oratoire avec pied-à-terre, remerciant Dieu de l'avoir si visiblement protégé, mais pleurant la ruine de sa chrétienté qui commençait déjà à renaître des cendres de 1928. Il reste là, cherchant à grouper ses brebis dispersées, attendant le moment propice pour retourner à Pehné pour y reprendre les travaux de restauration. Que Dieu lui vienne en aide!
    Cet incident montre une fois de plus combien est précaire la situation de l'intérieur. Il y a bien par-ci par-là des soldats chargés de purger le pays et de rétablir l'ordre, mais ils se contentent le plus souvent de s'installer dans les grands centres d'où ils font des sorties contre les bandes qui se montrent trop entreprenantes. Ces bandes se sentant trop faibles pour livrer combat à des troupes armées de canons et de mitrailleuses, se retirent alors dans leurs repaires des montagnes et les soldats retournent à leurs casernements pour rédiger le bulletin de victoire.

    1931/132-133
    132-133
    Chine
    1931
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