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Les séminaires et le clergé indigène dans nos missions 2 (Suite et Fin)

Les séminaires et le clergé indigène dans nos missions (Fin 1). Les résultats obtenus par les séminaires des missions sont fort consolants : Le nombre total des prêtres indigènes en 1915 était de 984. Les missions qui en possèdent le plus sont : le Tonkin méridional 115, le Tonkin occidental 108, la Cochinchine occidentale 88, la Cochinchine septentrionale 69, le Se-tchoan oriental 57, le Cambodge 51.
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    Les séminaires
    et le clergé indigène dans nos missions
    (Fin 1).
    Les résultats obtenus par les séminaires des missions sont fort consolants : Le nombre total des prêtres indigènes en 1915 était de 984.
    Les missions qui en possèdent le plus sont : le Tonkin méridional 115, le Tonkin occidental 108, la Cochinchine occidentale 88, la Cochinchine septentrionale 69, le Se-tchoan oriental 57, le Cambodge 51.
    Tous ou presque tous appartiennent à des familles chrétiennes depuis plusieurs générations ; car il est impossible, sauf exception très rare, de songer à élever au sacerdoce soit de nouveaux convertis, soit des enfants de néophytes.
    Et c'est, pour le dire en passant, une réflexion que n'ont pas faite ceux qui, calculant uniquement le nombre des chrétiens et celui des prêtres indigènes, ont jugé ce dernier fort minime et peu en rapport avec le total des catholiques. Il importe de compter uniquement les anciens chrétiens comme sources du recrutement sacerdotal.

    144. Shukyô no hitsuyô wo ronjite Tenshu no souzai ni oyobu. Existence de Dieu par M. KAWAGUCHI.
    145. Moize no sekai-kaibyaku-ron. Cosmogonie mosaïque, par M. SAURET. Kurume, 1889, in-12, pp. 17.
    146. Banbutsu no hongen. L'origine des êtres, par M. SAURET. Kurume, 1re édit., 1889, in-12, pp. 136 ; 2e édit., 1890, in-12, pp. 294.
    147. Jinrui no hongen. La vraie origine de l'espèce humaine, par M. SAURET. Kurume, 1891, 2 vol., in-12, pp. 100, 60.
    148. Zôsha to jinrui no Kankei. Rapports entre le Créateur et le genre humain, par LA CHRÉTIENTÉ DE MATSUMOTO. Tôkyô, 1892, in-12, pp. 10.

    1. Voir Ann. M.-E septembre octobre 1916, no 111, p. 166.
    ERRATA. Dans le précédent article nous avons fait une erreur page 168, 14e ligne en disant : « Que la mission de Nagasaki a dû, faute de ressources, fermer son séminaire ». Elle a seulement été obligée de restreindre le nombre de ses séminaristes.

    Dans ces conditions, les missions donnent un prêtre sur 600 catholiques. La moyenne ne s'éloigne pas beaucoup, on le voit, de celle du recrutement en France.
    Cette moyenne ne comprend pas les missions de l'Inde, qui présentent au recrutement sacerdotal un obstacle particulier et insurmontable, qu'en 1877 Mgr Laouenan exposait ainsi :
    « La population du Vicariat de Pondichéry en nombre rond étant de 170.000 chrétiens, je pose en fait qu'environ 120.000, ou peut-être 130.000, sont de parias. Sur les 30.000 ou 40.000 qui restent, les deux tiers appartiennent à des castes réputées dans le pays peu honorables, et qui, de fait, sont peu honorées. Il ne reste que les castes tout à fait supérieures comptant 15.000 âmes, parmi lesquelles nous puissions recruter notre clergé.
    « Et ici, il n'y a pas à dire, à invoquer les principes d'égalité ; un prêtre paria, ou d'une caste inférieure, serait méprisé ; il ferait mépriser le sacerdoce et l'état ecclésiastique ; ses coassociés de caste eux-mêmes le mépriseraient ; son sacerdoce serait stérile, impossible ».
    A cette époque, le Vicariat apostolique de Pondichéry comptait 26 prêtres indigènes. Aujourd'hui, le même territoire, comprenant les diocèses de Pondichéry et de Kumbakônam, en possède 40 ; et les fidèles parmi lesquels on peut choisir des prêtres ne dépassent pas le chiffre de 25.000.

    ***

    Ces questions de statistique étudiées, il n'est pas sans intérêt de rechercher si, par ses qualités et par ses services, le clergé indigène a répondu aux espérances de ses promoteurs.
    On peut hardiment répondre par l'affirmative et par une affirmative absolue. Ces prêtres travaillent avec conscience, dignité et dévouement.
    Des défauts de caractère, de race, de caste, ils en ont comme tout le monde ; mais ils n'en ont assurément pas le monopole, et je ne sache pas sous le soleil un pays où les hommes soient jugés parfaits par leurs semblables. Ils peuvent se perfectionner, comme le clergé de France et d'ailleurs, devenir plus savants, plus pieux, plus zélés, plus humbles ; ils peuvent diminuer leurs préjugés, parce qu'il est toujours possible d'augmenter ses vertus et ses qualités ; mais, comme le disait en 1849 Mgr Bonnand : « Nous avons à perfectionner notre clergé indigène, nous n'avons pas à le modifier dans ses lignes essentielles ».
    En dehors de leurs travaux, uniquement par leur présence et leurs fonctions, les prêtres indigènes acclimatent le catholicisme dans des contrées où règne la défiance à l'égard de tout ce qui vient du dehors ; ils sont peut-être la meilleure preuve aux yeux des païens que la religion du Christ est universelle.
    Ce sont là des traits généraux qu'il ne sera pas sans intérêt de préciser par quelques pages d'histoire et par quelques portraits.
    Parmi les avantages qu'en 1658 les promoteurs du clergé indigène énuméraient, ils indiquaient l'aide qu'en temps de paix ils donneraient aux ouvriers apostoliques trop peu nombreux ; et, en temps de persécution, la nécessité de les suppléer. L'exactitude de ces affirmations fut de vérification facile. M. Deydier au Tonkin, et M. Brindeau en Cochinchine, en eurent les premiers la preuve, puisqu'ils ne trouvèrent que des catéchistes pour prendre soin des chrétiens.
    Les prêtres, formés par eux et ordonnés en 1668 et en 1670, durent donc immédiatement remplacer les missionnaires absents. Au Tonkin, ils étaient au nombre de 9. Le plus âgé, Martin Mat, avait 68 ans ; le plus jeune, Vite Tri, 30 ; on avait dérogé en sa faveur, à cause de sa vertu et de sa prudence, à la décision prise de ne pas ordonner d'indigène âgé de moins de 40 ans.
    Chacun d'eux fut placé â la tête d'un des districts dont Mgr Lambert de La Motte fixa les délimitations.
    Voici, en chiffres, les résultats des travaux de ces premiers prêtres tonkinois :

    ANNÉES BAPTÊMES CONFESSIONS

    1673 . . . . 5.386 46.167
    1674 . . . . 6.690 53.045
    1675 . . . . 8.831 55.432
    1676 . . . . 7.769 56.100
    1677 . . . . 6.523 56.910

    Eloquente dans sa brièveté, cette statistique est la preuve la plus palpable du zèle de ce clergé naissant, et le plus sûr témoignage des bénédictions que Dieu répandait sur son action.
    A la fin du XVIIIe siècle, les cinq missions que dirigeait alors la Société des Missions Etrangères comptaient 130 prêtres indigènes qui furent grandement utiles, lorsque la Révolution française vint supprimer à peu près tout recrutement apostolique en Europe.
    Grâce à eux, les missions se conservèrent, on devrait dire qu'elles prospérèrent : le Se-tchoan, en effet, qui renfermait 25.000 catholiques en 1805, en avait 40.000 dix ans plus tard ; le Tonkin et la Cochinchine enregistraient chaque année de 500 à 1.200 conversions.
    Voici l'époque des grandes persécutions : de 1815 à 1825, le Se-tchoan est affligé par le martyre de son évêque, celui de quatre prêtres indigènes et de nombreux chrétiens ; de 1833 à 1862, l'Eglise d'Annam, des frontières du Cambodge à celles de Chine, est noyée dans le sang de ses enfants.
    C'est ici le cas de répéter les paroles écrites par le P. de Rhodes, avant la fondation des Missions Etrangères : Nous avons tout sujet de craindre qu'il n'arrive à l'Eglise d'Annam ce qui est arrivé à celle du Japon ».

    ***

    Mais les précautions ont été prises ; les chrétiens pourront continuer leurs pratiques religieuses, les prisonniers recevoir le saint viatique, les apostats être réconciliés, et les condamnés trouver sur la route du martyre une main pour les absoudre.
    Les prêtres indigènes eux-mêmes deviennent les meilleurs recruteurs du clergé de leur pays.

    Pierre Khanh instruisit plus de 40 séminaristes, dont 8 furent prêtres avant sa mort ; Jean Hoan compta 11 de ses élèves promus au sacerdoce ; Paul Bao-Tinh, supérieur du séminaire de Vinh-tri, obtint du gouverneur de la province de Nam dinh l'autorisation de fonder un séminaire, que l'on désigna sous le nom de « collège pour l'étude des belles-lettres».
    Hélas ! Ce n'était pas trop de toutes les bonnes volontés pour remplacer ceux dont les têtes tombaient sous le sabre du bourreau.
    De septembre 1858 à juin 1862, le Tonkin occidental compta 31 prêtres martyrs ; le Tonkin méridional 20, la Cochinchine septentrionale 4, la Cochinchine orientale 21, et la Cochinchine occidentale 3. Au total 79 en quatre ans.
    Parmi eux, on en trouve de jeunes, enlevés aux premiers jours de leur carrière apostolique : tels, le cochinchinois Pierre Luu, décapité à Chau-doc en 1859. Des vieillards repoussent avec autant de courage les propositions d'apostasie qu'on leur adresse. Pressé de fouler aux pieds la croix, le prêtre tonkinois, Jacques Nam, s'écrie :
    « Comment, moi, je suis prêtre, et je foulerais aux pieds l'image de Celui que j'adore ! J'abandonnerais la religion véritable dont je suis le ministre ! Ne dois-je pas pratiquer la doctrine que j'ai prêchée aux autres ? Il faut plutôt mourir que d'abandonner la religion. Eh ! Qui donc mourra pour sa foi, si le prêtre s'y refuse ? »
    A l'extrémité du continent asiatique, dans la Corée où les missionnaires n'étaient apparus que pour mourir, le prêtre André Kim, par sa vie pleine de labeurs, de périls et de misères, par son étonnant courage, arrachera à ses juges ce cri : « Pauvre jeune homme, dans quels terribles travaux il a toujours été depuis l'enfance ». Et combien cette pitié était méritée !
    Tout jeune et désireux de se consacrer à Dieu, André Kim quitte son pays avec deux compagnons, met huit mois pour arriver, à travers la Mandchourie et la Chine, jusqu'à Macao à la procure des Missions Etrangères. Dès qu'il sait balbutier le latin, il devient interprète du commandant français Cécile sur l'Erigone, en 1842. Du Chan-tong il passe en Mandchourie, et essaie de pénétrer en Corée par la côte ouest. Après avoir erré pendant deux jours sans prendre aucune nourriture, accablé de lassitude, mourant de faim, il franchit sur la glace le fleuve frontière et revient dans le Leao-tong. Plus heureux dans une seconde tentative, il atteint Séoul, achète une maison pour loger son Vicaire apostolique, et un bateau pour aller le chercher en Chine. Il se lance en pleine mer sur une barque de 25 pieds de long, et malgré la tempête qui a brisé le mât, déchiré les voiles, et emporté le gouvernail de son frêle esquif, il arrive à Chang-haï. Il a la présence d'esprit de mouiller au milieu des navires anglais en station, et grande est la surprise des officiers, quand ils entendent André Kim leur crier en français : « Moi, Coréen, je demande votre protection ! » Il est ordonné prêtre le 17 août 1845, et huit jours après, prenant secrètement à bord son évêque Mgr Ferréol, et un missionnaire M. Daveluy, il fait voile vers la Corée où il débarque le 12 octobre.
    A peine arrivé, Mgr Ferréol, cherchant à ouvrir une autre voie de communication aux ouvriers apostoliques, envoie André Kim s'informer des barques qui naviguent sur les côtes coréennes, et se mettre en rapport avec quelques pêcheurs chinois. L'intrépide apôtre avait heureusement rempli sa mission, quand il est pris par les mandarins, condamné à mort et exécuté le 16 septembre 1846, à l'âge de 25 ans.
    Parmi les prêtres d'Extrême-Orient martyrs à cette époque douloureusement glorieuse, l'Eglise en a élevé au rang des Bienheureux 18 en 1900, et 7 en 1909.

    ***

    Actuellement, placés à la tète de paroisses, tantôt seuls, tantôt sous la direction de missionnaires, les prêtres indigènes ont à gouverner, au Tonkin et à Pondichéry, chacun de 3.000 à 4.000 fidèles ; en Corée, en Cochinchine et au Japon de 1.000 à 1.200, ou bien quelques centaines de chrétiens très dispersés dans les montagnes du Yun-nan, du Kouy-tcheou et du Se-tchoan.
    D'autres sont professeurs dans les petits séminaires. Plusieurs composent ou traduisent des livres de piété et de doctrine, dont le style est fort goûté. Nous ne pouvons présenter ici un catalogue de leurs ouvrages ; voici quelques titres :
    Sebattiana parvadam (Montagne de la prière et de la méditation) ; Gnanamirda taganam (Réservoir d'ambroisie spirituelle) ; Anuchtana libiguei (Flambeau de l'observation), du prêtre Louis : Gnana nadei (Voie spirituelle), par le prêtre Aloysius : Motcha radari (Passeport pour le ciel), par le prêtre Rattinanader ; Ieju talei sarppa sangaram (Destruction des sept serpents capitaux), par Arokianader. Les auteurs ou traducteurs de ces ouvrages appartiennent à la mission de Pondichéry.
    Nous connaissons une trentaine d'ouvrages faits par des prêtres japonais, et une vingtaine par des prêtres annamites.
    Les principaux sont, au Japon : Shutoku shinan (Perfection chrétienne, de Rodriguez), traduction et adaptation par M. Kataoka ; Seitai hai ryoben (La Communion fréquente, de Mgr de Ségur), traduction par M. Ishibashi ; du même, Mirai nokibo (Le Chemin de la vie future) et Zaigen Sebatsu (La lutte contre les péchés capitaux) ; Kenteki (Sermons), par M. Araya ; Seibo Maria no 7 no kana shimi (Les sept Douleurs de la Sainte Vierge, de saint Alphonse de Liguori), et Seitai homon (Visites au Saint Sacrement), traduction et adaptation par M. Urakava.
    En Cochinchince occidentale, M. Qui a publié Sach gam quanh nam (Méditations pour tous les jours de l'année), en 5 volumes ; Hanh ong thanh Luy Gonzaga (Vie de saint Louis de Gonzague) ; Hanh Ba co lôc Magarita Maria (Vie de la Bienheureuse Marguerite-Marie).
    Le prêtre le plus connu du Tonkin occidental, le P. Six, a composé des poésies admirées des lettrés annamites ; mais c'est moins par son talent littéraire que par son habileté diplomatique et son administration heureuse, qu'il est célèbre parmi ses compatriotes et parmi les Français de l'IndoChine. De son vrai nom, le P. Six, mort en 1899, s'appelait Triem ; mais comme il avait été diacre pendant longtemps, que le diaconat est le sixième ordre, on prit et on garda l'habitude de lui donner le nom de Six. Il était âgé d'environ 30 ans, lorsque, pendant la persécution de 1860, une sentence d'exil l'envoya dans la région de Lang son. Il y força, par son caractère et sa science littéraire déjà grande, l'estime des mandarins provinciaux, qui le donnèrent comme précepteur à leurs enfants, et lui permirent même de rompre provisoirement son exil pour aller dans le delta se faire ordonner prêtre par Mgr Jeantet ; puis il retourna à Lang son.
    Libéré lors de la pacification religieuse, 1862-1863, il fut nommé curé de Phat-diem, non loin de la mer. Il groupa autour de lui des centaines de païens qu'il convertit, les plaça dans divers villages, les aida à se procurer les premiers fonds nécessaires pour leurs travaux, et les protégea contre les dangers. Il fit accorder à la mission des terrains alluvionnaires que plusieurs tentatives précédentes n'avaient pu mettre en valeur ; puis il conçut un plan d'ensemble comprenant l'élévation de digues, le creusement de canaux, l'établissement de chasses d'eau pour le lavage des terres salines ; il sut y intéresser la population, et le faire exécuter par des corvées de volontaires qui avaient deviné l'utilité du résultat cherché. Aujourd'hui de nombreux villages s'enrichissent du produit des rizières ainsi conquises sur la mer.
    Son action religieuse fut grande. Les chrétientés placées sous sa direction reçurent de lui de sages règlements qu'il fit observer, et la population du district de Phat-diem est aujourd'hui foncièrement catholique. Il construisit dans sa résidence une église qui révèle une véritable originalité de conception : longue de 80 mètres, haute de 20, édifiée en blocs de granit, elle est, a t-on dit, « le premier type de la traduction architecturale du catholicisme d'après la conception annamite ».
    Au point de vue pontique, la situation du P. Six fut délicate pendant la conquête du Tonkin par la France, puisqu'il appartenait par son origine au peuple conquis ; et aussi pendant la paix, car son prestige inquiétait quelques fonctionnaires ombrageux. Mais il déploya une habileté si parfaite, que le gouvernement annamite le nomma ministre honoraire des rites, délégué royal pour le Ninh-binh et le Thanh hoa, et commandeur du Dragon de l'Annam, tandis que le gouvernement français le décorait de la rosette d'officier de la Légion d'honneur.

    ***

    Lorsque la maladie ou la vieillesse force ces prêtres au repos, ils trouvent, soit dans les séminaires, soit dans des sanatoriums à leur usage exclusif, les soins et le calme dont ils ont besoin. Le sanatorium établi par Mgr Mossard, pour ceux de la mission de la Cochinchine occidentale, est situé non loin de Saigon, dans la vaste plaine de Chi-hoa. L'air y est pur, et une belle chapelle ornée de nombreux autels y a été construite en 1902.
    A leur décès, tous ont droit à trois messes célébrées par les missionnaires et par les prêtres indigènes du Vicariat auquel ils appartiennent.

    ***

    Après avoir exposé brièvement le bien fait dans nos missions par nos prêtres indigènes, qu'il nous soit permis d'engager nos lecteurs à nous aider à en augmenter le nombre par leurs aumônes, quand leur situation de fortune le permet.
    Nous avons dit dans un précédent article que le prix de la pension d'un séminariste était de 200 à 300 francs, que l'on pouvait chaque année verser cette somme au supérieur d'une mission, ou, si on le préférait, fonder cette rente en versant un capital de 3.500 à 4.000 fr. Mais, il ne suffit pas de former un clergé indigène, il faut le faire vivre.
    Or, bien des missions n'ont pas des ressources suffisantes pour en entretenir autant qu'elles en pourraient former.
    Le viatique d'un prêtre indigène est dans certaines missions de 200 francs, dans d'autres, au Japon par exemple, où la vie est plus chère, il s'élève à 600 francs.
    Ces chiffres sont certainement fort modestes ; et l'on ne peut pas dire qu'un pareil viatique permette aux prêtres indigènes d'arriver à la fortune.
    Mais quand ce viatique doit être versé par une mission qui possède 25 ou 50 prêtres, la dépense qui varie de 5.000 à 30.000 francs ne laisse pas de dépasser les ressources.
    Déjà, nous sommes heureux de le dire, plusieurs personnes parmi les Associées de notre OEuvre ont fondé en faveur du clergé indigène des bourses qui constituent le viatique d'un ou de plusieurs prêtres.
    D'autres, nous le voulons espérer, sentiront en leur coeur la même générosité si grandement utile, non seulement au salut des païens, mais aussi au leur, puisqu'un intercesseur montera chaque jour au saint autel, et tenant en mains le corps et le sang du divin Sauveur, il demandera dans une prière reconnaissante, pour ses bienfaiteurs et bienfaitrices, protection et miséricorde.

    Nous croyons avoir répondu assez complètement aux questions qui nous ont été posées ; mais si quelques-uns de nos lecteurs désiraient de plus amples explications, qu'ils veuillent bien nous les demander ; de grand coeur nous les leur donnerons.

    1917/41-47
    41-47
    Chine
    1917
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