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Les restes mortels de Mgr Pallu

Les restes mortels de Mgr Pallu REVENUS A LA SOCIÉTÉ DES MISSIONS ÉTRANGÈRES RELATION DE M. P. G. GUÉNEAU Missionnaire apostolique Gloria filiorum Pater eorum (Prov. XVII 6.) I. Mgr Pallu, principal fondateur de la Société. Ses travaux, sa mort. 1658-1684.
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    Les restes mortels de Mgr Pallu

    REVENUS A LA SOCIÉTÉ DES MISSIONS ÉTRANGÈRES

    RELATION DE M. P. G. GUÉNEAU

    Missionnaire apostolique

    Gloria filiorum Pater eorum (Prov. XVII 6.)

    I. Mgr Pallu, principal fondateur de la Société.
    Ses travaux, sa mort. 1658-1684.

    MGR François Pallu, né à Tours en 16261 avait été d'abord chanoine de la basilique de Saint-Martin avant de devenir le premier évêque et le principal fondateur de la Société des Missions Etrangères de Paris. Il fut nommé évêque en même temps que Mgr Lambert de la Motte, par le pape Alexandre VII en 1658. Ce titre de « principal fondateur », il le mérite par ses démarches sans nombre à Paris, à Rome, dans toute la France, auprès du Pape, du Roi, du Clergé et des grands, afin d'assurer à la Société, alors naissante, l'approbation, la bienveillance, la vitalité et les ressources dont elle ne pouvait se passer. Trois voyages d'Europe en Extrême-Orient, des efforts, des travaux, des fatigues, des sollicitudes inconcevables pour les hommes d'à présent eurent tous pour objet d'établir, de défendre, de consolider et d'étendre la Société. Dès le commencement, l'autorité qu'il avait reçue du Saint Siège sur les Missions était immense : elle s'étendait sur la majeure partie de la Chine, sur le Tonkin et sur le Laos. C'est au cours de son dernier voyage à Rome qu'il reçut le titre d'administrateur général des Missions de Chine et de vicaire apostolique du Fo-kien.

    1. Paroisse de Saint Saturnin de Tours, 1626, 31 août. Baptême de François Pallu, fils de noble homme Etienne Pallu, conseiller advocat du Roy au bailliage et siège royal de Tours et de damoiselle Marguerite Gaultier. Parrain noble Jacques Gaultier, sieur de la Crousilière ; marraine damoiselle Suzanne Hardy femme de Jacques.....écuyer, sieur de La Noue.

    JANVIER FÉVRIER 1913, N° 91.

    Mais à peine arrivé à Amoy ou Emouy, sur le littoral, et à Fou-tcheou, capitale de cette province du Fo-kien et centre de son Vicariat, il y trouva, hélas ! Le terme de sa longue et laborieuse carrière, d'un glorieux et fécond épiscopat de 25 ans. Sentant ses forces épuisées, il se retira, vers juillet 1684 dans la partie septentrionale du Vicariat, celle qui forme aujourd'hui la sous-préfecture de Fo gan. Là, il tâcha encore de se rendre utile aux missionnaires Dominicains, qui l'avaient précédé dans ce pays, et qui, immédiatement, avaient reconnu sa juridiction. Enfin, il succomba dans la petite ville de Mo yang, le 29 octobre 1684, consumé de travaux et riche de mérites de toutes sortes. Il fut assisté à ses derniers moments par M. Charles Maigrot, son compagnon de voyage, de la même Société des Missions Etrangères, et par un religieux de Saint Dominique. Tandis que, selon les coutumes chinoises, on lui préparait un tombeau, son corps demeura, pendant deux mois environ, déposé dans la petite église ou dans le presbytère de Mo yang1.

    II. Le tombeau, sa description, sa garde, son état actuel.

    Le lieu du tombeau est au couchant de Mo yang. Pour y parvenir, il fallait passer d'abord un petit cours d'eau, puis avancer à travers des champs de riz, de patates, et autres cultures, pendant à peu près une demi-heure de marche, Avec le temps, entre ce cours d'eau et l'endroit de la sépulture, il s'est établi un village appelé Kong-shu. C'est donc sur le territoire de ce village que se trouvait, dans ces derniers temps, la tombe de Mgr Pallu. On y accède en traversant, au delà de ce village, de nouveaux champs également cultivés, jusqu'à une petite colline élevée seulement de quelques mètres au-dessus des champs. Derrière cette colline, à une faible distance, se dresse une chaîne de petites montagnes, qui ferme de ce côté la belle vallée de Mo yang. La colline, à cause des nombreux chrétiens (missionnaires, dont deux évêques dominicains, et simples fidèles) qui y sont ensevelis se nomme le « campo santo » ou la « sainte montagne ». Malheureusement des cadavres de païens y ont aussi reçu leur sépulture dans la suite des temps. Le monument de Mgr Pallu est en bas, dominant de cinq ou six pieds la rizière voisine. C'est un tombeau fait dans la forme chinoise : en arrière et taillée dans la colline, une excavation revêtue d'un mur de chaux en fer à cheval et en plan incliné ; au milieu, une pierre encastrée, debout ; devant le caveau proprement dit en avant, un espace uni et pavé de dalles de granit.

    1. Des Dominicains qui eurent les plus fréquentes relations avec Mgr Pallu, nous en connaissons trois : le P. François Varo qui rend de Mgr Pallu un très beau témoignage dans sa lettre à ses supérieurs de Manille et dont le tombeau est à quelques pas de celui de Mgr Pallu, car il mourut à Mo yang en 1687 avant d'avoir reçu la bulle qui le nommait évêque de Lindien ; le P. Trigueros ; et le P. Magino Ventallol qui fut nommé évêque de Carysto et vicaire apostolique du Fo-kien, mais ne consentit pas à se laisser sacrer, et mourut à Canton en 1732.

    Avant sa restauration récente, voici comment le décrivait M. Delamarre, de notre Société, missionnaire du Se-tchoan, qui le visita en 1836 : « C'est une simple pierre de deux pieds et demi, montée verticalement sur un amas de briques. Derrière, et dans une cavité creusée dans le flanc de la montagne, repose le cercueil, recouvert par des briques en forme de dôme. En avant, est une enceinte circulaire, aussi en briques qui peut avoir trois pieds de rayon ». Ruiné par le temps, ce tombeau a été restauré et remis en état, en 1874, par les soins du Séminaire des Missions Etrangères, de concert avec les missionnaires dominicains2, tout en gardant la forme primitive. Dans cet espace de 35 ans déjà écoulés, le temps l'a complètement noirci, mais il est parfaitement conservé ; et, du reste, comme on l'expliquera tout à l'heure, les pères Dominicains veillaient à sa conservation et le visitaient souvent. L'inscription est gravée sur une pierre de granit verdâtre ; est-ce celle qu'a vue, le P. Delamarre ? Elle mentionne, en caractères chinois, la date de la mort du Prélat, celle de sa sépulture, (environ deux mois après sa mort) le 10 janvier 1685 ; et, gravée longtemps après, lors de la restauration, la date de cette restauration même. La photographie que nous envoyons donne l'idée de ce monument dans son état actuel, il y a à peine deux ou trois mois. Ce tombeau m'a paru vraiment convenable, ni mesquin, ni fastueux, mais digne d'un évêque missionnaire. Quant à la garde de ce monument et des précieux restes de Monseigneur d'Héliopolis, tant que vécut Mgr Maigrot, sou compagnon et son successeur comme Vicaire apostolique, avec le titre d'évêque de Conon, ce fut lui naturellement qui en prit soin. Mais en 1706, Mgr Maigrot, chassé de sa mission par l'empereur de Chine, revenait en Europe, et la persécution continuait à travers l'Empire, avec quelques rares accalmies pendant tout le XVIIIe siècle.
    De 1776 à 1843, il y eut des missionnaires des Missions Etrangères qui vinrent travailler dans le Fo-kien, dirigeant le district de Hinghoa ; mais cette région qui confine au Vicariat apostolique actuel d'Amoy, est à six jours environ de barque de Mo yang situé, nous l'avons dit, au nord du Fo-kien, presque sur les frontières du Tchekiang, et de temps à autre ils pouvaient aller s'agenouiller sur le tombeau du fondateur des Missions Etrangères. De leur côté, les Dominicains, missionnaires dans le voisinage, veillaient autant que le leur permettaient les circonstances, à la conservation du précieux monument. Ils firent de plus partager à leurs chrétiens la profonde vénération que leur avaient léguée leurs aînés, les François Varo et les Martin Ventallol, contemporains, collaborateurs et admirateurs de l'illustre évêque. Malgré cette religieuse vénération, il n'en était cependant pas moins vrai que, par le malheur des temps, les restes de Mgr Pallu étaient et demeuraient, depuis deux siècles entiers, en dehors de sa famille des Missions Etrangères.

    III Cession du corps de Mgr Pallu ; voyage à Fou-tcheou et à Mo yang juin juillet 1912.

    Ce fut au mois de juin de cette année 1912, que Dieu daigna exaucer nos désirs et ménager, grâce à la bienveillance de Mgr Aguirre, le retour parmi nous de la dépouille vénérable de notre Fondateur. Du vivant de son prédécesseur, Mgr Masot, une démarche officielle avait été faite et une demande adressée formellement au Prélat, pour obtenir qu'il consentit à se dessaisir de son précieux dépôt de Mo yang, mais elle fut sans résultat. Mgr Masot avait répondu : « que si les restes de Mgr Pallu étaient précieux pour la Société des Missions Etrangères, ils l'étaient aussi pour sa mission, qu'il était reconnaissant à la divine Providence et s'estimait honoré d'avoir reçu la garde d'un tel tombeau, et qu'il se faisait un devoir de le conserver, et de l'entretenir avec soin ».
    Mgr Masot étant mort l'année dernière, Mgr Aguirre fut choisie, cette année, pour lui succéder. La même demande lui fut presque aussitôt renouvelée par notre Procureur général de Hong kong, M. L. Robert, et cette fois, avec plein succès. Le nouveau prélat se souvenait que, ayant commencé autrefois sa vie de missionnaire sur les confins du Kouang-tong et du Fo-kien, il y avait reçu de ses voisins des Missions Etrangères de bons et précieux services. Devenu évêque, il voulut s'en montrer reconnaissant, et, vraiment, il ne pouvait le faire d'une façon tout à la fois plus digne, plus délicate. La requête présentée par M. Léon Robert, au nom de la Société fut donc immédiatement accueillie, et Mgr Aguirre, passant par Hong kong, pour aller au Tonkin se faire sacrer chez ses confrères, les Dominicains, ratifia de vive voix la cession déjà faite par écrit, et nous remit de lui-même quelques photographies du tombeau. Il fut alors décidé que lors du retour de l'évêque dans sa mission, un Père de notre Société, monterait avec lui au Fo-kien et irait procéder à l'ouverture du tombeau, pour recueillir et rapporter ce que l'on trouverait encore, après deux siècles et plus, des restes vénérés. J'obtins de M. Louis Boulanger, directeur du Séminaire des Missions Etrangères et supérieur actuel de la maison de Nazareth à Hong kong, la permission et la députation, pour aller remplir ce devoir de famille et de piété filiale. Quelques semaines plus tard, Mgr Aguirre, revenant du Tonkin, me prenait avec lui à bord du « Haitan » ; c'était le 16 juillet 1912. Trois jours après, nous débarquions dans la rivière Ming, à 13 lieues de son embouchure, dans la capitale du Fo-kien, à Fou-tcheou, résidence du Vicaire apostolique.
    Dans cet intéressant pays, les déplacements et les voyages ne sont pas aussi rapides qu'en France : ni chemins de fer, ni automobiles, ni aéroplanes n'y ont encore fait leur apparition. Les bateaux à vapeur s'arrêtent discrètement sur la côte, comme s'ils redoutaient de s'avancer et de s'aventurer sur les rivières de l'intérieur, et ils ne quittent pas Fou-tcheou tous les jours. A la saison du thé, il est vrai qu'ils vont en plus grand nombre, et fournissent ainsi aux voyageurs des occasions plus fréquentes, mais je ne venais pas malheureusement dans cette saison plus favorable ; c'est pourquoi j'attendis six jours à Fou-tcheou, qu'un bateau partit pour faire une partie du voyage de Mo yang.
    Nous embarquâmes quatre : le P. Elladio Lorenzo, dominicain, mon guide et compagnon, auquel Mgr Aguirre me confiait et qui connaissait parfaitement le pays et la langue de cette région ; moi et deux serviteurs, jeunes gens de ce même pays de Fo-gan. Un léger steamer, après une nuit de voyage sur la rivière Ming et sur la mer, à travers les îles de la côte de Chine, nous transportait à un petit port ouvert, nommé « Sam-touy » ou « Sam-toa » vers le nord. Là vient se jeter la rivière de « Fo gan » (j'ignore son nom chinois).
    Il fallut dès lors renoncer à la vapeur, pour nous confier aux rames des bateliers, ou bien attendre un vent favorable ; or, du vent, il n'y en avait pas un souffle en cet endroit, et le reflux nous était contraire, donc impossibilité de partir. Il n'y avait qu'à nous résigner à 6 heures d'arrêt. Au bout de ce temps, marée et vent nous favorisèrent, et, sur les 7 heures du soir, nous arrivions heureusement au petit village de « Heang ». Il a sa notoriété dans l'histoire ; car, dans ses environs, naquit le premier et unique évêque indigène que la Chine ait donné à l'Eglise, Mgr Grégoire Lopez, sur la fin du XVIIe siècle, précisément vers le temps de Mgr Pallu. Membre de l'Ordre de Saint Dominique, Grégoire Lô reçut, pour son nom, une désinence qui l'hispanisa et que l'histoire a conservée : Grégoire Lopez. Il mourut à Nankin, après quelques années d'épiscopat.
    Dans la rivière de « Fo gan » se jette à peu de distance du village ci-dessus, la rivière dite de « Mo yang ». Ce petit cours d'eau n'a d'autre source que la pluie qui tombe des collines dans les vallées et vient se creuser, à la partie plus basse, un lit sans profondeur ; il part des collines qui enclosent la belle et fertile vallée de Mo yang et peut avoir, serpentant au milieu des petites chaînes de collines et de petites plaines, une trentaine de kilomètres. Aux grandes pluies, son courant naturellement est assez fort, et heureux les bateliers aux petites barques, (on n'en voit pas de grosses sur une telle rivière) qui descendent alors au fil de l'eau ! Mais par contre, malheur à ceux qui doivent, à force de rames et de gaffes, remonter ce courant ; qu'ils avanceront peu, en beaucoup de temps ! Nous remontions, nous, cette rivière à la rame et en petite barque ; les pluies ne l'avaient heureusement pas trop grossie ; il nous fallut néanmoins 7 bonnes heures avant d'arriver au terme.
    Nous fîmes d'abord halte au village tout chrétien de Ké-sen, déjà ancien, et où fut, pendant quelque temps, le grand séminaire de la Mission (transféré maintenant à Fou-tcheou, près de l'évêché). Ké-sen est administré par le P. Michel Vila, aimable missionnaire, plein de zèle et d'une précieuse érudition historique ; il partage son temps entre les séances prolongées du confessionnal, la visite de son troupeau et la lecture de ses livres. Il m'obligea beaucoup en me prêtant quelques ouvrages où je tâchai de compléter mes propres connaissances, soit sur Mgr Pallu, soit sur ses collaborateurs, les PP. Dominicains. Qu'il me soit permis ici de le remercier de tout coeur, des services qu'il m'a rendus, pendant que j'eus le bonheur d'être son hôte. Mgr Aguirre lui avait écrit de venir avec moi à Mo yang pour être aussi son délégué à l'ouverture du tombeau. Tandis que le P. Elladio prenait un peu de repos à Ké-sen, son ancien poste, nous achevions do remonter la rivière, le P. Vila et moi, et parvenions enfin à Mo-yang, dans la soirée du mardi 30 juillet. La chrétienté de cette petite ville est d'environ 2.500 âmes sur 10.000 et a pour missionnaire le P. François Pagès ; celle de Kong-shu, de l'autre côté de la rivière, a le même chiffre à peu près de fidèles et est confiée au P. Silvestre Garcia. Nous attendîmes trois ou quatre jours l'arrivée d'un photographe, que l'on avait fait prévenir, et que le P. Elladio Lorenzo devait amener avec lui : cet homme ne vint pas. D'autre part, les offices du dimanche (4 août), contraignirent un des Pères délégués à retourner à Ké-sen. Il avait donc été décidé finalement que nous irions procéder à l'ouverture du tombeau dans l'après-midi du lundi (5-août). Est-il besoin de dire que, durant ces jours, je m'étais fait conduire en pèlerinage au « campo santo », et que là, sur cette tombe aussi chère que vénérée, j'avais prié notre grand évêque pour toute la Société des Missions Etrangères, qui allait enfin le recouvrer. Mais que de fois durant le voyage de Hong Kong à Mo yang, je m'étais demandé, le cur plein d'inquiétude ; « Qu'est-ce que je vais retrouver derrière cette pierre funèbre, dans ce caveau sépulcral ? Qu'est-ce que la mort et cette longue suite de 228 années auront fait de celui qui a été Mgr Pallu ? »

    IV. Ouverture du tombeau ; reconnaissance des restes.
    5 août 1912.

    Le matin de ce jour, 5 août 1912, Dieu me ménagea, au presbytère de Kong-shu où j'étais arrivé dès la veille, une bien grande joie, un bonheur aussi vrai que sensible. Je reçus deux lettres de deux membres de la Société, l'une du P. Desgodins, missionnaire du Thibet, et l'autre du P. Léon Robert, notre Procureur général. N'était-ce pas, en effet, une heureuse et délicate attention de la bonne Providence, de me mettre entre les mains, en un tel jour et en un tel endroit, ces deux écrits, comme si elle m'envoyait deux assesseurs, et des plus autorisés : le doyen d'âge et de mission de notre Société, représentant ainsi tous mes confrères des Missions Etrangères travaillant dans le champ de l'apostolat ; le vénérable P. Desgodins, en effet compte 86 ans d'âge, dont 57 de travaux apostoliques dans la mission du Thibet ; et le Procureur général de Hong-kong représentant de mes confrères employés, comme moi, dans nos Etablissements communs, et de plus, l'auteur de la demande officielle à Mgr Aguirre.
    Nous partîmes de Kong-shu à l'heure fixée : les PP. Vila, Pagès, Garcia et Lorenzo, délégués de Mgr Aguirre, et moi, pour le « campo santo ». J'apportais trois voiles de soie blanche tout neufs que m'avait offerts la soeur Félicie, supérieure des Soeurs françaises de Saint Pau de Chartres à Hong Kong ; nous avions pris aussi, au presbytère du P. Garcia, deux caisses provisoires, d'inégale grandeur ; le tout destiné à envelopper et à transporter ce que le tombeau nous livrerait. Nous commençâmes par asperger le tombeau d'eau bénite, et puis fut récité le De profundis. Alors, délégué de la Société des Missions Etrangères de Paris, je priai officiellement les PP. Dominicains, délégués du vicaire apostolique du Fo-kien, de vouloir bien me remettre en son nom, pour la dite Société, ce que nous trouverions des restes de Mgr Pallu, dans son tombeau que nous allions ouvrir. Sur leur réponse affirmative, on fit signe à l'ouvrier de commencer son travail. Il était environ 4 heures et demie du soir. L'ouvrier attaqua d'abord le soubassement ou petit mur de chaux au dessous de la pierre sépulcrale ; il fit tomber ensuite celle-ci, en détruisant les deux petits murs, également en chaux, qui l'encastraient de chaque côté et par dessus. Il se trouva alors en présence d'une masse de terre accumulée entre la pierre funèbre et le mur qui fermait l'entrée du caveau. Cette masse de terre, pouvait avoir une épaisseur d'un demi mètre ; la pioche en eut facilement raison. Cependant nous attendions anxieux, les Pères Dominicains et moi, que l'ouvrier parvint enfin à cette cloison, à ce mur derrière lequel reposait certainement la dépouille mortelle de notre évêque.
    Le caveau voûté en briques (nous voyions celles de l'orifice), était fermé par un double rang de briques sur champ. Les deux premiers rangs supérieurs sont vite enlevés le jour pénètre dans le sépulcre où nous avons hâte, les Pères et moi de voir et de considérer définitivement ce que le tombeau recèle depuis si longtemps, et ce qu'il va nous rendre. Une masse de forme oblongue et de couleur roussâtre était là, devant nous, gisant à terre, déprimée, absolument sans aucune apparence de forme humaine, ni de squelette, et même sans aspérités saillantes. C'était donc là ce qui restait de Mgr Pallu, le grand évêque et l'ardent missionnaire ; cette informe poussière dont parle le IIIe chapitre de la Genèse, et rien autre chose : « In pulverem reverteris » ! Plus rien des vêtements pontificaux, avec lesquels il avait été enseveli ; plus rien de la forme du cercueil ; plus rien de reconnaissable, mais seulement des fragments çà et là, plus ou moins longs et plus ou moins vermoulus. Toutefois, au milieu de cette cendre humaine gisante et formée paisiblement dans le cours de ces 228 années, n'existait-il pas quelque ossement ou fragment d'ossement solide encore et capable d'être recueilli ? On ne pouvait le constater qu'en achevant de renverser le petit mur en briques, et par cette ouverture béante d'environ 3 pieds, en pénétrant dans le caveau fort bien conservé. Ce dernier obstacle eut bientôt disparu, et le catéchiste de Kong-shu entra dans le caveau avec une lumière ; il avait ordre de chercher, avec tout le soin possible, ce qu'il pourrait trouver d'ossements soit entiers, soit brisés. Un Père se tenait à l'orifice du tombeau prenant ces divers débris et les déposant avec respect dans l'un des voiles de soie blanche préparé pour les recevoir. Pas un os entier ne fut découvert ; mais diverses parties plus ou moins fortes des gros ossements, des vertèbres, du crâne ou des côtes, et aussi plusieurs dents purent être recueillis ; nous obtînmes de cette sorte une quantité d'ossements solides égale, à peu près, à une tête d'enfant. Dans un autre voile furent déposés, en certaine quantité, des fragments du cercueil. Il se trouva aussi des charbons, dont on mit quelques-uns également de côté.
    Suivant un usage assez répandu, on avait dû déposer le corps du Prélat défunt sur une couche plus ou moins épaisse de ces charbons, avant de fermer le cercueil à Mo yang. Nous cherchâmes aussi, et très attentivement, l'anneau pastoral de Mgr Pallu et sa croix pectorale, ou, du moins, telle autre croix ou crucifix, qu'on lui aurait fixé entre les doigts après la mort, et qu'il aurait emporté dans la tombe ; mais il fut impossible de rien découvrir. Ici se pose une question : N'aurait-on pas, lors de la restauration en 1874,1 ouvert le caveau lui-même, trouvé (peut-être ?) Et emporté ce précieux objet, à titre de souvenir de Mgr Pallu ? La réponse est que, ni à Mo yang, ni ailleurs, ni dans le tombeau même, aucun document écrit n'est resté, (si toutefois il y en a eu de cette restauration.) On sait le fait, et c'est tout. Le Père dominicain, qui présida à ce travail, est mort il y a une quinzaine d'années ; et les Annales Dominicaines, je veux dire, le Correo annamitico-sinicum de cette année-là, ne donnent pas une ligne de ce Père sur ce qu'il a fait. Quant à ses confrères, ils ne se souviennent plus d'avoir entendu, de sa bouche, aucun détail relatif à cette restauration. On m'a parlé, en outre, de deux Chinois de cette époque qui auraient dit-on, assisté à l'ouverture du caveau et considéré les ossements. Mais l'un est mort, l'autre n'est plus dans le pays, et le témoignage, qu'on leur prête respectivement, se contredit. La question, pour moi, demeure insoluble, à moins que les Archives des Dominicains de Manille ne possèdent, sur ce sujet, quelque document que j'ignore.

    1. A propos de cette restauration nous tenons à citer ici cette lettre du P. Sautel qui en fut l'inspirateur :

    Lyon, Couvent des Dominicains, 91, rue Tête dOr, 26 août 1899.

    « Pendant mon séjour au Fo-kien, j'eus à coeur d'être renseigné sur l'état de la sépulture de Mgr Pallu, à cause de ce que j'avais lu à ce sujet dans les Lettres de Mgr Luquet. Durant ma dernière année à l'arsenal, 1873, je correspondis dans ce but avec le Père Cristobal (Christophe) Pla chargé du district de Mo-yang (dans le pays Muc-yong-ke), et j'appris par lui que les païens emportaient peu à peu les derniers vestiges du précieux tombeau. Heureux de contribuer à sa restauration, j'envoyai immédiatement une certaine somme pour commencer les travaux. J'avais même espéré visiter les lieux à l'occasion d'un voyage dans la région de Fo-gan, où se trouvent les plus anciennes et les plus populeuses chrétientés du Fo-kien ; mais aux approches de Mo yang, je fus informé que des troubles survenus dans ce district en rendaient l'accès imprudent pour un étranger et pouvaient compromettre les chrétiens, en sorte que je dus, non sans regret, renoncer à cette pieuse visite.
    « Mgr Caldéron, vicaire apostolique du Fo-kien et le T. R. Père Coltell Vicaire provincial, ainsi que le R. Père Pla furent très heureux de l'entreprise projetée et en secondèrent de leur mieux l'exécution. Ils en ont reçu les remerciements les plus expressifs de la Société des Missions Etrangères, qui a tenu à couvrir tous les frais de l'OEuvre ». (Lettre à M. Adr. Launay).

    Le soir avançait. Après avoir recueilli tout ce qu'il était possible de ces fragments d'ossements, de ces débris de cercueil, nous en remplîmes les deux caisses dont nous nous étions munis. Le P. Garcia se chargea du soin de refermer le tombeau, et le fit dès le lendemain ; mais il fut décidé que j'emporterais aussi avec moi la pierre sépulcrale1. Nous rentrâmes au village de Kong-shu, précédés de la croix et de notre précieux dépôt et récitant le chapelet. Les fidèles avertis par le glas des cloches, s'étaient déjà réunis à l'église. Les restes de Mgr Pallu furent placés sur le catafalque dressé dans l'église, et une première absoute fut donnée par le missionnaire de la paroisse, le P. Silvestre Garcia ; dès ce même soir, je les transportai dans l'église de Mo yang, où ils furent déposés aussi sous le drap mortuaire, préparé d'avance par le P. Pagès.

    1. Cette pierre a été lavée ; on a enlevé les taches, on a repeint en rouge les caractères, et l'on a pu ainsi en obtenir une reproduction photographique.
    Cette pierre tombale est-elle la même que celle qui fut posée lors de la construction du tombeau ? La chose nous paraît bien douteuse. Car, à cette époque, l'inscription n'ayant pas la ligne qui indique la restauration n'aurait pas été symétrique, chose qui ne s'harmonise guère avec les habitudes chinoises ; de plus, dans les Archives des Missions Etrangères vol. 426, p. 455 une copie de l'inscription (en caractères romains) datant d'avant la restauration est sur 3 lignes et ces 3 lignes semblent avoir été écrites de manière à représenter les lignes de l'inscription. La 1re ligne de droite commençait naturellement à Fang, 1re syllabe de François ; elle finissait à temple ; la première ligne de gauche (c'est ainsi que sont faites les inscriptions : deux lignes parallèles qui se correspondent) n'était autre que la première ligne de gauche de l'inscription actuelle dont le premier caractère est Kang et le dernier érigerla ligne du milieu était également semblable à la ligne du milieu de l'inscription actuelle ayant pour premier caractère en l'honneur de et pour dernier tombeau.
    Dans l'inscription actuelle il y a 5 lignes ; on a coupé la première ligne de droite en deux, afin que le parallélisme continuât d'exister et que ces deux lignes puissent correspondre à la première ligne de gauche (qui était l'ancienne) et à la 2e de gauche que l'on a ajoutée pour indiquer la réparation du tombeau.

    Le lendemain, fête de la Transfiguration, on rapporta le tout dès le matin, de l'église à la cure ; et là, sur une table recouverte d'un drap, tout le contenu des deux caisses de la veille fut versé, pour nous permettre de procéder plus aisément à une nouvelle recherche des ossements, soit entiers, soit brisés : cela nous valut d'augmenter, un peu notre précieux trésor. Finalement j'ai pu rapporter, à Hongkong, une quantité de ces fragments d'ossements solides équivalents à peu près au volume d'une tête humaine moyenne ; le coffret spécial qui les contient, présente les dimensions suivantes : longueur 0m,26, largeur 0m,17, et hauteur 0m,11. Quant à la caisse plus grande, renfermant la poussière humaine qu'était devenu Mgr Pallu, avec les fragments de cercueil et la petite quantité de charbons, elle a les dimensions que voici : longueur 0m,73 ; largeur 0m,33 et hauteur 0m,31. Le Père Pagès fit faire cette caisse par un ouvrier de la petite ville. Elle est en bois de camphrier, capitonnée à l'intérieur, revêtue, au dehors, d'un voile de soie noire, avec les arêtes saillantes au moyen d'un petit liseré de couleur jaune ; enfin une croix, également en liseré plus large et de même couleur, est clouée sur le dessus avec des clous de cuivre. Le procès-verbal fut alors dressé, il déclarait ce que nous avions trouvé et qui vient d'être dit : « une quantité précieuse, assurément, mais, de fait, bien modeste ; ce qu'on ne peut pas trouver étrange, en pensant qu'une si longue série d'années se sont écoulées depuis le jour de la mort et de la sépulture de Mgr François Pallu, de vénérable mémoire ». Les Pères Dominicains, à titre de délégués de Mgr Aguirre, le signèrent, et moi-même je le signai ensuite comme délégué de la Société fondée principalement par le grand évêque ; puis la caisse, bien et dûment fermée, me fut confiée, avec la clef, pour être transportée à Fou tcheou et remise à Mgr Aguirre, afin qu'il prît connaissance du contenu et qu'il en confirmât l'authenticité 1. Pour le monument demeuré vide, il a été refermé dès le lendemain (comme je l'ai dit) et la Mission va continuer de le garder avec soin et respect, en y faisant ériger une croix, et mettant une inscription commémorative, qui rappellera la sépulture de Mgr Pallu en 1685 et son exhumation, le 5 août 1912.

    1. Du procès verbal de Mo yang on a fait 6 copies dont 2 sont restés dans les deux cures locales ; une 3e est à l'évêché de Fou-tcheou ; la 4e est déposée dans le petit coffret des ossements ; et les 2 dernières sont l'une pour les Archives de notre maison de Nazareth ; l'autre pour celles du Séminaire des Missions Etrangères. Ces 4 dernières copies comprennent aussi le procès-verbal fait à Fou-tcheou et signé par Mgr Aguirre, par les trois Pères dominicains et par moi. (Note de M. Guéneau.)

    IV. Retour à Fou-tcheou et à Hong-kong (7-25 août 1912).

    La difficulté du voyage pour revenir à Fou-tcheou, fut la même que pour me rendre à Mo yang. La grande fête de l'Assomption, qui approchait, devait procurer au P. Elladio, autrefois chargé de Ké-sen, une occasion favorable de prêter son concours au missionnaire actuel le P. Michel Vila, pour la préparation des habitants de cette fervente chrétienté, afin de solenniser saintement la Très Sainte Vierge et son triomphe. C'est pourquoi, mettant dans notre barque les précieux restes de Mgr Pallu et la pierre sépulcrale, nous revînmes à Ké-sen le mercredi soir, le P. Michel Vila et moi. II y avait une semaine encore jusqu'à la fête ; le P. Elladio nous rejoignit bientôt, et les deux missionnaires s'installèrent au confessionnal. L'aimable vie de famille reprit de nouveau jusqu'au soir de l'Assomption, où je rétrogradai définitivement par la même voie et de la même manière que j'étais venu, et avec mon même Raphaël tout dévoué. A notre arrivée à Sam-touy, le vendredi soir, aucun bâtiment à vapeur n'était encore dans le petit port, et nous craignions un trop long arrêt. Heureusement, dès le lendemain dans la matinée, deux steamers y vinrent jeter l'ancre, et l'on nous apprit bientôt qu'ils repartiraient pour Fou-tcheou, sans plus tarder, le dimanche matin. C'était pour nous une assurance que nous rentrerions dans la capitale dans l'après-midi du même jour. Nos messes furent donc célébrées de très bonne heure, le bâtiment étant annoncé comme devant lever l'ancre vers les 5 heures, au point du jour ; et, peu après notre arrivée à bord le Kong-moon partait, en effet, à l'heure indiquée. Dieu sait si nous étions heureux, d'autant plus que la journée s'annonçait très bonne. Un tout petit incident, assez fréquent du reste dans cette région, signala notre retour. A mi-chemin, entre l'embouchure de la rivière Ming et la ville de Fou-tcheou, au petit port appelé « la Pagode », ou, « la Pagode Anchorage, au-delà duquel les grands steamers ne peuvent remonter, il se trouva que notre petit Kong-moon, faute d'eau suffisante sous sa quille, ne pouvait, lui non plus, aller de l'avant ! Ce fut un léger retard d'une heure et demie environ, et le retour de la marée nous permit enfin de continuer le voyage, sans autre encombre ni difficulté jusqu'à Fou-tcheou.
    La précieuse caisse enveloppée d'une toile, afin qu'on ne devinât pas, sur les barques et sur les bateaux à vapeur, ce qu'elle renfermait, fut transportée sans retard à l'évêché, ainsi que la pierre tombale, et, dans la matinée du lendemain, 19 août, Mgr Aguirre procéda devant trois Pères Dominicains et moi, à la reconnaissance officielle des restes de Mgr Pallu, d'après ce qu'il savait lui-même par la tradition locale, toujours constante et invariable, et d'après ce qui lui était noté et décrit dans le procès-verbal de Mo yang. C'est alors que suivant ce qui avait été convenu au moment où je partais pour la région du nord, il sépara les ossements proprement dits, enveloppés de leur voile de soie blanche, et les déposa dans le coffret, dont j'ai parlé ci-dessus. Il le ferma, l'entoura d'une cordelette et y apposa le sceau de la Mission. Après avoir reconnu officiellement aussi les autres débris, il mit dans la caisse de camphre ce coffret, la referma, comme elle était auparavant, et me la confia de nouveau pour être remise à la Société des Missions Etrangères en la personne du P. Louis Boulanger, le supérieur de la maison de Nazareth et un des directeurs du Séminaire des Missions Etrangères. Le prélat voulut toutefois qu'une dernière absoute solennelle, à laquelle Elle présida fût célébrée dans la cathédrale, devant la dépouille mortelle de notre grand évêque, au moment où il allait quitter définitivement cette terre hospitalière du Fo-kien, et cette Mission qu'il avait eu à diriger. Le mercredi, dans la soirée, je montais à bord du même navire Haitan, qui m'avait amené de Hong kong, cinq semaines auparavant, et enfin le dimanche suivant, au matin, en la fête à la fois du Très Pur Coeur de la Bienheureuse Vierge Marie et de saint Louis, roi de France, Mgr Pallu, transporté à notre Procure et bientôt après dans notre maison de Nazareth, se retrouvait au milieu de sa famille des Missions Etrangères. L'absence momentanée du Supérieur de Nazareth fait différer un peu la dernière cérémonie religieuse, à la suite de laquelle Mgr Pallu, évêque d'Héliopolis et principal Fondateur de notre chère Société des Missions Etrangères de Paris, reposera dans le tombeau que lui a préparé la piété filiale de ses enfants.

    Epilogue.

    Il est de toute justice que nous adressions, avant d'achever ce récit, nos remerciements très sincères au vénéré Mgr Aguirre et à ses missionnaires. Lorsque je fis mes adieux à Sa Grandeur, Elle me dit : « J'espère bien que Mgr Pallu continuera sa protection sur le Fo-kien dans l'avenir, comme il le faisait dans le passé ».

    Oui, cher Monseigneur, comme vous nous l'espérons, nous en avons la ferme conviction, il continuera toujours, de concert avec les Bienheureux Martyrs et Pontifes, avec Pierre Sanz, le plus grand de ses successeurs, et avec les autres vertueux prélats qui dirigèrent comme eux jusqu'à vous sa chère Mission, il continuera, dis-je, sa protection et son intercession. Il vous le doit aujourd'hui, Monseigneur, à un nouveau titre, puisque vous l'avez rendu à sa famille. La Société des Missions Etrangères partage, avec son cher Fondateur, le titre d'obligé, elle a le même devoir de vous manifester sa gratitude, par ses prières, pour la fécondité et la prospérité de votre épiscopat, pour le développement et le succès croissant de votre belle Mission du Fo-kien. Et moi, enfin, qui ai mon humble part d'action dans cet événement, j'ai contracté aussi une dette à votre égard, Monseigneur, ainsi qu'envers ces pieux missionnaires du Nord qui n'ont rien omis de ce qui pouvait rendre mon voyage agréable et fructueux. Merci à celui qui fut mon Raphaël aussi constant que dévoué, le P. Elladio Lorenzo ; merci à ceux dont j'ai été l'hôte durant ces jours de bénédiction, à Ké-sen et à Mo yang, les Pères Vila, Pagés et Garcia (Silvestre).
    Il est dit, dans la fête de la Translation de saint Vincent de Paul (concédée par le Souverain Pontife à la pieuse Congrégation de Saint-Lazare), que « les cendres de ce grand Saint respirent aujourd'hui encore son incomparable charité ». C'est un souhait analogue que je voudrais formuler, comme dernier mot de toute cette relation : Puissent aussi les cendres de notre cher et vénérable évêque et principal Fondateur, désormais au milieu de nous, respirer de même, pour notre bien à tous, son admirable zèle apostolique, et, à leur contact, puissent nos âmes à tous comprendre de plus en plus ta nécessité et la beauté du dévouement qui conquiert, convertit et sauve les âmes auxquelles nous sommes envoyés ! Quiconque viendra soit à Nazareth, soit à Béthanie, quiconque honoré du titre de prêtre missionnaire, passera par Hong-kong, pourra sang peine venir s'agenouiller auprès de ces restes précieux : qu'il y puise les sentiments qui animèrent et soutinrent jusqu'à son dernier soufflé notre pieux évêque et Fondateur : un zèle ardent et infatigable de la gloire de Dieu, un amour passionné de l'Eglise, une tendre et active charité envers les âmes, et le soin toujours vigilant de sa propre sanctification.
    Là, dans notre chapelle, et de fond de son tombeau, Mgr Pallu, comme le Juste de l'ancienne Loi « defunctus adhuc loquitur ».

    P. G. GUÉNEAU, p. m. a.
    7 septembre 1912, 1res Vêpres de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie.
    1913/4-17
    4-17
    France
    1913
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