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Les processions de la fête Dieu à Hanoi (Tonkin) et à Tchongkin (Setchoan)

Les processions de la fête Dieu à Hanoi (Tonkin) et à Tchongkin (Setchoan) A HANOI La procession de la Fête-Dieu avait attiré une foule énorme aux alentours de la cathédrale et dans les rues avoisinantes. Les arcs de triomphe, les reposoirs, les maisons et la cathédrale brillamment pavoisées annonçaient, en effet, aux plus indifférents la belle cérémonie de la procession du Saint-Sacrement.
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    Les processions de la fête Dieu à Hanoi (Tonkin) et à Tchongkin (Setchoan)
    A HANOI
    La procession de la Fête-Dieu avait attiré une foule énorme aux alentours de la cathédrale et dans les rues avoisinantes. Les arcs de triomphe, les reposoirs, les maisons et la cathédrale brillamment pavoisées annonçaient, en effet, aux plus indifférents la belle cérémonie de la procession du Saint-Sacrement.
    Vers 5 heures, le cortège s'organise sous la direction du P. Dronet, qui à l'habitude des foules (on le voit) et le ton du commandement. « Dommage qu'il ne soit pas militaire, chuchotait un galonné près de moi, quel meneur d'hommes il ferait ! » Tout est prêt à l'heure précise.
    La curieuse musique tonkinoise est en tête, scandant la marche des coups sourds de la grosse timbale, particulière à ce pays et impressionnante pour les oreilles européennes.
    Elle est suivie de nombreux enfants des écoles, des congrégations, des notables, bannières au vent, avec leurs insignes, leurs médailles et leurs décorations, barrant les bustes ou constellant les poitrines. Et c'est un régal pour les yeux que cette succession de couleurs : le vert foncé, le blanc de neige, le rouge sang, le bleu, le rose, le jaune, le violet, le rubis et l'amarante se détachant sur le fond noir des habits, soulignés et rehaussés des mille feux que jettent les cuivres étincelants d'une seconde fanfare.
    Les tout petits, aussi en ordre, aussi sages, aussi sérieux, plus somptueusement costumés encore que leurs aînés, s'avancent un cierge ou une fleur à la main. On ne trouverait certainement pas une ville en France où les enfants de cet âge aient cette tenue.
    Sous le vêtement du pays, ample et léger à la fois, simple et gracieux et parfois riche, vient une longue file d'abord de jeunes gens (la jeunesse catholique) tous décorés d'une croix, puis les notables de quatre paroisses voisines, en robe bleue, et les membres de la confrérie du Saint-Sacrement, un cierge à la main, marchent gravement, avec une dignité orientale, qui convient si bien à la solennité religieuse.
    En partant, une fanfare joue une marche lente et douce. Qui donc a calomnié le sens musical des indigènes ? Ou bien ils sont doués tout comme les autres, ou plutôt, c'est un instructeur patient et entendu qui a formé ces musiciens.
    Après les costumes flamboyants de la troupe des angelets, du groupe des ravissants petits pages au manteau jaune pâle, voici les costumes rouges et blancs des enfants de choeur, des catéchistes ; puis les prêtres en chasuble et en chape, sur une double haie, précèdent le dais en chantant.
    Mgr Gendreau portait le Saint-Sacrement.
    Le cortège était très nombreux, et l'a tête gravissait déjà les marches de la cathédrale, alors que les derniers rangs n'avaient pas encore quitté la voûte d'arcs de triomphe rouges et blancs, qui donnaient à la rue de la Mission un aspect unique.
    Après les stations aux reposoirs, deux vrais écrins d'émeraude enchâssant l'or des candélabres, la procession arrive sur le parvis de la cathédrale. Une sage prudence en avait fait fermer les portes pour y éviter la cohue. C'est donc dans l'ordre le plus parfait que les bancs se garnissent, puis le choeur, et les allées du transept, de la nef et des bas-côtés, car il n'y a plus de place quand l'évêque arrive et s'agenouille sur les degrés de l'autel.
    Enfin la clochette annonce la dernière bénédiction. Les fronts s'inclinent, les coeurs s'attendrissent, une émotion douce se communique à toute l'assemblée.
    Et, quand tout est terminé, que la foule s'écoule et semble descendre des hauteurs où l'a soutenue cette magnifique cérémonie, je me rappelle le vers du poète :

    « Je ne puis : malgré moi l'infini me tourmente ».

    UN SPECTATEUR.
    Hanoi, 15 juin 1917.

    A TCHONGKIN

    Comme les deux années précédentes, a eu lieu, dimanche dernier, à Tchongkin, la procession du Saint-Sacrement.
    Mgr Chouvellon portait l'ostensoir ; le dais était soutenu par les principaux membres de l'association catholique ; les missionnaires et le clergé indigène de la ville et des environs, les Petits Frères de Marie, les enfants des écoles en costume blanc et portant des bannières, des centaines de chrétiens et chrétiennes chantant des cantiques, formaient le cortège.
    Au reposoir érigé sous le porche du Consulat de France et dominant la ville, ce fut un moment impressionnant que celui où l'évêque élevant le Saint-Sacrement bénit Tchongkin et la foule agenouillée sur la place et dans les rues adjacentes, pendant que les clairons et tambours du collège Saint-Paul sonnaient aux champs, et que les enfants de choeur balançaient leurs encensoirs et lançaient des fleurs.
    Ce n'est pas sans émotion que l'on se rappelait qu'il y a vingt ans des centaines de chrétiens, qui avaient fui devant la persécution, étaient réfugiés, dénués de tout, à ce même endroit, dans des hangars construits à la hâte par la Mission.
    (La Vérité, Tchongkin, juin 1917).

    1917/249-252
    249-252
    Vietnam
    1917
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