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Les prisons et les supplices

Les prisons et les supplices
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    Les prisons et les supplices
    Les prisons coréennes ont été décrites par les missionnaires. Elles consistaient en une enceinte fermée par de hautes murailles, auxquelles s'appuyaient des cabanes en planches servant de logement aux détenus. Le milieu demeuré libre formait une cour. Chaque cabane n'avait d'autre ouverture qu'une très petite porte laissant à peine pénétrer la lumière. Le froid en hiver, la chaleur en été y étaient intenses. Le sol était couvert de nattes grossières à moitié déchirées. Les chrétiens y étaient nourris comme les voleurs ; on leur donnait une tasse de riz ou de millet sans assaisonnement le matin et le soir. Aussi au bout de quelques semaines, même les plus vigoureux ressemblaient à des squelettes.
    Le règlement de la prison était celui-ci :
    Le matin, au point du jour, un gardien vient et crie : «On ouvre les portes ». Les voleurs exceptés, ceux qui veulent sortir dans la cour peuvent le faire. Le soir, peu de temps après le coucher du soleil, on compte les prisonniers; les gardiens se rassemblent, en placent quelques-uns dans chaque cachot pour les surveiller, puis ils ferment les portes en posant en travers, par dehors, une grosse poutre retenue par des chaînes ; dès lors, il est impossible de sortir, quelque nécessité que l'on éprouve, quelque malade que l'on soit ; le feu prendrait au bâtiment que tous les prisonniers seraient brûlés. Aussi, avant de partir, le gardien-chef recommande de ne pas dormir et de veiller dans la crainte d'incendie.
    Les portes closes, les satellites font chanter les voleurs, qui poussent des cris forcenés pendant une partie de la nuit.
    «Nos chrétiens, écrit Mgr Daveluy en parlant de la grande persécution de 1839, étaient entassés dans ces prisons, au point de ne pouvoir étendre leurs jambes pour se coucher. Ils m'ont déclaré unanimement, que les tourments des interrogatoires sont peu de chose, en comparaison des souffrances de cet affreux séjour. Le sang et le pus qui sortaient de leurs plaies eurent bientôt pourri leurs nattes. L'infection devint insupportable, et une maladie pestilentielle enleva en quelques jours plusieurs d'entre eux. Mais la faim, la soif surtout, étaient pour eux le plus terrible des supplices. Ils furent réduits à dévorer la paille sur laquelle ils étaient couchés, et enfin, chose horrible à dire, ils mangèrent la vermine dont la prison était tellement remplie qu'ils la prenaient à poignées ».

    LE SCIAGE DES JAMBES (htop-tjil). Avec une corde de crin on serre une des cuisses du patient, et deux hommes tenant cette corde par les extrémités la tirent, puis la relâchent, jusqu'à ce que, ayant rongé la chair, elle ait atteint l'os 1.

    1. Dessins d'après les esquisses faites par le BX A. Kim (A. M. -E. 1 vol. 1261, pp. 31-33.)

    LES COUPS DE BATONS. Les bâtons sont longs de 1 m. 60 à 1 m. 70; tantôt ils sont aiguisés, tantôt ils ne le sont pas. Dans le premier cas, les satellites frappent de la pointe de ces bâtons les hanches et les cuisses du patient. Dans le second cas, ils frappent de la longueur du bâton, sur les jambes, sur les reins, sur les épaules.

    LA SUSPENSION. On dépouille le patient de tous ses vêtements, on lui attache les mains derrière le dos, et on le suspend en l'air par le bras; puis quatre hommes se relèvent pour le frapper tour à tour à coups de rotin. Au bout de quelques minutes, la langue couverte d'écume pend hors de la bouche, le visage prend une couleur violet sombre, et la mort suivrait immédiatement si l'on ne descendait la victime, pour la laisser reposer quelques instants ; après quoi, on recommence.

    LA COURBURE DES OS. Le supplice de la courbure des os est nommé en coréen kasaitjouroi et tjyoul-tjouroi, selon les formes qu'il affecte. Le premier consiste à lier fortement ensemble les deux genoux et les gros doigts des pieds, et à passer dans l'intervalle deux bâtons que l'on tire en sens contraire jusqu'à ce que les os se courbent en arc et reprennent ensuite leur position naturelle. Dans le second, on lie ensemble les doigts des deux pieds, on place entre les mollets une grosse pièce de bois, et deux hommes tirent les cordes attachées à chaque genou qu'ils rapprochent jusqu'à les faire se toucher.

    LA DISLOCATION DES BRAS. On attache les bras l'un contre l'autre derrière le dos, et avec deux bâtons ou deux planches on force les épaules à se rapprocher. Ensuite l'exécuteur délie les bras et, appuyant un pied sur la poitrine de la victime, il les ramène à lui pour remettre les os à leur place.

    LA RÈGLE ET LES VERGES. La règle est une planchette longue de 1 mètre, large de 0 m.05. Elle a quelques millimètres seulement d'épaisseur. On frappe le patient sur le devant des jambes. Le chiffre ordinaire des coups est fixé à trente par interrogatoire, et comme l'exécuteur doit à chaque coup casser la règle, trente règles sont préparées pour chaque accusé. Les verges sont entrelacées trois ou quatre ensemble, et forment des faisceaux flexibles avec lesquels on frappe tous les membres du patient dépouillé de ses vêtements.

    1925/133-136
    133-136
    Corée du Sud
    1925
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