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Les prêtres du diocèse de Paris 2 (Suite)

Les prêtres du diocèse de Paris DANS LA SOCIÉTÉ DES MISSIONS ETRANGÈRES (Suite1) M. DE MONTIGNY Les registres du Séminaire des Missions Etrangères portent que M. François de Montigny appartenait au diocèse de Paris ; ceux du séminaire de Saint-Sulpice où il entra le 15 juillet 1687 le disent du diocèse d'Angers. Il possédait au diocèse de Nantes une chapellenie : Sainte Madeleine de Varades. Il partit pour le Canada en 1692, et revint en France vers 1700. 1. Ann. M.-E., n° 17 p. 229.
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    Les prêtres du diocèse de Paris

    DANS LA SOCIÉTÉ DES MISSIONS ETRANGÈRES

    (Suite1)

    M. DE MONTIGNY

    Les registres du Séminaire des Missions Etrangères portent que M. François de Montigny appartenait au diocèse de Paris ; ceux du séminaire de Saint-Sulpice où il entra le 15 juillet 1687 le disent du diocèse d'Angers. Il possédait au diocèse de Nantes une chapellenie : Sainte Madeleine de Varades. Il partit pour le Canada en 1692, et revint en France vers 1700.

    1. Ann. M.-E., n° 17 p. 229.

    Après un très court séjour au Séminaire des Missions Etrangères, il s'embarqua pour la Chine en 1701. Il débarqua au Fo-kien en 1702, et travailla dans cette province. En 1704, il fit un voyage à Canton, au sujet de l'établissement d'un séminaire pour le clergé indigène, projet qui ne se réalisa pas. Il passa ensuite au Tche-kiang dont il devint provicaire, soit à cette époque, soit plus probablement en 1705.
    Lors du voyage de Canton à Pékin de Mgr de Tournon, légat du Pape, le missionnaire l'accompagna de Nan-tchang, capitale du Kiang-si, à Nankin ; au retour du prélat, il lui servit de secrétaire et d'interprète, de Hoi-gan à Canton.
    Son existence était relativement calme, lorsque l'empereur Kang-hi fit publier un édit ordonnant de chasser de Chine tous les prêtres européens qui ne prendraient pas le piao ou patente impériale portant ces trois déclarations :
    1° Le Dieu des Chinois étant le Dieu même des chrétiens, il est naturel de lui donner le même nom ; 2° les cérémonies en l'honneur de Confucius ne sont pas incompatibles avec lé christianisme ; 3° les hommages rendus aux ancêtres ne sont pas davantage inconciliables avec cette religion.
    Le légat du Pape défendit de se soumettre à cette prescription, puisque la teneur de la patente impériale était fausse. Naturellement M. de Montigny observa cette défense. Avec tous les missionnaires qui avaient agi comme lui, il fut chassé de Chine et conduit à Macao. Il n'y resta pas longtemps ; en juillet 1708 il était à Pondichéry, en 1709 ou 1710 en France.
    Le 10 juillet 1711, il fut reçu directeur du Séminaire, et en 1714 nommés procureurs des Missions Etrangères à Rome. Il fit nommer Tessier de Quéralay, coadjuteur au Siam ; Guisain, vicaire apostolique au Tonkin occidental ; Le Blanc, évêque de Troade.
    Il revint au Séminaire des Missions Etrangères en 1720 ou 1721. Le 13 février 1736, il fut nommé secrétaire du Conseil ; le 7 avril suivant, procureur des missions ; cette dernière fonction lui fut de nouveau confiée le 7 avril 1739 et le 7 janvier 1742. En 1740, ou peut-être quelques années avant, il succéda à M. Tremblay dans les fonctions de procureur du diocèse de Québec. On le loua d'avoir toujours été très exact à répondre aux lettres des missionnaires.
    Il mourut au Séminaire des Missions Etrangères à Paris le 19 décembre 1742. A ses derniers instants, il dit à ceux qui l'entouraient : « Je meurs, comme j'ai toujours cru qu'il convenait à un prêtre de mourir, sans dettes et sans bien ».
    Il est probablement l'auteur d'un travail intitulé : Histoire abrégée des progrès de la religion chrétienne dans les Indes orientales depuis l'établissement des évêques et prêtres français à Siam, au Tong-kin, en Cochinchine, dont une partie fut publiée à Paris en 1803, sous le titre : Histoire de l'établissement du Christianisme dans les Indes orientales par les évêques français et autres missionnaires apostoliques. De vaux, 2 vol. in-12, pp. XXIV-299, 335.
    On trouve des détails sur lui dans : Correspondance de M. L. Tron son vol. II et III, par Bertrand, Paris, 1904, 3 vol. in-8° ; dans le 4e volume des Mémoires de la Congrégation de la Mission, Paris, 1865, 8 vol. in-8°.

    M. JOBARD

    M. Claude Romain Jobard, originaire de Paris, étudiait la théologie quand il fit connaissance avec un prêtre des Missions Etrangères, M. Charmot, et se décida à entrer dans notre Séminaire. Il y resta 4 ans 1/2. Comme il ne se sentait pas appelé à la vie apostolique, le Séminaire le fit nommer curé d'Evry et installa dans son presbytère une sorte d'école apostolique, dont les élèves devaient se dévouer à l'OEuvre des Missions.
    Cette école ayant cessé d'exister, Jobard fut nommé directeur du Séminaire le 12 janvier 1709 et en 1720 supérieur. Comme ses sentiments paraissaient entachés de Jansénisme, les deux plus anciens directeurs du Séminaire, MM. J.-C. de Brisacier et Tiberge, prièrent le Souverain Pontife de l'exclure de la Société des Missions Etrangères. L'ordre fut donné tel qu'il avait été demandé, et quelques années plus tard M. Jobard mourut entièrement soumis à l'Eglise et à ses décisions. L'Histoire générale de la Société des Missions Etrangères par Adr. Launay, Paris, Téqui, 1894, 3 vol. in-8°, a raconté avec d'intéressants détails sa conduite dans l'affaire du Jansénisme.

    M. AUMONT

    Aumont, Paul, naquit en 1692 ou 1693, à Paris. Par la protection de Bossuet, il fit ses études au collège de Navarre où il entra à l'âge de 7 ans en 1699 « le jour Saint Remi », 1er octobre. Il se présenta au Séminaire des Missions Etrangères le 1er novembre 1713 ; il était alors minoré et maître ès arts ; il n'eut pas le moyen de passer ses examens de licence en théologie. Il fut ordonné prêtre le 18 septembre 1717 et quitta Paris le 14 janvier 1718 pour le Siam.
    Arrivé à Juthia, il devint procureur de la mission et curé de la paroisse. Il fut aussi professeur au Collège ou Séminaire général.
    Chargé en 1724 du poste de Mergui, il fut nommé provicaire pour le Tenasserim. En 1733, il subit une petite persécution qui n'eut pas de conséquences.
    Voici la chose en quelques mots : l'ancien barcalon ou premier ministre avait ordonné au vice-roi de Tenasserim d'empêcher qu'aucun habitant embrassât le catholicisme. Eh la fête de la Purification, des enfants païens essayèrent de voler des cierges dans l'église ; ayant été chassés par les enfants chrétiens, ils se plaignirent à leurs parents et ceux-ci au fils du vice-roi. Sans examiner si la plainte était fondée ou non, le jeune homme vint avec des soldats forcer la porte de l'église, fit saisir et battre si cruellement deux hommes et dix femmes que plusieurs vomirent le sang, et que l'un d'eux mourut. Les autres furent emprisonnés, chargés de chaînes, et on voulut les obliger à déclarer qu'ils avaient été baptisés par M. Aumont. Or, de notoriété publique, leur baptême remontait à 1713 ou 1714, dix ans avant l'arrivée du missionnaire à Mergui. M. Aumont en appela au gouvernement royal à Juthia ; le fils du vice-roi fut blâmé ; il aurait été puni, si le prêtre, rendant le bien pour le mal, n'eût demandé grâce pour lui.
    Nommé en 1740 procureur à Pondichéry, à la suite de la mort soudaine de M. Armand, il n'y resta que deux ans, Il revint en France en 1742, et demeura au Séminaire des Missions Etrangères passant ses jours dans la prière et la souffrance. Il mourut au Séminaire des Missions Etrangères à Paris, le 26 février 1773.
    Il a laissé des Mémoires manuscrits formant un gros volume in-4 de 800 pages, dont voici la division : De mon entrée à mon départ du Séminaire des Missions Etrangères. De mon départ à mon arrivée à Pondichéry. Séjour à Pondichéry, arrivée à Siam. Séjour à Siam (Juthia) du 21 août 1721 au 2 février 1724, Séjour à Mergui et à Té-nassérim 1724-1739. Retour et séjour à Pondichéry, retour en France 1739-1742. Ces Mémoires, qui appartiennent à un particulier, contiennent relativement peu de renseignements sur la vie de leur auteur ; ils s'étendent longuement sur les moeurs et coutumes des Siamois et sur les productions du pays.

    M. LOISON

    Loison, Nicolas Thomas, né à Paris, fit une partie de ses études théologiques en Sorbonne. Il n'était pas encore prêtre quand il partit le 17 janvier 1719 pour les missions, sans destination précise. Il mourut le 6 septembre de la même année, en cours de route, à Chandernagor, d'une fièvre pestilentielle qui décima l'équipage du navire Les deux Couronnes, sur lequel il s'était embarqué. Un acte du directeur du comptoir de Chandernagor, du 13 septembre suivant, contresigné le 18 janvier 1720 par le gouverneur des possessions françaises dans l'Inde, Dumas, constate les circonstances spéciales de ses funérailles.

    M. LEMAIRE

    Lemaire, François, né à Paris vers 1675, fut d'abord vicaire à Saint Jacques de la Boucherie pendant six ans, puis partit pour la Louisiane et y resta de 1706 à 1719 ou 1720, A son retour, après avoir été vicaire à la paroisse Saint-Barthélemy, il entra en 1721 au Séminaire des Missions Etrangères.
    Il s'embarqua à Lorient en mars 1722, à destination du Siam. Il y fut professeur et supérieur du Collège général,
    En 1730, il comparut avec Mgr Tessier de Quéralay devant le barca Ion et plusieurs mandarins, et on leur fit cette quadruple défense écrire en bali ou en siamois des ouvrages sur le catholicisme ; prêcher le catholicisme à des Siamois, à des Pégouans ou à des Laotiens ; les engager de quelque manière que ce fût à se faire chrétiens ; condamner la religion du Siam. Avec l'évêque, le missionnaire répondit qu'il ne pouvait se soumettre à de tels ordres, puisque le catholicisme était la seule religion véritable et que son devoir était de le prêcher. Le 19 octobre, des mandarins allèrent au Collège général pour y prendre les livres chrétiens en bali et en siamois. On avait prévu leur arrivée, et enlevé les ouvrages, ne laissant que quelques livres d'histoire profane. On craignait de nouvelles violences. Mais un mandarin, Chung-Kanam, ami des Français, détourna l'orage. Lemaire poursuivit en paix sa carrière apostolique qu'il termina à Juthia, dans sa 73e année, le 21 décembre 1748.

    MM. DU PUY DU FAYET, RANSONET, ARMAND

    Nous réunissons ici les faits principaux que nous offre la vie fort courte de ces trois membres de la Société des Missions Etrangères.
    Pierre du Puy du Fayet avait 23 ans et était diacre lorsqu'il partit en 1729 pour la mission de Cochinchine. Ordonné prêtre le 2 mai 1731, il mourut dans la province du Phu-yen le 9 décembre 1733, au moment où après s'être initié à la langue et aux usages du pays, il commençait à pouvoir se livrer aux travaux apostoliques.
    Sylvestre François-Michel Ransonet fut reçu directeur du Séminaire des Missions Etrangères le 27 mai 1729, mais trois ans plus tard il donna sa démission afin de se rendre au Canada. Il fut ordonné prêtre à Québec en 1734 ou 1735. Sur les instances de son père, il revint en France et dès lors nous le perdons de vue.
    Louis Claude Armand, élève de Saint-Sulpice de 1733 à 1738, bachelier en théologie, partit l'Extrême-Orient au mois d'octobre 1738, avec sa destination pour la procure de Pondichéry ; mais en arrivant à Chandernagor il fut atteint du choléra et mourut le 1er septembre 1739.

    M. DARRAGON

    La vie des directeurs de Séminaire s'écoule dans un calme qui ne saurait offrir les incidents heureux et pénibles, mais intéressants dans leur variété, de la carrière des ouvriers évangéliques. Elle se raconte en quelques lignes qui rappellent la sécheresse et la brièveté d'une page de dictionnaire. Elle n'en est cependant pas moins laborieuse, utile et méritoire. La vie de M. Darragon fut de celles-là.
    Né en octobre 1721, Jean-Charles Darragon fit ses études au séminaire du Saint Esprit et remplit les fonctions de professeur de théologie dans plusieurs séminaires à Paris.
    Reçu, le 18 août 1752, directeur du Séminaire des Missions Etrangères, il est, le 4 septembre suivant, chargé de la direction de la Congrégation des ouvriers, et des retraites des Savoyards, qui se réunissaient au Séminaire ; le 6 novembre de la même année, on lui confie l'économat. Le 27 février 1766, il est nommé directeur des aspirants ou maître des Novices, et secrétaire du Conseil. Procureur des missions aux élections du 22 avril 1769, il reçoit cette même charge le 13 janvier 1772. Il meurt au prieuré de La Celle (Aisne), le 18 juillet 1778, et est enterré « à l'église du dit prieuré, tout près de la porte du choeur ».

    Mgr DE SAINT-MARTIN

    Par ses talents, ses travaux, ses souffrances, les succès de son administration au Se-tchoan, une des provinces de la Chine les plus lointaines, cet évêque missionnaire mérite une place à part dans la galerie des ouvriers apostoliques parisiens. Nous raconterons donc avec plus de détails sa belle et sainte carrière.
    Jean-Didier de Saint-Martin était né à Paris, paroisse Saint Merry, rue Saint-Avoye, le 18 janvier 1743, et malgré l'allure aristocratique de son nom, ses parents exerçaient le métier de boulanger. Il avait un frère consanguin beaucoup plus âgé, religieux bénédictin de Cluny. Lui-même sentit le désir d'entrer dans cette Congrégation ; son frère l'en ayant dissuadé, il se mit en route pour Lyon, avec l'intention de se faire Génovéfain. « Mais, dit-il, dans une lettre à son frère, les voleurs m'en ont empêché. N'ayant plus d'argent, j'ai été forcé de revenir sur mes pas. Vous avez regardé cet événement comme émané du ciel, qui s'opposait à ma volonté, je n'y ai plus pensé. De retour à Paris, cette dernière idée vient encore se présenter à moi, me tourmente, ne me donne plus de relâche. Je vais me présenter à Sainte-Geneviève. L'affaire était près de se consommer ; mon père, qui m'avait donné son consentement, me le retire ».
    N'ayant pu entrer ni à Sainte-Geneviève ni à Cluny, il commença ses études de philosophie et de théologie au séminaire de Saint-Louis. Ses progrès furent remarquables. L'estime qu'on avait pour lui le fit d'abord choisir pour être maître de conférences, et bientôt après pour être directeur dans la maison. Il s'acquitta de ses devoirs à la satisfaction de ses supérieurs, qui avaient en lui la plus entière confiance.
    « Ordonné prêtre le 4 avril 1767 il devint professeur de théologie scolastique et morale; il expliqua l'Ecriture sainte, dans le temps même qu'il faisait sa licence avec beaucoup de distinction. Le 27 mars 1772 il prit le bonnet de docteur en théologie, et jura, sur l'autel des martyrs, de verser jusqu'à la dernière goutte de son sang pour la défense des vérités de la foi. Cet antique serment, prescrit à tous les docteurs, n'était point une simple formule pour M. de Saint-Martin, il désirait réellement de mourir pour le nom de Jésus-Christ ».
    Animé de telles dispositions, il n'est point étonnant que la carrière apostolique avec ses travaux difficiles, ses périls, ses sacrifices quotidiens l'ait attiré. C'est dans un entretien avec Mgr Davoust, évêque de Céram, coadjuteur au Tonkin occidental, et alors à Paris, que de Saint-Martin sentit pour la première fois le désir de se consacrer aux Missions. Il entra dans notre Séminaire en 1772, et partit pour la mission du Se-tchoan au mois de décembre de cette même année, sans dire adieu à ses parents déjà avancés en âge et à son frère qu'il savait opposé à sa vocation. A leurs observations et à leurs reproches, il répondra de Lorient, au moment de son embarquement, ces touchantes et très apostoliques paroles1 : « Rappelez-vous en ce moment les travaux des premiers apôtres qui nous ont éclairés. Ils ont quitté leur patrie, leurs parents, leurs biens, pour venir annoncer à nos pères un Dieu qu'ils ne connaissaient pas. Qu'étaient-ils par rapport à eux pour qu'ils s'exposassent à tant de dangers ? Que serions-nous nous-mêmes maintenant si l'amour mal entendu de leurs parents les eût retenus auprès d'eux ? Nous serions encore aveuglés par les ténèbres du paganisme, nous n'aurions pas reçu le don de foi, et nous nous damnerions sans crainte et sans espérance. Transportez-vous donc en esprit dans ces premiers temps où le zèle de notre salut conduisit saint Denis en France. Qu'eussiez-vous pensé alors des larmes de sa mère ? Quelle impression terrible n'aurait pas faite sur vous la crainte qu'il se laissât attendrir ? Quel voeu n'auriez-vous pas fait au ciel pour lui obtenir la victoire sur la nature ? Hé bien ! Ce que vous auriez pensé alors, les idolâtres que je vais chercher le pensent aujourd'hui. Ils désirent la foi ; ils demandent des missionnaires, et presque personne ne va les secourir. Ne devons-nous pas faire pour eux ce qu'on a fait pour nous ?
    En 1774, il arriva à Tchen-tou, capitale de la province du Se-tchoan. Après avoir étudié la langue dans les environs de cette ville, il dirigea le district de Tsong-king-tcheou ; cependant il résidait assez souvent à Tchen-tou, près de l'évêque, Mgr Pottier, qui se déchargea sur lui du soin de sa maison, De 1775 à 1778, il fonda plusieurs stations et baptisa près d'un millier de néophytes. D'abord favorable aux écoles fondées par le Vénérable Moye, il s'y opposa ensuite, à cause de la jeunesse des vierges institutrices ; il contribua à décider Mgr Pottier à demander à Rome des éclaircissements sur cette question et sur le baptême des enfants. Les modifications qu'il avait désirées dans l'action de M. Moye furent approuvées.

    1. Lettres de Mgr de Saint-Martin, p. 3.

    Mgr Pottier le choisit pour coadjuteur en 1783, et le sacra évêque de Caradre le 13 juin 1785, à Tchen-tou.
    Quelques mois plus tard la persécution éclata. Apprenant qu'il avait été dénoncé aux mandarins, le prélat essaya de se réfugier au Yunnan ; mais il était épuisé par une maladie qui datait d'assez longtemps, il avait à parcourir des sentiers montagneux, bordés de précipices, rendus presque impraticables par la neige.
    « Je me traînais comme je pus jusqu'à la nuit, dit il dans le récit de sa fuite, et pendant une journée entière, je fis environ une lieue, je n'en pus faire qu'un quart le jour suivant ». A bout de forces, il s'arrêta et remit son sort entre les mains de la Providence.
    Une troupe de sept cents soldats commandée par douze mandarins, était à sa poursuite, guidée par d'habiles espions ; elle arriva bientôt près de la maison où il s'était caché. Lorsque l'évêque entendit le pas et les cris des soldats, il s'avança vers eux : « C'est moi que vous cherchez, leur dit-il, vous n'avez qu'à me prendre ». Le disciple empruntait les paroles du Maître. Aussitôt entouré et garrotté, il fut chargé de chaînes.
    C'était le 8 février 1785, la veille du mercredi des Cendres. La France fêtait joyeusement les folies du carnaval ; dans quelques églises, d'humbles femmes entraient seules prier et gémir ; là-bas, au fond de la Chine, des centaines de catholiques subissaient les tortures, un évêque français était traité comme un criminel. Plus humain que ses subordonnés, le mandarin voulut faire enlever la chaîne que portait Mgr de Saint-Martin. Celui-ci refusa, puisque ses chrétiens la portaient il la voulait porter aussi. Il fut conduit à Ya-tcheou pendant que les soldats poursuivaient leurs recherches pour découvrir les autres prêtres dénoncés. Afin d'obliger les chrétiens à révéler les asiles des Européens, les persécuteurs redoublèrent de violence, Mgr de Saint-Martin se souvint que le bon Pasteur donne sa vie pour son troupeau, et fort de cette parole écrite à Mgr Pottier par M. Devaut : « Je ne puis vous dissimuler que je désire d'être pris, quoique je ne veuille pas m'exposer imprudemment », il écrivit aux trois missionnaires voisins : MM. Dufresse, Delpon et Devaut, de se livrer aux persécuteurs. Il fut aussitôt obéi.
    Les captifs furent conduits à Tchen-tou, et interrogés tantôt ensemble tantôt séparément. Voici plusieurs des questions posées à de Saint-Martin et des réponses quil fit :
    « Est-ce ton Dieu qui t'a dit de venir en Chine ? L'as-tu vu ? As-tu entendu ses paroles ? Lui demanda un mandarin. Dieu, répondit l'évêque, me l'a dit par sa loi, qui commande de l'aimer par-dessus toutes choses, et d'aimer les hommes comme nous-mêmes ; or, c'est ce que j'ai fait en venant publier ici ses grandeurs et ses miséricordes et vous ouvrir le vrai chemin du bonheur, que je connais et que vous ne connaissez pas. Mais n'est-ce pas plutôt le roi de ton pays qui t'envoie ici ? Non, assurément non. Le roi de mon pays gouverne ses Etats sans prétendre commander aux autres souverains. Ne sait-il pas du moins que tu es ici ? Il ne me connaît point. Tu es donc sorti sans sa permission tu es coupable ? Ce n'est pas une conséquence ; j'ai obtenu du mandarin chargé de ces sortes d'affaires la permission de sortir du royaume. Mais pourquoi venir en Chine plutôt qu'ailleurs ? Par toute la terre, il y a des missionnaires qui prêchent la religion, ayant vu la langue chinoise, je sentis plus de goût et de facilité pour l'apprendre que d'autres ; en conséquence, je me déterminai à entrer en Chine. Eh ! Pourquoi plutôt au Se-tchoan que dans les autres provinces ? Pour deux raisons : les vivres y sont moins chers, et les histoires m'ayant appris que cette province il y a plus de cent ans fut dévastée par les Patay-Ouang et le peuple renouvelé depuis, je jugeai qu'il y avait moins d'abus et de malice, et par conséquent moins d'obstacles à la vérité ».
    Après plusieurs semaines de détention, Mgr de Saint-Martin et ses compagnons de captivité furent emmenés à Pékin. Ils furent convenablement traités pendant le voyage. « On nous conduisit trop honorablement, a dit Mgr de Saint-Martin toujours amoureux de souffrances, nous avions chacun une chaise à quatre porteurs et deux mandarins qui nous faisaient manger à leur table aux frais du public ou de l'empereur ».
    Assurément, pareil traitement pouvait surprendre des prisonniers, mais il était la preuve que les magistrats chinois estimaient les prêtres étrangers, mêmes en les condamnant aux tortures ou à la prison. Cependant, à peine arrivés à Pékin, ils se départirent de cette tolérance capable de les compromettre. Tous les missionnaires furent remis à la cangue et à la chaîne.
    Vingt-neuf prêtres, dix-neuf Européens et dix Chinois des diverse Sociétés religieuses ou apostoliques qui évangélisaient l'Empire, étaient alors réunis dans les prisons de la capitale. Le régime qu'ils eurent à y subir fut si pénible que sept d'entre eux moururent.
    En ces douloureuses circonstances, les fils de Saint-Vincent de Paul récemment arrivés à Pékin, pour remplacer les Jésuites supprimés par le Pape Clément XIV, montrèrent une charité digne de leur fondateur. Ils sollicitèrent, et à force d'instances, finirent par obtenir l'autorisation de visiter les prisonniers et de leur apporter de la nourriture et des vêtements. Leur supérieur, M. Raux, demanda instamment la libération des prisonniers, sans se laisser décourager par les mauvaises dispositions de l'empereur. Il l'obtint enfin. Le 10 novembre 1785, un édit impérial annonça que les captifs pouvaient ou demeurer à Pékin ou partir pour Macao avec ordre de retourner en Europe.
    Mgr de Saint-Martin et M. Dufresse se rangèrent à ce dernier parti, dans la pensée qu'une fois arrivés dans la petite colonie portugaise, ils pourraient secrètement retourner au Se-tchoan.
    En sortant de leurs cachots, les confesseurs se dirigèrent vers la cathédrale. Debout sur le seuil de l'église, Mgr de Gouvea, l'évêque de Pékin, les attendait ; il remit à Mgr de Saint-Martin une croix pastorale et un anneau, lui offrit l'eau bénite, puis tous, libérateurs et libérés, s'avancèrent processionnellement vers l'autel en chantant le Te Deum.
    Mgr de Saint-Martin et M. Dufresse prolongèrent à dessein leur séjour à Pékin, car en arrivant à Macao, après le départ du vaisseau pour l'Europe, ils devaient plus facilement justifier leur longue station dans cette ville et trouver une occasion pour rentrer dans l'Empire du Milieu. Ils quittèrent la capitale le 11 décembre 1785, escortés de deux mandarins et de dix soldats, traversèrent la Chine du nord au sud et arrivèrent à Canton le 2 février suivant.
    Dans cette ville, un navire espagnol était en partance pour Manille, ils y montèrent, espérant, en s'éloignant davantage, enlever aux Chinois tout soupçon. La catholique colonie espagnole reçut comme des héros ou des saints les confesseurs de la foi : le canon tonna, les cloches sonnèrent à toutes volées, un salut d'actions de grâce réunit dans la cathédrale toutes les autorités religieuses, civiles et militaires. Ce fut un touchant et beau spectacle, et cependant n'y a-t-il pas quelque chose de plus touchant et de plus beau dans ces lignes admirables d'ardeur apostolique que Mgr de Saint-Martin écrivait aux directeurs du Séminaire des Missions Etrangères :
    « Je pense, Messieurs et très chers Confrères, qu'il est inutile de vous faire part de nos résolutions au sujet de la mission à laquelle vous nous avez attachés : Non facio animam meam pretiosiorem quam me, dummodo consummem cursum meum et ministerium verbi. Ma vie n'est pas plus précieuse que moi-même ; il me suffit que j'achève ma course dans le ministère de la parole qui m'a été confié ». Il nous faut mourir en braves, l'Europe n'est pas un champ d'honneur pour un missionnaire dans les circonstances où nous nous trouvons, aussi sommes-nous décidés, M. Dufresse et moi, à tenter toutes les voies pour rentrer, et nous le ferons, s'il plaît à Dieu, quoi qu'il en coûte ». Les actes répondirent à ces fières paroles.
    Après avoir été ramenés de Manille à Macao par une frégate française le Marquis de Castries commandée par Richery, les apôtres rentrèrent en Chine, et le 14 janvier 1789, Mgr de Saint-Martin se glissait furtivement dans la ville de Tchen-tou. Il y reçut le bref d'éloges Summo doloris, que le Souverain Pontife VI avait adressé le 24 mars 1787 à lui et à son vicaire apostolique, Mgr Pottier.
    Devenu chef de la mission du Se-tchoan le 28 septembre 1792, il gouverna avec sagesse et vigueur, publia plusieurs mandements sur les vierges chrétiennes, leurs voeux, les rapports qu'elles doivent avoir avec les prêtres et avec les laïques, sur l'administration de l'Extrême Onction aux femmes, sur les travaux et la conduite des catéchistes, etc.
    En vertu de la bulle Uberes fructus (Jus. Pont. de Prop. Fid., IV, p. 432), du 28 août 1798, il choisit en 1800 pour coadjuteur, et sacra le 25 juillet à Tchen-tou, son ancien compagnon de captive dans les prisons de Pékin, M. Dufresse.
    Avant d'être évêque, il avait composé ou revu des ouvrages de piété et de doctrine, il continua. Sur son lit de mort, il composait et traduisait encore ; comme on le pressait de se reposer, il répondit : « Fait-on un crime à plusieurs saints évêques ou prêtres qui sont morts de bonne heure pour s'être consumés dans le service de Dieu et du prochain ? ».
    Quand il avait pris en main le gouvernement, le vicariat comptait 25.000 catholiques ; quand il mourut, près de Tsong-king-tcheou, le 15 novembre 1801, ce chiffre était monté à 40.000. La dernière lettre qu'il écrivit à son successeur, le futur martyr Gabriel Taurin Dufresse, contenait ces recommandations et cet humble aveu : « Agissez plus que je n'ai fait en grande cordialité, déférence et bénignité avec les confrères. Priez pour moi qui suis si pauvre et si misérable, et qui ai été tant orgueilleux ». Il fut enterré près de Tchen-tou, dans le cimetière Fong-houang-chan, où son corps repose encore aujourd'hui.
    Des ouvrages qu'il traduisit, l'Imitation de Notre Seigneur Jésus-Christ est le seul ouvrage qui ait été imprimé. Mais on a imprimé et réimprimé ses Lettres pastorales écrites en latin ; on les trouve en particulier à la fin du Synode du Se-tchoan (édit. Hong-kong, 1892, p. 132). M. l'abbé Labouderie a publié un certain nombre de ses lettres sous ce titre : Lettres de Mgr de Saint-Martin, évêque de Caradre, vicaire apostolique du Su-tchuen, à ses père et mère et à son frère religieux bénédictin. Leclerc, Paris, 1822, in-8, pp. CVI-393.
    Les Nouvelles Lettres Edifiantes renferment quinze lettres écrites par lui sur la mission du Se-tchoan ; vol. I, pp. 204, 230, 256, 266, 291, 385 ; vol. II, pp. 184, 195, 239, 392, 393 ; vol. III, pp. 1, 45, 125, 194, 242, 353.

    M. TARIN

    M. Jean-François Tarin était prêtre quand il entra au Séminaire des Missions Etrangères le 17 août 1787.
    Il partit le 29 novembre de la même année pour la Cochinchine, où il arriva en 1789 avec Mgr Pigneau de Béhaine, le célèbre évêque d'Adran.
    Il commença à étudier la langue à Saigon et dans les environs. Un de ses confrères, M. Le Blanc étant tombé malade, il le soigna avec dévouement, mais à peine celui-ci était-il mort, que M. Tarin fut atteint de la même maladie. Quand il se sentit atteint, quoiqu'il ne fût pas encore alité, il voulut recevoir les derniers sacrements ; puis il prépara toutes ses affaires comme pour son voyage, engagea les missionnaires à ménager leurs forces, leur promit de se souvenir d'eux, exhorta à se convertir un Européen venu lui rendre visite, et, le 4 avril 1791, a Saigon, s'endormit paisiblement dans le Seigneur.

    M. SALMON

    Né dans le diocèse de Paris en 1798, aspirant du Séminaire des Missions Etrangères en 1825, M. François Charles Salmon, partit le 19 décembre de la même année pour la mission Malabare (Inde).
    Il travailla quelques mois dans la paroisse de l'Immaculée Conception à Pondichéry, tomba bientôt malade, et quitta la mission et la Société dès 1827.
    Il se rendit à l'île Bourbon où, en 1830, il exerçait le saint ministère.

    M. CHOULEX

    Choulex, Joseph Marie, naquit à Evian-les-Bains (Haute-Savoie) le 4 octobre 1819. Incorporé au diocèse de Paris, et ordonné prêtre le 20 décembre 1845, il exerça le saint ministère dans plusieurs paroisses de la capitale.
    Ce fut lui qui, en 1852 et 1853, engagea une de ses pénitentes, malade, Mme Goldsmit, à demander sa guérison à ceux de nos martyrs dont la Cause de Béatification avait été introduite en 1840 et 1843. La malade suivit ses conseils, fut exaucée, et cette guérison a été l'un des miracles reconnus et acceptés par la Congrégation des Rites pour la Béatifica cation de ces Martyrs.
    Choulex entra le 7 décembre 1853 au Séminaire des Missions Etrangères, et partit le 16 décembre suivant pour la Cochinchine septentrionale. Dans cette contrée la persécution battait son plein ; les missionnaires et les chrétiens étaient traqués comme des bêtes fauves ; les édits contre eux se succédaient rapidement ordonnant de les prendre, de les emprisonner, de les tuer.
    Obligé de fuir d'asile en asile, de se cacher dans les forêts, dans les montagnes, sur le bord de la mer ou des rivières, M. Choulex tomba bientôt malade. Son vicaire apostolique, Mgr Sohier, a raconté quelques-unes des misères qu'il eût à supporter1 : « M. Choulex et ses compagnons ont couru le danger d'être dévorés par les bêtes féroces. Je croyais que ce cher infirme ne pourrait pas y vivre quinze jours, il y est resté neuf mois entiers.

    1. Annales de la Propagation de la Foi, vol. XXXVI, p. 44.

    « Il était parti vers la fin de septembre, par un temps épouvantable : c'est l'époque où commencent les tempêtes et les inondations dans ce pays. Une semaine s'écoula avant qu'on pût lui construire un abri, à cause des averses torrentielles qui tombaient continuellement. M. Choulex, souffrant de la fièvre, était suspendu jour et nuit dans son filet entre deux arbres, n'ayant que sa couverture, attachée en forme de tente pour le protéger contre la pluie ; ses compagnons couchaient par terre et dans la boue. Enfin ils se bâtirent une cabane ; mais ayant été découverts par les païens, ils ne purent l'habiter que huit jours, Il fallut donc décamper et aller recommencer ailleurs. A peine la nouvelle case était-elle achevée, qu'elle fut encore aperçue par des espions, et nos fugitifs restèrent une quinzaine de jours errants dans les bois, par un temps horrible. Pendant son séjour sur les montagnes, M. Choulex a été obligé de faire construire dix cabanes différentes, très éloignées les unes des autres étant sans cesse pourchassés par une meute d'infidèles. Les mandarins, qui savaient sa présence sur les montagnes, avaient placé des corps de garde sur toutes les routes qui y conduisent ; en sorte que ses gens étaient réduits à faire de grands détours pendant la nuit, pour aller chercher des vivres déposés au loin dans des maisons païennes.
    « Ce cher confrère a passé des semaines entières n'ayant pour toute nourriture que du riz assaisonné avec des feuilles de pommes de terre, Ce n'était pas très appétissant pour un pauvre invalide, sans cesse agité par la fièvre. Comme moi, il a perdu un de ses hommes ; tous les autres tombaient malades et l'abandonnaient un à un. Sur la fin, il n'était plus possible d'en trouver pour l'accompagner. Heureusement, la fureur des païens commençait à se ralentir, à cause du traité de paix conclu entre le roi et les alliés. Un chrétien de Ke-hac, dont la maison est éloignée du village, consentit à recevoir M. Choulex. Les hommes que j'envoyai pour le chercher dans les bois le trouvèrent sans connaissance. Aujourd'hui il va mieux, et n'attend que le passage du premier navire qui se présentera, pour se rendre à Singapour ou à Hongkong, afin d'y soigner sa santé délabrée ».
    Malgré les soins dont on l'entoura, le pauvre missionnaire ne put se rétablir ; il revint en France en 1866 et fut en 1868 nommés vicaires à Saint Philippe du Roule, en 1872 seconds vicaires à Saint Augustin. Il l'était encore lorsqu'il mourut à Evian le 28 août 1882.
    Les Annales de la Propagation de la Foi, vol. XXVIII, 1856, p. 129, ont publié une lettre de M. Choulex, et des détails sur sa vie apostolique, vol. XXXVI, 1864, pp. 19, 37, 44.

    M. ALIBERT

    C'est la paroisse de Notre Dame de Bonne Nouvelle qui vit naître, le 7 octobre 1835, Joseph Etienne Alibert. Il fit une partie de ses études au petit séminaire de Bordeaux et entra tonsuré au Séminaire des Missions Etrangères le 17 septembre 1857. Prêtre le 2 juin 1860, il partit le 25 juillet suivant pour la mission du Kouang-tong et Kouang si. Il évangélisa l'île de Hainan et s'occupa pendant quelques mois du district de Loui-tcheou.
    Les habitants de cette région sont généralement menteurs, batailleurs, plaideurs ; l'égoïsme et l'intérêt sont les motifs qui guident à peu près toutes leurs actions ; leurs moeurs sont rudes. La condition de la femme y est triste, Leurs maris les regardent comme un meuble dont on peut se défaire à volonté. Que de malheureuses ont été vendues et revendues jusqu'à trois et quatre fois ! Bien des filles sont étouffées immédiatement après leur naissance.
    C'est dans ce milieu pénible à supporter, que le missionnaire dépensa ses forces, qui, hélas ! Furent bientôt épuisées. Il alla chercher du repos et des soins à la procure des Missions Etrangères à Singapore. Il y mourut le 8 février 1868, et fut enterré à Bukit-Timah, non loin de Singapore.

    MM. CREUSE

    Les deux frères Creuse, Albert Victor et Eugène, se consacrèrent aux missions à dix ans d'intervalle ; leur carrière apostolique se ressembla, hélas ! Par sa brièveté ; celle du premier se termina au bout de quelques mois, et celle du second ne dura guère plus de trois ans. Tous les deux naquirent dans la paroisse Saint Luc, Albert le 22 décembre 1840 et Eugène le 22 septembre 1847. L'aîné, ordonné prêtre le 10 juin 1865, partit le 14 juillet suivant pour la mission de Cochinchine occidentale. Il alla se former à la vie apostolique dans le district de Tan-triêu ; le 2 juin 1866, il mourut à Bien-hoa, laissant le souvenir d'un prêtre très pieux, très doux, très charitable.
    Le cadet, qui avait d'abord été employé de commerce et sergent de mobiles pendant la guerre de 1870-71, entra au séminaire de Saint-Sulpice en 1872 et au Séminaire des Missions Etrangères en 1874. Prêtre le 24 février 1877, il partit pour le Kouang-si le 5 avril suivant, et fut placé dans le district de Si lin où, en 1856, le Bx A. Chapdelaine avait scellé sa foi de son sang.
    Ce fut lui qui retrouva à Pin-kouang, à 50 lys de Si lin, la famille chrétienne Ly que le Bx A. Chapdelaine avait essayé de rejoindre afin de faire de ses membres les premiers auxiliaires de son apostolat.
    Il résida ensuite à Chang-tsin où il tomba malade. On l'envoya à Hong-kong vers la fin de 1880 ; mais il trouva la mort en route. On a tout lieu de croire qu'il fut assassiné, non loin de Pé-sé, le 10 ou le 11 novembre.
    Il a laissé une carte assez détaillée du nord-ouest du Kouang-si, et quelques notes géographiques qui ont été publiées dans le Bulletin de la Société de Géographie de Paris (7e sér. III, 1882, p. 539) ainsi que le plan de Si lin, et celui du tribunal de cette ville, rendu mémorable par la condamnation à mort du Bx A. Chapdelaine (Annales de la Société des Missions Etrangères, 1902, pp. 194, 196).

    M. FRICHOT

    Frichot, Toussaint Sébastien, né dans la paroisse Saint-Louis-en l'Ile, à Paris, le 25 décembre 1842, fit ses études au petit séminaire de Séez, et passa une année au séminaire du Saint-Esprit. Il entra laïque au Séminaire des Missions Etrangères, le 8 octobre 1862, fut ordonné prêtre le 23 décembre 1865, et partit le 14 février 1866 pour le Tonkin méridional.

    NOVEMBRE DÉCEMBRE 1917, n° 118.

    L'époque des grandes persécutions était passée, mais il fallait encore user do stratagème pour faire pénétrer au Tonkin les nouveaux missionnaires. M. Frichot et deux prêtres qui l'avaient rejoint à Saigon, durent se cacher sous des balles de coton pour n'être pas aperçus par les employés de la douane. « Le beau temps ! » Disent les jeunes, les ardents. Oui ! « Beau de loin, » répondent les anciens, ceux qui ont connu les souffrances physiques et morales de ces époques troublées.
    Quatre mois après son arrivée, M. Frichot fut nommé supérieur du petit séminaire. Cet établissement avait été jusqu'alors sous la direction d'un prêtre indigène. Quand on vit mettre à sa tête un missionnaire fraîchement débarqué, il y eut quelque étonnement. Mais le jeune supérieur ne tarda pas à acquérir sur les professeurs et les élèves une autorité qui ne fit que grandir pendant les longues années qu'il garda cette fonction. Il se trouvait d'ailleurs dans son élément. Il avait du goût pour l'enseignement et il aimait la jeunesse. Il rencontra néanmoins dans sa carrière bien des épreuves.
    En 1868, les lettrés des environs se soulèvent et s'organisent, se donnant comme mot d'ordre l'extermination des chrétiens. En trois jours, 33 chrétientés deviennent la proie des flammes.
    La persécution apaisée, la famine désola la Mission en 1871 et 1872. M. Frichot se vit obligé de licencier la moitié de ses chers élèves. Puis survinrent les massacres de 1874. Eu quelques jours, plus de 200 chrétientés furent livrées aux flammes, et 2.000 chrétiens égorgés.
    Au milieu de ces tristes événements, le supérieur du petit séminaire avait un rôle bien difficile. Il réussit cependant à rehausser le niveau des études, à resserrer la discipline et à accroître la piété de ses élèves. Dès 1868 il avait été nommé provicaire ; il le resta jusqu'à la fin de sa vie.
    En 1878, on lui confia le district du Bo-chinh qui comprenait 20.000 chrétiens, une dizaine de prêtres indigènes, et un nombreux personnel de catéchistes ; mais il était plus apte à l'enseignement qu'à la direction d'un district. Malade en 1879, il vint en France, y recueillit de nombreuses aumônes, et retourna au Tonkin en 1881.
    En 1884, il devint supérieur du grand séminaire et y fit un bien véritable. Après la mort de Mgr Croc, le 11 octobre 1885, il eut à gouverner la mission jusqu'à la nomination de Mgr Pineau, 10 juin 1886. Ce fut l'époque des désastres causés par la haine des païens, qui se vengèrent sur les chrétiens de la conquête du Tonkin par la France. Grâce à l'organisation de la défense, le Tonkin méridional n'eut pas à déplorer des désastres aussi grands que dans d'autres missions de l'Indo Chine, et cependant combien est douloureux le compte-rendu de 1886 dans lequel M. Frichot résumait ainsi les pertes de la mission : « 264 chrétientés et 163 églises ou chapelles brûlées, 4.779 catholiques massacrés, 1.181 fidèles mort des suites de cette guerre et 407 dont on ignore le sort.
    En 1890, il dirigea le petit district de Nghia-yen. C'est là qu'il mourut le 18 octobre 1898, et selon ses désirs fut enterré dans l'église de cette paroisse, devant l'autel de la Sainte Vierge.
    Les Annales de la Propagation de la Foi ont publié trois lettres de M. Frichot ; vol. LVIII, pp. 150, 205, 265 ; Les Missions Catholiques 14 ; vol. VIII, p. 3 ; vol. XI, p. 236 ; vol. XIII, p. 197 ; vol. XVIII, pp. 99, 181, 301, 361, 409 ; vol. XIX, pp. 260, 272, 286, 322 ; vol. XXVII, pp. 302, 364. On trouve aussi plusieurs de ses lettres dans la Semaine religieuse de Séez en 1867-1868, p. 406 ; en 1868-1869, p. 101 ; en 1871-1872, p. 519 ; en 1879, p. 683 ; en 1881, p. 235 ; en 1886, p. 103.

    M. RENAULT

    Renault, Jules Alfred, naquit dans la paroisse Saint-Laurent, à Paris, le 17 mars 1852. Sa famille s'étant fixée en Alsace, il fit ses études classiques au petit séminaire de Zillisheim, diocèse de Strasbourg, mais il continua d'appartenir au diocèse de Paris. Il entra laïque au Séminaire des Missions Etrangères le 27 septembre 1869. Prêtre le 19 septembre 1874, il fut envoyé au Japon le 16 décembre suivant.
    C'est à Nagasaki qu'il passa les trop courtes années de son apostolat. Grâce à une aptitude toute spéciale, il fit de rapides progrès dans l'étude de la langue japonaise, et acquit une connaissance approfondie de la littérature, de l'histoire et des institutions du pays. A une science peu commune, il joignait une éminente piété. Chargé de la direction du nouveau séminaire de Nagasaki, il justifia la confiance de ses supérieurs, et, dans l'exercice de ses importantes fonctions, il mérita l'estime et l'affection de ses élèves. Bien que d'une constitution délicate et qui exigeait des ménagements, ne consultant que son attrait pour la mortification, il savait dissimuler ou excuser ses veilles et ses jeûnes continuels.
    A la suite des grandes chaleurs de l'été de 1879, sa santé ébranlée par les austérités et les travaux, donna subitement de graves inquiétudes. Il reçut les derniers sacrements au mois d'octobre. Mais son état s'étant amélioré, il fut, par ordre du médecin, envoyé au sanatorium des Missions Etrangères à Hong-kong. Un moment on eut l'espoir de le sauver ; mais, à la suite d'une crise, ses forces allèrent en diminuant, et la mort bientôt parut inévitable.
    Un jour s'entretenant avec un de ses confrères de la pensée de la mort, sa figure sembla soudain s'illuminer, et laissant tomber quelques larmes, il s'écria : « Quel bonheur de mourir afin de jouir du bon Dieu ! »
    Le jour même de sa sainte mort, le 25 janvier 1880, peu avant de rendre le dernier soupir, on l'entendit répéter distinctement le mot qui exprime la joie des anges et des saints : Alleluia ! Alleluia !

    M. DESCARTES

    Marie Alexandre Pierre René Descartes naquit le 13 mai 1849 dans la paroisse de Notre Dame de Grâce de Passy, à Paris. Il se nommait Gallier, mais après la mort de son père et de sa mère, il fut adopté par son oncle et sa tante Descartes (Tribunal de 1re instance de la Seine, 18 juin 18701). Il fit une partie de ses études théologiques à Saint-Sulpice, entra sous-diacre au Séminaire des Missions Etrangères le 3 octobre 1874, fut ordonné prêtre le 10 octobre 1875, et partit le 16 décembre suivant pour le Se-tchoan oriental. Il fut placé en 1876 à Ta-tsiou, et en 1877-1878 à Pi-chan hien. Malade en 1881, il se rendit au sanatorium des Missions Etrangères à Hongkong et rentra en France en 1882.
    Il fut vicaire à Gentilly (Seine), 1883-1884, et mourut quelques années plus tard.

    M. DEBAYE

    Arthur Nicolas Antoine Debaye, naquit le 13 novembre 1851 à Bouvancourt (Marne). Sa famille s'étant fixée à Paris, il fit ses études classiques aux petits séminaires de Saint-Nicolas du Chardonnet et de Notre-Dame-des-Champs, sa philosophie chez les Sulpiciens à Issy, et fut incorporé au diocèse de Paris. Il entra tonsuré au Séminaire des Missions Etrangères le 30 septembre 1874, reçut la consécration sacerdotale le 22 septembre 1877, et partit pour le Yunnan le 29 novembre suivant.
    Peu après son arrivée, on le chargea du poste de Pien-kio, dans l'ouest de la province. Ce poste était difficile, mais il souriait d'autant plus à sa charité que deux de ses prédécesseurs l'avaient sanctifié par une mort héroïque : M. Baptifaud qui n'ayant pas voulu abandonner ses chrétiens en péril, était tombé sous les coups des païens, et un prêtre chinois Paul Tchao, qui y était mort de la peste contractée en soignant ses néophytes. Cette mort était réservée à M. Debaye. La peste s'étant de nouveau déclarée dans sa paroisse, le missionnaire prodigua ses soins aux malades et fut atteint par le fléau. Il mourut le 2 novembre 1880.

    M. RENOM DE LA BAUME

    Xavier Charles Marie Joseph Renom de la Baume naquit dans la paroisse de l'Abbaye-aux-Bois, à Paris le 23 septembre 1852.
    Au foyer de la famille qu'il ne quitta pas avant vingt-et-un ans, il apprit de ses pieux parents à aimer et à pratiquer la vertu. « Oh ! qu'il fait bon, écrivait-il quelques jouis avant sa mort, qu'il fait bon à l'heure suprême de s'être donné tout à Dieu, avoir tout quitté pour Lui ! Après Dieu, c'est à vous, bien-aimés parents, que je dois cette grâce non pareille. Soyez-en bénis à jamais ! »
    A la caserne où il passa son année de volontariat, il demeura ce qu'il avait été à la maison paternelle ; un modèle de piété et de vertu. Cependant le moment était venu pour lui de fixer sa voie ; dans le monde, il pouvait aspirer à une carrière facile et honorable, mais Dieu l'appelait à l'honneur de le suivre. Il sut répondre à cet appel, et, le 27 février 1877, il entra au Séminaire des Missions Etrangères. II y demeura trois ans et fut ordonné prêtre le 21 février 1880.
    Il fut destiné au Japon méridional ; mais l'état de sa santé était si précaire qu'on ne voulut pas l'envoyer en mission. Cependant, il demanda avec tant d'instances à partir, qu'on l'exauça le 24 novembre 1880. Il ne put arriver à sa destination. Il mourut de phtisie au sanatorium de Béthanie à Hongkong, le 17 février 1881.
    Dans une de ses dernières lettres à sa famille, il avait écrit : « Surtout priez pour ma chère mission où j'espérais travailler toute ma vie pour Dieu. Mais je ne serai pas plus heureux que Moïse ; je ne verrai pas ici-bas cette terre promise ; cette joie ne me sera donnée qu'au ciel ».

    M. BERGER

    Né dans la paroisse Sainte Madeleine à Paris, le 6 janvier 1864, Jean-Baptiste Marie Philippe Berger fit ses études classiques à la petite communauté d'Issy. Un de ses condisciples écrit de lui :
    « Une qualité qui, avec sa charité, contribuait à le faire aimer de tous, était sa gaieté inaltérable. Balmès nous trace quelque part le portrait de l'homme dont le caractère, comme l'aiguille sur le cadran, fait un tour complet entre le lever et le coucher du soleil. Il n'y a que quelques natures privilégiées qui échappent à ces changements d'humeur, et Philippe Berger était de ce nombre. Quelque temps qu'il fît, quelque chose qu'il arrivât, il était toujours le même avec son bon sourire sur les lèvres ».
    Entré laïque au Séminaire des Missions Etrangères le 6 septembre 1883, il fut ordonné prêtre le 24 septembre 1887, et partit le 30 novembre suivant pour le Japon septentrional. Il débuta à Sendai, apprit bien la langue japonaise et se fit remarquer par les conférences publiques qu'il donna sur le catholicisme.
    Au mois d'octobre 1890 il se rendit à Tokio, afin d'étudier l'anglais. Pendant une épidémie d'influenza assez grave, il assista les malades à l'orphelinat de Sekiguchi (Tôkiô) ; il y contracta le germe de la maladie, et revenu à l'évêché, il y mourut le 18 janvier 1891. Ses restes reposent au cimetière d'Aoyama.

    M. LEGENDRE

    Legendre, Louis Magloire, né dans la paroisse Saint-Germain-des-Prés, à Paris, le 22 septembre 1863, fit ses études primaires chez les Frères des Ecoles Chrétiennes de la rue Blomet et de la paroisse Saint-Roch, ses études secondaires au collège des Barnabites à Gien.
    Déjà l'idée de se dévouer au bien de ses semblables avait mûri dans son coeur, et il se rendit au noviciat des Frères des Ecoles Chrétiennes de la rue Oudinot ; mais la Providence avait d'autres vues sur lui. En 1877, il entrait au petit séminaire de Versailles où il se fit remarquer par ses succès dans les études et les saillies de son esprit vraiment parisien. En 1883, il franchit le seuil du grand séminaire, et c'est là qu'à l'ombre du sanctuaire, le bon Dieu lui fit connaître clairement qu'il l'appelait à la vie apostolique. Au mois de novembre 1884, il prenait place au milieu des aspirants des Missions Etrangères. Le 26 février 1888, il reçut la prêtrise et fut destiné à la Birmanie septentrionale.
    Après avoir étudié la langue à Monhla, il fut chargé du district de Ye-u. Mgr Simon le nomma ensuite aumônier des troupes anglaises à Mandalay, et, en avril 1890, lui confia le poste de Schwebo où il éleva une église et une résidence. En 1891, le missionnaire revint à Monhla qu'il administra bien ; c'est alors qu'il entreprit une traduction birmane, demeurée manuscrite, du Memoriale vitae sacerdotales, pour l'usage du clergé indigène. En 1894, le poste de Yemethin lui fut donné ; il travaillait à fonder une nouvelle chrétienté non loin de là, lorsque, le 3 septembre 1895, étant allé à Meiktila, il eut une attaque de choléra, et succomba le lendemain, 4 septembre, dans cette même ville.


    M. LEYMET

    En annonçant la mort de ce missionnaire, l'évêque de Malacca, Mgr Fée, écrivait ces paroles attristées :
    « Hélas ! Dieu nous l'enleva, ce bon confrère, juste au moment où, maître de la langue, ayant conquis l'estime et l'affection générale, son zèle semblait promettre les plus beaux fruits. Pieux comme un ange, âme de feu et volonté de fer dans un corps faible, il semblait destiné à faire un excellent missionnaire. Dieu l'a jugé mûr, et il est mort purifié par la souffrance, les bras en croix, comme le Sauveur ».
    Henri Leymet était né dans la paroisse Sainte Marguerite à Paris, le 9 octobre 1868. Il entra minoré au Séminaire des Missions Etrangères le 24 octobre 1891, reçut la prêtrise le 15 octobre 1893, et partit le 19 décembre de la même année pour la mission de Malacca. Il commença par étudier la langue chinoise, puis devint l'auxiliaire de M. Fée, dans la paroisse indienne de Saint François-Xavier à Georgetown (Pinang).
    Il se mit avec ardeur à l'étude de la langue tamoule ; sa mémoire peu heureuse lui rendait la tâche ardue ; mais sa bonne volonté triompha de tous les obstacles. Quelques mois lui suffirent pour comprendre et se taire comprendre, et alors il se livra avec tout son zèle au salut des âmes. Son oeuvre de prédilection fut l'instruction des enfants. La population indienne de Pinang est tellement flottante qu'il est extrêmement difficile d'avoir les enfants au catéchisme d'une manière régulière. M. Leymet entreprit ce que ses prédécesseurs n'avaient pu faire et à force de zèle, je dirai d'acharnement, réussit au-delà de toute espérance.
    Un accident, dont personne n'avait prévu la portée, termina trop vite sa carrière apostolique si bien commencée. Mordu par un chien que les médecins déclarèrent ne pas être enragé, il mourut de la rage dix-huit mois après cet accident, le 9 mars 1897, à l'hôpital de Georgetown. Il fut enterré dans l'église Saint François-Xavier.

    M. NAVAILLE

    C'était un missionnaire aimant la perfection en lui et dans les autres. François Léon William Navaille , né dans la paroisse Saint-Jean Saint-François, à Paris, le 22 novembre 1868, fit une partie de ses études théologiques au séminaire de Saint-Sulpice, et entra diacre au Séminaire des Missions Etrangères le 4 janvier 1894. Ordonné prêtre le 9 mars 1895, il partit le 24 avril suivant pour le Tonkin occidental. Il fut envoyé successivement, en qualité d'auxiliaire, dans les districts de Lang van, de Son-mieng et Ke-tru, de Thanh-hoa, de Hanoi, et professa un certain temps au grand séminaire de la mission.
    Etant tombé malade, il dut rentrer en France, y demeura un an, puis repartit pour l'Extrême-Orient. Après un séjour à la maison de Nazareth, à Hongkong, il fut placé à Ke-so, et chargé de s'occuper des procès des martyrs. En juin 1907, étant allé à Thanh-hoa, il y mourut le 14 du même mois.

    (A suivre).

    OUVRAGES SUR LES MISSIONS

    Histoire générale de la Société des Missions Etrangères, par M. ADRIEN LAUNAY, de la même Société, 3 vol. in-8°, 22 fr. 50.

    Histoire des Missions de l'Inde, avec gravures, cartes, plans, table alphabétique, par le MÊME, 5 vol. in-8°, 40 fr.
    Histoire des Missions de Chine : Kouang-si, Kouy-tcheou, Kouang-Tong, avec gravures, cartes, plans, table alphabétique, par le MÊME, 5 vol. in-8°, 40 fr.

    Les trente-cinq Vénérables Serviteurs de Dieu (Français, Annamites, Chinois), par le MÊME in-8°, 6 fr.
    La Société des Missions Etrangères, par le MÊME, in-12, 2 fr.

    Atlas des Missions de la Société des Missions Etrangères, in fol. 27 cartes en 5 couleurs avec notices, par le MÊME, 10 fr.

    Histoire de l'Église de Corée, précédée d'une introduction sur l'histoire, les institutions, la langue, les moeurs et coutumes coréennes, avec carte et planches, par M. CH. DALLET, de la Société des Missions Etrangères, 2 vol. in-8°, 10 fr.

    Mgr Ridel, évêque de Philippopolis, vicaire apostolique de Corée, d'après sa correspondance, par M. l'abbé A. PIACENTINI, professeur au collège Saint Stanislas à Nantes, in-8°, 4 fr.

    Pour tous ces volumes s'adresser au SÉMINAIRE DES MISSIONS-ÉTRANGÈRES, RUE DU BAC, 128, PARIS VIIe.

    1917/305-324
    305-324
    France
    1917
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