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Les pagodes dans le sud de l'Inde

Les pagodes dans le sud de l'Inde Les édifices destinés au culte religieux sont extrêmement multipliés dans l'Inde; on voit peu de villages, peu de hameaux qui n'en aient un. C'est même une opinion généralement reçue, qu'on ne doit pas habiter un lieu où il n'y a point de temple, sous peine de courir les risques de quelque malheur.
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    Les pagodes dans le sud de l'Inde

    Les édifices destinés au culte religieux sont extrêmement multipliés dans l'Inde; on voit peu de villages, peu de hameaux qui n'en aient un. C'est même une opinion généralement reçue, qu'on ne doit pas habiter un lieu où il n'y a point de temple, sous peine de courir les risques de quelque malheur.
    Parmi les bonnes oeuvres recommandées aux riches, une des plus honorables et des plus méritoires consiste à dépenser une partie de leur fortune à la construction de ces édifices, et à la dotation des personnes chargées de les desservir. Cette munificence est un moyen infaillible pour obtenir la protection des dieux, la rémission de ses péchés, et l'entrée d'un séjour de bonheur après sa mort.
    Les plus anciens temples de l'Inde sont des hypogées ou temples souterrains. On en trouve dans toute l'Inde et surtout entre Bombay et la chaîne des Vindhya. Citons : les hypogées d'Eléphanta (auprès de Bombay), d'Ellora (près d'Aurungabad), de Karli (près de Pounah), d'Adjanta (près de la Tapti), etc. Les plus anciens hypogées appartinrent d'abord aux Bouddhistes, puis les Djainas et les Brahmanistes s'en emparèrent et en construisirent de pareilles. Outre les temples dont tous les villages sont pourvus, on en rencontre une foule érigés dans des endroits isolés, dans les bois, sur les grandes routes, au milieu des rizières, sur le bord des étangs et autres grands réservoirs d'eau, et surtout à la cime de rochers escarpés, de montagnes et de collines.
    La plupart des temples indiens ont une apparence très misérable, et ressemblent plutôt à des granges ou à des étables, qu'à des édifices consacrés aux dieux ; quelques-uns servent en même temps de maison de ville, de salle de justice, d'asile pour les voyageurs. Mais aussi on en aperçoit plusieurs qui, vus de loin, offrent un caractère de grandeur qui excite quelquefois l'admiration de l'observateur, et lui rappelle ces temps de l'antiquité où les architectes, travaillant autant pour la postérité que pour leurs contemporains, tenaient bien plus à faire des ouvrages durables qu'à les rendre élégants aux dépens de la solidité.
    La forme des grands temples, tant anciens que modernes, est partout la même. Les Indiens, attachés exclusivement aux habitudes de leurs ancêtres, ne s'en sont jamais écartés dans la manière de bâtir leurs édifices publics. Les monuments de leur architecture, tels qu'ils existent encore, sont vraisemblablement des modèles plus propres à donner une idée des constructions des premières nations civilisées, que ne le sont les ruines de ceux des Egyptiens et des Grecs, que l'Europe savante recherche tant.
    La porte d'entrée des grandes pagodes est pratiquée à travers une haute pyramide massive dont le sommet, est ordinairement terminé en croissant ou en demi-lune. Cette porte fait face à l'orient, exposition qui est aussi celle de tous les temples, grands et petits. La pyramide s'appelle goparam.
    Au delà de cette pyramide se trouve une grande cour, au bout de laquelle est une autre porte pratiquée, ainsi que la première, dans une pyramide de la même forme que l'autre, mais plus petite. Ou passe de là dans une seconde cour peu spacieuse, qui précède le temple où réside la principale idole.
    Au milieu de cette cour, en face de l'entrée du temple, on voit communément, sur un grand piédestal ou dans une espèce de lanterne ouverte des quatre côtés et soutenue par quatre colonnes, une figure de pierre grossièrement sculptée, qui représente, ou un bœuf couché sur le ventre, ou le lingam si le temple est dédié à Siva, ou le singe hanouma, ou le serpent capelle, si c'est un temple de Vichnou, ou le dieu Vignessouara, ou bien enfin quelque autre attribut du culte indien ; et c'est le premier objet auquel les dévots offrent leurs hommages avant de pénétrer dans le temple.
    La porte en est généralement étroite et basse; c'est cependant la seule ouverture qui puisse donner passage à l'air et à la lumière extérieure, car les fenêtres sont habituellement fort petites; le tout est éclairé par la faible lueur d'une lampe qui brûle, nuit et jour, à côté de l'idole. On éprouve une sorte de saisissement involontaire en entrant dans ces espèces de cryptes ténébreuses. L'intérieur de l'édifice est en général divisé en deux parties, et quelquefois en trois. La première, qu'on pourrait appeler la nef, le naos, est la plus vaste et c'est là que le peuple vient se placer. La seconde est le sacrarium, où réside l'idole à laquelle le lieu est consacré : cette partie est plus petite et beaucoup plus sombre ; elle est ordinairement fermée et la porte ne peut en être ouverte que par le prêtre officiant, qui, avec quelques-uns de ses acolytes, a seul le droit de s'introduire dans cet asile mystérieux, pour laver l'idole, la parer, et lui présenter les offrandes de fleurs, d'encens, de sandale, de lampes allumées, de fruits, de beurre liquide, d'habits précieux, de joyaux, que les fidèles croyants viennent lui apporter.
    Quelques temples modernes sont construits en voûte : mais la plupart sont surmontés d'une plate-forme que supportent plusieurs rangs de piliers en pierres de taille massives, et dont les chapiteaux sont composés de deux fortes pierres en croix sur lesquelles sont posées des traverses, aussi en pierre, qui se croisent de même dans toute la longueur et la largeur de l'édifice. Les travées sont recouvertes, horizontalement, de dalles solidement jointes avec du ciment, pour empêcher les infiltrations. Enfin, soit pour rendre ces édifices plus majestueux et plus solides, soit pour les mettre à l'abri des incendies, il n'entre jamais dans leur construction d'autre bois que celui de la porte qui en ferme l'ouverture.
    Le sanctuaire est souvent construit en dôme : mais tout l'édifice est généralement fort bas ; ce qui en détruit d'une manière choquante, les proportions. Ce défaut d'élévation, joint à la difficulté que l'air éprouve pour s'y introduire par une seule issue étroite et habituellement close; les miasmes délétères qu'exhalent à flots des monceaux de fleurs fraîches ou fanées; les lampes allumées, l'huile et le beurre répandus danse les libations; les excréments des chauves-souris qui font de ces lieux obscurs leur séjour de prédilection; enfin, et par-dessus tout, la transpiration fétide d'une foule de gens malpropres, sont mitant de causes qui concourent à rendre ces divines tanières excessivement insalubres. Un Indien seul peut demeurer un peu longtemps au milieu de ce foyer actif de putréfaction, sans être asphyxié.
    La principale idole est ordinairement dans une niche ; elle est vêtue d'habits plus ou moins magnifiques; dans les grandes solennités, on la pare quelquefois d'étoffes d'un haut prix et de riches joyaux. On lui voit, assez souvent, sur la tête, une couronne d'or enrichi de pierreries ; mais la plupart des idoles en pierre ont une espèce de bonnet en forme de pain de sucre, ce qui donne à la figure entière l'apparence d'une pyramide.
    Les Indiens ont beau surchargé d'ornements leurs idoles, elles n'en sont pas moins fort désagréables à voir. Leur physionomie est, en général, d'une laideur effroyable, qu'on a soin de rehausser encore en barbouillant, de temps à autre, ces pauvres dieux d'une couche de peinture noirâtre. Quelques-uns, grâce à la piété généreuse de certains riches dévots, ont des yeux, une bouche et des oreilles d'or ou d'argent.
    Les idoles exposées à la vénération publique dans les temples sont de pierre : celles qu'on porte en procession dans les rues sont de métal, ainsi que les dieux domestiques que chaque brahme garde et adore dans sa maison. Il n'est pas permis de faire des dieux de bois ou d'autres matières faciles à se détériorer.
    Outre les idoles qui se trouvent dans l'intérieur de chaque temple, les murs et les quatre faces des piliers qui soutiennent l'édifice sont chargés de diverses sculptures.
    Sur la façade, on a pratiqué des niches dans lesquelles sont placées des figures symboliques d'hommes et d'animaux, dans des attitudes inconvenantes. Les murs d'enceinte, dont la solidité répond à celle de l'ensemble des bâtiments, sont aussi quelquefois tout couverts de ces images obscènes ou bizarres.
    Au dehors, vis-à-vis et à peu de distance de la porte d'entrée, quelquefois au milieu d'une des cours, on voit communément une colonne de granit de quarante ou cinquante pieds, de forme octogonale, et carrée à la naissance du fût; sur chacune des faces de cette dernière partie, sont sculptées diverses figures; le piédestal est un massif en pierre de taille. Le tout est surmonté d'une corniche carrée, aux quatre angles de laquelle on suspend d'ordinaire de petites cloches ; au-dessus est un réchaud, où l'on brûle de l'encens à certaines époques ; ou bien, à sa place, on met des lampes allumées.
    Il n'est pas rare d'apercevoir sur les routes, et même dans des lieux isolés, de ces hautes colonnes, au sommet desquelles les dévots vont de temps en temps placer des lampes.
    Les temples sont desservis par des personnes de diverses castes. Cependant les emplois de quelque importance, ceux qui apportent du profit et de la considération, sont toujours dévolus à des brahmes.
    Parmi les nombreux ministres du culte idolâtrique, les sacrificateurs occupent le premier rang; viennent ensuite les syndics, les directeurs, les collecteurs, les trésoriers et une multitude n'en sont pas moins fort désagréables à voir. Leur physionomie est, en général, d'une laideur effroyable, qu'on a soin de rehausser encore en barbouillant, de temps à autre, ces pauvres dieux d'une couche de peinture noirâtre. Quelques-uns, grâce à la piété généreuse de certains riches dévots, ont des yeux, une bouche et des oreilles d'or ou d'argent.
    Les idoles exposées à la vénération publique dans les temples sont de pierre : celles qu'on porte en procession dans les rues sont de métal, ainsi que les dieux domestiques que chaque brahme garde et adore dans sa maison. Il n'est pas permis de faire des dieux de bois ou d'autres matières faciles à se détériorer.
    Outre les idoles qui se trouvent dans l'intérieur de chaque temple, les murs et les quatre faces des piliers qui soutiennent l'édifice sont chargés de diverses sculptures.
    Sur la façade, on a pratiqué des niches dans lesquelles sont placées des figures symboliques d'hommes et d'animaux, dans des attitudes inconvenantes. Les murs d'enceinte, dont la solidité répond à celle de l'ensemble des bâtiments, sont aussi quelquefois tout couverts de ces images obscènes ou bizarres.
    Au dehors, vis-à-vis et à peu de distance de la porte d'entrée, quelquefois au milieu d'une des cours, on voit communément une colonne de granit de quarante ou cinquante pieds, de forme octogonale, et carrée à la naissance du fût; sur chacune des faces de cette dernière partie, sont sculptées diverses figures; le piédestal est un massif en pierre de taille. Le tout est surmonté d'une corniche carrée, aux quatre angles de laquelle on suspend d'ordinaire de petites cloches ; au-dessus est un réchaud, où l'on brûle de l'encens à certaines époques ; ou bien, à sa place, on met des lampes allumées.
    Il n'est pas rare d'apercevoir sur les routes, et même dans des lieux isolés, de ces hautes colonnes, au sommet desquelles les dévots vont de temps en temps placer des lampes.
    Les temples sont desservis par des personnes de diverses castes. Cependant les emplois de quelque importance, ceux qui apportent du profit et de la considération, sont toujours dévolus à des brahmes.
    Parmi les nombreux ministres du culte idolâtrique, les sacrificateurs occupent le premier rang; viennent ensuite les syndics, les directeurs, les collecteurs, les trésoriers et une multitude a pour but d'appeler l'attention des dévots sur les diverses transitions d'un acte religieux à un autre ; car tout se passe hors de leur vue, dans le sanctuaire où l'officiant est enfermé seul.
    Après avoir accompli les devoirs mystérieux qu'il fallait dérober aux regards des profanes, l'officiant paraît dans la nef, et distribue au peuple qui y est rassemblé des fragments des offrandes faites à l'idole. Ce prassadam (don sacré) est accueilli avec empressement. Si ce sont des fruits ou autres substances nutritives, on les mange; si ce sont des fleurs, les hommes les attachent à leurs turbans, les femmes les entrelacent dans leurs cheveux. Pour terminer, l'officiant verse dans le creux de la main de chacun un peu de tirtam, et cette eau purifiante est bue sur-le-champ; après quoi tout le monde se retire.
    Les courtisanes ou danseuses attachées à chaque temple viennent en seconde ligne. Ces femmes prennent le nom de déva-dassys (servantes ou esclaves des dieux).
    Chaque pagode un peu notable en a à son service une troupe de huit, douze ou davantage. Leurs fonctions officielles consistent à danser et à chanter, deux fois par jour, matin et soir, dans l'intérieur des temples, et, de plus, dans toutes les cérémonies publiques.
    Après les danseuses, on doit placer les joueurs d'instruments attachés au service des temples. Chaque pagode un peu considérable en a toujours une troupe plus ou moins nombreuse. Ils sont tenus, ainsi que les danseuses, de venir au temple deux fois par jour, pour le faire retentir de leurs symphonies discordantes : leur présence à toutes les fêtes et cérémonies publiques est aussi d'obligation. On ne saurait non plus se passer d'eux dans les grandes fêtes de famille; car le goût des Indiens pour la musique est tellement vif, qu'il ne se fait pas une réunion, si peu nombreuse soit-elle, sans musiciens nombreux.
    Ceux qui sont attachés à une pagode reçoivent un traitement fixe sur ses revenus. Les instruments dont ils jouent sont pour la plupart des espèces de clarinettes et de hautbois ; ils ont aussi des cymbales, et de petits tambours de diverses sortes. La réunion des sons produits par ces instruments n'est pas flatteuse, et peut même paraître baroque à des oreilles européennes. Ils connaissent cependant la musique à deux parties : ils ont toujours la basse et la haute-contre. C'est un instrument à vent en forme de tube, évasé à sa base, et dont les sons ont quelque ressemblance avec ceux de la cornemuse, qui fait la basse continue.
    La partie vocale est exécutée par un second groupe de musiciens, alternant avec les danseuses : leurs chants sont des hymnes en l'honneur des dieux. Quelquefois des brahmes et autres dévots font chorus, ou chantent séparément des morceaux de poésie sacrée de leur composition.
    Le natouva ou chef d'orchestre est vraiment le plus remarquable de tous les musiciens. Pour battre la mesure, il frappe avec les doigts sur les deux côtés d'un tambour étroit : en s'acquittant de cette fonction, sa tête, ses épaules, ses bras, ses cuisses, enfin toutes les parties de son corps exécutent des mouvements successifs; et il pousse en même temps des sons inarticulés, animant ainsi les musiciens de la voix et du geste. On dirait parfois qu'il est agité de violentes convulsions.
    Les danseuses, les chantres et les joueurs d'instruments se relaient pendant le service religieux, qui se termine souvent par une procession autour du temple.

    1927/251-260
    251-260
    Inde
    1927
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