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Les oblates Franciscaines de Marie en Haute Birmanie

Les oblates Franciscaines de Marie en Haute Birmanie
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    Les oblates Franciscaines de Marie en Haute Birmanie

    Quand le P. Wehinger (1) fonda la léproserie de Saint-Jean à Mandalay, il avait déjà en vue l'institution d'une congrégation de Soeurs birmanes, qui aideraient les religieuses européennes dans les travaux de la léproserie, prieraient pour la Mission et, leur nombre augmentant, pourraient aussi aller dans les districts prêter leur concours aux missionnaires pour l'éducation de la jeunesse. « Lorsque, vers l'année 1892, racontait-il, Mgr Simon me confia le soin des lépreux, j'étais si plein d'enthousiasme que je lui répondis : « J'accepte volontiers, Monseigneur. Avec la grâce de Dieu nous aurons bientôt à Mandalay un asile pour les lépreux et des Soeurs européennes et des Soeurs birmanes pour prendre soin d'eux, et nous aurons une chapelle où nos religieuses prieront chaque jour devant le Saint-Sacrement exposé ». Monseigneur sourit : « Ce dernier espoir, me dit-il, est une utopie dont vous ne verrez jamais la réalisation ; j'admire cependant la confiance qui vous la fit concevoir ».


    1. Jean Wehinger, du diocèse de Brixen (Tyrol), missionnaire de Birmanie Septentrionale en 1889, consacra sa vie au soulagement des lépreux ; il mourut en 1903, à la léproserie Saint-Jean, qu'il avait fondée.

    Si Mgr Simon avait vécu quelques années de plus, il aurait vu et avec quelle joie ! la réalisation de l'« utopie ».
    Le P. Wehinger, lui, vécut assez pour voir, sinon des Soeurs birmanes, du moins des jeunes filles se préparant à la vie d'adoration avec les religieuses européennes devant le Saint-Sacrement exposé toute la journée. Ce lui fut une des grandes joies de sa vie et, au moment de mourir, il demandait aux missionnaires qui l'assistaient de faire tout leur possible pour augmenter le nombre de ces postulantes : « Quand bien même elles ne feraient qu'adorer le Saint-Sacrement, disait-il, quelle gloire ce serait pour Dieu et quel profit pour la Mission ! ».
    C'est en 1901 que cette oeuvre avait commencé. Une jeune fille de Chanthaywa ayant manifesté au P. Faure son désir de se consacrer à Dieu, celui-ci l'adressa au P. Wehinger ; d'autres suivirent et vinrent se mettre sous la direction des Franciscaines Missionnaires de Marie qui travaillaient à la léproserie. Ces candidates birmanes ne furent d'abord que des « agrégées » à l'Institut ; mais, en 1914, leur condition fut réglée par Rome et elles entrèrent dans la grande famille franciscaine en qualité d'« Oblates franciscaines de Marie ».
    Le probatorium et le noviciat furent installés dans l'enclos de la léproserie, mais dans un bâtiment séparé, et l'oeuvre se développa graduellement. Les épreuves cependant ne lui manquèrent pas, comme à toute entreprise bénie de Dieu. La première fut la maladie : nombre de ces jeunes filles moururent en âmes prédestinées.
    La léproserie, d'ailleurs, n'était pas un lieu propice pour un noviciat, tant au point de vue de l'hygiène qu'à celui du recueillement. On ne tarda pas à le constater. Mais la difficulté était de trouver un site favorable. Les recherches, les hésitations durèrent plusieurs années. En 1933, la R. Mère Françoise Léonard, Provinciale, vint pour la première fois faire la visite des maisons de sa Congrégation en Birmanie. A Mandalay, la question du noviciat attira naturellement son attention. Ayant remarqué que parmi les postulantes, il y avait plusieurs jeunes filles de race « Katchin » qui donnaient bon espoir pour l'avenir, elle décida de transférer le noviciat à Bhamo, au pied des montagnes du nord de la Birmanie.
    Les Franciscaines Missionnaires de Marie avaient déjà à Bhamo un couvent avec une école, une garderie d'enfants et un dispensaire. La Supérieure locale fut chargée de trouver un emplacement convenable et d'y construire les bâtiments nécessaires. Elle obtint du gouvernement un beau terrain formant comme une presqu'île au milieu des lacs de Bhamo, site retiré, quoique rapproché de la ville et de l'église paroissiale. En possession du terrain, la zélée religieuse se fit tour à tour architecte, constructeur et surveillant, et il lui fallut toute son énergie et sa ténacité pour mener l'entreprise à bonne fin. En moins d'une année un imposant bâtiment à deux étages était prêt à recevoir les hôtes qui lui étaient destinés.
    L'inauguration de la nouvelle maison fut fixée au 11 février de cette année, sous les auspices de Notre Dame de Lourdes. Pour cette intéressante cérémonie, la Mère Provinciale voulut avoir avec elle à Bhamo les Supérieures de toutes les maisons de sa Congrégation en Birmanie. Son Excellence Mgr Falière était venu de Mandalay avec quelques prêtres, et tous les missionnaires du district de Bhamo étaient aussi présents ; seul l'apôtre des montagnes katchines fut empêché par une épouvantable tempête qui éclata la veille de la fête.
    A 7 heures, l'évêque, entouré d'une douzaine de prêtres, commença la cérémonie, à laquelle assistaient les catholiques et les amis des Soeurs de Bhamo. Après la bénédiction de la maison, Mgr Falière, s'adressant aux religieuses, leur dit sa joie de présider cette fête de famille ; puis il montra quelle grande bénédiction est pour une mission la fondation d'un couvent et particulièrement d'un noviciat ; il remercia et félicita les Supérieures d'avoir si bien réalisé leurs désirs, qui étaient aussi les siens ; il exprima enfin ses voeux pour la prospérité toujours croissante de la nouvelle institution.
    Après cette allocution, le Vicaire apostolique célébra la messe pontificale. Au repas qui suivit la cérémonie il se trouva que les convives étaient au nombre de 13 : « C'est un bon présage, s'écrièrent-ils ; le noviciat de Bhamo ne peut que prospérer ! ».
    TESTIS.

    1936/217-223
    217-223
    Birmanie
    1936
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