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Les nouveaux bienheureux : Martyrs 1

Les nouveaux bienheureux Martyrs Avant de donner quelques détails sur la vie, les souffrances et la mort des martyrs que le Souverain Pontife vient de placer sur les autels, nous résumerons brièvement les origines très particulières de l'Eglise coréenne dont ces nouveaux Bienheureux sont les plus beaux fleurons. Origines de l'Église de Corée
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    Les nouveaux bienheureux

    Martyrs

    Avant de donner quelques détails sur la vie, les souffrances et la mort des martyrs que le Souverain Pontife vient de placer sur les autels, nous résumerons brièvement les origines très particulières de l'Eglise coréenne dont ces nouveaux Bienheureux sont les plus beaux fleurons.

    Origines de l'Église de Corée

    Cette Eglise n'a pas été créée par le zèle des missionnaires, comme celles de l'Annam, du Japon ou de la Chine ; des philosophes et des lettrés furent ses premiers fidèles et ses premiers apôtres.
    Vers la fin du XVIIIe siècle, un lettré de noble famille, Ni-tek-tso, surnommé Pick-i, ouvrit par hasard un traité de la religion catholique, écrit en chinois et emporté en Corée avec divers ouvrages scientifiques.
    Ravi d'admiration à la lecture de ces maximes, qu'il trouve bien supérieures à celles qu'il a étudiées jusqu'alors dans les autres philosophies, il est désireux de les connaître plus à fond. Un de ses amis, lettré comme lui, doit cette année même accompagner à Pékin l'ambassade coréenne; il va le trouver, lui raconte la découverte qu'il vient de faire d'une doctrine merveilleuse, et le conjure de se mettre en relations avec les chrétiens qui habitent la capitale, et de lui rapporter des livres plus complets sur leurs croyances.
    En 1784, ce désir est réalisé. Le lettré se rend à Pékin, il se met en rapport avec l'évêque de Pékin, Mgr Alexandre de Gouvéa. Il visite les églises, assiste aux cérémonies du culte, étudie la doctrine, et enfin, la veille de son départ, reçoit le baptême avec le nom de Pierre.
    De retour à Séoul, il raconte aussi à Pick-i toutes les merveilles qu'il a vues, et lui remet des livres en grand nombre, des croix, des images et divers présents que lui ont faits les missionnaires. Puis, peu de temps après, il le baptise et lui donne le nom de Jean-Baptiste. Un autre lettré de leurs amis, Kouen-il-sin-i, reçoit également le baptême.
    Immédiatement, tous les trois commencent à répandre la vérité religieuse, s'adressant de préférence aux hommes éclairés et renommés par leur sagesse, et ils ont le bonheur de les convertir.
    Une persécution sanglante, quoique contenue par la modération personnelle du roi, éclate, mais ne décourage personne.
    Enfin, en 1794, dix ans après le baptême du premier converti, un prêtre chinois, Jacques Tsiou, arrive en Corée, où il trouve plus de 4.000 chrétiens, dont il augmente le nombre et qu'il édifie par sa vie et par son martyre, car il fut décapité le 31 mai 1801.
    Du milieu de leur détresse, les chrétiens coréens tournèrent leurs regards vers Rome. Ils avaient déjà appris à connaître et à révérer le Père commun des fidèles. Ils écrivirent une lettre au pape Pie VII lui exposant leurs malheurs, leurs besoins, leur vif désir d'avoir un évêque et des prêtres pour les fortifier et les conduire.
    Lorsque le Souverain Pontife entendit ce cri d'ardente supplication que lui jetaient, du fond de l'Asie, les fils derniers-nés de l'Eglise catholique, il était en prison à Fontainebleau, il ne put que pleurer et prier : c'est la force de ceux à qui manque tout secours humain, elle ne compte pas dans la balance politique, et pourtant, si l'on regardait bien, on s'apercevrait qu'elle mène le monde. La Corée dut se soutenir sans pasteurs.
    En 1827, une nouvelle supplique, écrite deux années auparavant, parvint au pape Léon XII.
    La Congrégation de la Propagande s'adressa alors à la Société des Missions Etrangères, créa le Vicariat apostolique de Corée, et plaça à sa tête Mgr Bruguière, coadjuteur du Vicaire apostolique de Siam.

    ***

    Les Martyrs dont la Béatification a été célébrée à Rome le 5 juillet dernier sont au nombre de 79 :
    1 évêque et 2 prêtres français de notre chère Société des Missions Etrangères ;
    1 prêtre coréen ;
    27 chrétiens et 48 chrétiennes, tous de la mission de Corée. C'est pendant les deux persécutions de 1838-1841 et de 1846 que ces fidèles donnèrent leur vie pour Jésus-Christ.
    Nous allons d'abord donner une description des prisons où nos Bienheureux furent enfermés, les uns pendant quelques jours, le plus grand nombre des mois et plusieurs des années.
    Ensuite nous parlerons des martyrs de la première persécution en commençant par l'évêque et les missionnaires que leur dignité d'apôtre place à la tête des confesseurs de la foi.

    1925/131-132
    131-132
    France
    1925
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